Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

86 résultats 

épidémiologie descriptive l.f.

Etude de la mortalité et de la morbidité (reconnue ou ressentie) au sein d'une population.

Syn. connaissance des indicateurs de santé

épidémiologie, enquête transversale

[E1]

Édit. 2020

longitudinale (analyse) l.f.

longitudinal (analysis)

Etude des manifestations d’un phénomène dans le temps.
Elle se réalise au moyen du suivi temporel ou par la reconstitution de l’évolution du phénomène à partir de données rétrospectives.
Une étude de cohorte est un cas particulier d’étude longitudinale.

transversale (enquête)

anatomie descriptive l.f.

Etude de la morphologie et de la structure des organes.

anatomie pathologique

[A1]

Édit. 2017

épidémiologie n.f.

epidemiology

Étude de la fréquence, de la répartition géographique, du mode de transmission ou d’apparition des maladies ainsi que des facteurs susceptibles de favoriser leur apparition ou de modifier leur évolution.
On distingue l’épidémiologie descriptive de l’épidémiologie explicative et prédictive.

[E1]

Édit. 2020

épidémiologie des maladies allergiques l.f.

epidemiology of allergic diseases

Dans des enquêtes « grand public », près de 40% des personnes interrogées disent avoir été affectées à un moment ou à un autre par une « maladie allergique ».
Une enquête menée par le ministère américain de la Santé, en 1949, met les maladies allergiques au deuxième rang des ennuis de santé, juste derrière les affections dentaires et au même rang que les maladies très communes comme les rhumatismes ou l'hypertension artérielle.
 Les maladies allergiques peuvent être préoccupantes soit par leur gravité (les chocs anaphylactiques), soit par leur caractère de chronicité (asthme bronchique, urticaire, eczémas). Le coût social n'est pas négligeable (perte de 5 millions de journées de travail chaque année aux États-Unis).
On peut schématiquement distinguer:

- d'une part des maladies allergiques très souvent liées à un « terrain atopique »,
- d'autre part des maladies allergiques non nécessairement liées à un terrain atopique : d'origines alimentaires, médicamenteuses, entraînées par des
piqûres d'hyménoptères, les allergies « physiques », les allergies aux substances chimiques.

épidémiologie

[E1 F3]

Édit. 2020

épidémiologie explicative et prédictive l.f.

Etude des facteurs qui peuvent favoriser l’apparition des maladies

épidémiologie, enquête (ou étude) cas-témoins, études exposés-non exposés

[E1]

Édit. 2020

épidémiologie génétique l.f.

genetic epidemiology

Étude de facteurs génétiques intervenant dans le déterminisme d'une maladie ou d'un caractère particulier.
Les études familiales permettent d'évaluer statistiquement l'importance des composantes génétiques en comparant la fréquence de la maladie chez les sujets apparentés aux malades, à la fréquence dans la population générale.
Les études épidémiologiques utilisant des analyses de ségrégation visent à déterminer le mode de transmission des facteurs génétiques impliqués dans les maladies familiales.
Les études de jumeaux et d'adoption ont pour but de faire la part entre facteurs génétiques et environnementaux.

épidémiologie, génétique en psychiatrie

[E1, Q1]

Édit. 2020

épidémiologie prospective l.f.

forward-looking epidemiology

épidémiologie, prospectif, rétrospectif

[E1]

Édit. 2020

épidémiologie psychiatrique l.f.

psychiatric epidemiology

L'épidémiologie, en psychiatrie, se heurte principalement à la difficile définition du "cas", puisque le diagnostic des maladies mentales n'est que clinique et donc subjectif.
Toutefois, en l'absence de modèle anatomoclinique de référence, les psychiatres travaillant dans ce champ de recherches se sont dotés de systèmes nosographiques de critéres et d'instruments de psychopathologie qui ont amélioré l'évaluation de la prévalence des troubles psychiques.

épidémiologie, incidence, prévalence

[E1, H3]

Édit. 2020

épidémiologie rétrospective l.f.

retrospective epidemiology

épidémiologie, prospectif, rétrospectif

[E1]

Édit. 2020

épilepsie (épidémiologie de l') l.f.

epidemiology of epilepsy

Affection ubiquitaire, mais inégalement répartie selon l'âge (taux très élevés aux deux extrêmes de la vie, surtout chez le sujet âgé), le sexe (fréquence supérieure chez l'homme) et dans certains pays (plus souvent dans ceux en cours de développement et en milieu tropical, où le rôle des infections et surtout des parasitoses, certes non exclusif, peut être souligné).
En fait, des biais (notamment l'absence de confirmation par l'EEG et de respect des critères de la classification internationale) sont nombreux, entravant le recueil des cas, leur diagnostic, leur interprétation et suscitant des réserves sur la validité des résultats enregistrés.
L'incidence des premières crises a été évaluée autour de 70/100 000 habitants, celle de l'épilepsie à 40/100 000. La prévalence se situe à 7-8/1 000 habitants, avec d'importantes variations. Selon le type des crises, les proportions seraient les suivantes : généralisées, 40 à 60 % ; partielles, 32 à 52 % ; d'origine indéterminée, 10 %. Après une première crise, le risque de récurrence serait de l'ordre de 51 %.
Un ratio standardisé entre 2,3 et 3,5 montre une surmortalité par causes directes (crise ou état de mal), indirectes (accident, suicide), par des affections épileptogènes (cancers p. ex.) ou d'origine médicamenteuse.
Parmi les facteurs de risque, les mieux identifiés et les plus fréquents sont les retards mentaux, les infections du système nerveux central (et les parasitoses en milieu tropical), l'alcool, les accidents vasculaires cérébraux et les prédispositions géniques. C'est envers ceux-ci que la prévention pourrait se montrer efficace.

P. E .M. Smith, neurologue britannique (2021)

Étym. gr. epilambanein : saisir brusquement, surprend

[E1, H1]

Édit. 2020

interaction en épidémiologie l.f.

interaction

On dit qu’il y a interaction lorsque le risque relatif est différent selon la présence ou non d’une caractéristique chez un sujet.
Par ex. il y a interaction entre le tabac et l’alcool dans la survenue d’un cancer de l’œsophage.

[E1]

Édit. 2020

personnalité (épidémiologie des troubles de la) l.f.

Études difficiles à effectuer en population générale, même par une équipe expérimentée, et en fait peu nombreuses.
Avec l'aide de nouveaux instruments d'évaluation standardisés, la prévalence de l'ensemble de ces troubles pour la vie entière est située entre 5,09 et 11,01 p.100. Elle est estimée respectivement à 45 et 67 p.100 dans un service psychiatrique d'hôpital général et dans un établissement psychiatrique.
Sont rencontrées surtout : les personnalités schizotypiques, "bordelines", histrioniques, dépendantes et obsessionnelles-compulsives. Des associations sont fréquentes chez un même patient (2,8 à 4,6 p.100 en moyenne). La comorbidité est élevée avec, notamment, une appétence pour des substances (toxiques, drogues, médicaments, etc.) un état anxieux, une dépression. Une forte fréquence des difficultés conjugales, du chômage, de problèmes relationnels, de conduites suicidaires, est observée par beaucoup d'auteurs.

schizophrénie (épidémiologie de la) l.f.

schizophrenia (epidemiology)

Malgré des "zones d'ombre" majoritaires, seront retenus : un âge de survenue entre 15 et 35 ans, avec une répartition d'ensemble égale entre les deux sexes ; un taux de prévalence moyenne en Europe entre 2,5 et 5,3 p.1000 ; une incidence de 0,11 à 0,59 p.1000. Soutenue par diverses études, une diminution de ces états n'est pas exclue.
Si la répartition des schizophrénies apparaît comparable dans le monde, la validité de ces données a souvent été mise en question du fait de critères diagnostiques différents, de l'exclusion de patients guéris ou stabilisés et aussi d'une appréciation insuffisante, voire erronée, des facteurs présumés étiologiques et de leur rôle.
Ainsi, une incidence plus élevée à l'âge adulte chez des enfants de mères exposées à une épidémie de grippe au cinquième mois de leur grossesse, reste discutée.
Deux fois supérieure à celle de la population générale, la mortalité est surtout due : à la pathologie infectieuse ; à des morts subites liées ou non aux neuroleptiques sédatifs ou à un syndrome malin ; majoritairement à des suicides par dépression surtout secondaire à la chimiothérapie et/ou à une prise de conscience de la situation. Elle serait plus fréquente dans certaines populations, p. ex. au Japon.

 schizophrénie

suicide (épidémiologie du) l.f.

suicide (epidemiology)

Il s'agit d'un véritable phénomène social, malgré les approximations qui pèsent sur les données disponibles. En France, on compterait plus de 12 000 décès par suicide par an, plus nombreux que par accident de la route, avec une surmortalité masculine.
 Une nette augmentation des taux de déclarations est relevée en Europe, surtout chez les adolescents et adultes jeunes.
Par rapport aux tentatives, ils sont plus fréquents chez les sujets âgés, célibataires ou veufs ou divorcés, sans travail ou à la retraite. Il s'agit principalement de pendaisons, suivies de l'emploi d'armes à feu, puis d'intoxications.
Les tentatives de suicide connues sont environ 10 fois plus fréquentes selon des chiffres européens, avec une majorité féminine et plus d'un tiers concernant des sujets de moins de 25 ans. Elles constituent un important facteur de risque suicidaire ultérieur : de 10 à 14% des cas. Leur incidence est, ici aussi, en augmentation. Elles sont plus fréquentes en cas d'isolement social ou de famille dissociée. Il s'agit essentiellement d'intoxications médicamenteuses, puis de phlébotomies, bien plus rares et parfois associées.

Étym. lat. sui caedere : de soi, abattre, couper

suicide

épidémiologie de l'urgence l.f.

Classement des urgences médicales selon leur cause et selon leur évolution dans le temps sur la base des données épidémiologiques

Ces données statistiques permettent de préciser l'évolution des différentes urgences médicales en fonction du temps.
Dans tous les cas l'évolution d'un groupe de patients atteints de la même affection se fait en trois phases, de durée variable selon la cause :

1) phase silencieuse d'incubation (pas de troubles graves) pouvant durer quelques secondes ou des heures et parfois plus (urgences potentielles),
2) phase critique, des troubles et, dans les cas les plus graves, des morts apparaissent progressivement,
3) phase de résolution : il n'y a plus de nouveau décès, soit parce que tous les patients sont morts, soit parce que les survivants évoluent vers la convalescence, avec des séquelles éventuelles plus ou moins importantes.
Les données montrent que cette évolution dans le temps suit une loi statistique logarithmiconormale. Sa connaissance permet d'organiser les secours de façon rationnelle : on ne peut, p. ex., faire face à un arrêt cardiaque avec une bonne efficacité que dans une unité de soins intensifs ou en salle d'opération, sinon le taux de succès est faible même avec des secours bien organisés.
Dans les situations de détresse, la statistique de mortalité en fonction du logarithme du temps permet de d'évaluer en première approximation (anamorphose de Henry de la courbe de Galton en droite) le temps d'apparition des premières morts, T1, le temps de fin de la phase critique, T2, temps létal médian, TL50, qu'il est facile d'obtenir par l'observation. Le tableau ci-dessous (Cara, 1990) donne le résultat de ces estimations dans quelques cas typiques (distribution log-normale).
 

M. Cara, anesthésiste réanimateur français, membre de l’Académie de médecine (1917-2009)

Étym. lat. urgens : pressant (participe présent adjectivé d'urgeo : presser, insister avec opiniâtreté)

[E1, G2]

Édit. 2020

épidémiologie analytique l.f.

Etude des facteurs susceptibles de favoriser la survenue de maladies.

Syn. épidémiologie explicative et prédictive.

épidémiologie

[ E1]

Édit. 2020

épidémiologie explicative                      
 
 
l.f.

Syn. épidémiologie analytique

épidémiologie analytique

[E1]

Édit. 2020

épidémiologie prédictive l.f.

Syn. épidémiologie analytique

épidémiologie analytique

[E1]

Édit. 2020

aimantation longitudinale en IRM l.f.

longitudinal magnetization

En IRM, c'est la composante longitudinale du vecteur d'aimantation macroscopique M0 des protons lorsque celui-ci a été basculé par l'onde de radiofréquence et précesse autour de l'axe z (axe du champ B0 de l’aimant).
Par définition l'axe z est celui du champ magnétique  B0 de l'aimant et celui de l'axe longitudinal du patient placé dans ce champ.
Lorsqu'un sujet est placé dans ce champ magnétique B
0, les moments magnétiques de ses protons s'alignent suivant la direction de B0 et il en résulte un moment M0 dirigé lui aussi selon l'axe de B0.
L'impulsion de radiofréquence fait basculer le vecteur M
0 d'un angle thêta. Ce vecteur précesse alors autour de l’axe z, en décrivant un cône autour de lui. M0 peut alors être décomposé en deux vecteurs : Mz (sa projection sur l’axe z) est le vecteur d'aimantation longitudinale et Mxy, sa projection sur le plan xy (perpendiculaire à z, passant par le sommet du cône que décrit M0) est le vecteur d'aimantation transversale.
Tandis que M0 précesse autour de l’axe z, Mxy tourne dans le plan xy. Au fur et à mesure que l'angle thêta s'accroît, Mz diminue et Mxy augmente. Lorsque thêta atteint 90° (impulsion de π/2), le vecteur M0 a complètement basculé dans le plan xy : l'aimantation longitudinale est devenue nulle, tandis que l'aimantation transversale est maximale, égale au vecteur M0.
A l’arrêt de l’impulsion de radiofréquence, lors de la relaxation, M
xy décroit rapidement, tandis que Mz "repousse". La rotation de Mxy induit un signal recueilli dans le plan xy par l'antenne.
Ce signal décroît rapidement pendant la relaxation suivant une courbe exponentielle dont la constante de temps est le temps de relaxation T2.
La "repousse" de M
z se fait suivant une courbe exponentielle croissante dont la constante de temps est le temps de relaxation T1.

précession, précession libre, relaxation, temps de relaxation T1, temps de relaxation T2

[B1,B2,B3]

Édit. 2020

bandelette longitudinale postérieure l.f.

faisceau longitudinal médial

Édit. 2017

couche externe longitudinale du muscle détrusor de la vessie l.f.

stratum externum longitudinale musculi detrusoris vesicae (TA)

external longitudinal layer of detrusor

muscle détrusor de la vessie, partie cervicale vésicale du muscle détrusor de la vessie

[A1]

Édit. 2015

couche interne longitudinale du muscle détrusor de la vessie l.f.

stratum internum longitudinale musculi detrusoris vesicae (TA)

internal longitudinal layer of detrusor

muscle détrusor de la vessie, partie cervicale vésicale du muscle détrusor de la vessie

[A1,M3]

couche longitudinale de la tunique musculaire de l'estomac l.f.

stratum longitudinale tunicae muscularis gastricae (TA)

longitudinal layer of muscular layer of stomach

tunique musculaire de l'estomac

[A1,L1]

couche longitudinale de la tunique musculaire de l'urèthre féminin l.f.

stratum longitudinale tunicae muscularis urethrae femininae (TA)

longitudinal layer of muscular layer of female urethra

tunique musculaire de l'urèthre féminin

[A1,M3]

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