dialysance n.f.
dialyser clearance
Rapport entre la masse transférée et la différence de concentration entre le sang et le dialysat, mesurant la capacité de transfert des petites molécules du sang (urée, sodium) à travers la membrane de dialyse.
La dialysance peut être évaluée en mesurant la conductivité du dialysat délivré et celle en sortie du dialyseur et en les introduisant dans une équation permettant de calculer la dialysance. En effet, les sels de sodium représentant 95% de la concentration des électrolytes, la conductivité mesure la concentration de sodium. La cinétique des ions à travers la membrane de dialyse étant identique à celle de l’urée, le rapport entre la quantité de sodium épurée par minute sur sa concentration simultanée dans le dialysat donne la clairance du sodium et donc celle de l’urée.
→ hémodialyse chronique de suppléance, dialyseur
[B4, G5, M1,]
Édit. 2018
dialyseur n.m.
dialyser
Appareil qui permet, grâce à un processus de diffusion et d'ultrafiltration, les échanges à travers une membrane semi perméable entre le sang et le liquide de dialyse.
Il existe différents modèles. Dialyseur "à bobine" dans lequel le sang circule à l'intérieur d'un double feuillet de membrane plastique enroulé autour d'un axe rigide, le dialysat circulant à l'extérieur. Le dialyseur "à plaque" constitué par un empilement de plaques en plastique entre lesquelles sont disposés les feuillets de la membrane de dialyse. Dialyseur "à fibres capillaires", le plus utilisé, qui est formé d'un cylindre en plastique contenant des milliers de fibres creuses au sein desquelles circule le sang tandis que le dialysat circule en sens inverse entre les fibres.
Étym. gr. dia : à travers ; luô : je délie, je laisse passer
→ générateur de dialyse, hémodialyse
générateur de dialyse l.m.
dialysis machine
Appareil qui, au cours du traitement par hémodialyse assure d'une part la préparation du dialysat et d'autre part la circulation du sang et du dialysat à travers le dialyseur.
Il est souvent équipé d'un moniteur de surveillance qui permet en particulier de programmer et de contrôler le volume de l'ultrafiltration.
hémodialyse chronique de suppléance l.f.
intermittent hemodialysis of substitution
Technique d'épuration extrarénale utilisée pour le traitement des insuffisances rénales chroniques, qui repose sur le principe des échanges, à travers une membrane semi-perméable, entre les constituants du plasma et ceux d’une solution hydroélectrolytique, dite « liquide de dialyse », de composition proche de celle d’un liquide extra-cellulaire normal.
Le principe de l’hémodialyse fait appel aux lois des transferts de masse à travers les membranes semi-perméables constituées de polyacrilonitrile et plus souvent de cuprophane ou d’acétate de cellulose disposés en plaques, en bobines et surtout en fibres creuses.
L'hémodialyse nécessite la mise en œuvre d'une circulation extracorporelle partielle qui dérive le sang vers la membrane semiperméable de l’appareil dit « rein artificiel », préalablement rempli d'une solution isotonique.
Dans le traitement substitutif de l’insuffisance rénale chronique, la dérivation sanguine est artérioveineuse grâce à une fistule créée chirugicalement, au préalable, à l’avant-bras, à partir de l’artère radiale. Le sang est rendu incoagulable par de l’héparine de bas poids moléculaire, par voie générale ou localement, à l'entrée de l'appareil. Le débit sanguin utilisé est de 33 à 200 mL/min, le débit à contrecourant du dialysat est en moyenne de 500 mL/min.
L'écart de concentration entre les deux compartiments crée une différence de pression osmotique qui détermine le passage des molécules à épurer à travers la membrane. Les petites molécules (électrolytes, urée, créatinine) traversent plus facilement la membrane que les autres. L’établissement d’un gradient de pression hydrostatique entre le sang du malade et le bain de dialyse permet la soustraction, par ultrafiltration de la quantité de sel et d’eau accumulée par le malade dans l’intervalle de deux dialyses. L'efficacité d'épuration du dispositif est évaluée par la clairance pour un soluté donné. Des dispositifs de surveillance de la composition du bain, de la pression de perfusion dans le circuit, assurent la sécurité.
Le plus souvent, les séances d’hémodialyse d’une durée de quatre heures, sont répétées trois fois par semaine. Elles peuvent avoir lieu soit dans des centres spécialisés traitant de nombreux malades, notamment à haut risque, soit dans des centres dits d'autodialyse où quelques patients se prennent eux-mêmes en charge avec l'aide éventuelle d'un technicien, soit au domicile même du patient.
L’hémodialyse périodique assure la suppléance des fonctions d’excrétion et de régulation hydroélectrolytique du rein malade sans pouvoir pallier la perte de ses fonctions endocrines et métaboliques.
B. H. Scribner, médecin néphrologue américain (1960)
Étym. gr. haima : sang ; dia : à travers; luein : dissoudre
Syn. rein artificiel
→ hémofiltration, hémodiafiltration, rein artificiel, fistule artérioveineuse, générateur de dialyse
[M1]
Édit. 2015
protéinorachie n.f.
proteinorrhachia
Présence de protéines dans le liquide cérébrospinal.
La protéinorachie, normalement de 0,22 g d'albumine et de 0,067 g/L de globulines, s'élève dans de nombreuses affections du système nerveux central ; au-delà de 0,3 g/L elle est un signe de compression médullaire ou de méningite. Physiologiquement, on peut en trouver 1 g par litre chez le nouveau-né, celui-ci présentant une perméabilité méningée plus grande. La présence de protéines, même en faible quantité, prouve que le liquide céphalorachidien n'est pas seulement un simple dialysat plasmatique, mais qu'il intervient aussi dans la formation d'autres phénomènes, parmi lesquels une sécrétion de la part des plexus choroïdes aurait un rôle majeur. Le tracé électrophorétique normal du liquide céphalorachidien rappelle celui du plasma, à la différence près qu'il ne contient pas de fibrinogène. Les hyperprotéinorachies, notamment l'hypergammaprotéinorachie, s'observent essentiellement au cours des méningites (quelle qu'en soit la cause), de la compression médullaire, du mal de Pott, de la polyradiculonévrite curable, de la sclérose en plaques, etc.
urokinase n.f.
urokinase
Enzyme initialement trouvée dans le dialysat d'urine d'origine humaine ou animale, mais présente dans le plasma et dans la matrice extracellulaire, capable d'activer le plasminogène inactif en plasmine, protéase dégradant la fibrine et de nombreuses protéines de la matrice extracellulaire.
Thermostable entre pH 4 et 9 (30 minutes à 50°C), l’urokinase montre à forte concentration une activité estérasique. Sa concentration plasmatique est de l'ordre de 40 pmol/L. De nombreuses cellules (monocytes-macrophages, cellules endothéliales, fibroblastes) possèdent un récepteur spécifique (uPAR) qui fixe l'urokinase, laquelle est alors protégée de l'inactivation par l'a2-antiplasmine. L'urokinase est utilisée en thérapeutique comme agent thrombolytique.
→ plasminogène, plasmine, thrombolyse, α2-antiplasmine absente