Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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sommeil normal de l'adulte l.m.

adult’s normal sleep

Processus circadien actif de restauration ("circa diem" : proche de 25 heures), obéissant à des fluctuations périodiques du rythme veille-sommeil et ajusté à 24 heures sous l'influence, habituellement, de facteurs endogènes et de stimulations extérieures (synchroniseurs externes) : alternance lumière-obscurité, activité-repos du monde qui nous entoure, repas.
Son étude a largement bénéficié des travaux d'électrophysiologie moderne (A. L. Loomis, 1937, E. Aserinsky, 1953, N. Kleitman, 1963, ...).
L'éveil est caractérisé par des réactions comportementales et une activité électroencéphalographique (EEG) désynchronisée de type alpha (8 à 13 cycles/seconde).
Le sommeil lent (SOL) est marqué essentiellement par une activité EEG synchronisée avec prépondérance d'ondes thêta (3,5 à 7,5 cycles/ seconde). Il comporte quatre stades de profondeur croissante.
Le sommeil paradoxal (SP) se définit surtout par la présence conjointe d'une hypotonie musculaire généralisée, à l'exception de mouvements oculaires rapides, verticaux mais surtout horizontaux ("rapid eye movement sleep", ou "REM sleep"), d'un tracé EEG proche de l'éveil et, chez l'animal en milieu expérimental, par l'enregistrement d'une activité pontogéniculo-occipitale (GPO). L'hypotonie musculaire semble due à une inhibition des motoneurones spinaux, liée à une interruption du contrôle activateur par les noyaux réticulaires, mais également par les voies corticospinales.
Activité hallucinatoire survenant quatre à cinq fois par nuit, le rêve est plus fréquent lors du SP, mais non exclusif à cet état.
Le passage de l'éveil au stade 4 pendant les premières heures du sommeil est progressif et plus ou moins régulier. La première phase du SP apparaît entre 80 et 120 minutes environ après l'endormissement. Survient alors un second cycle de l'ordre de 90 minutes, terminé par une autre phase de SP. Quatre à cinq cycles différents se succèdent pendant la nuit. Le SP représente 20% du temps de sommeil total (TST).
Parmi les nombreuses modifications neurophysiologiques du sommeil, seront seulement citées les sécrétions hormonales, qui obéissent assez bien au rythme veille/sommeil.

A. L. Loomis, physicien (1937), E. Aserinsky (1953), N. Kleitman (1953 et 1963) neurophysiologistes américains

réticulée (formation) et fonction d'éveil, rêve