pervers (enfant) l.m.
perverse child
Enfant chez qui sont rencontrés les principaux signes suivants : dissimulation et mensonge, malignité foncière, indifférence affective, opposition, irritabilité persistante et provocation de bagarres, école buissonnière, fugues, vols, vandalisme et actes de cruauté physique contre d'autres enfants et des animaux.
La notion d'une révélation habituelle très précoce d'anomalies comportementales particulières est bien connue depuis la description par E. Dupré du "pervers constitutionnel" à partir de 1912. Mais le concept d'innéité exclusive n'est plus guère admis après, en particulier, les apports de la psychanalyse.
Sous les termes de personnalité antisociale (DSM-IV) ou dyssociale (CIM-10), qui se rapprochent assez bien des conduites perverses en clinique, le DSM-IV requiert la notion de tels troubles avant l'âge de 15 ans. La CIM-10, qui inclut la personnalité amorale dans sa rubrique, estime que cette notion, pas toujours retrouvée, renforce le diagnostic de personnalité dyssociale.
E. Dupré, psychiatre français, membre de l'Académie de médecine (1862-1921)
→ personnalité antisociale, ou dyssociale, perversion
criminel né l.m.
born criminal
Sujet qui serait prédisposé au crime par sa constitution dès la naissance.
Une telle désignation simpliste et réductrice est rejetée depuis longtemps, bien que persistent des idées de ce type dans les dénominations de "personnalité antisociale" (DSM) ou "dyssociale" (CIM). Depuis toujours, criminologues et spécialistes de psychiatrie criminelle cherchent à définir les caractéristiques de personnalité qui, en dehors de pathologies purement psychiatriques, prédisposent au passage à l'acte délictueux.
C. Lombroso (1835-1909) et E. Ferri (1856-1929), médecins légistes italiens
[H3]
déséquilibre psychique l.m.
mental unbalance
Notion propre à l'école française classique et qui, surtout à la fin du XIXème siècle, réunissait les anomalies de la personnalité sous différentes formes.
Elle correspond assez bien à ce qu'était devenue la "moral insanity" des anglo-saxons (J.C. Prichard, 1835), ou au concept allemand de personnalité psychopathique (K. Schneider, 1923).
Initialement lié à la dégénérescence et à l'hérédité, tenu pour un manque d'équilibre entre les différentes parties du système nerveux, p. ex. dans les perversions sexuelles (V. Magnan, 1885), le groupe englobait aussi bien l'activité créatrice mais socialement inadaptée d'un artiste que l’expression englobait aussi bien l’activité créatrice mais socialement inadaptée d’un artiste que le désordre comportemental d'un vagabond. Sous le nom de déséquilibre mental, et sans parti pris doctrinal, Ph. Chaslin (1912) évoquait "... ces demi-folies qui pullulent dans ce qu'on appelle le borderland of insanity...", préfigurant en particulier les états limites. Depuis, ce cadre a été profondément mis en question et démembré sous l’effet des doctrines psychodynamiques et sous l’influence, en particulier, de l’intérêt porté aux traits de personnalité sous-jacents, qui a permis de distinguer de nombreuses formes de personnalités pathologiques.
Dans une perspective à la fois classique et restrictive, le déséquilibré est soumis sans angoisse (sinon de façon très labile mais extrême) à l'élémentarité de ses pulsions, exprimées dans le passage à l'acte antisocial. Instable, intolérant aux frustrations, imprévoyant, vivant dans l'instantanéité du présent, indifférent à autrui, il est peu en mesure de tirer parti de l'expérience vécue. Souvent cynique, ostentatoire, réticent, argotique, il est rare qu'il consulte spontanément, mais plutôt après une manifestation paroxystique (agitation ou geste suicidaire, p. ex.). Le plus souvent, la rencontre psychiatrique a lieu en situation d'expertise. La relation à autrui se fait sur un mode spécieux et agressif. Le sujet ne peut intérioriser ses conflits.
On ne doit plus poser un tel diagnostic sans avoir soigneusement exclu d'autres éventualités comme : une organicité (séquelles encéphaliques d'affections diverses, comitialité surtout "temporale") ; une psychose latente ou un état limite (tout spécialement une héboïdophrénie) ; une névrose de caractère ; une perversion.
En pratique, le déséquilibre psychique correspond assez bien à ce que l'on nomme actuellement personnalité antisociale ou dyssociale.
J. C. Prichard, médecin et ethnologue britannique (1786-1848) ; K. Schneider, psychiatre allemand (1887-1967) ; V. Magnan, psychiatre français, membre de l'Académie de médecine (1835-1916) ; Ph. Chaslin, psychiatre français (1857-1923)
personnalité antisociale ou dissociale l.f.
antisocial or dyssocial personality disorder
Trouble de la personnalité habituellement signalé par un écart entre le comportement et les normes sociales établies, avec mépris et violation des droits d'autrui.
Plusieurs traits sont associés, tels que : indifférence à l'égard des sentiments d'autrui ; attitude irresponsable et rejet des règles et contraintes collectives ; incapacité à maintenir durablement des relations, avec falsification de celles-ci ; très faible tolérance aux frustrations et agressivité ; absence de culpabilité ; incapacité à tirer parti des expériences ; imprévoyance et vécu dans l'instantanéité du présent. Une irritabilité persistante est possible, qui a parfois débuté dans l'enfance ou l'adolescence. Le DSM-IV utilise le terme de personnalité antisociale, la CIM 10 celui de personnalité dyssociale.
Syn. personnalité asociale, psychopathique, sociopathique