Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

38 résultats 

transit isotopique du liquide cérébrospinal l.m.

cisternographie isotopique

dérivation du liquide céphalorachidien l.f.

diversion of the spinal fluid

Dérivation permanente du liquide céphalorachidien retenu dans les ventricules cérébraux en cas d’hydrocéphalie.
La dérivation peut se faire vers les citernes des espaces sous-arachnoïdiens (ventriculo-cysternostomie1), soit vers des régions extra-crâniennes : dans une oreillette cardiaque (ventriculo-atriostomie2) ou dans la cavité péritonéale (ventriculo-péritonéostomie3).

W. E. Dandy, neurochirurgien américain (1922) ; 2 A. Torkildsen, neurochirurgien norvégien (1939); 2 F. E. Nulsen et E. B. Spitz, neurochirurgiens américains (1952) ; 3 W. Kaush, chirurgien allemand (1908), W. V. Cone, neurochirurgien canadien (1948) ; J. F Hirsch, neurochirurgien français (1992)

hydrocéphalie, ventriculo-cisternostomie, ventriculo-atriostomie, ventriculo-péritonéostomie

dérivation n.f.

diversion,

opération destinée à aboucher l’un dans l’autre deux vaisseaux ou viscères qui ne le sont pas normalement.
Dans le domaine artériel ou cardiaque, on crée un shunt pour soulager une surcharge hémodynamique ou pour améliorer un mélange sanguin.
Il peut être pratiqué des dérivations biliaire, du suc pancréatique », urinaire, et péritonéo-veineuse.


  1. En électrocardiographie,

lead EKG

dérivations électrocardiographiques

dérivation biliaire l.f.

bile diversion

Méthode chirurgicale visant à assurer l'écoulement de la bile en dehors des voies naturelles, soit vers l'extérieur, soit vers un autre viscère digestif.
Elle est réalisée chez les malades ayant un obstacle sur les voies biliaires.
Les drainages biliaires externes sont réalisés soit au cours d'une intervention chirurgicale, le plus souvent par un drain en T, soit par voie percutanée transhépatique après repérage des voies biliaires dilatées par échographie, soit par cathétérisme endoscopique de la papille et extériorisation du drain par le nez. En fonction du site de l'anastomose sur la voie biliaire, la dérivation interne est une anastomose cholédocodigestive ou hépaticodigestive, bilioduodénale ou biliojéjunale. Lorsque l'obstacle biliaire est localisé à la partie supérieure du pédicule hépatique, la dérivation biliaire peut être réalisée sur le confluent biliaire supérieur, le canal hépatique gauche ou le canal du segment III dans son trajet intrahépatique superficiel. Ces interventions sont réalisées le plus souvent pour traiter l'ictère et le prurit de malades ayant un rétrécissement biliaire par cancer inextirpable du pancréas ou de la voie biliaire. Plus rarement, une dérivation biliaire peut être faite chez un malade ayant un rétrécissement biliaire au cours d'une maladie bénigne : pancréatite chronique, sténose postopératoire de la voie biliaire principale.

M. Kasai, chirurgien japonais (1951)

Syn. dérivation biliodigestive

Kasaï (opération de)

dérivation digestive du suc pancréatique l.f.

pancreatic enteric diversion

Dans le cadre de la transplantation pancréatique, dérivation vers le tube digestif de la sécrétion exocrine du pancréas, généralement par anastomose duodéno-iléale latérolatérale ou sur anse en Y.

conversion digestive

dérivation péritonéoveineuse l.f.

peritoneovenous shunt

Dérivation permanente de l'ascite vers la circulation générale par l'intermédiaire d'une valve.
Cette valve implantée chirurgicalement est unidirectionnelle barosensible raccordée à un cathéter plongeant dans l'ascite et à un autre cathéter dont l'extrémité est située dans la veine cave supérieure ou dans l'oreillette droite. La différence de pression entre la cavité péritonéale et l'oreillette droite fait circuler l'ascite vers le cœur, elle est ensuite éliminée par les reins. Les deux valves les plus fréquemment employées sont la valve de LeVeen et celle de Denver. La dérivation péritonéoveineuse est utilisée comme traitement des ascites compliquant une cirrhose ou une carcinose péritonéale réfractaires aux traitements médicaux.

dérivation urinaire l.f.

urinary diversion

Opération destinée à changer le cours de l'urine en raison de l'obstruction ou de la destruction de la voie excrétrice d'aval.
Cette dérivation peut être située à tous les niveaux de l'arbre urinaire : néphrostomie, urétérostomie, cystostomie, uréthrostomie. Elle peut se faire par abouchement d'un segment de la voie excrétrice, ou par l'intermédiaire de tubes, sondes ou cathéters. Elle peut être conçue définitive ou transitoire. Elle peut être interne, dérivant l'urine dans un autre organe (p. ex. urétérosigmoïdostomie) ou externe (par ex. urétérostomie cutanée, simple ou transintestinale).

dérivation urinaire continente l.f.

continent urinary diversion

Mode de dérivation externe de l'urine ne donnant pas lieu à un écoulement permanent.
Ce type de dérivation suppose la confection d'un réservoir intermédiaire entre le cours des urines et la peau, par utilisation en général d'un segment intestinal (iléal, colique, caecal), et d'un système à fonction de valve empêchant le passage spontané de l'urine vers la stomie cutanée, rendant ainsi inutile tout appareillage externe. L'opéré vide régulièrement ce réservoir urinaire intestinal par cathétérisme. Les variétés techniques opératoires sont complexes et nombreuses. Les inconvénients sont la stase urinaire, l'infection, les difficultés de cathétérisme.

N. Kock, chirurgien suédois (1982)

Kock (poche de), vessie caecale

dérivation urinaire du suc pancréatique l.f.

pancreatic urinary diversion

Dans le cadre de la transplantation pancréatique, dérivation de sa sécrétion exocrine vers la voie excrétrice urinaire, habituellement par anastomose duodéno-vésicale.

conversion digestive

Pescador, (dérivation de ) l.f.

Pescador’s derivation

Dérivation électrocardiographique précordiale bipolaire réalisée en plaçant une électrode en V1 et l’autre en V6 qui dans certains cas d’insuffisance coronaire peut mettre en évidence des anomalies inapparentes dans les dérivations usuelles.

L. Pescador, médecin cardiologue espagnol (1951)

électrocardiogramme

azote liquide l.m.

liquid nitrogen

Gaz inerte maintenu à l'état liquide à une température de -196° et qui, en cryothérapie, a remplacé la neige carbonique.
Il est utilisé en dermatologie pour détruire des lésions cutanées en les réfrigérant fortement selon deux procédés : soit par application directe au coton-tige ou grâce à un appareil qui le projette sous pression (dans le cas de verrues, taches pigmentées ou kératoses séborrhéiques ou actiniques), soit au moyen d'un appareillage plus complexe de cryochirurgie pour détruire des lésions cutanées carcinomateuses ou précancéreuses. Ces gestes thérapeutiques provoquent une destruction cellulaire avec érythème, œdème, phlyctène, nécrose et douleur dont l'importance varie avec l'intensité de l'application.

Étym. gr. a privatif ; zôê : vie

[G5,J1]

Édit. 2018

Belzer (liquide de) l.m.

Belzer’s solution, University of Wisconsin solution

L'un des liquides utilisés en transplantation pour la préservation des organes : sa composition est proche du milieu intracellulaire mais se distingue du liquide de Collins par l'utilisation de sucres différents et d'hydroxyéthyl-amidon.
Son introduction a permis d'obtenir de meilleurs résultats en transplantations hépatique et pancréatique tout en permettant des durées d'ischémie froide plus prolongées.

F. O. Belzer, chirurgien américain de la transplantation (1930-1995)

liquide de conservation, Collins (liquide de)

Édit. 2017

biopsie liquide l.f.

liquid biopsy

Prélèvement et analyse d’un échantillon de plasma portant sur l’ADN circulant sans cellule, appelé cell-free DNA (cf DNA) afin de détecter des mutations somatiques traduisant la présence d’un cancer ou chez la femme enceinte l’existence de mutations dans l’ADN fœtal.
Chez les personnes saines, le cf DNA non tumoral est trouvé dans le plasma à taux faible (10 à 15 ng/ml).
Chez les patients atteints d’un cancer, le
cf DNA est libéré des cellules tumorales est appelé ct DNA pour DNA circulant tumoral ; il constitue seulement une partie du cf DNA. La fraction du ct DNA parmi le cf DNA chez les patients ayant un cancer varie beaucoup, de 0,1 à plus de 90 %. L’analyse d’autres fluides biologiques que le sang est également possible (liquide cérébrospinal, salive, fluide pleural, péritonéal, selles et urines). Les applications en cancérologie sont prometteuses. L’analyse du cf DNA du plasma, pratique mini invasive, évite les risques et complications potentielles des biopsies tumorales. La présence de mutations somatiques dans l’ADN circulant est un test hautement spécifique de la présence d’un cancer. Déterminer le profil moléculaire pour la sélection du traitement est devenu essentiel. La concordance entre les résultats des biopsies standard et des biopsies liquides doit être bonne. Les biopsies liquides ont l’avantage de pouvoir être répétées, soit lorsque le matériel obtenu par les biopsies standard n’est pas suffisant, soit pour adapter le traitement lorsqu’après une ou plusieurs lignes de chimiothérapie, une résistance acquise survient. Le plus souvent, les résistances acquises proviennent de clones, qui préexistaient et qui émergent du fait de la pression de sélection du traitement. Ces clones résistants peuvent coexister dans la même lésion ou dans des sites métastatiques distincts. La biopsie standard, contrairement à la biopsie liquide, sous-estime de façon majeure cette hétérogénéité. La recherche de ct DNA est utile pour évaluer la réponse thérapeutique au traitement. En effet, la demi-vie du cf DNA est très courte, approximativement une heure ; la persistance de mutations tumorales dans le cf DNA en post opératoire doit faire craindre une maladie résiduelle, qui peut ultérieurement conduire à une rechute tumorale. Une augmentation des taux de ct DNA peut précéder la progression de l’imagerie de plusieurs semaines ou mois. Par rapport aux marqueurs tumoraux antigène carcinoembryonnaire, antigène CA 125, par exemple, dont la demi-vie est longue et la spécificité et la sensibilité médiocres, le suivi des altérations des clones tumoraux est supérieur. La rareté des cellules portant un ADN muté dans des cancers débutants rend cette recherche peu utilisable dans le dépistage. En outre, elle ne permet pas l’identification de l’organe atteint.
Dans le cas du diagnostic prénatal, la technique permet de détecter la présence chez le fœtus d’une mutation connue dans la famille et de posséder ainsi les éléments d’un conseil génétique aux parents.

ADN, diagnostic génétique, diagnostic génétique préconceptionnel, diagnostic génétique prénatal, CA 125

[A4, F2, Q1]

Édit. 2019

Bouin (liquide de) l.m.

Bouin’s solution

Mélange d'acide picrique, d'acide acétique et de formol qui sert à conserver les tissus avant l'examen anatomo-pathologique.

A. P.  Bouin, histologiste et endocrinologue français, membre de l'Académie de médecine (1870-1962)

Édit. 2017

bronchogramme liquide l.m.

liquid bronchogram

En scanographie, image de bronches pleines de sécrétions, visualisées au sein d'un parenchyme pulmonaire opaque dont la densité a été rehaussée par une injection de produit de contraste iodé.

bronchogramme aérien

Édit. 2017

Collins (liquide de) l.m.

Collins’ solution

L'un des liquides utilisés en transplantation pour la préservation de l'organe.
Sa composition est proche de celle du milieu intracellulaire.
L'Eurocollins, de composition légèrement différente, en est un produit dérivé.

G. M. Collins, chirurgien américain (1969 et 1991)

liquide de conservation

[G3]

encéphalopathie familiale progressive avec calcification des noyaux gris centraux et lymphocytose chronique du liquide cérébro spinal l.m.

Aicardi-Goutières syndrome

Encéphalopathie précoce avec calcifications des noyaux gris centraux, atrophie cérébrale et leucodystrophie.
Le syndrome débute dès les premiers mois de la vie avec arrêt du développement et microcéphalie. Progressivement apparaissent une hypotonie, des signes pyramidaux et extra-pyramidaux, des convulsions et souvent des lésions cutanées des extrémités à type d’engelures. Il existe des mouvements oculaires anormaux avec une cécité et la conservation des réflexes pupillaires à la lumière. L’évolution se fait en quelques années vers un état grabataire avec une mortalité importante.
Le diagnostic repose sur la clinique, l’IRM ( calcifications des noyaux gris centraux et parfois du cervelet, leucodystrophie, atrophie cérébrale) et la biologie (augmentation des leucocytes et de la concentration d’interféron alpha dans le liquide cérébrospinal).
L’affection est autosomique récessive (MIM 225750). Des mutation dans les gènes TREX1, SAMHD1, ADAR1, IFIH1 ou sur l'un de ceux codant pour la ribonucléase H2 ont été décrites.

J. F. Aicardi et F. Goutières, neurologues français (1984)

Syn. Aicardi-Goutières (syndrome d')

[H1, Q2]

Édit. 2019

excès de liquide amniotique l.m.

excessive amniotic fluid

Volume de liquide amniotique compris entre un et deux litres, supérieur à la normale, inférieur à l'hydramnios.

hydramnios

[03,06]

Édit. 2018  

liquide amniotique l.m.

amniotic fluid

Liquide contenu dans l’amnios et dans lequel baigne le fœtus.
Ce liquide présente une quantité variable à terme entre 500 et 1 500 ml. De couleur blanchâtre, légèrement lactescente à l'approche du terme du fait de la desquamation cellulaire, il joue un rôle de protection hydraulique du fœtus, un rôle bactéricide, nutritif et hydratant. Il est produit à la fois par la mère et par le fœtus et sa résorption est également assurée par la mère et le fœtus. A partir du début du 5ème mois le fœtus déglutit le liquide amniotique (environ 400 ml. par jour) et urine dans la cavité amniotique, contribuant ainsi à une rotation assez rapide estimée 3 à 4 heures. Cette urine fœtale est essentiellement aqueuse car c’est le placenta qui assure l’élimination des déchets métaboliques. Il empêche l’adhérence du fœtus à l’amnios et permet les mouvements fœtaux. L'insuffisance de liquide amniotique à l'approche du terme peut être l'indice d'une anomalie de la production fœtale (anomalie rénale), l'excès de liquide est parfois l'indice d'une anomalie de la résorption fœtale (anomalie digestive). Lors du travail de l'accouchement, le liquide amniotique, mis sous pression par les contractions utérines, contribue à former la poche des eaux tant que les membranes restent intactes ; cette poche joue le rôle de coin hydrostatique qui aide à la dilatation du col. Le liquide amniotique a également un rôle de lubrification des voies génitales inférieures.

amnios, cavité amniotique, placenta

[A4,O3,O6]

liquide céphalo-rachidien l.m.

Dénomination obsolète

Abrév. LCR

liquide cérébro-spinal

liquide cérébro-spinal l.m.

liquor cerebrospinalis (TA)

cerebrospinal fluid

Liquide qui remplit l’espace arachnoïdien, les ventricules cérébraux et le canal central de la moelle spinale.
Il baigne le système nerveux central intérieurement et extérieurement. Dans les espaces sous-arachnoïdiens, entre la pie-mère qui adhère au cortex cérébral et l’arachnoïde, le liquide cérébro-spinal forme un matelas liquidien continu. La quantité de liquide cérébro-spinal varie de 100 à 150ml.
Le liquide cérébro-spinal transsude des plexus choroïdes dans les deux ventricules latéraux. Il s’écoule par les foramens interventriculaires dans le troisième ventricule puis,  par l’aqueduc du mésencéphale, dans le quatrième ventricule  où il entre en communication par l’ouverture médiane du quatrième ventricule et les ouvertures latérales du quatrième ventricule avec le liquide sous-arachnoïdien. Le liquide cérébro-spinal est résorbé par les granulations de l’arachnoïde et les villosités arachnoïdiennes. Le liquide cérébral-spinal possède une pression propre qui traduit l‘équilibre entre la vitesse de sa production et celle de sa résorption ; chez l’Homme, elle est de 60 à 120mm d’eau.
Le liquide cérébro-spinal normal a l’apparence de l’eau. Il est normalement à peu près exempt d’éléments figurés. Sa densité est de 1002 à 1008. Son pH est légèrement supérieur à 7. Son point cryoscopique est le même que celui du sang. Il contient très peu d’albumine : 22 mg de sérum-albumine et 6mg de globuline pour 100ml. Il contient environ 10/1000 de matières solides : 7,3g de chlorure de sodium, 0,6g de glucose, 0,25g d’urée.
Le  liquide cérébro-spinal exerce à l’égard de l’encéphale un rôle de soutien et un rôle de protection : entourant la masse cérébrale d’un matelas aqueux, il réalise les conditions hydrauliques qui déterminent l’allègement apparent de cette masse.
Par les échanges qui s’établissent au niveau des gaines vasculaires entre le liquide cérébro-spinal et le liquide interstitiel des espaces lacunaires de la substance cérébrale, le liquide cérébro-spinal pourrait jouer un rôle dans la nutrition des neurones centraux.

Syn. anc. liquide céphalo-rachidien

Sigle LCS

liquide de conservation l.m.

liquid of preservation

Liquide dont la composition convient à la préservation cellulaire et tissulaire d'un organe prélevé en vue de transplantation.
Sa composition chimique est proche du milieu intracellulaire et comprend des substances destinées à réduire l'œdème et les transferts transmembranaires.

Belzer (liquide de), Belzer (machine de), Collins (liquide de)

liquide de dialyse

liquid of dialysis

bain de dialyse

liquide de transport de B. Michel l.m.

Michel's holding solution

Milieu liquide permettant la fixation et le transport de fragments tissulaires de petite taille destinés à la congélation, en vue de la mise en œuvre de techniques immuno-histologiques telles que : immunofluorescence directe pour l'étude de maladies bulleuses, étude des lymphomes et pseudo-lymphomes par la méthode des immuno-peroxydases.

B. Michel, dermatologiste américain (1972)

liquide folliculaire l.m.

follicular fluid

Liquide contenu à l'intérieur d'un follicule ovarien.
Sa quantité devient maximale dans le follicule arrivé à pleine maturation, le follicule de De Graff. Il est sécrété par les cellules de la granulosa et se répand dans le cul-de-sac de Douglas après la rupture folliculaire lors de l'ovulation.

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