facteur rhumatoïde l.m.
rheumatoid factor
Autoanticorps de classe IgM, IgG ou IgA dirigé contre des épitopes du domaine CH3 des IgG humaines, présents aussi sur les IgG d'autres espèces animales (ex. Lapin).
La détection des facteurs rhumatoïdes IgM fait appel à des réactions d’agglutination dont les plus utilisées sont la réaction de Waaler-Rose et le test au latex. Près de 80% des polyarthrites rhumatoïdes sont dites séropositives, c’est-à-dire latex et Waaler-Rose positives. Les réactions de détection des facteurs rhumatoïdes peuvent également être positives dans certains cas de connectivites, dans certaines maladies infectieuses, dans certains lymphomes malins et chez le sujet âgé.
Les facteurs rhumatoïdes non agglutinants (IgA, IgG) sont détectés uniquement par des tests immunologiques.
E. Waaler, médecin interniste norvégien (1940) ; H. M. Rose, biologiste américain (1948)
→ polyarthrite rhumatoïde, connectivite, lymphome malin, Waaler Rose, latex (test au)
[I1,C1]
Édit. 2018
amylose de la polyarthrite rhumatoïde l.f.
amylose of the rheumatoid arthritis
Amylose secondaire de type AA, complication rare mais grave de la polyarthrite rhumatoïde.
L’amylose de la polyarthrite rhumatoïde est à localisation rénale prédominante ; elle entraîne un syndrome néphrotique aboutissant à une insuffisance rénale progressive généralement mortelle en quelques années.
Étym. gr. amulon : amidon
[A3,M1,N3]
Édit. 2017
dermatose neutrophilique rhumatoïde l.f.
dermatosis neutrophilique rheumatoid
Dermatose inflammatoire polymorphe comportant histologiquement un infiltrat riche en polynucléaires neutrophiles et observée chez des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde.
Son autonomie est discutée.
→ dermatite interstitielle granulomateuse avec arthrites
nodule rhumatoïde l.m.
rheumatoid nodule
Nodule dermo-hypodermique indolore d'évolution chronique localisé en regard des articulations des mains, des coudes, des poignets ou des genoux, en règle associé à une polyarthrite rhumatoïde séropositive (Waaler Rose), grave et plus rarement à d'autres affections telles que maladie de Still, le lupus érythémateux systémique, etc.
L’examen histologique révèle une structure de granulome palissadique proche du granulome annulaire, formée essentiellement de lymphocytes et de plasmocytes entourant une zone de nécrose parfois fibrinoïde.
Il est aussi observé au niveau des valves cardiaques, du péricarde, de la plèvre, des poumons et de la rate. L’éclosion simultanée de nombreux nodules ou nodulite rhumatoïde caractérise les polyarthrites rhumatoïdes dites nodulaires. Cette éclosion peut être déclenchée par le méthotrexate.
Les lésions décrites comme "nodules rhumatoïdes isolés de l'enfant", sans rhumatisme associé sont considérées par beaucoup, comme des formes profondes de granulome annulaire.
papule rhumatoïde l.f.
rheumatoid papule
Lésion papuleuse symptomatique d’une éruption survenant au cours d’une poussée sévère d’arthrite rhumatoïde avec, comme substrat histologique, une vasculite leucocytoclasique et un granulome palissadique en formation.
M. L. Smith, pédiatre américain (1989)
pneumoconiose rhumatoïde l.f.
polyarthrite rhumatoïde (critères diagnostiques) l.f.
Maladie inflammatoire chronique affectant les articulations munies d'une cavité synoviale et s'accompagnant de localisations extra articulaires, telles une vascularite et des nodosités.
Le diagnostic d’une polyarthrite rhumatoïde (PR) débutante avec des radiographies normales et en l’absence de diagnostic d’une autre maladie est selon les critères ACR/EULAR de 2009 :
1) le type d’atteinte articulaire :
- une articulation moyenne ou grosse : 0,
-deux à dix articulations moyennes ou grosses : 1,
-une à trois petites articulations : 2,
-quatre à dix petites articulations : 3
-plus de dix articulations (au moins une petite articulation) : 5 ;
2) sérologie :
-ni facteur rhumatoïde ni anticorps antiprotéine citrullinée (ACPA) : 0,
-au moins un test faiblement positif. 2,
-au moins un test fortement positif : 3;
3) durée de la synovite :
- moins de 6 semaines : 0,
- plus de 6 semaines : 1 ;
3) marqueurs de l’inflammation :
- ni protéine C-réactive (CRP), ni VS élevée : 0,
- CRP ou VS élevée : 1.
Ainsi le diagnostic de polyarthrite est posé si le score est supérieur ou égal à 6.
De plus en plus, le diagnostic de polyarthrite débutante repose sur l’échographie qui tend à remplacer définitivement les données radiographiques qui seront toujours trop en retard.
Un mécanisme auto-immun est probablement en cause avec la présence simultanée des allèles HLA DR1 et DR4 (chez 93% des individus). Des mutations génétiques sont impliquées dans le déterminisme de la PR. Une mutation du gène PTPN22 (qui code une tyrosine phosphatase) double le risque de développer la maladie qui est aussi alors parfois plus grave.
Une mutation du gène TRAF1–C5 du chromosome 9 est aussi corrélée avec une forme aggravée de PR (avec présence d'anticorps anti-CCP : cyclic citrullinated peptide).
Les données nouvelles de la polyarthrite rhumatoïde, les succès des biothérapies ont fait reculer les indications chirurgicales (préservation de la fonction articulaire, ou si les déformations articulaires sont trop importantes).
Étym. gr. polus : nombreux ; arthron: articulation : rheuma : fluxion ; eidos : apparence
Sigle PR
→ polyarthrite rhumatoïde (clinique de la), pannus, protéine C-réactive, sérologie rhumatoïde, séropositif, polyarthrite rhumatoïde (manifestations extra-articulaires), HLA, auto-anticorps anti-citrullinés, facteur rhumatoïde, synovite, PTPN22
[I1]
Édit. 2017
polyarthrite rhumatoïde de l'enfant l.f.
Still’s disease
→ arthrites juvéniles idiopathiques
[I1,O2]
Édit. 2017
polyarthrite rhumatoïde (imagerie de la…) l.f.
rheumatoid arthritis (radiographic signs of…)
Le diagnostic de la polyarthrite rhumatoïde (PR) est basé sur des critères cliniques, biologiques (ACR/EULAR 2010) ainsi que sur l’imagerie (radiographie, échographie, IRM) qui permet également de suivre l’évolution.
La PR est une maladie de la synoviale des articulations et des gaines tendineuses (pannus). Le pannus envahit le cartilage, puis l’os intra-articulaire (érosions) et lèse les tendons. A des stades divers la radiologie, l’imagerie par résonnance magnétique (IRM) et l’échographie sont capables de mettre ces lésions en évidence.
L’échographie est apte à analyser les lésions des parties molles superficielles (synovite, ténosynovite), à apprécier leur évolution sous traitement et à guider les ponctions ; l’IRM, plus sensible et plus polyvalente, est bien adaptée à l'étude de la colonne et des grosses articulations, mais nécessite une injection de chélate de gadolinium ; la radiographie, précise mais peu sensible, permet un bon suivi dans le temps et des études dynamiques (région cranio-vertébrale).
Les lésions radiologiques élémentaires de la PR sont :
- une tuméfaction de la synoviale articulaire, tendineuse ou bursale visible en IRM (synoviale épaissie et hypointense en T1, hyperintense en T2, dont le signal se rehausse violemment après injection de gadolinium) ou en échographie (épaississement synovial hyperhémique en Doppler) ;
- un œdème de l’os épiphysaire (« stade pré-érosif ») qui se traduit en IRM par une plage en hyposignal en T1 et en hypersignal en T2) ;
- une déminéralisation de celui-ci, visible en radiographie ;
- des érosions marginales, encoches à bords flous de l’os épiphysaire, visibles en radiographie, en échographie et en IRM ;
- plus tardivement, un pincement diffus des interlignes des articulations affectées, qui traduit la destruction du cartilage ;
- plus tardivement encore, des destructions articulaires, des déformations et une déminéralisation régionale.
Étym. gr. polus : nombreux ; arthron: articulation : rheuma : fluxion ; eidos : apparence
→ pannus, polyarthrite rhumatoïde (clinique de la), polyarthrite rhumatoïde (critères diagnostiques), polyarthrite rhumatoïde (manifestations extra-articulaires), polyarthrite rhumatoïde (signes d’imagerie en fonction des localisations dans la…), sérologie rhumatoïde
[B2,I1]
Édit. 2017
polyarthrite rhumatoïde immunopositive l.f.
→ polyarthrite rhumatoïde séropositive
[B2,C1,I1,N3]
Édit. 2017
polyarthrite rhumatoïde (manifestations cliniques de la) (PR) l.f.
Maladie articulaire inflammatoire grave, multifactorielle, avec prédisposition génétique, caractérisée par une inflammation chronique entretenue par des mécanismes auto-immuns.
Rhumatisme inflammatoire chronique le plus fréquent en France (entre 1 et 2 % de la population), pouvant survenir à tout âge, avec un maximum d’incidences entre 30 et 50 ans, 2 à 3 fois plus souvent chez les femmes que chez les hommes. Évoluant par poussées cette maladie est susceptible, sans traitement, d’aboutir à une invalidité sévère. De nouvelles thérapeutiques très actives (biothérapies, méthotrexate…) en ont révolutionné le pronostic, surtout dans les formes graves. Il est donc essentiel de faire précocement le diagnostic
L’existence de l’affection chez un membre de la famille multiplie le risque par 2. Le tabac constitue un facteur de risque important.
Le diagnostic repose sur les données cliniques : atteintes inflammatoires articulaires ou ténosynoviales à prédominance acromélique, à tendance bilatérale et symétrique.
Les examens biologiques complètent les données cliniques : les uns inconstants au début de la maladie comme le syndrome inflammatoire et la positivité du facteur rhumatoïde peu spécifique, avec la positivité essentielle des auto-anticorps anti-citrullinés qui sont spécifiques mais peu sensibles.
Les radiographies pendant longtemps indispensables sont remplacées par l’échographie qui permet de faire le diagnostic précoce de l’inflammation voire même des lésions érosives avant même que celles-ci n’apparaissent sur les clichés. L’imagerie permet aussi d’évaluer l’évolution des lésions structurales.
Les modalités évolutives de la PR sont variables d’un sujet à l’autre : à des poussées aigues peuvent succéder des rémissions. En général, la maladie est progressive et conduit moins que jadis au handicap qui était jadis parfois dramatique, surtout lorsque survenaient, dans 30 à 40 % des cas, des manifestations viscérales dont les formes les plus actives étaient pulmonaires, cardiaques, vasculaires et neurologiques.
Le traitement de la polyarthrite rhumatoïde qui faisait appel à la corticothérapie au long cours comporte de nouveaux agents thérapeutiques comme le léflunomide, et le méthotrexate et surtout les anti-TNF, luttant contre la détérioration structurale, qui permettent d’obtenir des rémissions qu’aucun traitement ne pouvait auparavant produire. D’autres biothérapies peuvent être utilisées : les unes dirigées contre l’interleukine 1 ou l’interleukine 6, les autres d’actions différentes comme le rituximab et l’abatacept.
Les injections locales de cortisone d’une part et de produits isotopiques sont beaucoup moins utilisées. La chirurgie a vu ses indications considérablement régresser.
Étym. gr. polus : nombreux ; arthron: articulation : rheuma : fluxion ; eidos : apparence
→ facteur rhumatoïde, auto-anticorps anti-citrullinés, polyarthrite rhumatoïde (manifestations viscérales des), biothérapie, méthotrexate, TNF, léflunomide, interleukine 1, interleukine 6, rituximab, abatacept
[I1]
Édit. 2017
polyarthrite rhumatoïde (manifestations extra-articulaires) l.f.p.
La polyarthrite rhumatoïde (PR) peut associer au tableau rhumatismal de nombreuses manifestations extra-articulaires : signes généraux, nodules rhumatoïdes, adénopathies, splénomégalie, syndrome sec, fibrose pulmonaire, pleurésie, vascularite, syndrome de Raynaud, amylose, atteintes cardiaques et ophtalmologiques.
Les signes généraux se voient surtout lors de l'installation de la maladie sur un mode aigu. Ils peuvent ensuite se répéter lors des poussées évolutives. L'asthénie est souvent marquée. Une fébricule est plus rare.
Des nodosités sous-cutanées ou nodules rhumatoïdes représentent la manifestation extra-articulaire la plus fréquente de la PR (environ 20% des patients), caractéristique mais non spécifique.
Des adénopathies, présentes dans 30% des cas sont de localisations axillaires, sus-épitrochléennes et inguinales.
Une splénomégalie est exceptionnelle. Associée à une leucopénie et à des ulcères de jambe, elle définit alors le syndrome de Felty (moins de 1% de l'ensemble des PR).
Un syndrome sec associe la PR à un syndrome de Gougerot-Sjögren qui est dit alors secondaire.
La fibrose pulmonaire interstitielle diffuse représente la manifestation pulmonaire la plus fréquente (5 à 20% des cas) caractérisée par des opacités réticulo-nodulaires, un syndrome restrictif avec diminution de la diffusion de l'oxyde de carbone et une augmentation des polynucléaires et des lymphocytes au lavage broncho-alvéolaire.
Des nodules rhumatoïdes peuvent être découverts à la radio dans le parenchyme pulmonaire surtout au cours des PR masculines avec facteurs rhumatoïdes positifs. Associés à une silicose, ils définissent le syndrome de Caplan-Colinet.
Une pleurésie exsudative, observée dans 1% des cas, est souvent unilatérale, riche en facteurs rhumatoïdes.
Les manifestations cliniques de vascularite compliquent surtout les PR anciennes, nodulaires, destructrices et masculines. Les signes cliniques sont polymorphes:
- cutanés, les plus fréquents: micro-infarctus digitaux, ulcères cutanés, purpura vasculaire, gangrène des doigts et des orteils ;
- neurologiques: polynévrite, multinévrite sensitivo-motrice ;
- syndrome de Raynaud (5 à 10% des cas) ;
- musculaires et digestifs.
L’amylose secondaire est une complication tardive des PR très inflammatoires.
Des manifestations cardiaques sont possibles : péricardite habituellement asymptomatique, troubles de la conduction et lésions valvulaires exceptionnelles.
Les atteintes oculaires sclérite et scléromalacie perforante sont exceptionnelles.
Étym. gr. polus : nombreux ; arthron: articulation : rheuma : fluxion ; eidos : apparence
→ nodule rhumatoïde, Felty (syndrome de), Gougerot-Sjögren (syndrome de), Caplan-Colinet (syndrome de), Raynaud (syndrome de), amylose secondaire, sclérite, scléromalacie perforante, poumon rhumatoïde, Felty (syndrome de)
[L1]
Édit. 2017
polyarthrite rhumatoïde (neuropathies et) l.f.p.
rhumatoid arthritis (neuropathies and)
→ vascularites et neuropathies, polyarthrite rhumatoïde (manifestations extra-articulaires)
polyarthrite rhumatoïde (signes d'imagerie en fonction des localisations dans la) l.f.
rheumatoid arthritis (radiographic signs in relationship with the localisation…)
Les signes d’imagerie de la polyarthrite rhumatoïde varient en fonction des localisations articulaires.
Au début, la polyarthrite rhumatoïde (PR) affecte surtout les mains et les pieds, de manière à peu près symétrique.
- Au niveau des mains et des poignets
Elle peut se manifester d’abord par une synovite radio-ulnaire distale, radio-carpienne, médio-carpienne, métacarpo-phalangienne, parfois interphalangienne proximale (échographie) ; une ténosynovite des fléchisseurs et/ou des extenseurs ; des érosions du processus styloïde ulnaire, des têtes métacarpiennes, notamment sur leur bord radial, plus tardivement par une « carpite » rhumatoïde et, dans les arthrites évoluées, des déformations des doigts.
- Au niveau des pieds et des chevilles
Elle peut se manifester d’abord par une synovite des articulations métatarso-phalangiennes avec érosions des têtes métatarsiennes (surtout des bords médial du 1er métatarsien et latéral du 5ème métatarsien), une arthrite subtalaire postérieure, une synovite de la bourse pré-achilléenne , une ténosynovite tibiale postérieure, puis des déformations de l’avant-pied (avant-pied triangulaire), une subluxation latérale des articulations métatarso-phalangiennes, une arthrite talo-crurale.
- Au niveau des épaules
Elle peut se manifester d’abord par une synovite articulaire gléno-humérale, acromio-claviculaire et/ou de la bourse sous-acromio-deltoïdienne, des érosions para-trochitériennes, un amincissement sans rupture des tendons de la coiffe des rotateurs, puis une sévère arthropathie de l’épaule aboutissant à sa destruction.
- Au niveau des genoux
Elle peut se manifester d’abord par une synovite tricompartimentale qui se prolonge dans un kyste poplité, des érosions périphériques, puis un pincement des interlignes articulaires et une destruction progressive du genou.
- Au niveau de la colonne vertébrale
Dans la région cranio-vertébrale elle peut se manifester d’abord par une arthrite atloïdoaxoïdienne (C1-C2) avec pannus, puis par une destruction et une déstabilisation progressive de la région cranio-vertébrale (luxation antérieure de la première vertèbre cervicale sur la seconde luxation supérieure du processus odontoïde dans le foramen occipital) avec le risque d’une compression bulbaire.
Dans la région de la colonne cervicale inférieure elle peut se manifester par des arthrites zygapophysaires avec discites inflammatoires, source de sténose et d’instabilité, elles-mêmes à l’origine de compression médullaire.
Les lésions anatomiques évoluées de la polyarthrite rhumatoïde devraient progressivement disparaitre avec les traitements actuels.
Étym. gr. polus : nombreux ; arthron: articulation : rheuma : fluxion ; eidos : apparence
→ polyarthrite rhumatoïde (clinique de la), polyarthrite rhumatoïde (critères diagnostiques), polyarthrite rhumatoïde (manifestations extra-articulaires), polyarthrite rhumatoïde (imagerie de la…), sérologie rhumatoïde, ténosynovite, spondylodiscite, synovite, carpite, articulations zygapophysaires
[B2,I1]
polyarthrite rhumatoïde séropositive l.f.
Polyarthrite rhumatoïde qui associe à l’expression clinique, des tests sérologiques positifs confirmant le diagnostic.
Étym. gr. polus : nombreux ; arthron: articulation : rheuma : fluxion ; eidos : apparence
→ polyarthrite rhumatoïde (manifestations cliniques de la), sérologie rhumatoïde
[B2,C1,I1,N3]
Édit. 2017
poumon rhumatoïde l.m.
rhumatoid pleuropulmonary disease
Ensemble des manifestations respiratoires que l'on peut observer, isolées ou associées, au cours de la polyarthrite rhumatoïde.
Le poumon rhumatoïde peut comporter :
- des nodules rhumatoïdes parenchymateux : micro- et macronodules pulmonaires ;
- une pneumopathie interstitielle pouvant évoluer vers la fibrose pulmonaire ;
- des épanchements pleuraux.
La dilatation des bronches et l'hypertension artérielle pulmonaire ont été exceptionnellement signalées.
Enfin, l'association de polyarthrite rhumatoïde et de silicose — ou syndrome de Caplan-Colinet — comporte des opacités arrondies de grande taille prédominant à la périphérie des champs pulmonaires.
A. Caplan, médecin anglais (1953) ; E. Colinet, médecin rhumatologue belge (1950)
→ Caplan ou Caplan-Colinet (syndrome de)
purpura rhumatoïde l.m.
anaphylactoid purpura, rheumatic purpura, Henoch Schönlein’s purpura, Henoch-Schönlein’s vasculitis
E. H. Henoch, pédiatre allemand (1868) ; J. L. Schönlein, médecin interniste allemand, membre de l’Académie de médecine (1832)
Syn. vascularite à IgA, Schönlein–Henoch (purpura de), péliose rhumatismale
[I1, J1, K4, L1, M1, P1]
Édit. 2019
rhumatoïde adj.
1° Qui ressemble à un rhumatisme.
2° Se dit plus spécifiquement de la polyarthrite rhumatoïde et de ses différentes manifestations cliniques et biologiques.
C’est ainsi que l’on parle de synovite rhumatoïde, de nodules rhumatoïdes, de facteurs rhumatoïdes. En français l’adjectif rhumatoïde est aussi utilisé pour qualifier le purpura de Schönlein-Henoch encore appelé par les auteurs anglo-saxons purpura anaphylactoïde ou allergique; le terme de purpura rhumatoïde prête à confusion puisqu’il n’a de rapport d’aucune sorte avec la polyarthrite rhumatoïde.
J. L. Schönlein, médecin interniste allemand, membre de l'Académie de médecine (1832) ; E. H. Henoch, pédiatre allemand (1868)
→ Schönlein-Henoch (maladie de, syndrome de, purpura de), purpura rhumatoïde
sérologie rhumatoïde l.f.
Étude du sérum d’un sujet en vue d’y démontrer la présence de facteurs rhumatoïdes et d’auto-anticorps anti-protéines citrullinées.
Les facteurs rhumatoïdes étant des autoanticorps anti-IgG, ses réactions de détection utilisent toutes comme réactifs des IgG, qu’il s’agisse d’IgG de lapin comme dans la réaction de Waaler-Rose et ses dérivés, ou d’IgG humaines comme dans le test au latex et ses dérivés. La signification clinique des deux types de réaction est très voisine : dans l’ensemble, on considère que les réactions type Waaler-Rose sont moins sensibles mais plus spécifiques que les tests au latex. Parfois, le test au latex est positif mais la réaction de Waaler-Rose négative : on parle alors de sérologie rhumatoïde dissociée.
A ces tests classiques s’ajoutent la recherche d’auto-anticorps dirigés contre des protéines citrullinées produits au sein de la synoviale rhumatoïde.
→ polyarthrite rhumatoïde, Waaler-Rose (réaction de), latex (test d'agglutination au), auto-anticorps anti-protéines citrullinées
[I1,C1]
Édit. 2017
anémie hémolytique auto-immune l.f.
autoimmune hemolytic anemia
Maladie caractérisée par une destruction des globules rouges (anémie) provoquée par des auto-anticorps qui se fixent sur les antigènes membranaires de globules rouges.
L’hémolyse est due à l’opsonisation des érythrocytes et leur phagocytose par des cellules (macrophages) ayant des récepteurs de Fc, particulièrement au niveau de la rate.
Cette affection peut être la complication d’une maladie auto-immune ou d’un lymphome malin.
Le diagnostic biologique d’anémie hémolytique est réalisé par le test de Coombs direct (présence d’anticorps à la surface des érythrocytes du malade) et indirect (présence d’anticorps anti-hématies dans le sérum du malade). Les auto-anticorps « chauds », dirigés le plus souvent contre des épitopes de la molécule Rhésus, se fixent sur l’antigène à 37°C. Les auto-anticorps « froids » se fixent à des températures inférieures à 37°C mais sont lytiques à 37°C. Il s’agit souvent d’IgM dirigées contre le groupe sanguin Ii. L’hémolyse a lieu au niveau des extrémités, avec, dans les formes sévères, nécrose périphérique due à l’agrégation et aux microthromboses dans les petits vaisseaux. Ces formes s’observent plus volontiers chez les sujets âgés et impliquent des auto-anticorps oligoclonaux ou monoclonaux. On observe aussi des formes aigües régressives après infection par Mycoplasma pneumoniae. Certaines anémies auto-immunes peuvent être d’origine médicamenteuse.
Outre la transfusion sanguine le traitement fait appel aux glucocorticoïdes et aux immunosuppresseurs. La splénectomie conserve des indications. L’administration d’anticorps monoclonaux anti-CD20 (Rituximab) ouvre des voies thérapeutiques nouvelles. Des études montrent de meilleurs résultats (réponse prolongée) avec l'association gucocortocoïdes /rituximat que chez des patients traités par glucocorticoïdes seuls.
R. A. Brodsky, hématologiste américain (2019) ; S. Berentsen, hématologiste norvégien (2021)
Étym. gr. an privatif, haimos sang
→ Coombs
[F1,F3, G5]
Édit. 2021
auto-accusation n.f.
self-accusation
Sentiment de culpabilité portée sur soi-même, concernant soit un fait précis (délit, accident), soit une faute imaginaire ou très exagérée par rapport à la réalité, avec évocation éventuelle de châtiments.
Élément habituel du syndrome de culpabilité et d'indignité de la mélancolie.
En médecine légale, on rencontre surtout l'auto-accusation dans la mythomanie, l'hystérie et chez certains individus qui recherchent une certaine publicité en s'accusant à la suite d'un crime.
auto-activation psychique (perte d') l.f.
Inertie comportementale, perte de la résonance affective et vide mental spontanés, liés à des lésions des circuits fronto-putamino-pallido-frontaux
Typiquement, cette hypoactivité est réversible lors de stimulations extérieures, avec retour transitoire fréquent à un fonctionnement quasi normal, parfois stéréotypé. Elle évoque notamment le ralentissement psychomoteur dépressif, mais sans tristesse ni anxiété. Elle accompagne souvent des troubles de type obsessionnel-compulsif, mais sans le monde obsessionnel qui caractérise la névrose.
De telles perspectives permettent de renouveler le dialogue entre spécialistes des neurosciences, neurologues et psychiatres.
D. Laplane, neurologue français (1981)
auto-agglutinable adj.
auto-agglutinable
Se dit d'une culture bactérienne manifestant une agglutination spontanée en suspension dans l'eau physiologique.
auto-agglutination n.f.
autoagglutination
1) Agglutination des hématies sans ajout de facteur extérieur.
Elle est due à la présence d'un auto-anticorps anti-érythrocytaire ou à une anomalie des érythrocytes eux-mêmes agglutinés par des composants plasmatiques ou des anticorps naturels.
2) Agglutination spontanée des bactéries en suspension dans l'eau physiologique.
auto-agglutinine n.f.
autoagglutinin
Anticorps agglutinant présent dans le sérum et capable d'agglutiner les hématies du sujet dans certaines conditions.