Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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hépatite cholestatique n.f.

cholestatic hepatitis

L’hépatite cholestatique s’oppose à l’hépatite cytolytique : dans l’hépatite cytolytique, l’élévation des transaminases ALAT (Alanine-Amino-Transférase) est prédominante alors que dans l’hépatite cholestatique ce sont les phosphatases alcalines (PA) de la gamma-glutamyl-transpeptidase qui sont élevées.
Le rapport ALAT / PA en nombre de fois la limite supérieure de la normale permet de distinguer l’hépatite cytolytique lorsque R est > 5, l’hépatite cholestatique lorsque R < 2 ; entre 2 et 5, l’hépatite est dite mixte. Cette standardisation permettant de classer en fonction des anomalies biologiques une hépatite de type cytolytique ou de type cholestatique a été proposée par le drug induced liver injury network pour classer les hépatites médicamenteuses.
La cholestase peut être de nature obstructive, due à un obstacle au niveau des voies biliaires ou non obstructive en rapport avec une atteinte cellulaire touchant les cellules épithéliales des voies biliaires ou le pôle biliaire des hépatocytes.

Syn. hépatite cholostatique

prurit cholestatique l.m.

cholestatic pruritus

Prurit diffus secondaire à une cholestase intra- ou extrahépatique, probablement par le biais de dépôts intra-cutanés de sels biliaires.
Il n'existe pas de parallélisme entre l'intensité des signes biologiques de cholestase ou l'ictère et l'intensité des démangeaisons. Les principales étiologies comprennent les cancers de la tête du pancréas, la cirrhose biliaire primitive et la cholestase gravidique, qui sont trois affections volontiers révélées par un prurit diffus "sine materia". Lorsqu'aucun traitement étiologique n'est possible, l'intensité et la chronicité du prurit peuvent être à l'origine d'un inconfort majeur. Des chélateurs des sels biliaires, et, dans certains cas, une photothérapie, peuvent améliorer les symptômes.

Syn. prurit par rétention biliaire

Besnier (prurigo de - ) l.m.

Besnier’s prurigo

H. Besnier, dermatologue français, membre de l'Académie de médecine (1892)

prurigo

Édit. 2017

Hebra (prurigo de) l.m.

Hebra's prurigo

Variété rare de prurigo chronique débutant dans l'enfance, décrite en Europe Centrale avec, comme particularité clinique, une papule très prurigineuse dure et sèche, profondément enchâssée dans la peau, mais qui est, en réalité, d'autonomie discutée.

F. von Hebra, Ritter, dermatologue autrichien (1854)

prurigo de Hebra

[J1]

Édit. 2015

Hutchinson (acné prurigo de) l.f.

J. Hutchinson, Sir, chirurgien et anatomopathologiste britannique (1878)

hydroa vacciniforme de Bazin

[J1,P2]

Édit. 2015

Hyde (prurigo nodulaire de) l.m.

J. N. Hyde, dermatologiste américain (1909)

prurigo nodulaire de Hyde

[J1]

prurigo n.m.

prurigo

Terme ancien utilisé pour décrire des dermatoses facteurs de démangeaisons, marquées par des lésions cutanées peu spécifiques, notamment des lésions de grattage.
Bien qu'il ne s'applique pas à une entité nosologique particulière ni à un mécanisme physiopathologique unique, le substantif "prurigo", éventuellement suivi d'une épithète ou d'un complément, a été consacré par l'usage pour désigner des situations pathologiques variées. La forme la plus banale touche l'adulte ou la personne âgée : elle est caractérisée par des lésions plus ou moins érosives, excoriées, dyschromiques, papuleuses, dispersées sur les régions accessibles au grattage; des plaques de lichénification sont parfois associées. Histologiquement, ces lésions sont proches de la lichénification et certaines d'entre elles comportent une hyperplasie nerveuse qui pourrait rendre compte de la pérennisation du prurit. L'enquête étiologique rejoint en fait celle de tout prurit diffus sine materia, avec une mention particulière pour la prise en compte des facteurs psychogènes, le grattage n'étant pas toujours motivé par une sensation prurigineuse. La biopsie reste indispensable pour éliminer une authentique dermatose primitive. La prise en charge thérapeutique, difficile, comporte des applications de dermocorticoïdes et/ou de réducteurs, éventuellement sous occlusion, des antihistaminiques et la photothérapie.

Étym. latin. prurigo : démangeaison

lichénification, prurit généralisé, prurit sine materia

prurigo actinique (sud-américain) l.m.

actinic prurigo

Variété de lucite polymorphe particulière aux Indiens d'Amérique du Sud, comportant des papules excoriées et des plaques eczématiformes très prurigineuses, remarquablement améliorée par la thalidomide.

Syn. lucite polymorphe des Indiens latino-américains

prurigo aestivalis de Hutchinson l.m. (obsolète)

summer prurigo

Photodermatose dont l'individualité est contestée et la position nosologique discutée entre l'érythème polymorphe, la dermatose printanière juvénile et la lucite polymorphe.

J. Hutchinson, Sir, chirurgien, dermatologue britannique (1878)

Syn. prurigo actinique de Hutchinson

hydroa aestivalis

prurigo bulleux l.m.

bullous prurigo

Forme clinique de prurigo aigu touchant surtout les enfants, marquée par le développement de vésicules ou de petites bulles fermes et tendues sur certaines lésions.

prurigo strophulus, prurigo simplex aigu

prurigo chronique de l'adulte l.m.

chronic prurigo of adults

Dermatose fréquente, mais d'individualité nosologique incertaine, caractérisée par des lésions papuleuses ou parfois nodulaires plus ou moins excoriées, prurigineuses, dispersées sur les zones accessibles du tégument, souvent les avant-bras, les cuisses, le haut du dos, mais aussi n'importe quelle autre région, parfois mêlées à des plaques lichénifiées et à des cicatrices maculeuses dyschromiques de poussées plus anciennes.
L'aspect histologique, peu spécifique, la précession du grattage sur la survenue des lésions, et parfois même la discrétion du prurit en regard de l'intensité des manœuvres de grattage corroborent la conception générale d'une dermatose aspécifique purement secondaire au grattage. Mais, si le déclenchement ou la persistance de nombre de prurigos paraissent essentiellement dépendre de facteurs psychogènes, n'importe quelle cause de prurit diffus peut engendrer un tableau clinique de prurigo : l'enquête étiologique de ce dernier rejoint donc celle de tout prurit généralisé.

prurigo de Besnier l.m. (obsolète)

Terme autrefois utilisé pour désigner certains aspects sémiologiques de la dermatite atopique (« prurigo diathésique »).

E. Besnier, dermatologue français, membre de l’Académie de médecine (1892)

prurigo de l'infection par le VIH l.m.

Prurit diffus sine materia attribué à l'infection chronique par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), accompagné de lésions de grattage non spécifiques.
Un prurit diffus est un mode de révélation non rare de l'infection VIH, en particulier chez des sujets originaires d'Afrique. Sa physiopathogénie est mal comprise. Le bilan étiologique doit écarter une autre cause de prurit, comme une gale, fréquente sur ce terrain. Le traitement symptomatique peut faire appel aux topiques réducteurs ou aux émollients, aux antihistaminiques et souvent à la photothérapie.

prurigo diathésique l.m.

prurigo de Besnier

prurigo estival l.m.

aestivalis prurigo

hydroa vacciniforme de Bazin

prurigo gestationis l.m.

gestational prurigo

Ensemble de papules cutanées prurigineuses apparaissant au quatrième mois de la grossesse, recouvrant le tronc et les membres, souvent récidivantes.

prurigo gravidique l.m.

prurigo gestationis, prurigo of pregnancy

Prurit diffus de la femme enceinte accompagné de quelques petites papules excoriées dispersées sur les membres et le tronc, sans élément caractéristique de la dermatose prurigineuse polymorphe de la grossesse ou PUPPP, ni d'aucune autre dermatose spécifique.
Il survient après le quatrième mois et surtout en fin de grossesse; son étiopathogénie est inconnue et son traitement symptomatique; il ne s'accompagne d'aucun risque foetal particulier et régresse après l'accouchement.

prurit gravidique

prurigo hivernal l.m.

winter prurigo, prurigo hiemalis

Prurit diffus survenant durant les mois d'hiver, n'apparaissant souvent que lors du déshabillage et ne comportant que peu de lésions cutanées, attribué à un dessèchement et à une irritation cutanés favorisés par le climat mais aussi par les contacts avec l'eau.
On en rapproche l'aggravation hivernale des dermatites atopiques et le prurit avec xérose touchant les sujets transplantés originaires de régions tropicales.

L. A. Duhring, dermatologue américain (1874)

prurigo mélanotique l.m.

prurigo melanotica, melanotic prurigo

Tache pigmentée prurigineuse localisée à la pointe d’une omoplate, correspondant soit à une amylose maculeuse de Palitz et Peck, soit à une simple lichénification dans laquelle la pigmentation est déterminée par le grattage consécutif au prurit.

L. E. Pierini et J. M. Borda, dermatologues argentins (1947)

prurigo nodulaire de Hyde l.m.

nodular prurigo

Syndrome anatomoclinique caractérisé par des lésions papulonodulaires très prurigineuses, diffuses mais séparées les unes des autres, plus ou moins nombreuses, souvent dyschromiques, parfois excoriées par le grattage, atteignant l'adulte et d'évolution chronique.
Le prurigo nodulaire est rare dans la forme typique, mais ses frontières nosologiques avec le prurigo banal sont imprécises. Son image histologique est particulière par l'importante hyperplasie des terminaisons nerveuses intradermiques qui réalisent de véritables névromes.

J. N. Hyde, dermatologue américain (1909)

Syn. lichen obtusus corné (Lailler et Brocq, obsolète)

prurigo pigmentosa l.m.

prurigo pigmentosa
Dermatose rare, d'étiologie inconnue, observée surtout au Japon, caractérisée par des papules érythémateuses laissant vite place à une pigmentation séquellaire réticulée, le plus souvent localisée au dos, et d'histologie plutôt lichénoïde.

M. Nagashima, dermatologue japonais (1978)

prurigo simplex aigu l.m.

simple acute prurigo, prurigo simplex acuta

Dermatose banale touchant préférentiellement l'enfant, mais parfois aussi l'adulte, caractérisée par une éruption aigüe de papules érythémateuses prurigineuses de petite taille dispersées en nombre variable sur le tégument, parfois vésiculeuses ou même bulleuses, volontiers excoriées en leur centre, d'aspect histologique peu spécifique.
Le diagnostic est clinique, mais des examens complémentaires, en particulier la biopsie cutanée, peuvent être nécessaires pour éliminer d'autres dermatoses. Le prurigo aigu est généralement regardé comme une réaction d'hypersensibilité à des arthropodes présents dans l'environnement du malade; le traitement repose essentiellement sur les antihistaminiques et les dermocorticoïdes.

prurigo strophulus

prurigo strophulus l.m.

strophulus infantum, papular urticaria
Variété de prurigo aigu de l'enfant caractérisée par des séropapules très prurigineuses centrant une petite tache ortiée fugace, actuellement considérée comme d'origine ectoparasitaire; si les éléments sont de petites bulles, c'est le tableau clinique du prurigo bulleux qui est réalisé.

Étym. lat. strophulus : bandelette

Syn. prurigo simplex aigu de Brocq (obsolète), lichen urticatus (obsolète)

strophulus (prurigo) l.m.

strophulus prurigo

prurigo strophulus

summer prurigo  l. angl.

prurigo aestivalis