produit de contraste l.m.
En imagerie médicale, substance qui augmente artificiellement le contraste entre la structure qui le contient et le milieu voisin. On peut y avoir recours quand le contraste naturel est insuffisant. La nature des produits de contraste dépend du type d’imagerie.
1) En imagerie X (radiographie, scanner à rayons X) le sulfate de baryum est réservé à l’opacification de la lumière du tube digestif et les produits iodés hydrosolubles aux autres indications. Le baryum comme l’iode absorbent les rayons X en raison de leur numéro atomique élevé. Ils sont à l’origine d’un «moule» radio-opaque de la structure qui les contient. Introduits dans le système vasculaire, les produits de contraste iodés ont une phase vasculaire brève, suivie d’une phase de diffusion extravasculaire puis d’une phase d’élimination urinaire par filtration glomérulaire. Leur utilisation implique donc une fonction rénale satisfaisante. Les produits iodés peuvent être injectés par voie intraveineuse (urographie, scanner…), intra-artérielle (artériographie), intra-articulaire (arthrographie), locale (hystérographie, uréthrographie ou cystographie rétrogrades, kystographie, fistulographie…..). Ils peuvent être, surtout par voie intraveineuse, à l’origine d’une sensation transitoire de chaleur sans gravité, de nausées ou, beaucoup plus rarement, de réaction allergoïde allant de la simple sensation de démangeaison à l’œdème de Quincke voire au choc anaphylactique.
2) En IRM, les produits de contraste modifient le comportement magnétique des tissus. On distingue les produits de contraste paramagnétiques (chélates de gadolinium, dont la pharmacocinétique est voisine de celle des produits iodés et qui peuvent être injectés par voie intraveineuse ou intra-articulaire) et les agents de contraste superparamagnétiques, constitués de nanoparticules d’oxyde de fer nommées SPION (superparamagnetic iron oxide nanoparticles) ou USPION (ultrasmall superparamagnetic iron oxide nanoparticles). Les produits de contraste gadolinés augmentent le signal des tissus vascularisés en T1. Ils ne franchissent pas la barrière hémato-encéphalique normale.
3) En imagerie nucléaire, on parle de radio-traceurs : ce sont des isotopes qui se fixent sur certains organes-cibles et dont l’émission est repérée par une gamma-caméra.
4°) En échographie, on utilise des microbulles injectées par voie IV, à l’origine d’une différence d’échogénicité des vaisseaux qui les contiennent et qui permettent de préciser le mode de vascularisation d’une lésion.
Edit. 2018
Syn. opacifiant, agent de contraste
[B2,B3]
triiodé hydrosoluble (produit de contraste) l.m.
water soluble triiodinated contrast media
→ produits de contraste triiodé hydrosoluble
oxygène (toxicité de l') l.f.
oxygen toxicity
La toxicité de l'oxygène a été signalée par Priestley (1775) puis par Lavoisier (1785).
Elle prédomine sur l'appareil respiratoire pour des pressions partielles inférieures à 2 bars (Seiler,1881) et sur le système nerveux pour les pressions supérieures à 3 bars (Paul Bert -1878). Le mécanisme de cette toxicité est très comparable à celui des radiations ionisantes (l'effet des radiations est accru par l'hyperoxie et diminué par l'hypoxie) : il procède par libération de radicaux libres qui détruisent ou bloquent les enzymes, particulièrement ceux comprenant des groupes sulfhydriles.
L'effet dit «Lorrain-Smith» se manifeste, en O2 pur au niveau de la mer, à partir de 5 à 6 heures pour une PO2 ≥ 25 kPa = 200 mm de Hg. Outre son action sur les voies respiratoires, l’oxygène produit une irritation oculaire.
Les convulsions apparaissent en conditions hyperbares pour une PO2 = 3 ata au bout de 2 heures et beaucoup plus rapidement si la PO2 est plus forte. Le mécanisme de ces convulsions met en jeu l'ischémie cérébrale par vasoconstriction des vaisseaux sous l'influence de l'hyperoxie. En outre, l'inhalation d’oxygène entraîne une dénitrogénation de l'organisme qui favorise les barotraumatismes en cas de décompression.
Schématiquement les effets toxiques d'une PO2 élevée sont :
- l'inhibition des enzymes par action sur les radicaux - SH ;
- la destruction du surfactant pour une PO2 > 25 kPa (effet Lorrain-Smith) ;
- l'effet Paul Bert (convulsions) pour une PO2 > 300 kPa, par vasoconstriction des artères cérébrales ;
- la fibroplasie rétrolentale et une bronchodysplasie pulmonaire chez les prématurés par effet toxique sur l'endothélium des vaisseaux ;
- l'arrêt de la formation des globules rouges par un mécanisme mal connu ;
- un effet toxique sur tous les tissus, par un mécanisme mal connu ;
- la destruction des germes anaérobies.
J. Priestley, philosophe naturel britannique (1775) ; A. Lavoisier, chimiste français (1785) ; M. Seiler, médecin français (1881) ; P. Bert, physiologiste français (1878)
→ Lorrain-Smith (effet), oxygénothérapie hyperbare, oxygénothérapie normobare
Édit. 2017
protoxyde d'azote (toxicité du) l.f.
nitrous oxide toxicity
Gaz anesthésiant qui inactive la vitamine B12 et peut donc révéler un syndrome neuro-anémique chez un patient porteur d'une maladie de Biermer méconnue.
[G1]
Édit. 2018
toxicité n.f.
toxicity
1) Capacité d'une substance à créer dans un organisme vivant des effets dangereux pour lui.
2) Ensemble des effets néfastes consécutifs à l'introduction dans l'organisme d'une quantité excessive d'une substance donnée.
On distingue la toxicité aigüe pouvant entraîner la mort rapidement et la toxicité à terme qui se manifeste après administration répétée et prolongée, par des altérations fonctionnelles ou morphologiques réversibles ou définitives.
fibrine (produit de dégradation de) l.m.
fibrinogen degradation products
Polypeptide dégradé de la fibrine et témoin d'une activité récente de la coagulation.
Abrév. PDF
→ fibrine
[C1,F1,F4]
Édit. 2018
produit d'amplification l.m.
amplicon, amplification product
Fragment d’ADN double brin obtenu par une réaction d’amplification en chaîne par polymérase.
→ amplification en chaîne par polymérase
[Q1]
Édit. 2017
produit de fission l.m.
fission product
Noyau résultant de la fission d'un noyau lourd. Sa masse atomique, approximativement moitié de celle du noyau lourd, se situe aux environs de 100.
Le 137Cs est un produit de fission radioactif utilisé pour les sources de curiethérapie gynécologique.
produit diététique l.m.
produit sanguin l.m.
Sang humain ou produit qui en est extrait.
Les centres spécialisés fournissent du sang total, des concentrés de globules et de plaquettes, de l’albumine, des immunoglobulines, des facteurs de coagulation, etc. On distingue deux grandes catégories de produits qui diffèrent par leurs conditions et leur durée de conservation, les produits instables et les produits stables lyophilisés.
→ centre de fractionnement, centre de transfusion
produit visco-élastique l.m.
viscoelastic agent
Produit visqueux et élastique utilisé dans la chirurgie du segment antérieur.
Sa viscosité permet le maintien des volumes (en particulier celui de la chambre antérieure) et son élasticité permet son injection et son évacuation facile avec une canule fine.
→ hyaluronate de sodium, viscochirurgie
visco-élastique (produit) l.m.
viscoelastic agent
glomérulonéphrite aigüe endocapillaire avec insuffisance rénale aigüe l.f.
acute endocapillary glomerulonephritis with acute renal insufficiency
ARM par contraste de phase l.f.
phase contrast MRA, PC MRA
Méthode d'ARM dont le principe repose sur la soustraction vectorielle, pixel par pixel, des moments magnétiques de deux images sur lesquelles le déphasage des spins mobiles (spins du sang circulant) a été induit par deux gradients bipolaires de polarité inverse.
Une première acquisition est réalisée en appliquant un gradient bipolaire dont le premier pôle est positif et le second négatif. Les spins fixes, selon le principe même de l'écho de gradient, voient leur déphasage induit par le premier lobe entièrement annulé par le second. Les spins mobiles du sang circulant qui se sont déplacés conservent un déphasage phi proportionnel à leur vitesse, d'où un moment magnétique résultant dont la composante transversale est égale à sinus phi. Lors de l'application du second gradient dont le premier pôle est négatif et le second positif, il persistera un déphasage des spins mobiles phi’ égale à moins phi, d'où un moment magnétique résultant, dont la composante transversale sera égale à moins sinus phi. Après soustraction des deux images, les spins fixes qui constituent le fond de l'image n’auront pas de moment résultant, donc pas de signal. En revanche, les spins mobiles auront une aimantation transversale résultante égale à (sinus phi) - (- sinus phi) soit 2 sinus phi, d'où l'existence d'un signal sensible à la phase des spins mobiles et à leur vitesse. L'acquisition peut se réaliser en 2D ou en 3D. Pour visualiser l'image, on utilise un algorithme de type MIP. L'ARM par contraste de phase, contrairement à l'ARM par temps de vol, est bien adaptée à l'exploration des vaisseaux à flux lent. Elle ne visualise pas bien les vaisseaux comportant des zones de turbulence.
→ angiographie IRM, ARM par temps de vol, MIP
[B2,B3]
Édit. 2018
contraste n.m.
contrast
1) Caractéristique qui différencie un signal de son environnement (contraste simultané) ou qui différencie deux états du même signal (contraste successif).
Le contraste permet de mesurer le degré de perception d'un signal. On parle de contraste pour la luminance, pour la couleur, pour le son, pour le toucher et plus généralement pour toute information. Le contraste seuil est le contraste minimum assurant la perception de l'information
2) En imagerie médicale, écart de luminance entre les différentes plages d'un document iconographique.
On le définit mathématiquement, pour deux plages homogènes caractérisées par des signaux SM et Sm par le paramètre C = définition identique à celle de la modulation d'un signal sinusoïdal ayant SM pour valeur maximale et Sm pour valeur minimale.
→ atténuation, courbe sensitométrique, densité optique, fonction transfert de modulation, sensibilité aux contrastes lumineux, vision du contraste
[B2,B3,A2]
Édit. 2018
contraste coloré l.m.
coloured contrast
Relation entre le stimulus coloré et son environnement.
[C2,P2]
contraste de phase l.m.
phase contrast
[B2,B3]
Édit. 2018
contraste négatif l.m.
negative contrast
1) En imagerie, disparition ou diminution d'une densité en radiologie ou d'un signal en IRM.
2) Méthode de microscopie électronique consistant à enrober un corps dans un produit opaque pour le mettre en évidence par soustraction P. ex. un virus ou ses constituants.
Syn. coloration négative
[A2,B2,B3]
Édit. 2018
double contraste (technique du) l.f.
double contrast
Technique de radiologie permettant de visualiser la muqueuse d'un organe creux, par l'utilisation successive d’un produit de contraste et une insufflation de gaz.
Elle persiste surtout pour l'examen du côlon après préparation alimentaire et médicamenteuse, permettant d'apprécier sa souplesse et d'avoir une bonne image de la muqueuse en vue de la détection des petites lésions, en particulier des polypes coliques.
→ couches minces, lavement baryté, mucographie
échocardiographie de contraste l.f.
contrast echocardiography
Echocardiographie facilitant l’étude des shunts intra-cardiaques grâce à une injection intraveineuse de produit de contraste échographique.
Étym. gr. Echo : héros mythologique
[B2, B3, K2]
Édit. 2019
écho de gradient rapide avec contraste renforcé en T2 l.m.
contrast enhanced steady state gradient echo
Seules séquences d'écho de gradient rapide permettant d'obtenir une bonne pondération en T2, par exploitation de l'écho de spin dit "stimulé", provoqué par la répétition de couples d'impulsions de radiofréquence θ.
Ces séquences (PSIF, SSFP, CE FFE T2, FAST etc.) ont été détrônées par les séquences d'écho de spin rapide, qui permettent un bon contraste en T2 avec un meilleur rapport signal/bruit.
[B2, B3]
Édit. 2019
hexaiodés hydrosolubles (produits de contraste) l.m.p.
→ produits de contraste hexaiodés hydrosolubles
[B2]
microscope à contraste de phase l.m.
Microscope utilisé pour l’observation des préparations peu contrastées, à détails mal visible au microscope classique.
Il est basé sur le principe d’une variation de la phase des ondes lumineuses qui traversent la préparation et le système optique du microscope, la phase étant l’oscillation de l’onde lumineuse à un temps donné. Les différences de phase déterminent une augmentation des contrastes dans l’image ; on les obtient au moyen d’une lame déphasante placée dans l’objectif.
F. Zernike, physicien néerlandais (1930), prix Nobel de physique en 1953
→ microscope, microscope classique
[A2,A3,B1,B3]
Édit. 2017
myélographie à contraste positif l.f.
positive contrast myelography
Examen radiologique de la moelle épinière à l'aide d'un produit de contraste iodé.
Elle a été d'abord réalisée à l'aide d'huiles iodées (lipiodol, puis duroliopaque); ensuite avec des triiodés hydrosolubles tolérés par voie intrathécale (métrizamide, puis iopamidol ou iohexol). Les injections se faisaient par voie lombaire pour l'exploration des régions thoracique et thoracolombaire ; par ponction cervicale en C1-C2 (voie latérale) sous contrôle télévisé pour l'exploration de la région cervicale.
Actuellement, ces examens sont supplantés par l'IRM.
Étym. gr. muelos : moelle ; graphein : écrire
Syn. myélographie aux hydrosolubles
produits de contraste hexa-iodés hydrosolubles l.m.p.
water soluble hexaiodenated contrast media
Groupe de produits de contraste dont la molécule se compose de deux noyaux aromatiques comportant chacun trois atomes d'iode.
Le groupe comprend deux produits très différents : 1- le plus ancien est un dimère monoacide dont la solution comprend 1/3 de sel de sodium et 2/3 de sel de méglumine de l'acide ioxaglique. En solution, chaque molécule se dissocie en un ion ioxaglate d'une part, un ion sodium ou méglumine d'autre part, soit deux ions pour six atomes d'iode. Ce produit a une osmolalité faible, qui le rapproche de celle des produits non ionique de même concentration. La solution à 350 mg d'iode/mL est surtout indiquée en angiocardiographie. 2- plus récent, l'iodixanol, comporte une molécule qui ne se dissocie pas en solution et possède six atomes d'iode. Iso-osmolaire et non ionique, très bien toléré, ses indications sont celles des triiodés hydrosolubles. Il ne doit pas être utilisé en injection intrathécale.