Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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antisécrétoire gastrique l.m.

gastric secretion inhibitor

Substance inhibant la sécrétion acide gastrique.
Les antisécrétoires gastriques sont utilisés dans les états d'hypersécrétion acide. Dans ce groupe, il faut citer :
- les anticholinergiques (les premiers disponibles),
- les anti-H2 qui bloquent de façon sélective les récepteurs membranaires H2 de l’histamine des cellules pariétales (cimétidine, ranitidine),
- les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) qui bloquent l’activité de l’enzyme H+K+ ATPase (oméprazole, lansoprazole, pantoprazole, rabeprazole).

H+/K+ adénosyltriphosphatase (H+/ K+ ATPase, pompe à proton) n.f.

H+/K+ adenosyltriphosphatase (H+/K+ ATPase, proton pump)

Enzyme située au pôle apical des cellules pariétales de la muqueuse gastrique, de la muqueuse colique et des cellules épithéliales du canal collecteur des reins et assurant le transport électroneutre d’un ion H+ hors de la cellule en échange d’un ion K+ vers la cellule grâce à l’hydrolyse de l’adénosine triphosphate (ATP) en adenosine diphosphate et phosphate.


La H+ / K+ ATPase comporte deux sous-unités codées par des gènes différents, l'une,  responsable de l'activité catalytique et de l’échange des cations, l'autre, ß intervenant dans le routage de l’enzyme du cytoplasme vers la membrane. Le potassium réabsorbé est recyclé vers la cavité gastrique ou la lumière du tube par un cotransporteur chlore / potassium. La sous-unité α diffère dans l’estomac (α1) et le colon (α2). Les deux isoformes sont présentes dans les reins. Dans l’estomac, la H+ / K+ ATPase assure l’acidité du suc gastrique en créant un gradient de pH élevé avec les liquides interstitiels (de 1 à 7, 4). Dans le canal collecteur, elle est présente dans les cellules intercalaires de type A et contribue en excrétant des ions H+ sous forme d’ions NH4+ et d’acidité titrable à maintenir l’équilibre avec ceux générés par le métabolisme des aliments (oxydation du soufre de la méthionine en acide sulfurique et formation d’acides organiques). Dans l’estomac, le principal stimulus de la H+ / K+ ATPase est la prise d’aliments qui agit en provoquant la sécrétion d’histamine, de gastrine et d’acétylcholine, elles-mêmes stimulant via la formation d’AMP cyclique la protéine kinase A activant in fine la pompe. Dans le canal collecteur, la H+ / K+ ATPase est stimulée par l’acidose métabolique et l’hypokaliémie. Le déficit fonctionnel de la H+ / K+ ATPase rénale conduit à l’acidose tubulaire distale qui associe impossibilité d’acidifier les urines en dessous de pH 5,5, acidose et hypokaliémie. L’oméprazole, le lansoprazole et le rabéprazole inhibent la pompe à proton de façon irréversible, nécessitant ainsi la synthèse de nouvelles molécules pour que la fonction de la pompe soit assurée. Ces molécules sont utilisées essentiellement dans le traitement de l’ulcère de l’estomac. La H+ / K+ ATPase n’est pas la seule pompe à protons. D’autres types existent qui diffèrent par leur localisation intracellulaire, l’existence ou non d’un cotransport et, si oui, la nature de l’ion associé.

AMP cyclique, protéine kinase A, Albright (acidocétose d'), oméprazole, lansoprazole, rabéprazole, ulcère gastrique, ulcère duodénal

[C3]

Édit. 2015

pompe à protons l.f.

proton pump, acid pump

Système enzymatique protéinique permettant le passage de protons d'un côté à l'autre d'une membrane cellulaire ou intracellulaire, comme une membrane lysosomique ou mitochondriale, contre un gradient de concentration, l'énergie étant fournie par l'ATP ou par une oxydoréduction énergétique.
Une pompe à protons est impliquée dans la sécrétion d'acide chlorhydrique par les cellules gastriques. L’enzyme fonctionne comme une pompe refoulant l’acide chlorhydrique de l’intérieur de la cellule vers le contenu de l’estomac. Son activation est mise en jeu sous l’influence de stimulants de la sécrétion acide quelle que soit la nature du stimulant. Son inhibition par les inhibiteurs spécifiques de la pompe à protons (omeprazole, lansoprazole) est utilisée dans le traitement des maladies associées à une hypersécrétion acide.
Il en est de même pour le maintien d'un pH acide dans les lysosomes ; le passage des protons est couplé à un passage inverse d'ions potassium. Une pompe à protons est aussi considérée comme pouvant fonctionner à l'envers dans les oxydations phosphorylantes de la respiration mitochondriale. Une protéine de 34 kDa, qui contient 313 acides aminés dont une cystéine 42 indispensable, joue un rôle de transporteur de l'ion phosphate dans la membrane interne des mitochondries en même temps que d'un ion H+.

H+ / K+ adénosyltriphosphatase (H+ / K+ ATPase, pompe à proton), omeprazole, lansoprazole

sécrétion gastrique acide l.f.

acid gastric secretion

Sécrétion d'acide chlorhydrique (HCl) par les cellules pariétales des glandes fundiques de l'estomac.
Elle représente la principale sécrétion de cet organe et participe au maintien de la relative stérilité du suc gastrique ainsi qu' à la digestion des aliments. Cette sécrétion est assurée par l'action de la pompe Na+/K+ ATPase, située dans les canalicules sécrétoires de la membrane apicale de la cellule pariétale. Les principaux agents stimulant la sécrétion acide gastrique sont l'acétylcholine libérée par les terminaisons du nerf vague (X), l'histamine sécrétée par les mastocytes de la lamina propria et la gastrine produite par les cellules endocrines G situées dans les glandes antrales de l'estomac.
En pathologie, la sécrétion acide gastrique peut être diminuée en cas d'atrophie de la muqueuse gastrique, ou stimulée excessivement en cas de production anormale de gastrine.
En thérapeutique, les agents permettant d'inhiber la sécrétion acide gastrique sont les antagonistes spécifiques des récepteurs H2 de l'histamine (cimétidine, ranitidine, etc.), ainsi que les inhibiteurs de la pompe à protons (oméprazole, lansoprazole et pantoprazole) qui bloquent de façon irréversible le fonctionnement de la Na+/K+ ATPase.

Étym. lat. secretio : séparation, émission

Zollinger-Ellison (syndrome de)

topique digestif l.m.

topical digestive

Médicament agissant localement dans le tractus digestif.
Les topiques comportent :
- des antiacides (carbonate de calcium ; oxyde de magnésium ; hydroxyde, phosphate et silicate d’aluminium ; sucralfate, complexe de saccharose octasulfate et de polyhydroxyde d’aluminium) ; ils neutralisent chimiquement l’excès d’acide chlorhydrique gastrique ;
- des médicaments qui diminuent la sécrétion gastrique d’HCl : antagonistes des récepteurs histaminiques H2 responsables de la sécrétion d’ions H+par l’estomac(cimétidine, ranitidine, etc.) ; inhibiteurs de la pompe à protons H+K+-ATPase de la cellule pariétale gastrique (oméprazole, lansoprazole, etc.) ; misoprostol : prostaglandine analogue synthétique de la prostaglandine E1, antisécrétoire et cytoprotecteur, puissant contracturant utérin, contrindiqué chez la femme enceinte ;
- des anticholinergiques : alcaloïdes (atropine) et nombreuses substances de synthèse.

topique