Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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macroglobulinémie n.f.

macroglobulinemia

Présence de macroglobulines dans le sang en quantité anormale.
Ce terme est pratiquement réservé aux β2-macroglobulinémies dont la principale est la macroglobulinémie de Waldenström. L'immunoglobuline sécrétée par des lymphocytes B et des plasmocytes exprime parfois une activité anticorps dirigée contre les antigènes érythrocytaires ou contre des immunoglobulines (activité rhumatoïde). Elle peut aussi modifier le comportement plaquettaire ou plusieurs temps de la coagulation.
Cette macroglobulinémie peut s'observer dans des conditions cliniques très différentes. S'accompagnant seulement d'une discrète infiltration lympho-plasmocytaire médullaire, elle est souvent modeste, isolée, sans adénopathie ni splénomégalie, sans aucune conséquence et ne justifie aucun traitement. Ailleurs, elle apparaît comme l'un des signes de la maladie de Waldenström avec parfois des adénopathies, une splénomégalie, des anomalies de l'hémostase et des signes neurologiques périphériques. 

J. G. Waldenström, médecin  interniste  suédois, membre de l'Académie de médecine (1944)

Étym. gr. : makros : grand ;  lat. globulus : petite boule ; haima : sang

Waldenström ( maladie de)

Waldenström (maladie de) l.f.

Waldenström’s disease

Prolifération maligne de cellules lymphocytaires B (lymphome lymphoplasmocytaire) dans la moelle osseuse, la rate, les ganglions et parfois le sang, responsables de la sécrétion dans le sérum d’une immunoglobuline monoclonale IgM.
Hémopathie maligne rare, avec une incidence ajustée à l’âge aux États-Unis de 3,4 pour 1.000.000 chez l’homme et de 1,7 chez la femme, son incidence augmente avec l’âge.
Nombreux sont les cas indemnes de tout symptôme clinique. La présence d'un excès de protéine monoclonale IgM (macroglobuline) est révélée par l'électrophorèse et l'immunoélectrophorèse du sérum. Lorsque sa concentration augmente de façon importante (>50 g/L), elle entraîne une augmentation de la viscosité du sang et l'apparition de symptômes tels que des paresthésies, des céphalées, des saignements muqueux (nez, gencives), une baisse de la vision ou de l'audition. A côté de ce syndrome dit d’«hyperviscosité », on peut observer d'autres complications : atteinte neurologique périphérique, troubles de l'hémostase, syndrome tumoral comme des adénopathies ou une hépatosplénomégalie, des maladies auto-immunes.
Le séquençage génomique des lymphocytes a mis en évidence des mutations somatiques de MYD88 affectant la grande majorité des patients et de la partie C-terminale de CXCR4 dans un faible pourcentage de cas. Ces mutations jouent un rôle primordial dans la pathogénie de la maladie. MYD88 est fortement impliqué dans la voie de signalisation des TLR (toll-like receptor) et joue le rôle de protéine adaptatrice. Après stimulation par les TLR, MYD88 est recruté et forme un homodimère qui se complexe à IRAK4( interleukin-4 receptor associated kinase), qui active IRAK1 (interleukin-1 receptor associated kinase) conduisant ainsi à l’activation de NF-κB (nuclear factor-kappa B). Des études récentes montrent qu’IRAK et BTK (Bruton tyrosine kinase) activent de façon indépendante la voie NF-κB, suggérant de façon évidente l’intérêt d’une association des inhibiteurs d’IRAK et de BTK dans la prise en charge des patients avec une macroglobulinémie de Waldenström. L’Ibrutinib s’avère un traitement actif et de longue durée chez des patients porteurs de la mutation MYD88

J. G. Waldenström, médecin interniste suédois, membre de l’Académie de médecine (1944) ; S. P. Treon, hématologue américain (2015)

Syn. macroglobulinémie

macroglobulinémie, lymphome lymphoplasmocytaire, MYD88, CXCR4, NF-κB, ibrutinib