Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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maladie de Minamata l.f.

Intoxication collective caractérisée par des manifestations d'hydrargyrie secondaires à l’accumulation du méthyl de mercure absorbé avec l’alimentation comportant une grande quantité de poissons et de fruits de mer contaminés1.
Elle se traduit surtout par une association de paresthésies et dysesthésies diffuses et douloureuses, d'une réduction du champ visuel, d'une ataxie d'origine cérébelleuse et de signes pyramidaux. D'autres atteintes du système nerveux central sont fréquentes (désordres mentaux, tremblements, troubles de la déglutition et de la parole). Les femmes enceintes (accouchement de mort-nés, enfants porteurs de malformations cérébrales) et les enfants en bas âge sont les plus menacés. La contamination provient de déchets industriels rejetés dans la mer, riches en mercure transformé en méthylmercure par les bactéries des sédiments marins ou fluviaux et incorporés dans la chaîne alimentaire. Les poissons en cause sont les prédateurs carnivores : thon, espadon, requin, daurades et les mammifères marins ; certaines rivières peuvent être polluées. Les premiers cas ont été constatés près de la ville côtière japonaise de Minamata en 1953 et la responsabilité de la pollution a été reconnue en 1959, mais officiellement admise seulement en 1965.
Outre les manifestations classiques de l’hydrargyrie, cette intoxication a été à l’origine de leucémies2.

1H. Hosokawa, (1959), 2T. Yorifuji, médecins japonais (2007)

Étym. Minamata, localité japonaise, lieu de description de l’affection  (1956)

hydrargyrie, mercure, paresthésie, dysesthésie, ataxie cérebelleuse, syndrome pyramidal

[H1]

Édit. 2018