Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

1 résultat 

transport des patients en avion l.m.

Mode de transport qui présente un intérêt particulier pour les grandes distances

(> 200 km) car il est très rapide, très régulier (pratiquement pas d'accélérations nocives et très peu de secousses), offre en général une place très grande pour la surveillance et les soins de réanimation et il franchit sans difficulté mers et montagnes.
Mais il est plus dépendant des conditions météorologiques que le transport terrestre et ne peut se faire que d'un aérodrome à un autre, ce qui impose un relais par ambulance ou hélicoptère pour aller de l'hôpital à l'avion et inversement. Le transport par avion est donc peu justifié pour les courtes distances. En outre le patient est soumis à des variations d'altitude, qui interfèrent sur l'administration des soins (en croisière l'altitude cabine des avions de ligne est de 2 500 m).
Aspect technique : La première difficulté rencontrée est le brancardage à l'entrée et à l'intérieur de l'avion. Sauf les aéronefs de transport militaire, les avions civils ne sont en général pas aménagés pour ce mode de chargement : aussi est-il indispensable de reconnaitre le trajet à effectuer pour entrer et circuler dans l'avion avant d'y conduire le patient. Sa mise en place effectuée et la sangle bouclée, il reste à disposer et à fixer le matériel nécessaire à portée de la main de façon qu'il ne risque pas de se déplacer sous l'influence des inclinations de l'avion, des accélérations du décollage et de l'atterrissage ou d'une turbulence toujours possible.
Il y a peu de contrindication au transport aérien des patients en autonomie respiratoire, sauf pour les blessés de l'abdomen (risque de passage de matières fécales dans le péritoine lors de la montée, de même un malade porteur d'anus artificiel rencontre des difficultés à la montée, il doit éviter si possible l'avion) et pour les malades contagieux (virus des fièvres hémorragiques, etc.) qui risquent de contaminer les autres occupants de l'avion. Pourtant de nombreux patients voyagent seuls ou accompagnés par un proche dans un avion de ligne ou dans un autre moyen de transport en commun sans déclarer leur maladie et le risque de contagion existe (p. ex. cas d'un passager tuberculeux bacillifère ayant contaminé dans l'avion plusieurs passagers assis autour de lui). Quoi qu'il en soit un patient dyspnéique autonome peut voyager assis, quitte à emporter avec lui une bouteille d'O2 comprimé (les dispositifs actuels à O2 liquide sont dangereux en avion) pour compenser les effets de l'hypoxie d'altitude (en effet les bouteilles de secours dans l'avion ne doivent être utilisées que pour faire face aux urgences).
Des civières peuvent être installées dans les avions de ligne pour les patients couchés (p. ex. fractures du membre inférieur). A condition d'avoir obtenu l'installation d'une cabine sanitaire (des rideaux pour isoler le patient et le médecin), on peut transporter des patients nécessitant des soins intensifs (ventilation mécanique, perfusions, etc.) pour lesquelles des soins de réanimation doivent être assurés en vol.
Qu'il s'agisse d'avion de ligne ou d'avion ambulance, des précautions spéciales doivent être prises pour l'alimentation électrique des appareils, les bouteilles d'oxygène ou d'air comprimé doivent être acceptées par le transporteur et tout le matériel doit être solidement arrimé. Il faut savoir qu'un certain nombre d'appareils utilisés à l'hôpital ne conviennent pas en aéronautique (se renseigner auprès du médecin de la compagnie ou d'un médecin du SAMU compétent en médecine aéronautique).
Le transport des malades psychiatriques est possible mais il faut qu'ils soient accompagnés par un personnel compétent capable de les maitriser en cas de besoin.
Aspect réglementaire : Le commandant de bord a toute autorité pour refuser de transporter un patient ou un appareillage lui paraissant dangereux, il doit aussi suivre les instructions de sa compagnie. Des mesures particulières avec remplissage d'un formulaire normalisé sont prévues pour le transport des handicapés.

Syn. EVASAN

d'altitude (aiguille d'), altitude, aérien (transport) des patients, otite barotraumatique, transport des patients en hélicoptère, transport des patients en ambulance, transport des patients, évacuation sanitaire, SMUR