Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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insuffisance coronaire fonctionnelle l.f.

functional coronary insufficiency

Insuffisance de l’alimentation en sang oxygéné du réseau coronarien cardiaque, en l’absence de lésions organiques précises et localisées des artères coronaires.
Elle est liée soit à l’insuffisance de la perfusion coronaire dans certaines maladies (rétrécissement serré de la valvule aortique, insuffisance aortique importante, myocardiopathie obstructive) soit à l’augmentation des besoins métaboliques d’un myocarde pathologique (grandes hypertrophies ventriculaires, hyperthyroïdie, tachycardies paroxystiques). Comme l’insuffisance coronaire organique, l’insuffisance coronaire fonctionnelle se traduit par des douleurs d’angine de poitrine.

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

rétrécissement aortique, insuffisance aortique, cardiomyopathie obstructive, hyperthyroïdie, tachycardie paroxystique

insuffisance fonctionnelle n.f.

functional insufficiency, functional failure

Syndrome dans lequel un organe n'assure pas entièrement la fonction à laquelle il doit faire face.
La notion d'insuffisance fonctionnelle ou d'incapacité peut être généralisée à tout système (matériel, humain, etc.) lorsqu'il devient incapable d'assumer la tâche qui s'impose à lui.
L'insuffisance peut être transitoire : tout rentre dans l'ordre après un court temps de récupération. P. ex. l'essoufflement après un effort intense ayant dépassé la capacité cardiorespiratoire. Mais quand la répétition de phases d'insuffisance transitoires n'est pas suivie d'une récupération suffisante de l'équilibre normal, l'insuffisance devient chronique : il s'établit un équilibre pathologique plus ou moins bien toléré. P. ex. quand le patient n'est plus à même de récupérer rapidement après les apnées du sommeil qui amènent de trop longues phases d'hypoxie-hypercapnie, il s'en suit une dérive progressive vers une insuffisance respiratoire chronique de plus en plus grave.
Bien souvent une grande fonction met en jeu plusieurs mécanismes «en série» (p. ex. compensation cardiaque et rénale d'une insuffisance respiratoire), dans ce cas l'insuffisance d'un organe peut être compensée par les autres mais ceux-ci font apparaître alors des signes de charge anormale (par ex. la compensation ventilatoire d'une insuffisance cardiaque ou d'une hypoxie exogène provoque une certaine hypocapnie).
L'insuffisance d'une fonction excrétrice (pulmonaire, rénale, etc.) devient manifeste lorsque l'organe n'élimine plus convenablement les déchets résultant de l'activité métabolique journalière. Leur accumulation, mesurable dans le sang, indique la nature et le degré d'insuffisance (hypercapnie, hypercréatinémie, etc.).
Pour traiter une insuffisance, les médecins essayent souvent de ramener les dosages sanguins à la normale. Cette conduite n'est pas toujours justifiée et peut même être dangereuse chez un patient présentant une insuffisance fonctionnelle importante en équilibre pathologique stable : une correction brutale peut faire évoluer dangereusement la situation, parfois le patient meurt alors que ses dosages sont redevenus normaux. Ainsi la correction d'une insuffisance fonctionnelle doit toujours être progressive vers l'équilibre antérieur, s'il était bien toléré, même s'il était pathologique.
En urgence, avant d'attendre le résultat des dosages, il faut d'abord se fonder sur la clinique, réduire les besoins métaboliques pour soulager la fonction et la renforcer artificiellement s'il y a lieu (assistance ventilatoire, massage cardiaque, compensation d'une hémorragie, etc.).

Étym. lat. in privatif ; sufficientia : ce qui suffit (pour assurer une tâche assignée)

Syn. déconseillé incompétence fonctionnelle

incapacité fonctionnelle, insuffisance hépatique, rénale, respiratoire

réserve fonctionnelle rénale l.f.

functional renal reserve

Différence entre le débit de filtration glomérulaire mesuré en conditions habituelles et la capacité maximale de filtration glomérulaire mesurée après ingestion d'un régime riche en protéines ou perfusion d'un mélange d'acides aminés.
La capacité maximale de filtration glomérulaire est mesurée une à deux heures après ingestion de 200 à 250 g de viande cuite ou au bout d'une heure de perfusion d'une solution d'acides aminés (0,2 à 0,4 g/mn). La réserve fonctionnelle rénale représente 15 à 30% du débit de filtration glomérulaire de base. Une augmentation parallèle du flux plasmatique rénal est observée.

croissance et insuffisance rénale

nanisme rénal

[O1,M1]

encéphalopathie et insuffisance rénale l.f.

encephalopathy and renal insufficiency

insuffisance rénale (encéphalopathie et), encéphalopathie des dialysés

[H1,M1,G4,B3]

Édit. 2018

érythropoïétine et insuffisance rénale chronique l.f.

erythropoietin and chronic renal insufficiency

La carence de la sécrétion d'érythropoïétine d'origine rénale est une cause importante de l'anémie, parfois sévère, observée chez les patients atteints d'insuffisance rénale terminale et tout particulièrement chez les sujets traités par les méthodes de dialyse.
Une telle anémie est corrigée par l'administration d'érythropoïétine humaine recombinante.

insuffisance rénale, dialyse

[F1,C1,O4,G5,M1]

Édit. 2018 

glomérulonéphrite aigüe endocapillaire avec insuffisance rénale aigüe l.f.

acute endocapillary glomerulonephritis with acute renal insufficiency

glomérulonéphrite aigüe

insuffisance rénale l.f.

renal insufficiency

Perte partielle ou totale, transitoire ou définitive de la fonction rénale globale.
Elle revêt des aspects cliniques très différents en fonction de la cause de l'atteinte rénale, du type anatomoclinique des lésions et du rythme évolutif de chaque cas.
L'insuffisance rénale aigüe peut être purement fonctionnelle en rapport avec un trouble d'origine hémodynamique. Elle peut être organique secondaire à des lésions histologiques rénales réversibles, le plus souvent de type tubulo-interstitiel. Les formes graves avec oligo-anurie prolongée justifient le recours temporaire aux méthodes de dialyse.
L'insuffisance rénale chronique est la conséquence d'une destruction progressive irréversible des néphrons avec baisse parallèle de la filtration glomérulaire évaluée par la clairance. Le rythme évolutif dépend alors du type anatomique de la néphropathie (glomérulaire, interstitielle, vasculaire). La perte de plus de deux tiers de la fonction rénale expose à la survenue de manifestations cliniques diverses notamment vasculaires (liées à la fréquence de l'hypertension), hématologiques (anémie), endocriniennes, nerveuses, etc. La perte de plus de neuf dixièmes de la fonction rénale met la vie en danger et justifie le recours aux méthodes de suppléance : techniques de dialyse, transplantation rénale.

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

insuffisance rénale aigüe, épuration extrarénale (méthodes de), néphropathie tubulo-interstitielle aigüe, néphropathie, réduction néphronique, transplantation rénale

insuffisance rénale aigüe (IRA) l.f.

acute kidney failure

Syndrome consécutif à l'arrêt brutal ou du moins rapide pendant plus de 24 heures, de la fonction excrétrice de reins, qui fonctionnaient normalement auparavant.
L'IRA est, soit oligo-anurique, soit à diurèse conservée mais avec les conséquences sont identiques. Elle peut être de causes pré-rénales, rénales ou post-rénales. Elle peut survenir à tout âge dans un contexte médical, chirurgical ou obstétrical et répond à différentes lésions rénales (glomérules, tissu interstitiel, tubule avec ou sans réaction de l'interstitium, nécrose du cortex, des vaisseaux, des voie excrétrices ou de la papille, etc.).
On distingue divers types d'IRA :
- insuffisance fonctionnelle réversible, en principe, après correction du mécanisme causal (déshydratation extracellulaire, hypovolémie, hypotension, kaliopénie, hyper-calcémie, etc.) ;
- syndrome hépatorénal irréversible (survenant au cours des cirrhoses décompensées, mais sans lésions microscopiques) ;
- nécrose tubulaire aigüe, cause fréquente d'IRA, due à des états de choc, des hémolyses aigües, des rhabdomyolyses, des brûlures électriques, une coagula­tion intravasculaire disséminée, une pancréatite aigüe hémorragique, certaines intoxications (Hg, CCl4, bichromates, éthylène-glycol, champignons toxiques - amanite phalloïde, amanite proxima, cortinaire orellanus, etc.) et à l'intolérance à certains médicaments (produits de contraste radio-iodés, aminosides, cisplatine, cyclosporine, amphotéricine B, glafénine) ;
- IRA parenchymateuses micro-obstructives aigües par précipitation médicamenteuse (adiazine, acétazolamide, méthotrèxate, acyclovir) ;
- IRA par lyse tumorale post-chimiothérapie (précipitation d'acide urique, d'urates ou de phosphates) ;
- néphropathie hyperuricémique, tubulopathie myélomateuse (surtout myélome avec protéinurie de Bence-Jones) après déshydratation, administration d'antiinflammatoires non stéroïdiens (AINS) ;
- néphrites interstitielles aigües (septicémie, infection urinaire ascendante, leptospirose, fièvre hémorragique) réactions médicamenteuses immuno-allergiques (antibiotiques, AINS, phénindione - Pindione→ -, dérivés d'indanedione), infiltrations néoplasiques et lymphomateuses.
- néphropathies glomérulaires et vasculaires : glomérulo-néphrites aigües endocapillaires, glomérulonéphrites subaigües extra-capillaires parfois nécrosantes (dites malignes rapidement progressives à croissants) survenant au cours d'une infection viscérale, d'une endocardite, d'un syndrome de Goodpasture, d'une glomérulonéphrite idiopathique avec anticorps anticytoplasme des polynucléaires neutrophiles, angéites aigües nécrosantes, PAN, maladie de Wegener IRA et syndromes intermédiaires ou apparentés, micro-angiopathie thrombotique, syndrome hémolytique et urémique ;
- IRA pré-rénales d'origine vasculaire par occlusion des artères rénales ou maladie athéro-embolique rénale ;
- IRA post-rénale par obstacle sur la voie excrétrice (lithiase, compression par une tumeur pelvienne, fibrose postradiothérapique, sclérose ou fibrose rétro-péritonéale).

E. W. Goodpasture, anatomopathologiste américain (1919) ; F. Wegener, anatomopathologiste allemand (1936 et 1939) ; H. Bence Jones, médecin et chimiste britannique (1848)

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

insuffisance rénale chronique l.f.

chronic renal failure

Conséquence de la destruction progressive irréversible des néphrons responsable de la baisse parallèle de la filtration glomérulaire évaluée par la clairance.
Le rythme évolutif dépend alors du type anatomique de la néphropathie (glomérulaire, interstitielle, vasculaire). La perte de plus de deux tiers de la fonction rénale expose à la survenue de manifestations cliniques diverses notamment vasculaires (liées à la fréquence de l'hypertension), hématologiques (anémie), endocriniennes, nerveuses, etc. La perte de plus de neuf dixièmes de la fonction rénale met la vie en danger et justifie le recours aux méthodes de suppléance : techniques de dialyse, transplantation rénale.

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

néphropathie, glomérulonéphrite, réduction néphronique, épuration extrarénale (méthodes de), transplantation rénale

insuffisance rénale et médicaments l.

L’insuffisance rénale exige une adaptation des posologies à la capacité d’élimination rénale ainsi que l’abstention des médicaments néphrotoxiques.

néphropathie médicamenteuse

insuffisance rénale (neuropathie et) l.

neuropathy and renal insufficiency

Polyneuropathies survenant au cours des insuffisances rénales chroniques.
Désormais, du fait de l'utilisation plus rationnelle des techniques d'épuration rénale, les polyneuropathies de l'insuffisance rénale chronique sont plus rares. Souvent, il existe une atteinte infraclinique, détectée uniquement par les examens électrophysiologiques. On ne dispose actuellement que de données épidémiologiques anciennes, indiquant que 60 % des patients présenteraient des atteintes infracliniques, 15 % des signes fonctionnels discrets et 25 % des signes objectifs, avant la mise en dialyse.
La forme la plus habituelle est une polyneuropathie subaigüe ou chronique, sensitivomotrice, symétrique, intéressant préférentiellement les membres inférieurs. Les troubles sensitifs subjectifs et objectifs sont souvent prédominants. Il s'agit le plus volontiers d'une atteinte axonale chronique, rarement aigüe. Des formes où prévaut la démyélinisation segmentaire ont parfois été décrites. La transplantation rénale entraîne habituellement une évolution favorable des troubles de la conduction nerveuse et également du tableau clinique.
D'autres atteintes nerveuses périphériques à type de syndrome du canal carpien du côté d'une fistule artérioveineuse, de neuropathie induite par des médicaments comme la nitrofurantoïne, de lésions tronculaires dues à un état cachectique ou à l'alitement, ont été rapportées.

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

insuffisance tubulaire rénale l.f.

renal tubular defect

Anomalie d'une ou de plusieurs fonctions tubulaires rénales proximales ou distales entraînant p. ex. une glycosurie orthoglycémique, une aminoacidurie, une polyurie vasopressino résistante, etc.
L'association de plusieurs anomalies tubulaires est fréquente. La fonction rénale globale est généralement conservée. L'origine des troubles est soit congénitale, souvent héréditaire, soit acquise le plus souvent de cause toxique ou médicamenteuse.

G. Fanconi, pédiatre suisse, membre de l'Académie de médecine (1931)

Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient

néphropathie tubulaire chronique, Fanconi (syndrome de)

moyennes molécules et insuffisance rénale l.f.   

middle molecules and renal insufficiency

Molécules dont la masse est comprise entre 300 et 2000 daltons. Leur concentration plasmatique s'élève au cours de l'insuffisance rénale chronique.
Leur rôle dans la génèse de diverses manifestations pathologiques, dont de la polynévrite de l’insuffisant rénal chronique soumis à l’hémodialyse, a été invoqué mais n'a jamais été formellement établi.

rétention azotée, insuffisance rénale chronique

radiothérapie (et insuffisance rénale) l.f.

néphropathie postradiothérapique

amblyopie fonctionnelle l.f.

functional amblyopia

Diminution unilatérale de l'acuité visuelle sans lésion organique apparente.
Les causes en sont multiples : déprivation, anisométropie, amblyopie strabique, amblyopie iatrogène. L'amblyopie peut être profonde, moyenne, légère. Le traitement en urgence a un résultat en fonction de sa précocité et de la profondeur de l'amblyopie. Dans tous les cas, il convient d'assurer la prophylaxie d'une rechute.

Étym. gr. amblus : affaibli ; ops : œil

[P2]

Édit. 2017

anatomie fonctionnelle l.f.

Branche de l’anatomie qui étudie les relations entre les systèmes ou portions de systèmes voués à une même fonction au sein d’un appareil.
Elle s’applique particulièrement à l’appareil moteur dans une relation entre forme et fonction.

[A1,I3]

Édit. 2017

annotation fonctionnelle du génome l.f.

functional annotation

Opération consistant à assigner des fonctions biologiques aux séquences d’un génome identifiées lors de son annotation structurale.

génomique fonctionnelle, annotation structurale du génome

[Q1]

Édit. 2019

asplénie fonctionnelle l.f.

functional asplenia

Situation où la rate ne peut assurer son rôle dans l'épuration des agents pathogènes circulants et des érythrocytes anormaux.
L'asplénie fonctionnelle se voit après des infarctus spléniques répétés, au cours de la drépanocytose ou après irradiation splénique. Les aspléniques sont particulièrement sensibles à certaines infections.

asymétrie fonctionnelle hémisphérique l.f.

hemispheric functional asymmetry

dominance hémisphérique, prévalence manuelle

béance cervico-isthmique fonctionnelle l.f.

functional cervical incompetence

Variété de béance cervico-isthmique n'apparaissant que pendant la grossesse alors que le bilan anatomique réalisé en dehors de celle-ci par hystérographie ou calibrage du col par les bougies de Hégar est normal.
L'évocation d'une telle anomalie justifierait la recherche de la béance pendant la grossesse par échographie, voire un calibrage pergravidique ; une béance fonctionnelle peut traduire une mauvaise adaptation du contenu utérin au contenant, par exemple dans les grossesses multiples où la pratique d'un cerclage du col utérin reste controversée.

Hegar (bougie de), cerclage du col utérin

Édit. 2017

capacité fonctionnelle de Steinbrocker l.f.

functional capacity

Évaluation de l'importance d'un handicap chez un sujet.
La détermination du degré d'un handicap est importante pour tester la valeur des essais thérapeutiques ou des interventions orthopédiques. L'Association américaine de rhumatologie a validé l'échelle de Steinbrocker degré 1 aucun handicap ; degré 2 réalisation correcte des activités normales, mais douleur et raideur d'une ou plusieurs articulations ; degré 3 limitation des activités de la vie quotidienne, autonomie conservée en particulier pour les soins corporels ; degré 4 handicap important ou total, nécessitant la présence d'une tierce personne.

O. Steinbrocker, médecin rhumatologue américain (1949)

incapacité, déficience

[I,E3]

capacité fonctionnelle hépatique l.f.

hepatic functional capacity

La capacité fonctionnelle hépatique peut être appréciée par les épreuves au vert d’indocyanine ou à la brome-sulfone-phtaléine.

vert d'indocyanine (épreuve au), brome-sulfone-phtaléine (épreuve à la)

[C2,L1]

capacité résiduelle fonctionnelle (CRF) l.f.

functional residual capacity (FRC)

Volume de gaz présent dans les poumons en fin d'expiration spontanée, égal à la somme du volume résiduel et du volume de réserve expiratoire.
La CRF s'exprime en valeur absolue en LBTPS et en pourcentage de valeurs théoriques dépendant de l'âge, de la taille et du sexe du sujet.
Sur le plan physiologique, elle correspond à la position d'équilibre de l'ensemble thoracopulmonaire, c'est-à-dire au moment de la respiration où les forces élastiques tisssulaires pulmonaires et thoraciques, dont l'action sur l'ensemble thoracopulmonaire est inverse, s'équilibrent exactement.

capacité, spirogramme

[C2,K1]

centre de rééducation fonctionnelle l.m.

travail des handicapés

[E]

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