transfusion fœtale in utero l.f.
intra-uterine fœtal transfusion
Injection sous contrôle échographique de sang rhésus négatif dans la veine ombilicale de fœtus rhésus positif, en cas d’anémie fœtale par iso-immunisation rhésus d’une mère rhésus négatif.
L’indication de la transfusion est portée sur un taux de bilirubine élevé dans le liquide amniotique, et confirmée par la mesure immédiate de la concentration d’hémoglobine du fœtus lors de la ponction de la veine ombilicale. La quantité de sang transfusée, la fréquence des transfusions varient en fonction du terme et de la gravité de l’anémie. Dans les formes sévères, les transfusions débutent dès la 20ème semaine et se poursuivent au rythme d’une par mois jusqu’au terme de la maturité fœtale, soit autour de 36 semaines d’aménorrhée.
centre de transfusion sanguine l.m.
blood transfusion center
Les centres de transfusion sanguine ont été remplacés par des établissements de transfusion sanguine.
Cependant le centre de transfusion sanguine des armées a conservé cette dénomination.
→ établissement de transfusion sanguine, établissement français du sang
[F1]
établissements de transfusion sanguine l.m.p.
establishments of blood transfusion
Les établissements de transfusion sanguine exercent une mission de santé publique dans le cadre du service public de la transfusion sanguine.
Seuls, les établissements agréés par l'Etat sont autorisés à collecter le sang et ses composants, à préparer des produits sanguins labiles (arrêté du 17 septembre 1993 relatif à la liste des produits sanguins labiles) et à les distribuer, sous la direction et la responsabilité d'un médecin ou d'un pharmacien. En outre, ils ont vocation à développer toute activité liée à la transfusion sanguine, au conseil et au suivi des actes de transfusion. Ils peuvent être aussi autorisés, d'une part, à distribuer des médicaments dérivés du sang, et d'autre part, à titre accessoire, à exercer d'autres activités de santé, notamment des activités de soins et de laboratoire d'analyses de biologie médicale.
41 établissements de transfusion sanguine sont agréés. Ils ont le statut de groupement d'intérêt public ou d'association régie par la loi de juillet 1901. Le centre de transfusion sanguine des Armées est placé sous la tutelle directe du ministère de la Défense.
Sigle ETS
→ établissement français du sang, institut national de la transfusion sanguine
[E1,F1]
Édit. 2018
exsanguino-transfusion n.f.
exchange transfusion
Remplacement du sang d'un patient par des dérivés sanguins provenant de donneurs compatibles.
On la réalise en utilisant deux voies veineuses, l'une pour la soustraction et l'autre pour l'injection. L'échange doit atteindre deux à trois masses sanguines.
La principale indication chez le nouveau-né est l'hémolyse aigüe, secondaire à l’incompatibilité rhésus foeto-maternelle, pour extraire un excès de bilirubine, toxique pour le système nerveux central, et d'anticorps résiduels en restaurant le capital d'hématies.
L'exsanguino-transfusion est irremplaçable dans le traitement en urgence de certaines complications de la drépanocytose (quand la concentration d'hémoglobine S est supérieure à 30 %). La méthode peut aussi être utilisée dans les intoxications hémolytiques et dans le syndrome hémolytique et urémique
→ exsanguino-transfusion du nouveau-né, incompatibilité sanguine foeto-maternelle, drépanocytose
[B3,F1]
Édit. 2018
exsanguino-transfusion du nouveau-né l.f.
neonatal exchange transfusion
En présence d’une incompatibilité rhésus foeto-maternelle, remplacement total du sang du nouveau-né par du sang rhésus négatif dépourvu d'anticorps immuns.
Elle est pratiquée sur la veine ombilicale avec un dispositif à trois voies, soustrayant un volume équivalent au volume injecté. Actuellement, elle est largement supplantée par les transfusions in utero.
→ exsanguino-transfusion du nouveau-né, incompatibilité sanguine foeto-maternelle,
[B3,F1,O1]
Édit. 2018
institut national de la transfusion sanguine (INTS) l.m.
national institute of the blood transfusion
Structure indépendante des établissements de transfusion sanguine, constituée dans le prolongement de la loi du 4 janvier 1993, créant l’agence française du sang, il a pour objectif l’amélioration de la sécurité transfusionnelle.
Ses activités sont dévolues à l'analyse, à la maîtrise et à la prévention des risques transfusionnels ainsi qu'à l'évolution de la transfusion sanguine et de la médecine transfusionnelle en France et dans le contexte européen.
INTS a été créé sous la forme juridique d’un groupement d’intérêt public constitué par
- l’établissement français du sang (remplaçant l’agence française du sang),
- l’Etat représenté par le ministère de la Santé,
- la caisse nationale d’assurance maladie.
Il se situe comme un interlocuteur, un partenaire et un référent dans le domaine de la transfusion sanguine, non seulement auprès de chacun de ses membres constitutifs, mais aussi : des autres acteurs publics de la sécurité sanitaire, des acteurs de la transfusion sanguine en matière de mise à disposition des produits sanguins labiles (PSL) et des médicaments dérivés du sang, des structures en charge d’enseignement, de formation et d’évaluation, des acteurs en matière d’utilisation des PSL, des sociétés savantes engagées en transfusion sanguine et hémovigilance.
→ établissement français du sang, établissements de transfusion sanguine
poste de transfusion l.m.
Dans le cadre de l’organisation de la transfusion sanguine en France, structure de base chargée du prélèvement du sang, de la préparation de certains composants, de leur stockage et de leur distribution dans un secteur géographique restreint.
transfusion n.f.
transfusion
Injection intraveineuse de sang homologue frais ou conservé, et par extension d’un composé ou d’un succédané du sang.
La transfusion a d’abord été directe de donneur à receveur (transfusion immédiate).
Elle est aujourd’hui pratiquement toujours indirecte, le sang étant prélevé sur un donneur puis conservé dans une banque de sang. La transfusion n’a été rendue possible que par la découverte et l’étude des groupes sanguins qui évitent les accidents transfusionnels graves d’incompatibilité sanguine. La transfusion totale, est l’exsanguino-transfusion.
transfusion autologue l.f.
Mode de transfusion sanguine selon lequel un malade reçoit son propre sang.
La transfusion autologue se différencie de la transfusion homologue dans laquelle une personne reçoit le sang d’une autre personne. La transfusion autologue convient par exemple lors d’une intervention chirurgicale dont la date a été programmée et dont les dépenses de sang sont prévisibles, le sang ayant été prélevé dans les semaines précédentes : ce procédé est soumis à la responsabilité d’un établissement de transfusion sanguine. Une autre modalité de la transfusion autologue consiste dans la réinjection au malade de son propre sang au cours de l’intervention chirurgicale ; elle est alors sous la responsabilité de l’équipe d’anesthésie-réanimation.
transfusion de sang (infection transmise par la) l.f.
Transmission, par le sang ou ses produits dérivés, d’agents infectieux au receveur.
Il peut s’agir d’une infection latente du donneur ou d’une contamination liée au prélèvement, au conditionnement, au stockage du sang ou au geste transfusionnel lui-même. Les agents infectieux en cause sont nombreux : bactéries, levures, protozoaires (Plasmodium, Trypanosoma cruzi, etc.), virus (virus des hépatites, herpès virus, rétrovirus, etc.), prions et autres agents non conventionnels. La prévention des infections post-transfusionnelles repose sur la sélection des donneurs, le traitement du sang total et des produits dérivés, les précautions d’aseptie lors de la tranfusion.
transfusion du nouveau-né l.f.
neonatal transfusion
Outre les règles classiques, ce type de transfusion doit tenir compte du passage transplacentaire possible d'anticorps maternels dangereux.
A travers le placenta, certaines mères du groupe O transmettent à leur enfant des anticorps (anti-A, voire même anti-B), qui peuvent hémolyser ses hématies, ce qui entraîne une anémie et un ictère. Une transfusion apportant des hématies hémolysables par ces anticorps peut être particulièrement dangereuse, d'autant que les hématies d'adulte sont beaucoup plus vulnérables aux anticorps immuns que celles d'un nouveau-né. De même le passage transplacentaire d'anticorps d'une mère qui a pu être immunisée contre certains groupes anormaux peut induire un phénomène semblable, si les hématies cibles transfusées rencontrent ces anticorps (ex., immunisation d'une mère contre un facteur rhésus).
Règles spécifiques de la transfusion du nouveau-né :
1) elle doit se faire en ayant connaissance non seulement du groupe sanguin de base et du groupe rhésus de l'enfant, mais aussi de ceux de la mère ;
2) elle ne doit pas être faite sans avoir réalisé au préalable un test de Coombs sur le sang de l'enfant. Ce test peut parfois être négatif malgré la présence d'anticorps immuns anti-A ou –B ;
3) si le test de Coombs est positif il faut conserver un échantillon du sang maternel. Cet échantillon doit accompagner l'enfant en cas de transfert ;
4) le sang destiné à la transfusion ne doit pas risquer d'être hémolysé par des anticorps transmis par la mère. P. ex., un enfant A, né d'une mère O, ne doit pas recevoir du sang A mais du sang O non dangereux ;
5) la transfusion doit se faire avec des hématies fraîches et, si possible, avec du sang total frais. En effet, le nouveau-né est incapable de glycuroconjuguer la bilirubine pendant les premiers jours de sa vie : l'utilisation d'hématies vieilles de plus de quatre jours est contre-indiquée, car elle risque d'entraîner un ictère avec toutes ses conséquences cérébrales possibles.
Si l'on doit répéter les transfusions il est inutile de rechercher les agglutinines irrégulières avant l'âge de six mois.
R. Coombs, immunologiste britannique (1945)
→ transfusion sanguine, Coombs (test de)
transfusion et rein
→ néphropathie posttransfusionnelle
transfusion fœtofœtale l.f.
twin twin transfusion
→ syndrome transfuseur transfusé
transfusion fœtomaternelle l.f.
foetomaternal transfusion
Hémorragie de sang fœtal dans la circulation maternelle à travers le placenta, qui survient au moment de l’accouchement ou peut être provoquée par une manœuvre obstétricale, un avortement, une insertion basse du placenta.
Son volume évalué par le test de Kleihauer varie de moins de dix à plusieurs dizaines de millimètres cubes, jusqu’à parfois provoquer la mort fœtale par anémie aigüe. Chez les femmes rhésus négatif dont le fœtus est rhésus positif, elle constitue la cause de l’immunisation fœtomaternelle antirhésus.
E. Kleihauer et K. Betke, pédiatres allemands (1957)
transfusion sanguine l.f.
blood transfusion
Transfert de sang ou de produits sanguins humains, d'un donneur à un receveur par injection intravasculaire.
On distingue l'autotransfusion (transfusion autologue), injection au patient de son propre sang prélevé au préalable, la transfusion homologue, injection de sang compatible provenant d'un autre humain. La transfusion hétérologue, injection de sang provenant d'un animal, est interdite depuis 1668.
La découverte des groupes sanguins 1(A B O en 1900, rhésus en 1940) a permis d'éviter les accidents d'incompatibilité sanguine mais elle n'a pas évité ceux dus à la transmission d'agents infectieux, notamment viraux pour lesquels des précautions spéciales doivent être prises concernant les donneurs et la manipulation du sang.
Une réglementation stricte doit être observée pour le prélèvement du sang, sa conservation et son administration.
La voie d'injection est généralement intraveineuse, les voies intra-osseuse ou intra-artérielle ont des indications spéciales. L'injection sous-cutanée de sang prélevée au patient (autohémothérapie) a été utilisée pour traiter des états allergiques, elle est actuellement abandonnée.
1K. Landsteiner, biologiste et médecin autrichien, prix Nobel de médecine de 1930
Étym. lat. transfusio : action de transvaser.
→ agglutinines irrégulières, autotransfusion, groupe sanguin, transfusion du nouveau-né, transfusion sanguine (accidents de la), transfusion sanguine (infections transmises par la)
transfusion sanguine (accidents de la) l.m.
blood transfusion-related complications
Complications secondaires à l'administration de produits sanguins homologues ou autologues, dérivés du sang ou du plasma, qu'ils soient labiles ou stables.
De gravité variable, ces accidents peuvent mettre en jeu la vie du patient. Ils peuvent être immédiats (immunologiques, métaboliques, infectieux, xénobiotiques) ou retardés (immunologiques, infectieux). La transfusion massive comporte des complications particulières.
Les complications immunologiques immédiates peuvent toucher les éléments cellulaires ou plasmatiques. Une incompatibilité au niveau des antigènes des érythrocytes est à l'origine d'une hémolyse qui peut être intra- ou extravasculaire. Le conflit antigène-anticorps au niveau des érythrocytes peut être lié à une erreur humaine (transfusion hétérogroupe) ou à la présence d'allo-anticorps immuns (agglutinines irrégulières). On rencontre aussi des réactions anaphylactiques, dues à des immunoglobulines IgG ou IgE, dont les causes sont multiples et qui s'observent surtout avec le plasma et les dérivés du plasma (albumine). Les réactions générales (frissons, hyperthermie) peuvent avoir une origine immunologique chez des patients déficients en IgA.
Les complications métaboliques (hypocalcémie, hyperkaliémie, acidose métabolique, augmentation de la phosphorémie et de l'ammoniémie) sont moins fréquentes grâce à l'amélioration des techniques de conservation. Les complications infectieuses immédiates sont surtout d'origine bactérienne (contamination du produit).
→ transfusion sanguine (infections transmises par la), transfusion du nouveau-né
transfusion sanguine (organisation de la) l.f.
blood transfusion
→ établissement français du sang, établissements de transfusion sanguine, institut national de transfusion sanguine
acidose fœtale l.m.
foetal acidosis
Accumulation d'ions H+ dans la circulation et les tissus du fœtus et donc baisse du pH plasmatique et cellulaire en dessous de 7,20.
Elle peut s’abaisser à 7,10, dans les acidoses majeures qui exposent à la souffrance cérébrale.
Elle traduit la restriction d'apport d'oxygène au fœtus au cours de la souffrance fœtale. Elle est due pour l'essentiel à une insuffisance placentaire, qui réduit la surface des échanges fœto-maternels, à une contracture ou une hypercinésie utérine, à une compression funiculaire, ou à une expulsion fœtale prolongée qui entravent ou même interrompent totalement ces échanges. Elle survient plus volontiers chez les fœtus hypotrophiques. Pendant le travail elle s'apprécie par un micro-prélèvement de sang sur le scalp du fœtus. L'acidose est métabolique quand s'accumule surtout l'acide lactique, par contracture utérine, ou respiratoire quand s'accumule surtout l'acide carbonique, par compression du cordon. Elle se mesure pour le nouveau-né sur le sang du cordon. Elle se quantifie au mieux par le déficit de base : la quantité de base nécessaire pour ramener le pH à 7,40. Il existe en plus une acidose transmise par la mère, quand son propre acide lactique produit par les efforts musculaires, notamment à l'expulsion, traverse le placenta.
[R1,O3,O6]
Édit. 2017
acidose fœtale gazeuse l.f.
fœtal respiratory acidosis
Augmentation de la concentration des ions H+ dans la circulation et les tissus du fœtus avec baisse du pH par accumulation d'acide carbonique.
Elle est due pour l'essentiel à une compression du cordon qui empêche l'élimination du CO2 mais aussi l'arrivée de l'oxygène, expliquant que l'acidose soit le plus souvent mixte. Elle se dépiste pendant le travail par une ponction de sang au scalp fœtal, à la naissance sur le sang du cordon. En dessous d'un pH à 7,10 elle expose à la souffrance cérébrale.
Syn. acidose fœtale respiratoire
[R1,O3,O6]
Édit. 2017
acidose fœtale métabolique l.f.
fœtal metabolic acidosis
Augmentation de la concentration des ions H+ et baisse du pH en dessous de 7,20 dans le sérum et les tissus du fœtus par accumulation d'acide lactique.
Elle est due à un défaut d'apport d'oxygène au fœtus au cours de la souffrance fœtale, par insuffisance placentaire, contracture ou hypercinésie utérines, expulsion prolongée, tous facteurs qui entravent ou interrompent les échanges fœto-maternels. Elle se dépiste pendant le travail par un micro-prélèvement de sang au scalp du fœtus, à la naissance sur le sang du cordon, dans lequel on mesure le pH, la pO2, la pCO2, la concentration des lactates, le déficit de base. En dessous d'un pH de 7,10 elle expose à la souffrance cérébrale. Il existe une acidose transmise par la mère quand son acide lactique, produit d'efforts musculaires prolongés et du jeûne, traverse le placenta.
Syn. acidose lactique
[R1,O3,O6]
Édit. 2017
acidose fœtale mixte l.f.
mixed fœtal acidosis
Acidose conjuguant l'acidose gazeuse et l'acidose métabolique au cours de la souffrance fœtale.
[R1,O3,O6]
Édit. 2017
acidose fœtale respiratoire l.f.
respiratory fœtal acidosis
[R1,O3,O6]
Édit. 2017
annexe fœtale l.f.
foetal membrane
[A4,O3,O6]
Édit. 2017
anoxie fœtale l.f.
foetal anoxia
Déficit de l'oxygénation du fœtus responsable d'une acidose métabolique.
En l'absence de traitement obstétrical (extraction fœtale), elle aboutit au décès fœtal ou à l’installation de lésions cérébrales irréversibles. Ses causes sont multiples : les pathologies maternelles de la grossesse responsables d’une insuffisance placentaire, l’hématome rétroplacentaire, les compressions funiculaires.
Étym. gr. a(n) : privatif ; oxia : pour oxygène
Syn. souffrance fœtale aigüe
[H1,O3]
Édit. 2017
arrêt de progression de la présentation fœtale l.m.
arrest of progress of the foetal presentation
Stagnation de la descente et de la rotation de la présentation fœtale dans l'excavation pelvienne entrainant une durée d'expulsion supérieure à 20 ou 30 minutes.
Il peut être dû à une hypocinésie utérine, à un défaut de flexion ou d'orientation de la tête fœtale, à un obstacle à la rotation de la tête fœtale au niveau du détroit moyen ou à une résistance exagérée des parties molles du bassin. Son traitement repose sur l'utilisation d'ocytociques, la flexion ou la rotation manuelle de la tête fœtale ou l'extraction instrumentale du fœtus.