myocardites n.f.p.
myocarditis
Atteintes inflammatoires ou infectieuses du myocarde, pouvant revêtir une évolution aigüe, subaigüe ou chronique, dont les lésions peuvent être parenchymateuses (atteinte des fibres musculaires) ou interstitielles.
Les causes en sont nombreuses, permettant un classement étiologique :
- myocardites spécifiques (rhumatismales, syphilitiques, tuberculeuses) en voie de disparition ;
- myocardites infectieuses, bactériennes (cocci, diphtérie, typhoïde, spirochétose, rickettsiose) mycosiques et fongiques exceptionnelles ;
- myocardites parasitaires, maladie de Chagas (due à Trypnanosoma cruzi) est la plus fréquente mais d’autres agents peuvent être responsables : Echinococcus granulosus, Taenia solium, Strongyloides stercoralis, Ascaris lumbricoides, Giardia lamblia ;
- myocardites toxiques ou par agents physiques ;
- myocardites sériques, allergiques ;
- myocardites virales qui endossent une forme fulminante, aigüe et subaigüe et semblent jouer un rôle dans la survenue des cardiomyopathies dilatées ;
- myocardite des maladies auto-immunes : maladie cœliaque ;
- myocardite à cellules géantes.
Certaines myocardites demeurent de causes inconnues. Les myocardites doivent être distinguées des myocardiopathies.
Étym. gr. mus : muscle, souris ; cardia : cœur ; -ite :suffixe indiquant l’inflammation
→ myocardite rhumatismale, myocardite infectieuse, maladie de Chagas, myocardite des dermatomyosites, myocardite lupique, myocardite à cellules géantes, échinococcose cardiaque, Echinococcus granulosus,Taenia solium, Strongyloïdes stercoralis, lumbricoides, Giardia
[D1,K2]
Édit. 2018
myocardite des dermatomyosites l.f.
myocarditis in dermatomyositis
Atteinte cardiaque au cours des dermatomyosites.
Elle respecte l’endocarde et le plus souvent le péricarde.
Les lésions du myocarde intéressent à la fois le tissu interstitiel (réaction inflammatoire) et les fibres musculaires (dégénérescence) aboutissant à la nécrose et à la sclérose de remplacement. Les vaisseaux sont peu touchés. L’atteinte myocardique se traduit soit par des troubles électrocardiographiques, soit par une défaillance cardiaque congestive. Elle est très sensible à la corticothérapie.
Étym. gr. mus : muscle, souris ; cardia : cœur ; derma, dermatos : peau ; -ite :suffixe indiquant l’inflammation
myocardite infectieuse l.f.
infectious myocarditis
Inflammation aigüe du myocarde observée au cours de diverses infections bactériennes (diphtérie, rhumatisme articulaire aigu, salmonelloses, infections à méningocoques, à Clostridium perfringens, maladie de Lyme, etc.), virales (infections à Coxsackie virus A et B, à Echovirus et à adénovirus, grippe, rougeole, poliomyélite, arboviroses, rage, infection à VIH, etc.), parasitaires (trypanosomiase américaine, toxoplasmose, trichinose), fongiques (cryptococcose au cours des immunodépressions).
Étym. gr. mus : muscle, souris ; cardia : cœur ; -ite :suffixe indiquant l’inflammation
myocardite lupique l.f.
lupus myocarditis
Atteinte du myocarde dans le tableau d’un lupus érythémateux disséminé.
Cette atteinte est beaucoup moins importante que celle du péricarde et de l’endocarde (dégénérescence fibrinoïde et sclérose interstitielle) n’atteignant que rarement les fibres musculaires elles-mêmes) ; la myocardite lupique n’entraîne en elle-même que très peu de troubles cliniques ou hémodynamiques. Elle n’aboutit que rarement et tardivement à une défaillance cardiaque. Elle est très sensible à la corticothérapie.
Étym. gr. mus : muscle, souris ; cardia : cœur ; -ite :suffixe indiquant l’inflammation ; lupus :loup (animaldestructeur)
→ lupus érythémateux disséminé
myocardite rhumatismale l.f.
rheumatic myocarditis
Atteinte du myocarde au cours du rhumatisme articulaire aigu.
Elle est presque toujours associée à une atteinte endocardique (endomyocardite) et constamment à une atteinte péricardique. Elle réalise une augmentation de volume du cœur avec épaississement de ses parois et dilatation de ses cavités. Il s’agit essentiellement de lésions interstitielles, l’atteinte des fibres musculaires étant toujours très discrète. Elle est histologiquement caractérisée par la présence, d’ailleurs inconstante, de nodules d’Aschoff.
À l’examen clinique elle peut être muette ou se traduire par un assourdissement des bruits du cœur, une tachycardie, un souffle systolique et, à l’électrocardiogramme, un allongement de l’espace PR, un aplatissement voire une négativation des ondes T, exceptionnellement des troubles du rythme. L’évolution est favorable sous traitement sauf dans les formes sévères et dans le rhumatisme cardiaque évolutif du jeune enfant.
J-B. Bouillaud, médecin interniste français, membre de l'Académie de médecine (1832)
Étym. gr. mus : muscle, souris ; cardia : cœur ; -ite :suffixe indiquant l’inflammation ; rheumatismos : fluxion ( prim. écoulement pathologique)
myocardite à cellules géantes l.f.
giant-cell myocarditis
Processus inflammatoire cardiaque avec nécrose des myocytes, responsable de troubles du rythme biventriculaire, d’insuffisance cardiaque et d’un état de choc cardiogénique.
Affection de l’adulte (40-60 ans) de race blanche, d’étiologie inconnue, d’apparition brutale et d’évolution rapidement progressive vers le décès en six mois. Le diagnostic repose sur les résultats de la biopsie endomyocardique qui objective un infiltrat inflammatoire mixte (lymphocytes, éosinophiles), des cellules géantes multinucléées et une nécrose des myocytes. L’absence de granulome permet de différencier la myocardite à cellules géantes de la sarcoïdose cardiaque qui s’accompagne de l’atteinte d’autres organes. Le seul traitement est la transplantation cardiaque.
H. Tesluk, anatomopathologiste américain (1956) ; J. C. Ziperstein, médecin interniste américain (2018)
→ choc cardiogénique, sarcoïdose
[K2]
Édit. 2020
endomyocardite n.f.
endomyocarditis
Processus inflammatoire ou infectieux atteignant simultanément l’endocarde et le myocarde.
Les endomyocardites sont le plus souvent rhumatismales.
[K2]
Édit. 2018
endomyocardite du nourrisson l.f.
endomyocarditis of the infant
[K2,O1]
Édit. 2018
endomyocardite fibreuse du nourrisson l.f.
fibrous endomyocarditis of the infant
→ endocardite constrictive, fibroélastose de l'endocarde
[K2,O1]
Édit. 2018
fibroélastose de l'endocarde l.f.
endocardial fibroelastosis.
Epaississement massif de l’endocarde ventriculaire, surtout gauche, affectant le nourrisson ou le jeune enfant, responsable d’une insuffisance cardiaque.
D’origine inconnue, il est lié à une prolifération très importante de fibres conjonctives et surtout élastiques dans la zone sous-endothéliale qui confère à l’endocarde un aspect laiteux et porcelainé. Il est parfois associé à une malformation cardio-vasculaire. A l’examen histologique, l’épaississement de l’endocarde est fait de tissu fibreux parcouru de nombreuses fibres élastiques sinueuses. Les couches sous-endothéliales du myocarde sont envahies par des bandes de sclérose. Il n’existe aucune lésion inflammatoire.
Cliniquement, la fibroélastose de l’endocarde réalise un tableau de détresse cardio-respiratoire à début brutal avec hépatomégalie. Aux signes cardiologiques s’associe une anorexie et une hypotrophie. L’évolution est toujours mortelle en un à deux ans.
A côté de cette forme infantile « primitive », il existe une fibroélastose de l’endocarde secondaire à des cardiopathies congénitales (sténose aortique, coarctation aortique) et une fibroélastose de l’endocarde chez l’adolescent et l’adulte, variété probable de l’endocardite de Löffler ou endocardite constrictive.
W. Löffler, médecin interniste helvétique (1936) ; Weinberg (1943), Prior et Wyatt, médecins américains (1950)
Syn. fibroélastose endomyocardique, dysplasie de l’endocarde, élastose endocardique, endocardite fibroplastique, endocardite fœtale, endomyocardite fibreuse du nourrisson, fibrose cardiaque du nourrisson.
→ W. Löffler, médecin interniste helvétique (1936) ,T., Weinberg, anatomopathologiste américain (1943), J. T. Prior, anatomopathologiste et T.C. Wyatt, pédiatre américains (1950)
[A2,K2,K3,O1]
Édit. 2018
Fiedler (myocardite interstitielle de) l.f.
Fiedler’s myocarditis
Maladie de l’adulte jeune caractérisée par une défaillance cardiaque aigüe secondaire à une infiltration lymphoplasmocytaire du myocarde.
A. Fiedler, médecin interniste allemand (1899)
[K2]
Édit. 2018