Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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tonique (crise) l.f.

tonic fit, seizure

Crise épileptique généralisée, habituellement de brève durée (5 à 20 secondes), caractérisée par une contraction musculaire soutenue, débutant brusquement ou au contraire très lentement, pouvant toucher l'ensemble de la musculature axiale (crises toniques axiales), ou limitée aux muscles axiaux et s'étendant par la suite à la racine du membre (crises toniques axiorhizoméliques) ou bien à l'ensemble des membres (crises toniques globales).
Toujours accompagnée d'une obnubilation de conscience et d'une décharge végétative en masse, elle peut se terminer par quelques clonies distales uni ou bilatérales. L' l'électro encéphalo gramme montre un aplatissement simple du tracé et des décharges plus ou moins amples de pointes répétitives (rythmes recrutants).
Cette crise est observée essentiellement dans le cadre des épilepsies généralisées symptomatiques de l'enfant, tout particulièrement dans le syndrome de Lennox-Gastaut.

H. Gastaut, neurologiste français, membre de l’Académie de médecine (1957) ; W. G. Lennox, neurologiste américain (1960)

convergence tonique l.f.

tonic convergence

Convergence liée à la seule tonicité des muscles extra-oculaires sans intervention de la convergence réflexe (accommodative, fusionnelle ou proximale) ou volontaire.
Elle porte les yeux de la position anatomique de repos à celle de repos physiologique.

[P2]

divergence tonique l.f.

tonic divergence

Divergence liée au tonus même des muscles oculomoteurs en l'absence de tout stimulus de fusion et d'accommodation.

Étym. lat. vergere : être tourné vers

pupille tonique l.f.

tonic pupil, Adie’s syndrome

Anomalie bénigne de la pupille dont les réflexes sont toniques et lents, associée à des réflexes ostéotendineux diminués ou absents.
D’abord unilatérale, puis bilatérale dans 50% des cas, la pupille souvent en mydriase a un contour variable, sa contraction et sa décontraction sont lentes, et particulièrement lors de l'accommodation-convergence. Une goutte de collyre à la pilocarpine diluée à 0,125% donne une mydriase (hypersensibilité). Certains cas sont héréditaires mais l'anomalie est le plus souvent isolée et sporadique. Une origine virale et, dans quelques cas, bactérienne ou traumatique, a été invoquée. On évoque une dégénérescence parasympathique dans le ganglion ciliaire. Les cas héréditaires sont autosomiques dominants (MIM103100).

W. J. Adie, neurologue britannique (1932) ; G. Holmes, neurologue irlandais (1931)

Syn. pupille tonique d'Adie, Holmes-Adie (syndrome d'), pupillotonie

réflexe tonique des fléchisseurs du nouveau-né l.m.

grasping reflex

réflexe de préhension du nouveau-né

tonique adj.

tonic

Qui concerne le tonus musculaire.

tonique n.m.

tonic lotion

En dermocosmétologie, préparation fluide, homogène et non grasse permettant de parfaire le nettoyage de la peau, en association à un lait démaquillant, ou qui a une action en lui-même.
Ex. tonique adoucissant à l'eau de rose ou de bleuet, tonique astringent avec tanins et alcool.

spasme tonique l.m.

tonic cramp

Posture se caractérisant par une rigidité musculaire d’intensité importante.
Généralement brève et brutale,  elle prédomine sur la musculature axiale, intéressant surtout tête et tronc. Elle représente une forme larvée de crise d'épilepsie généralisée.

épilepsie généralisée

[H1]

Édit. 2018

centre de crise l.m.

crisis centre

Structure psychiatrique légère et souple comprenant un hébergement, définie par l'arrêté du 14 mars 1986 : "centre d'accueil permanent disposant de quelques lits permettant une prise en charge intensive et de courte durée pour répondre aux situations d'urgence et de détresse aigües".
De tels centres sont apparus il y a quelques années, sur un modèle anglo-saxon, dans certains secteurs psychiatriques. Leur avantage sur les services d'urgence des hôpitaux généraux est de maintenir la continuité des soins à l'intérieur du secteur.
Leurs indications sont limitées par l'absence de plateau technique et par la durée des crises, qui ne cèdent pas souvent dans le temps limité, fixé par les conventions en vigueur.

[E,H3]

crise n.f.

crisis, fit

1) Changement subit et généralisé dans l'évolution d'une maladie qui se manifeste par divers symptômes (ex. polyurie soudaine au cours d'une pneumonie - crise de diurèse - annonçant souvent une évolution favorable).
2) Par extension, accident subit survenant chez une personne en bonne santé apparente (ex. crise d'appendicite) ou aggravation brutale et passagère de l'état d'un malade (par ex. crise d'asthme).

Étym. gr. krisis : action ou faculté de distinguer, d'où phase décisive de l'évolution d'une maladie (Hippocrate)

[N1]

crise akinétique l.f.

akinetic seizure

Crise épileptique caractérisée par un arrêt complet des mouvements, malgré la conservation du tonus musculaire.

Étym. gr. akinesis : immobilité

crise atonique

[H1,H3]

crise amygdalienne l.f.

amygdalian seizure

Crise épileptique partielle, liée à des décharges au niveau de l'amygdale dite aussi complexe amygdalien, structure sous-corticale qui fait partie de la portion limbique du lobe temporal.
Elle se manifeste par une gêne épigastrique ascendante, des sensations nauséeuses, des automatismes oro- alimentaires, des mâchonnements, des signes végétatifs marqués (rougeur de la face, dilatation pupillaire, éructations, borborygmes), une réaction de peur et de panique, des hallucinations olfactogustatives.
Ses étiologies sont communes aux autres crises du lobe temporal.

Étym. gr. amygdalê : amande 

crise atonique l.f.

atonic seizure

Crise brève, d'une à quatre secondes, manifestée parfois seulement par une chute brutale de la tête ou un fléchissement des genoux, avec blessure fréquente, mais souvent retour d'emblée à la station debout en cas de chute.
Un trouble de la conscience ou une confusion post-critique est difficilement prouvé. Une secousse myoclonique prémonitoire est fréquente.

crise blastique l.f.

blast crisis

Terme évolutif de la leucémie myéloïde chronique (LMC), caractérisé par l'apparition dans le sang et la moelle osseuse de blastes leucémiques dont l'origine myéloïde est nettement plus fréquente que la lymphoïde, la mégacaryocytaire ou l’érythrocytaire.
De nouvelles anomalies cytogénétiques s'ajoutent le plus souvent au chromosome Philadelphie. Les cellules malignes qui jusque-là étaient encore capables de différentiation perdent cette capacité pour laisser place à une « progression clonale » de blastes immatures, porteurs d'anomalies cytogénétiques additionnelles. La crise blastique est dans 80% des cas précédée pendant quelques mois par une période intermédiaire dite phase accélérée. Il n'existe pas de traitement véritablement efficace de la transformation aigüe. Les formes lymphoblastiques sont encore sensibles à la chimiothérapie. La prolifération peut alors toucher des organes extra-hématopoïétiques. Mais l'évolution est inexorablement fatale sauf pour les malades qui ont la possibilité de recevoir une greffe de moelle allogénique ou de cellules souches hématopoïétiques.

Syn. transformation aigüe, phase blastique

[F1]

crise cataméniale l.f.

catamenial epilepsy

Crise épileptique déclenchée par des modifications hormonales de la fin du cycle mensuel et survenant exclusivement à cette période.
Syndrome en fait très discuté.
L'hormonothérapie est souvent décevante. La prescription de clobazam (20-30 mg/j, pendant 10 jours autour des règles) a été considérée comme efficace.

Syn. épilepsie cataméniale

[H1,O3]

crise colloïdoclasique l.m.

colloidoclasic shock

choc colloïdoclasique

[G2]

crise convulsive l.f.

acute convulsive disorder

Série de contractions involontaires dues à une augmentation anormale de l'activité musculaire entraînant des mouvements localisés ou généralisées.
Il peut s'agir de spasmes toniques interrompus parfois de quelques secousses ou d'une série de contractions musculaires rapides plus ou moins régulières donnant des mouvements cloniques d'une certaine ampleur.
La crise convulsive peut relever de causes multiples, méningite, ictus laryngé, intoxication (strychnine, solutions hypertoniques en excès, sulfamides hypoglycémiants, O2 hyperbare au-dessus de 3 ata, etc.), hyperthermie (surtout chez le jeune enfant), etc.
Si la crise dure, le traitement est symptomatique (diazépam, etc.).
Une crise convulsive isolée chez un adulte nécessite un examen neurologique soigneux pour en établir la cause. En effet une telle crise n'est qu'un symptôme traduisant la souffrance cérébrale, elle n'est pas pathognomonique de l'épilepsie : le diagnostic d'épilepsie ne doit jamais être porté sur une crise convulsive isolée.

épilepsie, HELP syndrome, hyperthermie, ictus laryngé

[H1]

crise d'angoisse l.f.

anxiety crisis

angoisse, anxiété aigüe, peur

crise d'éclampsie l.f.

eclamptic fit

Complication paroxystique de la pré-éclampsie, survenant pendant la grossesse ou dans les suites de couches, avec successivement une phase invasive tonique puis clonique et enfin un coma résolutif.
Elle peut être mortelle ou laisser des séquelles à type de cécité, de section de la langue ou d'anurie par nécrose corticale des reins.

[O3]

crise de rejet l.f.

rejection crisis

rejet de greffe

[F3]

crise de sevrage l.f.

withdrawal seizure

Crise épileptique survenant soit dans le contexte d'une intoxication alcoolique, soit lors de l'arrêt de certains médicaments surtout anti-épileptiques comme le phénobarbital ou les benzodiazépines.
Les crises de sevrage lors d'une intoxication alcoolique surviennent après un sevrage absolu ou relatif suivant une consommation chronique ou non de quantités importantes d'alcool : crises généralisées de type tonicoclonique, soit uniques, soit plus fréquemment en salves. Elles s'accompagnent d'autres signes en rapport avec le sevrage alcoolique et peuvent inaugurer un delirium tremens.
L'arrêt brusque de médicaments anti-épileptiques réalise le même tableau. Un état de mal est possible.

alcoolique (traitement de la maladie), sevrage, sevrage (syndrome de)

crise d'originalité juvénile l.f.

adolescent crisis

Ensemble des comportements d'opposition de l'adolescent aux normes de l'adulte.
Crise décrite par M. Debesse, qui se produit lorsque l'adolescent, à la conquête de son identité, manifeste son indépendance et son désir d'autonomie de façon ostentatoire en s'opposant aux normes sociales.
L'adolescence est dominée par une tendance à l'abstraction, à la rationalisation, aux préoccupations métaphysiques, qui est liée à l'entrée dans le stade de l'intelligence formelle, c'est-à-dire de l'accession à un fonctionnement intellectuel et conceptuel débarrassé de tout support concret.
Certaines bizarreries du comportement, certaines interrogations anxieuses sur l'identité, d'éventuelles idées suicidaires souvent en rapport avec des inquiétudes d'ordre métaphysique, peuvent faire craindre un mode d'entrée dans un état schizophrénique.

M. Debesse, psychologue français (1937)

crise du transplant l.f.

transplant crisis

Ensemble des manifestations cliniques et biologiques caractéristiques d'un rejet aigu réversible observé après transplantation rénale.

rejet de greffe

[F3]

crise dysmnésique l.f.

dysmnesic fit, seizure

Crise partielle comportant dès son début ou assez rapidement un décalage entre la réalité et les souvenirs.
Le patient ressent alors :
- une impression que le moment présent a été déjà vu, déjà entendu ou plus souvent déjà vécu, sans qu'il soit toujours possible de faire la part de telle ou telle modalité sensorielle ;
- une impression de désorientation passagère, d'étrangeté, de jamais vu, entendu ni vécu ;
- une vision panoramique, "au cours de laquelle le sujet a un aperçu panoramique très rapide d'épisodes plus ou moins étendus de sa vie passée" (H. Gastaut, 1972) ;
- des hallucinations ecmnésiques, "dans lesquelles le sujet se représente, se remémore dans le moindre détail, des expériences antérieurement vécues par lui" (H. Gastaut, 1972).
Ces manifestations impliquent une désorganisation paroxystique simultanée de la corne d'Amon et du cortex temporal externe. Elles sont classées dans les phénomènes illusionnels (aperceptifs), hallucinatoires, idéatoires, dysmnésiques.

H. Gastaut, neurophysiologiste français, membre de l'Académie de médecine (1915-1995)

crise dysphasique l.f.

arrest speech, ictal aphasia

Crise épileptique partielle, souvent de brève durée, se traduisant par un trouble de l'expression ou de la compréhension du langage.
Souvent difficile à reconnaître s'il existe une perturbation de la conscience, elle est en rapport avec une décharge dans la région frontale inférieure ou temporopariétale de l'hémisphère dominant.

Étym. gr. dus : difficulté ; phagein : manger

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