interférence n.f.
interference
1) En génétique, propriété d'un enjambement chromosomique de modifier la probabilité d'apparition d'autres enjambements en son voisinage.
On peut la qualifier de cytologique ou de génétique selon qu'on l'évalue par la distribution des chiasmas sur un bivalent ou par la ségrégation dans une descendance.
2) En cardiologie, évènement se produisant lorsqu’une onde d’activation atteint une zone myocardique rendue inexcitable par un stimulus venant d’un autre centre d’automatisme.
La seconde onde d’excitation est bloquée par l’état réfractaire des voies de conduction stimulées par la première.
3) En virologie, inhibition de la réplication d'un virus par un autre virus présent dans la cellule-hôte.
interférence ARN l.m.
ARN-silencing
Polyribonucléotide complémentaire d’un ARN naturel susceptible de s’associer à cet ARN sous forme d’un ARN double brin et qui en inhibe l’expression.
De tels ARN ont été trouvés dans des cellules végétales où ils servent de défense antivirale. Des ARN double brin synthétiques ont été montrés efficaces dans des cultures cellulaires animales infestées par un virus. Un interférent ARN inhibant un ARNm peut être utilisé en thérapeutique.
Sigle : ARN-si
interférence immunitaire l.f.
immunological interference
Variation du pouvoir immunogène d’un vaccin, selon qu’il est introduit seul dans l’organisme ou en association avec un autre vaccin ou encore isolément mais en même temps que celui-ci.
interférence pharmacocinétique l.f.
pharmacokinetic interaction
Action réciproque se manifestant entre deux médicaments absorbés simultanément ou de façon consécutive, dont l'un perturbe la résorption, la diffusion, le transport, le stockage, les biotransformations ou l'élimination de l'autre.
Les conséquences peuvent être bénéfiques ou redoutables pour le malade.
interférence transcriptionnelle l.f.
transcriptional interference
Modulation ou perturbation de la transcription d’une région du génome par celle d’une autre région située sur le même chromosome.
[Q1]
Édit. 2018
tracé électromyographique d'interférence l.m.
interference pattern
Activité électromyographique enregistrée dans un muscle au cours de la contraction volontaire maximale (CV max).
L'interférence proprement dite, ou encore interférence complète, correspond à un tracé où les unités motrices (UM) ne sont plus identifiables (recrutement spatial).
Lorsque les UM peuvent être identiques, le tracé est appelé intermédiaire ou d'interférence incomplète. Quand un seul potentiel d'unité motrice (PUM) est enregistré pendant un effet de contraction maximale, le tracé est appelé simple ou élémentaire. Si seulement deux ou trois unités sont enregistrées dans les mêmes conditions (CV max), le tracé est dit intermédiaire pauvre ou d'interférence très incomplète.
courbe de dissociation de l'hémoglobine l.f.
oxyhaemoglobin dissociation curve
Courbe reliant la saturation de l'hémoglobine en oxygène et la pression partielle en oxygène.
Cette relation n'est pas linéaire en raison des modifications de configuration de la molécule d'hémoglobine au fur et à mesure de la fixation de l'oxygène. Ainsi la courbe a une forme sigmoïde.
[F1]
dissociation n.f.
dissociation
1) En cardiologie : dissociation entre l’activité des oreillettes et celle des ventricules provoquée par des altérations organiques ou fonctionnelles du tissu nodal qui entraînent un ralentissement ou une interruption de la transmission de l’excitation.
On en distingue trois degrés de gravité croissante.
2) En microbiologie : modification phénotypique d'une souche bactérienne donnée.
3) En ophtalmologie : interruption des mécanismes sensorimoteurs qui contrôlent l'alignement des yeux.
Cette dissociation qui peut être spontanée, est en général provoquée par une méthode orthoptique.
Étym. lat. dissociatio : séparation
→ dissociation complète, dissociation incomplète
dissociation accommodation-convergence l.f.
accommodation convergence dissociation
Rupture artificielle de la relation accommodation-convergence obtenue en faisant converger sans accommoder (p. ex. en plaçant des prismes à base temporale sans changer la distance de fixation) ou en faisant accommoder sans converger (p. ex. en mettant des verres concaves sans changer la distance de fixation.
Étym. lat. dissociatio : séparation
dissociation albuminocytologique l.f.
albuminocytologic dissociation
Élévation isolée de la protéinorachie (normale : 0,20 à 0,40 g/L) sans réaction cellulaire (normale : 2 ou 3 éléments/mm3).
Cette anomalie est observée dans le syndrome de Guillain et Barré, du moins dans ses formes primitives où elle est habituellement évidente vers le 15ème jour, et dans les compressions médullaires, surtout par méningiomes ou neurinomes de taille importante.
Chez un diabétique présentant une polyradiculonévrite aigüe avec atteinte des nerfs crâniens et hyperalbuminorachie isolée, il est bien difficile de distinguer un lien direct au diabète d'un syndrome de Guillain et Barré chez un diabétique. Du reste, une hyperprotéinorachie est fréquente chez ces patients, même en l'absence de neuropathie.
G. Guilllain et J. A. Barré, neurologues français, membres de l’Académie de médecine (1916)
Étym. lat. dissociatio : séparation
dissociation auriculoventriculaire l.f.
atrioventricular dissociation
dissociation de la vision binoculaire l.f.
binocular vision dissociation
Altération complète ou incomplète de l'équilibre binoculaire préexistant, normal ou anormal, utilisée dans un but diagnostic ou thérapeutique.
Elle peut être accidentelle quand elle résulte de la perte partielle ou complète de la vision d'un ou des yeux, ou d'une atteinte du système oculomoteur.
Elle est complète quand elle est réalisée par l'occlusion. Les conséquences motrices et sensorielles sont proportionnelles à sa durée. La dissociation brève au cover test fait partie des méthodes diagnostiques du trouble binoculaire.
Elle est incomplète quand elle utilise des tests ou des méthodes n'entravant que partiellement l'acuité visuelle d'un ou des yeux : pénalisation, verres striés, etc. Ces différentes formes de pénalisation constituent la base de l'examen et du traitement orthoptique.
Étym. lat. dissociatio : séparation
dissociation de l'oxyhémoglobine (courbe de) l.f.
dissociation of the oxyhemoglobin (curve of)
Méthode de mesure à l'équilibre de l'affinité pour l'oxygène de l'hémoglobine.
On fait varier la pression partielle en oxygène (mesurée par une électrode de Clarke) et on enregistre simultanément le pourcentage d'oxyhémoglobine (mesuré par spectrophotométrie) présent dans l'échantillon.
Étym. lat. dissociatio : séparation
dissociation des fibres nerveuses l.f.
teasing of nerve fibers
Technique consistant à isoler par microdissection, grâce à une loupe binoculaire et à de fines aiguilles, un certain nombre de fibres myélinisées sur une longueur d'environ 1 cm.
La fixation s'effectue comme pour l'étude en microscopie électronique, alors que la post-fixation dans la solution osmique dure 24 heures et le rinçage dans le tampon Palade au moins 24 heures. En microscopie optique, on peut alors étudier la position des nœuds de Ranvier les uns par rapport aux autres et repérer les lésions par démyélinisation segmentaire et par atteinte axonale ou dégénérescence wallérienne. Dyck propose une classification stricte de ces anomalies morphologiques. La quantification, en pourcentage, des lésions, est souvent utile. De même, la mesure des distances internodales permet d'apprécier l'intensité des phénomènes de démyélinisation et de remyélinisation.
A. Gombault, neurologue français (1880)
Étym. lat. dissociatio : séparation
dissociation électromécanique l.f.
electro-mechanical dissociation
Lors de l'arrêt cardiaque, persistance de l'activité électrique du cœur pendant un certain temps.
Elle est peu modifiée d'abord, puis il y a un espacement progressif des complexes, certains pouvant se manifester une heure encore après l'arrêt mécanique.
En effet l'activité mécanique du cœur est due à la contraction des myofibrilles riches en mitochondries. Elle dépend du cycle de Krebs qui ne peut se dérouler sans O2 car il fonctionne uniquement dans les mitochondries. Au contraire, l'électrogénèse se produit essentiellement dans les tissus de conduction pauvre en mitochondries mais dont le cytoplasme a une activité lipasique anaérobie. Tant qu'il reste du glycogène, l'électrogénèse peut se faire sans apport d'oxygène.
Étym. lat. dissociatio : séparation
→ arrêt circulatoire, contraction musculaire
dissociation et schizophrénies l.f.
dissociation and schizophrenias
Rupture de l'unité psychique, avec perte de l'association des différentes instances telles que l'affectivité, la volonté, les fonctions intellectuelles, les capacités de raisonnement et de synthèse (all. "spaltung", scission, dislocation).
Terme introduit par E. Bleuler (1911) pour désigner ce qu'il considéra initialement comme le trouble fondamental du "groupe des schizophrénies").
Élaboré sous l'influence des doctrines associationnistes et des premiers acquis psychanalytiques, ce concept exprime le manque de cohérence de la conscience et de la personnalité chez les anciens déments précoces. L'accent est mis en particulier sur les troubles du cours de la pensée, estimés pathognomoniques.
Essentiellement descriptive, la notion de discordance (Ph. Chaslin) a été reconnue par Bleuler comme évoquant le même trouble primaire. Sa traduction clinique est effectivement très proche.
P. Chaslin, psychiatre français (1912) ; E. Bleuler, psychiatre suisse (1926)
Étym. lat. dissociatio : séparation
→ ataxie psychique, autisme, discordance
dissociation isorythmique l.f.
isorhythmic dissociation
Variété de dissociation auriculoventriculaire cardiaque dans laquelle oreillettes et ventricules battent isolément, mais chacun à un rythme régulier.
La répartition voisine du rythme auriculaire et du rythme ventriculaire donne un aspect électrocardiographique dans lequel l’onde P semble flotter autour de l’onde ventriculaire rapide.
Étym. lat. dissociatio : séparation
dissociation statocinétique l.f.
dissociation visuelle complète l.f.
full binocular dissociation
Dissociation obtenue par la suppression totale de tout stimulus visuel structuré sur l'un des deux yeux, ce qui empêche la fusion.
La dissociation est brève si on utilise un écran opaque ou translucide ; elle est prolongée si on utilise l'occlusion complète.
Sur le plan moteur, cette dissociation peut révéler une déviation latente de type phorique, phorotropique, ou une déviation verticale dissociée pouvant déclencher un spasme musculaire, un nystagmus latent, etc.
Sur le plan sensoriel, elle réalise une privation monoculaire et participe au traitement d'une amblyopie, d'une neutralisation, d'une mauvaise dominance, etc.
Quand on utilise le terme dissociation sans spécifier, il s'agit en général de la dissociation binoculaire complète.
Étym. lat. dissociatio : séparation
Syn. dissociation binoculaire complète
dissociation visuelle incomplète l.f.
partial binocular dissociation
Dissociation obtenue en modifiant de manière variable suivant les test utilisés, les facteurs de stimulation entrant en jeu dans la vision binoculaire habituelle.
Un test de vision binoculaire sera donc plus ou moins dissociant suivant la façon dont sont modifiés ces facteurs. Savoir utiliser des tests plus ou moins dissociants est à la base de l'examen et de la rééducation orthoptique. Ainsi, sur le plan moteur, les verres striés sont moins dissociants que le synoptophore ; une occlusion partielle en diminuant l'acuité visuelle d'un œil favorise la vision de l'autre œil sans rompre la vision binoculaire ou sans révéler un nystagmus latent ou une divergence verticale dissociée, etc. Sur le plan sensoriel, une dissociation partielle bien adaptée, en présentant des images différentes à chaque œil, peut favoriser la rivalité rétinienne et la fusion.
Étym. lat. dissociatio : séparation
oxyhémoglobine (dissociation de l') l.f.
oxyhemoglobin dissociation
Réaction limitée de fixation et de libération entre l'oxygène et l'hémoglobine.
Comme le nombre de molécules d'Hb dans un volume donné, celui du globule rouge notamment, est limité, celui-ci ne peut fixer qu'un nombre limité de molécules d’oxygène : même si la PO2 augmente, à partir d'un certain moment il y a saturation. Par contre s'il y a de nombreuses molécules d'Hb désoxygénées, la fixation des molécules d’oxygène est facile et linéaire à la PO2. La courbe traduisant ce phénomène (courbe de Barcroft) est une sigmoïde, asymptotique au voisinage de la limite de saturation (150 mm de Hg) tandis qu'elle est assez linéaire entre 40 et 20 mm de Hg). La P50 (de l'ordre de 3,6 kPa = 27 mm de Hg) est la pression partielle d’oxygène correspondant à la demi-saturation, c'est-à-dire que la moitié des molécules d'Hb ont fixé une molécule d’oxygène. Si l'affinité diminue, notamment parce que des molécules de CO2 sont fixées sur l'Hb, la P50 doit être plus élevée (cas du sang veineux), au contraire s'il y a peu de CO2 l'affinité augmente et la P50 peut être plus faible (cas du sang artériel). Ainsi, dans les capillaires de la grande circulation le CO2 venant des tissus chasse l’oxygène du globule rouge, tandis que dans les capillaires pulmonaires le CO2 s'échappant dans les alvéoles laisse une plus grande place pour la fixation de l’oxygène (l'affinité devient plus grande - effet Bohr). La dissociation de l’oxygène va en sens opposé de celle du CO2 ; ces deux réactions se font à pH sensiblement constant mais l'entrée et la sortie du CO2 dans le globule rouge entraîne un passage d'eau et de chlore en sens inverse.
Les principaux facteurs modifiant l'affinité de l'Hb pour l’oxygène sont la concentration en ions H+, la PCO2, la concentration intraérythrocytaire en 2,3 DPG et la température.
C. Bohr, physiologiste danois (1904)
Édit. 2017
coefficient de dissociation l.m
dissociation coefficient
Paramètre mesurant la dissociation d’une molécule d’un sel minéral dissout dans l’eau en ses composants cationiques et anioniques.
Lorsque la concentration d’un sel minéral en solution dans l’eau est faible, il se dissout complètement en anions et cations. Par exemple le coefficient du NaCl est 2, ce qui correspond à une dissociation totale. Lorsque la concentration augmente, le coefficient de dissociation diminue parce que les ions sont plus rapprochés et interagissent entre eux. Dans l’osmolalité du plasma à partir des concentrations des sels minéraux qu’il contient, on doit multiplier la concentration de sodium par 1,86 et non par 2. La formule admise, tenant compte des principales molécules dissoutes, est 1,86 x Na (mmol/L) + urée (mmol/L) + glucose (mmol/L) + 9 (sels autres que ceux de sodium), ce qui aboutit dans les conditions normales à des valeurs entre 275 et 300 mOsm/Kg eau.
[C1]
Édit. 2019