échelles de profondeur des comas l.f.p.
depth coma scale
Échelles de cotation basées sur l'appréciation des troubles de la conscience et sur diverses réactions psychiques et neurologiques du patient.
Il existe plusieurs échelles, pour les adultes, la plus usitée, celle proposée par les neurologues de Glasgow, apprécie la profondeur des troubles de la conscience sur les réactions d'éveil et sur la communication verbale et va de 3 (aréactivité complète) à 15 points (bonne réactivité). Pour suivre l'évolution des patients comateux, cette échelle doit être complétée (proposition de Liège) par la recherche de 5 réflexes du tronc cérébral, totalisant 15 points au maximum : l'échelle de Glasgow-Liège totalise alors 30 points. Pour les jeunes enfants utiliser l'échelle de Bicêtre.
Étym. Bicêtre : ancien domaine français situé sur l'actuelle commune du Kremlin-Bicêtre dans le département du Val-de-Marne en région Île-de-France ; Glasgow : ville d’Écosse ; Liège : chef-lieu de la province de Liège en Belgique
→ échelle de Bicêtre, échelle du coma de Glasgow, échelle de Glasgow-Liège, échelle originelle de Glasgow complétée par les réflexes du tronc cérébral
[G1, H1]
Édit. 2019
échelle objective d'évaluation de la douleur chez l'enfant l.f.
objective pain scale
Échelle adaptée à l'évaluation de la douleur chez l'enfant de 1 à 5 ans.
L'échelle comprend 5 items cotés de 0 à 2, dont la somme donne le score (maximum 10).
- Augmentation de la pression artérielle systolique par rapport à la valeur préopératoire
<10%-->0
de 10 à 20 %-->1
de 20 à 30 %-->2
- Pleurs
pas de pleur-->0
présents, mais enfant consolable-->1
présents, mais enfant inconsolable-->2
- Mouvements (un enfant immobile et prostré peut avoir une douleur majeure)
enfant calme et endormi-->0
agitation modérée, ne tient pas en place-->1
agitation désordonnée et intense, peut se faire mal-->2
- Comportement
enfant endormi ou calme-->0
contracté, voix tremblante, accessible aux tentatives de réconfort-->1
non accessible aux tentatives de réconfort, apeuré, accroché aux bras de ses parents ou d'un soignan-->2
- Expression verbale ou corporelle localisée
endormi ou calme-->0
exprime une douleur modérée non localisée (inconfort global ou position jambes fléchies sur le thorax, bras croisés sur le corps)-->1
douleur localisée verbalement ou désignée par la main ou position jambes fléchies sur le tronc poings serrés, l'enfant porte sa main vers une
zone douloureuse ou cherche à la protéger-->2
Sigle OPS
[H1, O1]
Édit. 2019
échelle de la douleur de l'enfant Gustave Roussy l.f.
Evaluation de la douleur, après une observation de 4 heures, selon 10 items cotés de 0 à 4 qui se regroupent en 3 parties.
| ITEM | Cotation 0 | Cotation 1 | Cotation 2 | Cotation 3 | Cotation 4 | ||||
| 1. Position antalgique au repos |
absence de position antalgique : l'enfant peut se mettre n'importe comment. |
l'enfant semble éviter certaines positions. | l'enfant évite certaines positions mais n'en paraît pas gêné. |
l'enfant choisit une position antalgique évidente, qui lui apporte un certain soulagement. | l'enfant recherche sans succès une position antalgique et n'arrive pas à être bien installé. |
||||
| 2. Manque d'expressivité | l'enfant est vif, dynamique, avec un visage animé. |
l'enfant paraît un peu terne, éteint. |
au moins un des signes suivants : traits du visage peu expressifs, regard morne, voix marmonnée et monotone, débit verbal lent. |
plusieurs des signes ci-dessus sont nets. | visage figé, comme agrandi. Regard vide. Parle avec effort. |
||||
| 3. Protection spontanée des zones douloureuses | l'enfant ne montre aucun souci de se protéger. | l'enfant évite les heurts violents. |
l'enfant protège son corps, en évitant et en écartant ce qui pourrait le toucher. |
l'enfant se préoccupe visiblement de limiter tout attouchement d'une région de son corps. |
toute l'attention de l'enfant est requise pour protéger la zone atteinte. |
||||
| 4. Plaintes somatiques | pas de plainte : l'enfant n'a pas dit qu'il a mal. | Plaintes "neutres" : - sans expression affective (dit en passant "j'ai mal") ; - et sans effort pour le dire (ne se dérange pas exprès). |
au moins un des signes suivants : - a suscité la question "Qu'est-ce que tu as, tu as mal ?"; - voix geignarde pour dire qu'il a mal; - mimique expressive accompagnant la plainte . |
en plus de la cotation 2, l'enfant : - a attiré l'attention pour dire qu'il a mal; - a demandé un médicament. |
c'est au milieu de gémissements, sanglots ou supplications que l'enfant dit qu'il a mal. |
||||
| 5. Attitude antalgique dans le mouvement | l'enfant ne présente aucune gêne à bouger tout son corps. Ses mouvements sont souples et aisés. |
l'enfant montre une gêne, un manque de naturel dans certains de ses mouvements. |
l'enfant prend des précautions pour certains gestes. |
l'enfant évite nettement de faire certains gestes, il se mobilise avec prudence et attention. |
l'enfant doit être aidé, pour lui éviter des mouvements trop pénibles. |
||||
| 6. Désintérêt pour le monde extérieur | l'enfant est plein d'énergie, s'intéresse à son environnement, peut fixer son attention et est capable de se distraire. |
l'enfant s'intéresse à son environnement mais sans enthousiasme. |
l'enfant s'ennuie facilement mais peut être stimulé. |
l'enfant se traîne, incapable de jouer, il regarde passivement. |
l'enfant est apathique et indifférent à tout. | ||||
| 7.Contrôle exercé par l'enfant quand on le mobilise (mobilisation passive) | l'enfant se laisse mobiliser sans y accorder d'attention particulière. |
l'enfant a un regard attentif quand on le mobilise. | en plus de la cotation 1, l'enfant montre qu'il faut faire attention en le remuant. |
en plus de la cotation 2, l'enfant retient de la main ou guide les gestes du soignant. |
l'enfant s'oppose à toute initiative du soignant ou obtient qu'aucun geste ne soit fait sans son accord. |
||||
| 8. Localisation de zones douloureuses par l'enfant | Pas de localisation : à aucun moment, l'enfant ne désigne une partie de son corps comme gênante. |
l'enfant signale, uniquement verbalement, une sensation pénible dans une région vague sans autre précision. | en plus de la cotation 1, l'enfant montre avec un geste vague cette région. | l'enfant désigne avec la main une région douloureuse précise. |
en plus de la cotation 3, l'enfant décrit, d'une manière assurée et précise, le siège de sa douleur. | ||||
| 9. Réactions à l'examen des zones douloureuses | aucune réaction déclenchée par l'examen. |
l'enfant manifeste, juste au moment où on l'examine, une certaine réticence. |
lors de l'examen, on note au moins un de ces signes : raideur de la zone examinée, crispation du visage, pleurs brusques, blocage respiratoire. |
en plus de la cotation 2, l'enfant change de couleur, transpire, geint ou cherche à arrêter l'examen. |
l'examen, de la région douloureuse est quasiment impossible, en raison des réactions de l'enfant. |
||||
| 10. Lenteur et rareté des mouvements | les mouvements de l'enfant sont larges, vifs, rapides, variés, et lui apportent un certain plaisir. |
l'enfant est un peu lent, et bouge sans entrain. |
un des signes suivants : - latence du geste, - mouvements restreints, - gestes lents; - initiatives motrices rares. | plusieurs des signes ci-dessus sont nets. |
l'enfant est comme figé, alors que rien ne l'empêche de bouger. |
||||
Annie Gauvain-Piquard, pédiatre française (1991)
Réf. Gauvain-Piquard A., Rodary C., Lemerle J. :Une échelle d’évaluation de la douleur du jeune enfant. Journées parisiennes de pédiatrie 1991:95‐100
[F2, O1]
Édit. 2019
accident chez l'enfant l.m.
children's accident
Cause la plus fréquente de morbidité et de mortalité chez l'enfant à partir de l'âge d'un an, avec un maximum à l'adolescence : en France le quart des accidents concerne des mineurs.
Les principales causes d'accident chez l'enfant sont les intoxications, les traumatismes (défenestrations, accident du trafic, brulures) et les noyades. De nombreux facteurs favorisent l'accident : l'enfant n'a pas terminé la maturation de ses fonctions sensorielles, il n'a pas conscience du danger.
Étym. lat. accidens : ce qui survient
[G2,O1,O2]
Édit. 2016
anorexie mentale chez l'enfant prépubère l.f.
anorexia nervosa among prepuberal children
Trouble plus rare qu'à l'adolescence, mais sévère sur le plan somatique et psychique.
Majoritaire chez le garçon, précédée d'importants désordres prémorbides (principalement alimentaires et phobo-obsessionnels), l'anorexie peut s'accompagner d'un refus d'hydratation, d'une forte hyperactivité physique, d'une perte de poids rapide (atteignant parfois 40 p. 100 du poids corporel, avec alors menace vitale), d'un ralentissement ou d'un arrêt de la croissance.
Par suite d'un développement cognitif moins avancé, le vécu psychique, en particulier la peur de grossir, est peu élaboré par rapport à l'adolescence. Des signes dépressifs sont fréquents.
Le pronostic apparaît plutôt défavorable, pouvant comporter une anorexie persistante, une vie émotionnelle réduite, une fragilité narcissique. Des liens familiaux ambivalents et dysfonctionnels rendent difficile la relation thérapeutique.
Étym. gr. a(n) : sans ; orexis : appétit
[L1,H4,N1,O1,O4,R2]
Édit. 2017
caractère (troubles du) chez l'enfant l.m.
child with character disorders
E. Dupré, psychologue et psychiatre français, membre de l'Académie de médecine (1862-1921)
→ troubles du caractère chez l'enfant
[H4]
complications chez l'enfant de l'hématome rétro-placentaire l.m.
complications in the child of a abruptio placentae
→ hématome rétro-placentaire (complications chez l'enfant d'un)
[O1,O3]
conduite agressive chez l'enfant et l'adolescent l.
faggressive behaviour in childhood and adolescence
Composante fondamentale de la nature humaine, l'agressivité peut se manifester chez l'enfant et l'adolescent de façon variée : sous forme de fantasmes destructeurs, de passages à l'acte, dans certaines attitudes d'opposition ou, sous une forme plus sublimée, par un goût pour la compétition.
Très tôt, l'enfant peut présenter des réactions de rage lors d'une frustration. Vers deux à trois ans, il passe souvent par une phase d'opposition active. À l'âge scolaire, l'agressivité s'exprime sous forme de jeux, coups, bousculades, agressions verbales ou rêves à thèmes agressifs. Chez l'adolescent, par leur intensité, leur forme et leur persistance, ces conduites peuvent prendre un caractère pathologique. L'intolérance à la frustration se traduit alors par des colères clastiques, des conduites violentes en groupe, pouvant aller jusqu'au meurtr
[H3,O1]
dysorthographie chez l'enfant l.f.
dysorthographia in children
Trouble de l'apprentissage de l'orthographe sans déficit intellectuel ni sensoriel, ni atteinte neurologique, qui accompagne souvent la dyslexie, mais peut en rester indépendant.
Le dépistage et une intervention rééducatrice éventuelle doivent être précoces, prévenant les diverses conséquences de l'échec scolaire.
dyspraxie chez l'enfant et l'adolescent l.f.
dyspraxia among children and adolescents
Perturbations de l'organisation du schéma corporel et de la représentation spatiale avec troubles des coordinations motrices, à la base d'une maladresse et d'une dysharmonie gestuelle.
Dans ces tranches d'âge, en dehors d'une forme mineure d'apraxie, ce terme désigne des manifestations rappelant l'apraxie constructive de l'adulte, accompagnées habituellement d'un retard du développement psychomoteur (débilité motrice) et fréquemment de difficultés d'apprentissage de l'écriture, mais sans retard intellectuel majeur.
Étym. gr. praxis : action
hypoacousie chez l'enfant l.f.
child hypoacousia
Acuité auditive insuffisante pour permettre à l'enfant d'apprendre sa propre langue, de participer aux activités normales de son âge, de suivre avec profit l'enseignement scolaire.
Cinq catégories sont distinguées : audition normale ou subnormale, déficience légère, moyenne, sévère et profonde. De la précocité du diagnostic dépendent les mesures à prendre, qu'elles soient thérapeutiques, psychologiques ou éducatives.
inhalation d'un corps étranger chez l'enfant l.f.
foreign body inhalation and emergency in children
Passage d'un corps étranger, obstruant plus ou moins les voies aériennes supérieures ou les bronches, responsable, en règle, de détresse respiratoire.
Il se traduit par le syndrome de pénétration : brusquement l'enfant, qui avait un objet ou un aliment dans la bouche (ce qui a pu passer inaperçu), étouffe dramatiquement et cherche de l'air désespérément. Il ne pleure ni ne crie, mais porte la main à son cou tout en faisant de très violentes secousses inefficaces de toux. Cela peut aussi tourner court et la situation semble redevenir normale. Mais on constate souvent une dyspnée avec des signes de lutte. La dyspnée peut être uniquement inspiratoire avec tirage et cornage, traduisant un obstacle laryngé. Purement expiratoire, avec des sibilances, ces signes orientent vers un siège bronchique ou «bronchiolaire». Lorsque la dyspnée porte sur les deux temps de la respiration l'obstacle est localisé entre le cricoïde et les grosses bronches.
En cas de détresse grave avec une gêne purement inspiratoire il est possible de chercher à expulser le corps étranger par deux ou trois tapes violentes dans le dos, l'enfant étant placé en procubitus, tête en bas. Sinon l'extraction peut être faite à la pince sous laryngoscopie. Faute de mieux, une trachéotomie ou la pose d'une ou deux grosses aiguilles dans la trachée cervicale permettent de sauver l'enfant de l'asphyxie. Les manœuvres coincer le corps étranger au niveau du cricoïde. Une intubation trachéale refoulant le corps étranger dans une externes d'expulsion sont contre-indiquées quand la dyspnée se manifeste surtout à l'expiration, car elles peuvent grosse bronche permet de sauvegarder provisoirement une ventilation acceptable.
Si le corps étranger est passé au-delà de la carène, l'enfant peut présenter secondairement un tableau clinique moins inquiétant mais l'existence d'un syndrome de pénétration doit être recherchée avec insistance devant un pneumothorax, un emphysème sous-cutané, une dyspnée asthmatiforme, une atélectasie ou une infection localisées.
Dans tous les cas, même si tout semble être redevenu normal, une endoscopie s'impose, en urgence s'il y a asphyxie, sinon dans les heures qui suivent. Elle réclame un opérateur entraîné, un bronchoscope oxygénateur et un jeu de pinces d'extraction adaptées afin de rétablir la liberté des voies aériennes. Après l'extraction, un contrôle endoscopique soigneux doit être fait.
Un volumineux corps étranger œsophagien peut induire une dyspnée en comprimant la face postérieure de la trachée qui se laisse déprimer.
Étant donné le risque de fausse route il ne faut pas laisser des cacahouètes ou objets analogues à la portée des jeunes enfants et, avant l'âge de trois ans, il est interdit d'administrer des comprimés ou gélules sans les écraser ou les vider au préalable.
H. J. Heimlich, médecin américain (1975)
Étym. lat. inhalare : souffler
→ asphyxie, dyspnée laryngée, Heimlich (manœuvre d'), inhalation (syndrome d')
instrumentaux (troubles) chez l'enfant et l'adolescent l.m.p.
instrumental learning disorders in childhood and adolescence
D'après la classification française des troubles mentaux de l'enfant et de l'adolescent, les troubles instrumentaux comprennent, isolés ou associés à une autre pathologie : retard du langage ; troubles isolés de l'articulation ; troubles complexes du langage oral ; troubles lexicographiques ; dyscal
G. Gilles de la Tourette, neurologue français (1885)
laryngite chez l'enfant l.f.
children laryngitis
Inflammation d'origine infectieuse des muqueuses ou des structures sous-muqueuses du larynx pouvant causer une dyspnée obstructive grave.
La laryngite sous-glottique est la plus fréquente. Elle est presque toujours virale (Virus parainfluenzæ, ou grippal), causant un œdème des structures sous-muqueuses, entre les cordes vocales et le cricoïde. Cet œdème se développe progressivement après une rhinopharyngite peu fébrile. Un enrouement et de la toux précèdent la dyspnée qui apparaît progressivement. Il n'y a pas d'adénopathie cervicale et l'examen de l'oropharynx ne montre rien. L'hospitalisation est nécessaire et le traitement par corticoïdes est efficace dans 90 % des cas, sinon une courte intubation ou une trachéotomie permet de passer un cap difficile.
La laryngite sus-glottique correspond à un œdème de la glotte ou à une épiglottite et représente à peu près 3 % des laryngites.
Le croup est caractérisé par un dépôt de fausses membranes diphtériques sur les cordes vocales entraînant une dyspnée laryngée, précédée d'une toux rauque et d'une extinction de voix dans un contexte général d'infection avec une note toxique. Les ganglions cervicaux sont gros mais peu douloureux. Outre la pratique de l'intubation, il faut administrer du sérum antidiphtérique et des antibiotiques ; l'hospitalisation prolongée est nécessaire à cause des complications possibles (myocardite ou paralysies) liées à la toxine diphtérique.
Les laryngites ulcéreuses correspondent à des lésions bactériennes sous-glottiques qui compliquent une rougeole, une hémopathie maligne ou des séquelles d'intubation. La cicatrisation peut évoluer vers une sténose de la glotte.
Les laryngites striduleuses sont le fait d'un spasme de la glotte survenant sur les muqueuses enflammées par une rougeole en période d'incubation. C'est un phénomène bénin qui ne nécessite pas l'hospitalisation.
Étym. gr. larugx : larynx ; ite : inflammation
→ dyspnée laryngée, épiglottite, glotte (œdème de la)
maladie bipolaire chez l'enfant et l'adolescent l.f.
bipolar psychosis, disorder among children and adolescents
Des formes analogues à celles observées chez l'adulte sont tout à fait exceptionnelles avant la puberté.
Chez l'enfant, des manifestations hypomaniaques de lutte contre les angoisses dépressives peuvent cependant être notées. Agitation, exubérance, bonne humeur factice, familiarité exagérée, excitation anxieuse, logorrhée, fuite des idées sont souvent au premier plan, mais peuvent se mêler à des manifestations proprement dépressives.
Chez l'adolescent, la dépression mélancolique est rare, alternant ou non avec des accès maniaques. Le diagnostic de dépression inaugurant une telle psychose est difficile à poser lors d'un premier accès. L'existence d'antécédents familiaux aidera au diagnostic.
La mise en route d'un traitement par le lithium ou d'autres thymorégulateurs sera présentée avec une extrême prudence.
mensonge chez l'enfant l.m.
lying among children
On peut parler de mensonge quand l'enfant est capable de distinguer le vrai et le faux, c'est-à-dire aux alentours de l'âge de raison, vers sept ans.
Il est classique de distinguer trois types : le mensonge utilitaire, pour retirer un avantage ou s'éviter un désagrément ; le mensonge compensatoire, à la recherche d'une image que le sujet croit inaccessible ou perdue ; la mythomanie, proche du délire de rêverie, qui caractérise des enfants vivant en permanence dans un monde de rêve à thème mégalomaniaque, où la distinction entre délire et rêverie décrite par G. Heuyer n'est pas toujours aisée.
G. Heuyer, pédopsychiatre français, membre de l’Académie de médecine (1930)
mutisme chez l'enfant l.m.
mutism in childhood
Disparition du langage chez un enfant ayant antérieurement parlé, en l'absence de toute cause organique et de tout facteur susceptible de rendre compte d'une aphasie. Elle peut être passagère ou durable, totale ou élective.
De durée variable mais fréquemment passager, le mutisme total ou émotionnel survient le plus souvent après un choc affectif.
D'origine névrotique ou réactionnelle, le mutisme électif peut être : extrafamilial, électivement scolaire, se déclenchant le plus volontiers au moment de l'entrée en cours préparatoire ; ou intrafamilial, débutant à des moments variables de la vie de l'enfant et s'adressant à un ou plusieurs membres du groupe familial avec qui il reste obstinément mutique.
Étym. lat. mutus : muet
plaie du cuir chevelu chez l'enfant l.f.
infant wound of the scalp
Particularité d’une plaie du cuir chevelu très vascularisé chez l'enfant et qui peut saigner abondamment.
De telles plaies doivent être très rapidement suturées pour assurer l'hémostase. Des anémies aigües, voire des évolutions mortelles ont été observées faute d'une hémostase précoce. Loin de tout moyen et faute de mieux, le pansement doit rapprocher les lèvres de la plaie pour permettre une hémostase provisoire, au besoin en se servant des cheveux pour rapprocher les lèvres de la plaie.
prépsychose chez l'enfant l.f.
prepsychosis in children
Notion floue, qui inclut tout ce qui est plus grave qu'une névrose et moins grave qu'une psychose, avec l'incertitude évolutive qui s'y rattache.
Un relatif consensus permet d'utiliser cette expression, bien que selon les auteurs, le même type d'enfant soit baptisé de : "atypic child", état pseudonévrotique ou prénévrotique, structure préschizophrénique, parapsychose, "borderline child", "faux self", personnalité "comme si" ("as if"), etc.
psychotropes chez l'enfant l.m.p.
psychotropes in children
Souvent discutée, leur utilisation est bien plus réduite que chez l'adulte.
Malgré l'emploi fréquent de substances parmi les plus connues et les plus anciennes, il est difficile de déterminer la dose utile, efficace et comportant un minimum de risques (cognitifs, portant sur le développement et la croissance, en particulier).
A fortiori, que penser par ex. de la prescription de méthylphénidate à des enfants seulement désobéissants ?
En pédopsychiatrie, le médicament a un rôle accessoire dans un contexte thérapeutique qui s'appuie essentiellement sur la psychothérapie et toutes les mesures psychoéducatives. L'information des familles, dont la collaboration est indispensable, pose des problèmes éthiques.
reflux gastro-œsophagien chez l'enfant l.m.
oesophageal reflux
Reflux gastroœsophagien qui se produit chez le nouveau-né, jusqu'à l'âge de 6 semaines environ, le sphincter du cardia n'étant pas efficace : il est alors quasi-physiologique.
Sa persistance ou son intensité doit faire rechercher un reflux gastroœsophagien qui accompagne presque toujours une atrésie de l'œsophage ou une hernie diaphragmatique (à cause des tractions qui s'exercent sur l'œsophage ou le diaphragme). En effet, une distension thoracique importante distend toujours l'orifice œsophagien du diaphragme (emphysème du poumon gauche, bronchodysplasie, paralysie ou éventration diaphragmatique, ventilation mécanique prolongée).
suicide (tentative de) chez l'enfant l.
suicide attempt in childhood
Habituellement confondue avec celle de l'adolescent, la tentative de suicide est rare mais non exceptionnelle : I0% des tentatives de suicide d'enfants et d'adolescents concernent des sujets de moins de 12 ans.
Par rapport à l'adolescent, la seule différence notable est la surreprésentation des garçons, d'autant plus grande que l'enfant est plus jeune (deux à trois pour une fille). Plus celui-ci est jeune et plus le moyen employé est brutal : strangulation, pendaison, précipitation sur un engin motorisé, noyade. L'intoxication médicamenteuse, première des méthodes utilisées à l'adolescence, n'apparaît qu'à l'âge de dix ans.
La signification de ces tentatives est variable : évitement ou fuite d'une situation vécue comme pénible, parfois anodine aux yeux de l'adulte (mauvaise note, banale réprimande) ; appel à une attention et à une affection estimées perdues. Névroses, psychoses typiques sont exceptionnelles. Le plus souvent, ne sont retrouvés que des traits d'immaturité, de labilité affective, d'impulsivité, sans qu'un tableau défini puisse être isolé.
Étym. lat. sui caedere : de soi, abattre, couper
→ suicide
troubles du caractère chez l'enfant l.m.
child with character disorders
Ensemble des manifestations pathologiques qui distinguent l’enfant difficile ou inadapté.
Pendant longtemps, la clinique de l’enfant caractériel se fonda sur les thèses constitutionnalistes empruntées aux types classiques de E. Dupré: émotifs, anxieux, paranoïaques, cyclothymiques, etc. Admettre cette terminologie implique un déterminisme rigide qui conduirait de façon linéaire du trouble de l’enfant à celui de l’adulte (cf. le criminel-né de C. Lombroso).
Dans leur grande majorité, les psychiatres d’enfants n’acceptent pas ces théories et accordent aux facteurs affectifs, aux conditions éducatives, une importance au moins égale à celle des facteurs héréditaires.
E. Dupré, psychologue et psychiatre français, membre de l’Académie de médecine (1862-1921)
[H4]
anesthésie (profondeur de l') l.f.
depth of anaesthesia
Évaluation de la qualité de l'anesthésie eu égard aux facilités d'autant plus grandes que sa profondeur accorde au chirurgien.
Cette évaluation est comprise entre l'état d'éveil normal avec la vigilance normale du sujet éveillé et la mort. Comme pour toute évaluation de la qualité, on peut, en principe, coter la profondeur de l'anesthésie en cinq degrés de 0, état d'éveil normal, à 5, mort, qui correspond à une anesthésie définitive. Entre ces deux extrêmes se placent les quatre stades de l'anesthésie dont le modèle a été donné par Guedel en 1937 pour l'éther : 1- analgésie, 2- délire, 3- stade chirurgical, 4- coma aréflexique. Mais dans la pratique cette distinction clinique en stades est difficile à faire avec les techniques actuelles d'anesthésie, qui emploient plusieurs produits, dont les effets sont un peu différents, et du curare, qui masque les réactions musculaires de l'opéré.
Quoi qu'il en soit les stades sont appréciés sur des signes cliniques, insensibilité à l'incision de la peau (analgésie), perte de conscience (narcose), suppression des réactions neurovégétatives (protection» neurovégétative) et des évaluations neurophysiologiques (électroencéphalogramme, potentiels évoqués et, en expérimentation, micro-électrodes posées sur la réticulée, le thalamus, le circuit limbique, etc.). Le 2ème stade, période relativement brève, commence au début de la perte de conscience, il correspond à l'abolition du contrôle par les centres supérieurs avec libération des centres secondaires (hallucinations, désorientation et réactions très vives aux stimulus extérieurs), laissant passer des réflexes aux effets dangereux (risque de syncope vagale, de fibrillation ventriculaire). Des ondes lentes monomorphes remplacent peu à peu les activités rapides et les rythmes lents de l'éveil de l'électroencéphalogramme. Différentes modalités d'analyse de l'électroencéphalogramme facilitent l'interprétation des signaux : selon les anesthésiques l'évolution est variable. Avant le passage au stade chirurgical les ondes lentes prédominent dans les régions frontales et commencent à prendre un aspect irrégulier, dit «polymorphe».
Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience
→ profondeur de l'anesthésie, surveillance de la curarisation, éther (stades de l'anesthésie à l')
[G1]
Édit. 2017
dose en profondeur l.f.
depth dose
Dose délivrée sur l’axe du faisceau en fonction de la profondeur sous la surface d’entrée.
Exprimée en pourcentage de la dose maximale, elle représente le rendement en profondeur.
Étym. gr. dosis : action de donner, ce qui est donné (déverbal de didômi : donner)