Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

86 résultats 

cahier de recherche formalisé l.m.

case report form (CRF), electronic case report form (e-CRF)

Document imprimé ou numérique qui, pour chaque patient participant à une recherche biomédicale, rassemble les informations définies par le protocole correspondant.
Sigl. CRF

centre international de recherche sur le cancer l.m.

Organisme lié à l’organisation mondiale de la santé et financé par elle, chargé de toutes recherches fondamentales ou épidémiologiques sur les maladies cancéreuses.
Ce centre a son siège à Lyon.

Sigle CIRC

[E,F2]

centre national d'étude et de recherche sur la nutrition et l'aliment l.m.

Laboratoire du conseil national de la recherche scientifique (CNRS) dont le rôle est de synthétiser et de valoriser les travaux scientifiques portant sur l’alimentation.
Ces travaux peuvent avoir pour origine des scientifiques venus d’horizons divers (université, industrie, etc.). Le CNERNA n’a pas pour mission d’effectuer lui-même des recherches.

Sigle CNERNA

conseil national de l'alimentation, conseil supérieur d'hygiène publique de France

[E,C]

centre technique national de recherche sur les handicaps et les inadaptations l.m.

Association conforme à la loi de 1901 financée par le ministère de la protection sociale ; elle est chargée d’inciter toutes études et réflexions sur l’identification des handicaps et inadaptations de toutes natures, et les moyens d’y remédier, de coordonner les travaux en cours, de stimuler les initiatives, de dénombrer et encourager les réalisations existantes, de faciliter l’entraide entre les associations se consacrant aux personnes handicapées, etc.

Sigle CTNRHI

[E]

comité de protection des personnes dans la recherche biomédicale l.m.

Comité consultatif agréé dans une région par le ministre chargé de la santé.
Doté de la personnalité juridique, il doit être consulté par tout investigateur qui entreprend une recherche biomédicale comportant un essai sur l’homme.
Le comité rend son avis sur la validité de la recherche, la protection des personnes qui s’y prêtent, leur information et la valeur de leur consentement, la pertinence du projet, la qualification des investigateurs, etc.

[E]

coproantigènes (recherche de) n.m.

coproculture parasitaire, coprologie

institut national de la recherche agronomique l.m.

national Institute for agronomic research

Organisme public auquel est confiée la  plus grande partie des recherches concernant l’agriculture, l’agronomie, la pédologie, l’élevage, l’alimentation, etc.
Les activités de l’INRA contribuent à la santé publique en de nombreux domaines : la sélection des espèces animales et végétales utiles ou nécessaires à l’alimentation humaine, l’amélioration des techniques de culture et d’élevage, les recherches en laboratoire susceptibles d’accroître ses connaissances sur la physiologie et la pathologie humaines, etc.

Sigle  : INRA

institut national de la santé et de la recherche médicale l.m.

- l’acquisition ou le développement des connaissances dans les disciplines de la biologie et de la médecine, ainsi que dans l’ensemble des disciplines qui contribuent au progrès sanitaire et médical ;

- la découverte et l’évaluation de tous les moyens d’intervention tendant à prévenir et à traiter les maladies ou leurs conséquences et à améliorer l’état de santé de la population.
Cet institut est soumis à la tutelle conjointe du ministre chargé de la santé et du ministre chargé de la recherche.

Sigle  : INSERM

mouvement de tiroir (recherche d'un) l.m.

anterior laxity évaluation

Manœuvre clinique à la recherche d'une lésion des ligaments croisés, qui peut être objectivée par des clichés du genou en profil au cours de cette même manœuvre.
 

J. W. Lachman, chirurgien américain, test décrit  par son élève J. S. Torg, chirurgien orthopédiste américain (1976)

Lachman (test de)

recherche biomédicale l.f.

Essais et expérimentations pratiqués sur l’être humain en vue du développement de connaissances biologiques ou médicales.
Une recherche biomédicale comprend plusieurs phases : la première appartient à la recherche dite fondamentale et se fait au laboratoire sur des substances à l’aide d’appareils, les suivantes utilisent des organismes vivants de complexité croissante. Aux stades finaux, les essais sur l’homme sont souvent nécessaires.
La loi (1988) parle de recherche biomédicale avec bénéfice individuel direct lorsque la personne qui se prête à la recherche peut en tirer un bénéfice direct et de recherche sans bénéfice individuel direct dans les autres cas, que la personne soit malade ou non.
La recherche biomédicale ne peut être pratiquée que sous de strictes conditions édictées dans la loi de bioéthique codifiée dans le code de santé publique à l’art. L. 1121-1s. Toute déviation à ces règles est sanctionnée pénalement.

comité de protection des personnes dans la recherche biomédicale.

recherche de glucosurie l.f.

Détection à l’aide d’une bandelette imbibée de substance réactive au glucose permettant de détecter et d’obtenir une évaluation semi-quantitative de la glycosurie et de la différencier de la lactosurie

Il existe toutefois de nombreuses interférences pouvant aboutir à des faux positifs ou faux négatifs et ce test rapide ne saurait remplacer le dosage quantitatif de la glycosurie effectué en laboratoire.

bandelette réactive

[R1]

recherche de paternité l.f.

affiliation

Ensemble de la procédure destinée à prouver une filiation qui s'appuie sur des tests biologiques ou génétiques.

recherche translationnelle l.f.

Translationnal research

Cette recherche permet le passage des connaissances cognitives à leur application pratique chez l’Homme.

Syn. recherche de transfert.

transfert de recherche l. m.

translational research

En pharmaco-thérapeutique, phase de recherche se situant entre la recherche fondamentale et la recherche appliquée, assurant le passage de l’une à l’autre.
Elle correspond à la mise en application thérapeutique des résultats scientifiques de la recherche fondamentale, au cours des essais cliniques de phase II.

recherche translationnelle

recherche translationnelle l.f.

Cette recherche permet le passage des connaissance cognitives à leur application pratique chez l’Homme

Syn. recherche de transfert.

unité de formation et de recherche (UFR) l. f.

training and research unit

Organisme administratif destiné à la formation de certaines professions et à la recherche dans des domaines scientifiques précis.
Nom générique de l’une des principales composantes de chaque université, remplaçant les anciennes facultés mais certaines d’entre elles ont toutefois tenu à garder cette dénomination traditionnelle conservant un doyen à leur tête. Les UFR, dénuées d’autonomie financière, associent des départements d’enseignement et des centres de recherche, correspondant à des projets éducatifs et à des programmes de recherche. Les unités de formation et de recherche à caractère médical ou pharmaceutique sont pour la  plupart liées par convention à un centre hospitalier régional et universitaire. Elles sont gérées par un conseil et sont dirigées par un directeur, les uns et les autres élus pour une durée de cinq ans renouvelable une fois. Les membres du conseil sont élus par des collèges d’enseignants, des personnels non enseignants, des étudiants et de personnalités extérieures.

adolescence (psychiatrie de l') l.f.

adolescence psychiatry

Période de transition où la question du normal et du pathologique se pose avec le plus d'acuité.
Une manifestation psychotique peut être soit sans lendemain, soit la première d'épisodes du même type, soit inaugurale d'une évolution chronique.
L'anorexie mentale est le fait d'un refus de la féminité ou plutôt du corps féminin. Plus rare, l'anorexie du garçon revêt une note psychotique ou psychopathique. Les troubles phobiques sont structurés sur un mode tantôt hystérique, tantôt obsessionnel. Le plus souvent exemptes d'un véritable désir de mort, les tentatives de suicide constituent un appel à prendre au sérieux.
La délinquance concerne de manière épisodique ou exceptionnelle la majorité des adolescents. Pour un petit nombre, elle devient un mode d'expression ou d'adaptation prévalent, avec risque de compromission de l'avenir.
Les usagers occasionnels de drogue peuvent devenir "accrochés" à une toxicomanie. La distinction entre drogues "dures" et "douces" est inacceptable.
De formes très diverses à cet âge, l'homosexualité correspondant à une phase du développement de la première adolescence doit être distinguée, selon certains, de celle, fixée, observée lors de l'adolescence dite tardive.

Étym. lat. adolescere : grandir, se développer

adolescence (sexualité et)

[E1,H3,O1]

Édit. 2017

amnésie en psychiatrie l.f.

amnesia in psychiatry

Trouble acquis des capacités mnésiques.
Cette altération peut être : permanente ou transitoire ; globale (concernant tous les secteurs mnésiques) ou dissociée (prédominante ou exclusive sur certains) ; dite de fixation (oubli rapide des faits récents avec désorientation temporelle et souvent spatiale) ; antérograde (oubli progressif des faits qui suivent le début des troubles) ou rétrograde (portant sur les faits antérieurs à celui-ci) ; lacunaire ("trou" ayant trait à une ou des portions bien délimitées du passé)
Après avoir éliminé notamment une étiologie comitiale dans certaines amnésies lacunaires, seront évoqués surtout un état confusionnel, un ictus amnésique, une amnésie psychogène secondaire à un traumatisme psycho-affectif, un syndrome de Korsakoff dominé par une amnésie antérograde majeure avec oubli à mesure massif, confabulations et fausses reconnaissances, contrastant avec une mémoire rétrograde préservée, une évolution démentielle.
Les simulations et simulacres portent sur des troubles négatifs - comme l'est l'amnésie - faciles à soutenir, plutôt que productifs.

Étym. gr. amnesia : oubli (a : privatif ; mnaomai : se souvenir)

[H1,H3,H4]

Édit. 2017

analeptiques en psychiatrie l.m.p.

analeptics in psychiatry

psychotrope

[G3 ,G5,H3]

Édit. 2017

chômage et psychiatrie l.

unemployment and psychiatry

Facteur pathogène à l'origine de crainte plus ou moins latente chez de nombreux travailleurs du secteur privé et d'insécurité avec souvent dévalorisation de soi chez les chômeurs, notamment par perte de statut et d'identité sociale, associée à la précarité, voire au dénuement.
Chez ces derniers, sont fréquemment rencontrées des personnes ayant perdu l'impression de maitrise de l'environnement, démoralisées, tendues, amères, voire révoltées d'être assistées. La labilité de ces réactions est rythmée par les hauts et les bas de l'espoir. Le retentissement familial est fréquent.
Encore que découragement, voire désespoir soient loin d'être toujours pathologiques, les RMIstes souffrent de troubles dépressifs sévères davantage que la population générale. Apparaissent de même, principalement, des décompensations névrotiques, des troubles somatoformes et l'usage de substances licites ou illicites. Par contre, le taux des psychoses serait identique.
Il semble que l'accès de cette population aux soins psychiatriques ne soit pas satisfaisant. Une susceptibilité psychique peut intervenir, mais inconstamment. A contrario, la réussite n'est pas le corollaire obligé d'une bonne santé mentale.
Le volet social de la psychiatrie prend ici toute sa portée.

[E2,H3]

chronobiologie en psychiatrie l.f.

chronobiology in psychiatry

Constante de la matière vivante caractérisée par des rythmes périodiques répétitifs subis par certains phénomènes biopsychiques, qui peut trouver de nombreuses applications en psychiatrie.
Pour en rester à la clinique des troubles de l'humeur, la plus évocatrice à cet égard, l'implication de ces rythmes s'appuie notamment sur les variations circadiennes (aggravation matinale des dépressions et réveil précoce avec insomnie, p. ex.) et sur la périodicité de certains de ces troubles selon divers types.
Des perturbations des rythmes circadiens de la température, du cortisol, de la T.S.H. (Hormone Stimulant la Thyroïde)et de la fréquence cardiaque sont notamment relevées dans les syndromes dépressifs.
Une telle approche qui, dès à présent, montre en particulier l'aspect dynamique des modifications biologiques participant à nos comportements, devrait apporter beaucoup sur les plans clinique, étiopathogénique et thérapeutique. Mais les données objectives restent peu nombreuses et rencontrent des difficultés méthodologiques.

rythme biologique, rythme circadien

[C,H3]

classification en psychiatrie l.f.

classification in psychiatry

S'agissant des troubles mentaux, les critères utilisés appartiennent à deux modèles fondamentalement distincts.
Le premier dépend de la description de syndromes, c'est-à-dire de la constellation de symptômes associés avec une fréquence plus grande que ne le laisserait supposer une distribution au hasard.
Le deuxième relève de la notion de maladie et postule l'existence d'entités naturelles définies avant tout par leur évolution, leur étiologie et leur pathogénie. Selon les cas, les critères de classification sont donc de nature soit descriptive (J.E. Esquirol), soit évolutive et étiopathogénique (E. Kraepelin).
C'est la multiplicité des théories étiopathogéniques du XIXe puis du début du XXe siècle, dont la validité générale n'a pu être démontrée, qui est à l'origine d'un retour à une observation élémentaire préconisé aux États-Unis dès la fin des années 60.
Les critères de classification complets reposant sur l'utilisation systématique de critères diagnostiques d'inclusion et d'exclusion purement descriptifs, sont au nombre de deux : le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (actuellement DSM IV, 1994), classification américaine officielle ; la Classification internationale des maladies (dixième révision, CIM 10 / ICD 10, chapitre V (F) : Troubles mentaux et troubles du comportement).

[H3]

comorbidité en psychiatrie l.f.

comorbidity in psychiatry

Association de deux ou même plusieurs maladies ou troubles différents et indépendants, tels qu'ils sont individualisés par les classifications en cours. Ainsi, une affection comorbide a existé ou peut survenir durant l'évolution clinique d'un patient qui a une maladie étudiée (A.R. Feinstein, 1970).
Cette notion née de l'épidémiologie a souvent des implications pronostiques péjoratives. L'étude du lien entre affections comorbides peut améliorer certaines de nos connaissances étiopathogéniques.
Il convient de toujours préciser : la période de temps prise en considération (dans le moment présent, sur un mois, six mois, la vie entière) ; la population étudiée (générale, clinique, échantillon particulier).
Le type de cette association est divers : biais de sélection (au sein de populations particulières), relation de causalité (entre un trouble et l'autre), facteurs étiologiques communs, manifestations distinctes d'un même trouble, stades différents d'une même maladie (fausse comorbidité dans les deux derniers cas).
Les études de comorbidité ont porté principalement sur les pathologies affectives (anxieuses et dépressives), les troubles des conduites (surtout liés à l'utilisation de substances toxiques, dont l'alcool), les troubles de la personnalité, et sur les affections évolutives associées à ces derniers (personnalité évitante et symptômes phobiques, p. ex.). L'histoire naturelle de ces manifestations peut en être éclaircie et certains facteurs de vulnérabilité s'en trouver précisés.

A. R. Feinstein, médecin interniste américain (1970)

[H3]

conseil génétique en psychiatrie l.m.

genetic counselling in psychiatry

Estimation, pour une personne ou pour les enfants d'un couple, du risque d'une affection génétique monogénique ou chromosomique. Ce conseil n'est possible que si le diagnostic de la maladie en cause a été formellement établi.
Ainsi, dans le syndrome de l'X fragile (arriération mentale, syndrome dysmorphique, macro-orchidie), la détection des femmes transmettrices et le diagnostic prénatal sont désormais possibles par analyse directe de l'anomalie moléculaire.
Les progrès prévisibles dans l'identification encore relative de gènes de susceptibilité pour les affections psychiatriques majeures, principalement les schizophrénies et la maladie maniacodépressive, pourraient permettre un conseil génétique. Toutefois, les incidences négatives et anxiogènes de telles révélations devront être bien pesées, à la mesure des risques surajoutés qu'elles suscitent dans ces familles souvent déjà fragiles sur le plan psychique.

conseil génétique, génétique en psychiatrie, trisomie (diagnostic anténatal d'une)

[Q1,H3]

consentement à un essai thérapeutique en psychiatrie l.m.

consent to a therapeutic trial in psychiatry

Depuis la loi du 20 décembre 1988, relative à la protection des personnes qui se prêtent à des recherches biomédicales, et les dispositions ultérieures, un consentement libre, éclairé et exprès doit être fourni par écrit par la personne.
Bien que non citée explicitement, la psychiatrie offre des difficultés particulières concernant p. ex. la représentativité des échantillons, du fait, notamment, de l'exclusion de malades revendicateurs, et des problèmes de capacité des psychotiques, pourtant principaux bénéficiaires de tels essais.
Sur ces points délicats, l'avis du comité consultatif de protection des personnes dans la recherche biomédicale pourrait être demandé. D'autant plus que "...les personnes hospitalisées sans leur consentement... ne peuvent être sollicitées pour se prêter à des recherches biomédicales que s'il en est attendu un bénéfice direct et majeur pour leur santé".
S'agissant en particulier des mineurs et des majeurs incapables juridiques, un tel consentement ressortit aux détenteurs de l'autorité parentale ou aux organismes de tutelle. Cependant le consentement direct de l'intéressé "doit être également recherché lorsqu'il est apte à exprimer sa volonté".
Dans cette situation, le thérapeute, de décideur devient demandeur, ce qui, avec l'ignorance du produit, n'est pas sans influer sur la relation soignant-soigné.

[H3,E3]

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