dialyse péritonéale l.f.
peritoneal dialysis
Méthode d'épuration extrarénale utilisée dans le traitement de l'insuffisance rénale aigüe et surtout chronique, reposant sur le principe d'un échange entre le sang des capillaires mésentériques et un liquide de dialyse introduit dans la cavité péritonéale pendant quelques heures puis évacué.
La dialyse péritonéale peut être intermittente suivant des rythmes variables (p.ex. trois nuits par semaine). Elle est le plus souvent continue (dialyse péritonéale chronique ambulatoire ou DPCA) grâce à l’introduction dans la cavité péritonéale d’un liquide de dialyse contenu dans des sacs en plastique mis en élévation. Ces sacs mis en déclive recueillent le liquide de dialyse en fin de séance; 4 à 5 cycles par 24 heures sont nécessaires. En France, environ 6% des patients atteints d’insuffisance rénale chronique terminale sont traités par DPCA ; les autres bénéficient soit de l’hémodialyse, soit de la transplantation rénale.
La surface relativement limitée du péritoine rend ce procédé moins efficace que l’hémodialyse mais il est plus simple à mettre en œuvre. Il peut être suffisant chez certains malades et convenir à leur mode de vie. Il peut aussi être utilisé pour pallier des difficultés d’hémodialyse. Il n’est évidemment pas envisageable en cas de péritonite, danger majeur de cette technique qui exige des précautions d’asepsie méticuleuses..
Étym. gr. dia : à travers ; luô : je délie, je laisse passer
→ dialyse
hémofiltration n.f.
h(a)emofiltration
Technique d'épuration extrarénale dans laquelle les substances indésirables sont éliminées du sang par filtration à forte pression hydrostatique à travers une membrane très perméable.
Pour traiter l'insuffisance rénale aigüe ou pour lutter contre les intoxications aigües, on utilise un faible débit continu durant plusieurs jours et des membranes de polymères (polysulfone, polyamide, polyacrylonitrile) à haute perméabilité, qui laissent filtrer des molécules dont la masse moléculaire varie de 500 à 20 000 Da. Le passage se fait par filtration (le terme de convection est impropre), la membrane ne retenant que les éléments figurés du sang et les très grosses molécules, ce qui permet d'épurer des molécules de masse moléculaire moyenne qui ne pourraient être éliminés par la dialyse.
Le débit à travers le filtre est important (de l'ordre de 12 à 24 L/jour). Il est proportionnel à la surface du filtre et à l'écart transmembranaire de pression efficace (égal à la somme des pressions hydrostatique et oncotique). Il entraîne une forte soustraction du plasma et pour compenser les pertes d'eau et d'électrolytes qui en résultent, il faut perfuser des liquides de substitution (tampons, surtout lactate et électrolytes). L'ultrafiltration n'est pas toujours suffisante pour assurer l'épuration de molécules de faible masse moléculaire telles que l'urée et la créatinine. Dans ce cas on peut associer une dialyse continue à l'hémofiltration : c'est l’hémodiafiltration dont les indications sont l'hyperkaliémie et un catabolisme azoté important. La tolérance cardiovasculaire pour l'hémofiltration est meilleure que pour l'hémodialyse.
→ convection, filtration, hémodialyse
[M1,G1]
Édit. 2015
bain de dialyse l.m.
dialysis fluid
Liquide employé lors d'une séance d'hémodialyse pour assurer l'épuration sanguine à travers une membrane artificielle.
Syn. liquide de dialyse
→ dialysat, hémodialyse, membrane de dialyse
Édit. 2017
dialyse n.f.
dialysis
Technique permettant des échanges entre deux liquides de composition différente séparés par une membrane semi-perméable, p. ex. échange entre le sang et un liquide dit de "dialyse".
Les petites molécules diffusent à travers la membrane allant du compartiment où la solution est la plus concentrée vers celui où elle est plus diluée (loi de Fick). En raison de leur taille, les grosses molécules telles que les protéines ne franchissent pas la membrane. L'eau se déplace suivant le gradient osmotique transmembranaire.
Les techniques de dialyse sont utilisées comme méthode "d'épuration" dans le traitement de l'insuffisance rénale aigüe et chronique. Elles permettent la soustraction d'éventuelles substances toxiques et la correction de désordres hydro-électrolytiques (p.ex. l'hyperkaliémie). Elles font appel le plus souvent à des membranes artificielles - c'est la technique de l'hémodialyse - mais aussi à des membranes naturelles comme le péritoine et l'intestin.
A. Fick, physicien et physiologiste allemand (1829-1901)
Étym. gr.dia : à travers ; luô : je délie, je laisse passer
→ diffusion, Fick (loi de), pression osmotique, hémodialyse, épuration extrarénale, membrane de dialyse
dialyse (encéphalopathies liées à la) l.f.p.
dialysis (encephalopathies linked to)
→ insuffisance rénale (encéphalopathie et)
dialyse intestinale l.f.
intestinal dialysis
Méthode d'épuration extrarénale qui utilise la muqueuse intestinale comme membrane de dialyse.
Elle repose sur l'irrigation continue de l'intestin par un liquide introduit grâce à une sonde jéjunale et évacué par une sonde rectale. Cette technique utilisée dans le traitement de l'insuffisance rénale aigüe a été abandonnée au profit de l'hémodialyse et de la dialyse péritonéale.
Étym. gr. dia : à travers ; luô : je délie, je laisse passer
dialyse rétinienne l.f.
retinal dialysis
générateur de dialyse l.m.
dialysis machine
Appareil qui, au cours du traitement par hémodialyse assure d'une part la préparation du dialysat et d'autre part la circulation du sang et du dialysat à travers le dialyseur.
Il est souvent équipé d'un moniteur de surveillance qui permet en particulier de programmer et de contrôler le volume de l'ultrafiltration.
liquide de dialyse
liquid of dialysis
membrane de dialyse l.f.
dialysis membrane
Membrane artificielle semiperméable à travers laquelle se font les échanges entre le sang d'un patient atteint d'insuffisance rénale aigüe ou chronique et un liquide dit de dialyse.
Les membranes les plus couramment utilisées sont faites de cuprophane, d'acétate de cellulose, de polyacrylonitrile, de polysulfone. Le choix des membranes est fonction du type de dialyseur et des objectifs cliniques recherchés, p. par exemple le volume d'ultrafiltrat à soustraire au patient. Les membranes permettant une forte ultrafiltration sont dites à "haute performance".
La surface de la membrane de dialyse habituellement utilisée chez les insuffisants rénaux chroniques dialysés sur la base de trois séances par semaine est de l'ordre de 1,5 m2.
Étym. lat. membrana : membrane ; gr. dialysis : séparation
→ hémodialyse, hémodiafiltration, hémofiltration
adénectomie sous-péritonéale l.f.
retro-peritoneal lymphadenectomy
Ablation des nœuds (ganglions) sous-veineux iliaques externes par voie abdominale extrapéritonéale ou par voie cœlioscopique.
Elle est proposée dans le bilan d'extension des cancers du col utérin, ou de l'endomètre lorsque l'on envisage une hystérectomie vaginale.
Étym. gr. adên : glande ; ektomein : couper en retirant
[F2,L2,O3]
Édit. 2017
carcinomatose péritonéale l.f.
peritoneal carcinomatosis, peritoneal carcinosis, intraperitoneal carcinomatosis
Syn. carcinose péritonéale
[F2]
carcinose péritonéale l.f.
peritoneal carcinosis, intraperitoneal carcinomatosis
Envahissement de la cavité péritonéale, viscères et péritoine, par une tumeur maligne, digestive ou génitale disséminée, ou par un foyer tumoral extra-abdominal par voie lymphatique.
Elle s’accompagne toujours d’une ascite, souvent hémorragique et se traduit macroscopiquement par la présence de granulations miliaires, de nodules plus ou moins volumineux ou de végétations, prédominant sur le mésentère et le cul-de-sac de Douglas ; parfois d’un fin réseau blanchâtre, rétractant le mésentère et caractéristique de la lymphangite carcinomateuse. L’évolution vers la rétraction du péritoine et l’encapsulation des organes sous-jacents, principalement intestinaux, ainsi que l’envahissement de leur paroi, peut s’accompagner d’accidents aigus, notamment d’occlusion.
L’étude cytologique et histologique peut orienter vers un site primitif de cette extension tumorale : ovaire, pancréas, vésicule biliaire, estomac, bronche notamment. Elle se traite par la chimiothérapie générale voir locale, qui peut, dans le cancer de l’ovaire notamment, apporter une amélioration transitoire.
Syn. carcinomatose péritonéale
[F2]
cavité péritonéale l.f.
cavitas peritonealis (TA)
peritoneal cavity
Cavité virtuelle limitée par les feuillets pariétal et viscéral de la séreuse péritonéale.
Elle ne contient rien, sauf les ovaires chez la femme. Les organes péritonéaux en restent séparés par le feuillet viscéral du péritoine qui les recouvre. Elle présente un vaste diverticule, le récessus omental inférieur, qui communique avec la cavité péritonéale proprement dite (ou grande cavité péritonéale) par le foramen épiploïque. La grande cavité péritonéale, barrée transversalement par le mésocôlon transverse, est divisée en deux étages: sus-mésocolique et sous-mésocolique.
[A1,P2]
Édit. 2015
cellulite néoplasique rétro-péritonéale l.f.
retroperitoneal neoplastic cellulitis
Envahissement de l'espace rétro-péritonéal par une coulée de cellules néoplasiques, par extension ou métastase d'un cancer régional ou à distance, susceptible d'envahir et comprimer les structures de cet espace, notamment les uretères.
Les cancers primitifs les plus fréquents sont le sein, la prostate, le pancréas et l'estomac, les cancers gynécologiques. L'affection peut simuler au début une fibrose rétro-péritonéale idiopathique, mais l'évolution néoplasique ne se limite pas à un processus de compression et elle envahit la paroi des organes. Les biopsies chirurgicales sériées du tissu rétro-péritonéal sont souvent nécessaires au diagnostic. Chimiothérapie ou hormonothérapie en sont les seules thérapeutiques. Le pronostic en est très péjoratif.
→ fibrose rétropéritonéale, périurétérite
[J1,F2]
cytologie péritonéale l.f.
peritoneal cytology
Etude des cellules obtenues après centrifugation du liquide péritonéal prélevé par laparotomie, cœlioscopie ou culdocentèse, à la recherche d'éléments infectieux ou cancéreux.
[A2]
granulomatose péritonéale l.f.
peritoneal granulosis
Complication exceptionnelle d'un kyste dermoïde dont le contenu muqueux est disséminé sur le péritoine lors de son exérèse.
grossesse péritonéale l.f.
peritoneal pregnancy
hématocèle extra-péritonéale l.f.
extra-peritoneal hematocele
[03]
hématocèle sous-péritonéale l.f.
retroperitoneal hematocele
Hématocèle développée dans le tissu souspéritonéal sousvésical, entre vessie et utérus, après césarienne segmentaire, ou dans le ligament large après fissuration d'un hématosalpinx.
[03]
inondation péritonéale cataclysmique l.f.
cataclysmic peritoneal hemorrage
Accident brutal et redoutable lié à une hémorragie intrapéritonéale abondante par rupture de grossesse extra-utérine.
Elle se manifeste par une douleur hypogastrique brutale suivie d’un état syncopal et des signes de collapsus et nécessite une prise en charge chirurgicale rapide.
inondation péritonéale en deux temps l.f.
delayed peritoneal hemorrage
Inondation péritonéale due à la rupture d’une hématocèle constituée autour d’une grossesse extra-utérine.
membrane prostato-péritonéale l.f.
plastie péritonéale l.f.
peritoneal plasty
Intervention de chirurgie plastique utilisant un lambeau de rotation péritonéal ou une greffe de tissu péritonéal.
splénose péritonéale l.f.
peritoneal splenosis
Affection caractérisée par la présence de nombreux nodules de tissu splénique implantés sur l'ensemble du péritoine pariétal et viscéral à la suite d'une rupture traumatique de la rate.