Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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artefact de troncature l.m..

truncating artifact

En IRM, artefact qui apparait au niveau des interfaces où existe une transition brusque du signal IRM : graisse-os ; graisse-muscle ; liquide cérébrospinal-moelle... et se traduit par des bandes ou des stries d'intensité alternativement faible et forte, parallèles à la zone de variation brutale du signal.
La distance entre les bandes est liée à la taille de la matrice, donc à la résolution spatiale, cette distance étant d'autant plus faible que le nombre de lignes de la matrice est plus élevé.
Le mécanisme de cet artefact est lié au principe de la reconstruction de l'image par transformation de Fourier dont il traduit l'imperfection : les images de forme complexe sont obtenues par une combinaison d'ondes sinusoïdales).
Fréquents et évidents au niveau de la voûte crânienne, à la limite entre l'os et la graisse sous-cutanée, ces artefacts posent parfois des problèmes difficiles, en particulier au niveau de la moelle épinière où ils peuvent être à l’origine d’une bande centromédullaire mimant une syringomyélie.

J. W. Gibbs, mathématicien américain (1839-1903)

Syn. phénomène de Gibbs

transformée de Fourier

[B2,B3]

Édit. 2018

troncature (d'une lentille) l.f.

truncation

Ablation d'une partie périphérique d'une lentille de contact qui a pour but de la stabiliser dans un axe donné.

artefact n.m.

artefact, artifact

En imagerie, image anormale créée par la technique, sans signification diagnostique, mais pouvant gêner l'interprétation.
En radiologie conventionnelle, les artéfacts ont de multiples causes : contraintes mécaniques sur le film, défauts de développement, électricité statique, ombres parasites sur le faisceau RX, etc.
En scintigraphie, ils sont dus essentiellement aux mouvements du malade et aux fluctuations statistiques.
En scanographie, ils relèvent surtout des mouvements des malades, des corps étrangers et prothèses diverses, et du phénomène de volume partiel.
En échographie, en plus du phénomène d'aliasing, on note surtout des échos de répétition et des ombres de réfraction.
En IRM, les causes d'artéfacts sont nombreuses : déplacements du patient ou d'organes mobiles (battements cardiaques, respiration, péristaltisme intestinal, pulsation du liquide cérébrospinal, mouvements oculaires) ; phénomènes de flux ; présence de matériel ferromagnétique (prothèses métalliques, valves de dérivations, clips chirurgicaux, corps étrangers métalliques) ; phénomène d'aliasing ; artéfacts de susceptibilité magnétique, de troncature (artéfact de Gibbs), de déplacement chimique, voire artéfacts liés à des émissions d'ondes de radiofréquences externes (insuffisance de la cage de Faraday).

Étym. lat. artis facta : effet de l'art

contrindication

artefact d'angle magique en IRM l.m.

magic angle artifact

Dans les séquences IRM à TE court, augmentation artéfactuelle de signal des ligaments ou des tendons, normalement en hyposignal, lorsque le grand axe de ceux-ci fait un angle de 55 degrés par rapport au champ B0. C’est le cas, par exemple, de la quasi-totalité des tendons de la cheville, Achille (rectiligne) exclu, en coupes sagittales. On peut y remédier en orientant différemment la structure à visualiser ou en remplaçant les séquences à TE court par des séquences à TE long.

[B2,B3]

Édit. 2018

artefact de champ magnétique en IRM l.m.

magnetic field artifact

champ magnétique (artéfact de)

[B2,B3]

Édit. 2018

artefact de cône d'ombre (en échographie) l.m.

Quand les ultrasons rencontrent une structure très réfléchissante ou très absorbante (par exemple un calcul ou une structure gazeuse), celle-ci les renvoie ou les absorbe tous ; il se forme dès lors à la surface de la structure une ligne hyperéchogène (due aux échos réfléchis) surmontant une plage vide d’échos (faute d’ultrasons) dont la forme est cônique (cône d’ombre) avec les sondes sectorielles, rectangulaire (cheminée d’ombre) avec les sondes linéaires.
Un phénomène analogue peut se voir sur les bords d’une structure arrondie (rein, tendon…) par réfraction du faisceau d’ultrasons (cône d’ombre des parois latérales).

Étym. lat. artis facta : effet de l'art

[B2]

Édit. 2017

artefact de déplacement chimique en IRM l.m.

chemical shift artifact

Syn. : artefact de glissement chimique

déplacement chimique en IRM

[B2,B3]

Édit. 2018

artefact de flux en IRM l.m.

flow artifact

En IRM, perturbation de l'image due au flux pulsatile du sang ou du liquide cérébrospinal. Cet artéfact apparait dans la direction du codage de phase, le plus souvent sous l'aspect d'images-fantômes hyper ou hypo-intenses, parfois comme un déplacement du signal de flux en dehors de la lumière du vaisseau. Sur les IRM médullaires, l’artefact de flux est source d’ images hypointenses dans le LCS à ne pas confondre avec un processus occupant de l’espace sous-arachnoïdien.

[B2,B3]

Édit. 2018

artefact de glissement chimique en IRM

déplacement chimique en IRM

[B2,B3]

Édit. 2018

artefact de mouvement en IRM l.m.

Il se traduit, en cas de mouvement de tout ou partie de la structure étudiée, par un flou de l’image dans les sens du codage par la phase et par la fréquence, ou par des images-fantômes dans le sens du codage par la phase

Ces images-fantômes, qui reproduisent la structure mobile en un ou plusieurs sites anormaux, peuvent être très trompeuses. Très fréquents en IRM, les artéfacts de mouvement peuvent être aléatoires, secondaires à des mouvements du patient, à la déglutition, aux mouvements oculaires, au péristaltisme digestif… ou périodiques, dus à des mouvements physiologiques répétitifs : respiration, battements cardiaques, pulsations artérielles, flux divers…
Différents artifices permettent de limiter les artéfacts de mouvement, voire de les supprimer : séquence en apnée, synchronisation (gating) cardiaque ou respiratoire, bandes de présaturation, inversion de la direction du codage en phase et en fréquence…
Certaines séquences sont spécifiquement destinées à réduire les artefacts de mouvement : PROPELLER (General Electric), BLADE (Siemens), RADIAL (Philips)…

flux (artefact de)

[B2,B3]

Édit. 2018

artefact de renforcement postérieur (en échographie) l.m.

Les ultrasons qui traversent une zone liquidienne anéchogène ne sont pas arrêtés : les structures situées en arrière de cette zone liquidienne reçoivent donc proportionnellement plus d’ultrasons que les régions voisines où les ultrasons sont normalement atténués par les tissus qu’ils ont traversés.
Cet excès d’ultrasons est à l’origine d’un aspect plus hyperéchogène des structures postérieures : l’artéfact de renforcement postérieur.

Étym. lat. artis facta : effet de l'art

[B2]

Édit. 2017

artefact de repliement en IRM l.m.

aliasing

Artefact caractérisé par la superposition d’un objet situé à l’extérieur du champ de vue, du côté controlatéral de l’image (par ex. sur une IRM encéphalique en coupe sagittale, l’image du nez qui vient se superposer à l’occiput).
Cet artefact peut survenir quand le champ de vue est plus petit que la région étudiée, ou décentré par rapport à elle, dans le sens du codage de phase ou de fréquence. Il est du à une ambiguïté du codage spatial qui attribue à l’objet hors champ le même codage que celui des structures du côté opposé du champ de vue.
Pour l’éviter on peut augmenter la taille du champ de vue ainsi que celle de la matrice et/ou utiliser des séquences spéciales anti-repliement.

[B2,B3]

Édit. 2018

artefact de réverbération (en échographie) l.m.

reverberation artefact

Artéfact créé par la réflexion itérative des ultrasons piégés entre deux surfaces réfléchissantes (interface séparant deux structures d'impédances très différentes).
Ils envoient à chaque rebond un écho vers la sonde ; l’ensemble forme une série de lignes parallèles de moins en moins marquées, représentant autant de fausses interfaces anatomiques : l’artéfact de réverbération.

Étym. lat. artis facta : effet de l'art

[2017]

artefact de susceptibilité magnétique en IRM l.m.

magnetic susceptibility artifact

susceptibilité magnétique (artefact de)

[B2,B3]

Édit. 2018

champ magnétique (artefact de) l.m.

Inhomogénéité du signal IRM sans base anatomopathologique, en rapport avec de nombreuses causes potentielles : sensibilité en émission et en réception des antennes, courants de Foucault, interaction électrodynamiques avec l’objet, ondes de radio-fréquence

Toutes ces inhomogénéités sont susceptibles d’être source d’erreurs diagnostiques si leur origine n’est pas perçue comme artéfactuelle.

champ magnétique

[B1,B2,B3]

Édit. 2018

susceptibilité magnétique (artefact de) l.f.

magnetic susceptibility artifact

En IRM, artéfact important lié à une distorsion du champ magnétique local dans la zone frontière entre deux régions de susceptibilités magnétiques très différentes (p. ex. zone de transition air-os, os-tissu, hémoglobine-tissu, etc.).
Il existe à leur interface un gradient de champ magnétique intrinsèque qui induit un déphasage des spins au niveau de la zone de transition. Ce déphasage est à l’origine d’une zone de signal hypo-intense artéfactuelle. A l’interface air-tissu, cet artefact en hyposignal peut donner l'impression d'un agrandissement de la cavité aérique. Au niveau d'une calcification ou d'une structure osseuse, il peut simuler un agrandissement de celles-ci.
Cet artefact peut être exploité dans un but diagnostique, son augmentation en écho de gradient par rapport à l'écho de spin étant un argument en faveur de certains diagnostics : calcification, foyer hémorragique ancien riche en hémosidérine, métastase de mélanome riches en mélanine…
Il est à l’origine du principe de l’IRM fonctionnelle et de l’IRM de perfusion.

susceptibilité magnétique, champ magnétique, imagerie de perfusion (en IRM), imagerie par résonance magnétique fonctionnelle

[B1,B2,B3]

Édit. 2018