monoxyde de carbone l.m.
carbon monoxide
Produit de la combustion incomplète du carbone, gaz incolore et inodore à la température ordinaire, de densité légèrement plus faible que celle de l'air, de formule CO, toxique en raison de son affinité pour l'hémoglobine, ainsi que pour la cytochrome-oxydase.
Il est capable de se combiner avec l'hémoglobine en formant un composé stable, la carboxyhémoglobine, impropre au transport de l'oxygène (le coefficient d'affinité du CO est 250 fois plus fort que celui du dioxygène O2). Très facilement absorbé par inhalation, le monoxyde de carbone est la cause de nombreux accidents mortels. Il provient surtout de la combustion incomplète du charbon : il est présent dans la fumée de tabac.
Le CO traverse très rapidement la paroi alvéolaire, son passage dans le sang dépend de la concentration du gaz dans l'alvéole : sous forte concentration l'intoxication est foudroyante, l'arrêt cardiaque survient après quelques mouvements respiratoires. Dans ce cas la réanimation n'est efficace qu'en utilisant d'urgence l'oxygène à gros débit pendant le massage cardiaque. À plus faible concentration la mort survient lorsque les deux tiers de l'hémoglobine sont bloqués. Pour des concentrations encore plus faibles un équilibre s'établit entre l'oxyhémoglobine et la carboxyhémoglobine ce qui permet aux secours d'agir efficacement (oxygénation, éventuellement sous pression barométrique élevée), pour une concentration de l'ordre du millième (1 000 ppm) la survie est très prolongée. L'intoxication chronique fait partie des nombreux effets indésirables des combustions mal ventilées, le cas le plus typique est celui du chauffe-eau à gaz installé sans ventilation suffisante (il est la principale cause de plusieurs centaines de morts par an en France) : les signes en rapport avec une exposition à des concentrations de 100 ppm sont des céphalées, une asthénie musculaire et une fatigue générale. Le seuil de tolérance est de l'ordre de 50 ppm. Le monoxyde de carbone est le polluant atmosphérique le plus abondant dans l'air des villes où la concentration moyenne, sans danger identifiable, est de l'ordre de 10 ppm.
En médecine du travail l'intoxication subaiguë est prise en charge comme maladie professionnelle (tableau 64 du RG, 40 du RA) avec un délai de 30 jours i entre la fin de l’exposition et la première constatation des symptômes.
Syn. oxyde de carbone (déconseillé)
→ cytochrome-oxydase, carboxyhémoglobine
[C1, E2, F1, F2, H1]
Édit. 2018