tyrosinémie de type 1 l.f.
hereditary tyrosinosis
Forme la plus sévère est la moins rare de tyrosinémie, due à un déficit en fumaryl acétoacétase (FAH, 15q23-q25), qui se manifeste essentiellement par des signes hépatiques et rénaux.
La prévalence est estimée à 1 cas sur deux millions. La transmission est autosomique récessive. Dans la forme infantile précoce aiguë, l'affection débute entre quinze jours et trois mois par un syndrome de nécrose hépatocellulaire avec ictère, œdèmes, ascite associée à une tubulopathie. La maladie peut débuter plus tardivement révélée par une cirrhose et un rachitisme vitamino-résistant lié à la tubulopathie. La maladie aiguë peut se compliquer de crises tyrosinémiques avec des accès de polynévrite porphyrique et une dystonie exceptionnellement révélateurs. La survenue de carcinomes hépatocellulaires est fréquente. En l'absence de traitement, le décès survient avant l'âge de dix ans, habituellement par insuffisance hépatocellulaire, carcinome hépatocellulaire ou insuffisance respiratoire d'origine neurologique.
Le diagnostic est posé par la chromatographie des acides aminés et la présence anormale dans les urines de succinyl-acétone. La valeur normale de la tyrosine est de 50 à 100 µmol/L jusqu’à 6 mois et de 48 à 87 µmol/L de 6 mois à l’âge adulte. Sa concentration est augmentée en cas de tyrosinémie. Le diagnostic anténatal est possible par le dosage des métabolites, l'étude enzymatique ou la recherche de la mutation du gène FAH.
Le traitement repose sur le NTBC, 2-[2-nitro-4-(trifluoromethyl)benzoyl] cyclohexane-1,3-dione, commercialisée sous le nom d'Orfadin®,, qui a obtenu en 2005 une AMM européenne en tant que médicament orphelin pour le traitement des patients atteints de tyrosinémie de type 1, en association avec un régime pauvre en protéines pour éviter l'hypertyrosinémie. Il inhibe une enzyme intervenant en amont du bloc enzymatique déficitaire.
Certains malades développent malgré le traitement un carcinome hépatocellulaire caractérisé par l'élévation de l'α-foetoprotéine.
G. Fanconi, pédiatre suisse, membre de l'Académie de médecine (1939)
→ Fanconi (syndrome de), tyrosinémie, tyrosine, tyrosine-transaminase (déficit en)
tyrosinémie de type 2 l.f.
Maladie autosomique récessive due à des mutations du gène TAT (16q22.1) codant la tyrosine aminotransférase (TAT), la tyrosinémie de type 2 se manifeste par des signes cutanés et oculaires et un retard mental dans 50 % des cas.
Erreur innée du métabolisme de la tyrosine dont moins de 150 cas ont été rapportés dans la littérature, elle est plus fréquente dans les populations arabes et méditerranéennes.
Les symptômes oculaires (rougeurs, photophobie, larmoiement excessif et douleurs) apparaissent, en général, dans la première année de la vie. Les signes oculaires comportent une opacification cornéenne avec des lésions cornéennes dendritiformes bilatérales (kératite pseudo-dendritique), une néovascularisation, une ulcération et une cicatrisation cornéennes. Les manifestations cutanées surviennent habituellement après la première année de la vie mais elles peuvent apparaître en même temps que les lésions oculaires. Les lésions cutanées sont des papules et des plaques palmaires et plantaires, hyperkératosiques, sans prurit (hyperkératose palmoplantaire)
Le diagnostic repose sur les signes cliniques et sur la détection d'un taux élevé de tyrosine, plasmatique et urinaire, et d'un taux élevé des métabolites urinaires de la tyrosine (4-hydroxy-phényl pyruvate, 4-hydroxy-phényl lactate, 4-hydroxy-phényl acétate et N-acétyl tyrosine). La mesure de l'activité TAT sur biopsie hépatique n'est généralement pas nécessaire au diagnostic. Certains patients peuvent être détectés dans le cadre de programmes de dépistage néonatal.La prise en charge consiste en un régime diététique limité en phénylalanine et en tyrosine. Le traitement des lésions cutanées peut nécessiter la prise orale de rétinoïdes. Le régime diététique permet de diminuer l'hypertyrosinémie avec un effet rapide sur les manifestations oculo-cutanées. Cependant, le degré de neuroprotection du régime n'est pas certain.
→ tyrosinémie, tyrosine, tyrosine-transaminase (déficit en)
tyrosinémie type 3 l.f.
Erreur innée du métabolisme de la tyrosine qui peut-être asymptomatique ou se manifester par des signes neurologiques incluant déficit intellectuel et ataxie.
Forme la plus rare des tyrosinémies, elle est caractérisée par une hypertyrosinémie modérée et une excrétion urinaire élevée de 4-hydroxyphenylpyruvate, 4-hydroxyphenyllactate et de 4-hydroxyphenylacetate. Due à des mutations du gène HPD (4-hydroxyphénylpyruvate dioxygénase), elle est transmise selon un mode autosomique récessif. Un régime alimentaire pauvre en phénylalanine et tyrosine est recommandé.
→ tyrosinémie, tyrosine, tyrosine-transaminase (déficit en)
tyrosinémie n.f.
tyrosinemia
Teneur de tyrosine dans le plasma sanguin.
Normalement elle est de 50 à 80 mol /L (9 à 14 mg).
Elle est augmentée dans plusieurs circonstances pathologiques : la tyrosinémie transitoire est une hypertyrosinémie, accompagnée d'hyperphénylalaninémie, fréquente chez les enfants prématurés, due à un déficit temporaire en p-hydroxyphénylpyruvate-oxydase, que l'on peut corriger par administration d'acide ascorbique ; les déficiences congénitales de cet enzyme sont causes d'hypertyrosinémies permanentes faisant partie des tyrosinoses ; les tyrosinémies hépatiques sont rencontrées dans les insuffisances hépatiques aigües ; d'autres troubles métaboliques plus rares sont également des causes possibles d'hypertyrosinémies.
→ tyrosine, hypertyrosinémie transitoire du nouveau né, tyrosinémie de type 1, tyrosinémie de type 2, tyrosinémie type 3, tyrosine-transaminase (déficit en)
gangliosidose généralisée GM1 de type 2 ou juvénile et de type 3 de l'adulte l.f.
generalized gangliosidosis, GM1, type 2 or juvenile type and type 3 or adulte type
Dégénérescence cérébrale avec surcharge de gangliosides dans le cerveau.
L'affection de type 2, a une évolution assez lente, elle débute vers 1 an avec un faciès dysmorphique en gargouille, un retard de croissance et psychomoteur, puis une cécité. Il n'est généralement pas décrit d'anomalie oculaire, mais il existe histologiquement une atteinte des cellules ganglionnaires rétiniennes. Le décès intervient entre 3 et 10 ans. Dans ce déficit en β-galactosidase, seuls les isoenzymes B et C sont en cause et la surcharge de gangliosides a lieu dans le cerveau et non dans les viscères (il y a tout de même surcharge viscérale en mucopolysaccharides). La gangliosidose généralisée GM1 de type 3 ou de l'adulte ne donne pas de macula rouge cerise mais une atteinte neurologique et intellectuelle lente. Le gène de l'enzyme GLB1 est situé en 3p21.33. L’affection est autosomique récessive (MIM 230650, type 2 ; MIM 230650, type 3).
D. M. Derry, pharmacologue canadien (1968)
Syn. gangliosidose à GM1 infantile tardive, gangliosidose à GM1 adulte