tumeurs à cellules B matures, T matures, NK, histiocytaires, et maladie de Hodgkin (classification OMS juin 2016) l.m.et f. p.
2016 WHO classification of mature lymphoid, histiocytic, and dendritic neoplasms
Tumeurs regroupées dans la même catégorie, en se basant sur les propriétés fonctionnelles de leur contrepartie normale (phagocytose et/ou modification et présentation de l’antigène), plutôt que leur origine cellulaire.
La plupart proviennent d’un précurseur myéloïde commun, quelques cas sont d’origine mésenchymateuse (ex : sarcome à cellules folliculaires dendritiques et tumeur à cellules réticulaires fibroblastiques).
Indépendamment de leur origine myéloïde ou mésenchymateuse une partie de ces tumeurs est précédée ou associée à un lymphome folliculaire, une leucémie lymphoïde chronique B, un lymphome lymphoblastique B ou T, ou un lymphome T périphérique. Ces cas présentent les mêmes réarrangements IgVH, TCR, ou anomalies chromosomiques que les tumeurs lymphoïdes associées (et une partie présente également une mutation de BRAF) suggérant un processus de trans- différenciation.
*Une astérisque à la suite de la catégorie signifie qu'elle a été soit modifiée soit ajoutée par rapport à la classification OMS 2008.
**Deux astérisques signifient qu’il s’agit d’une entité provisoire.
Hémopathies lymphoïdes à cellules B matures
S. H. Swerdlow, hématopathologiste américain (2016)
ciclosporine n.f.
ciclosporine
Polypeptide cyclique formé de onze acides aminés extrait à l'origine d'un champignon du sol Tolypocladium inflatum appartenant aux Fungi imperfecti, actuellement obtenu par synthèse.
La cyclosporine est un immunodépresseur puisant qui agit sur les lymphocytes T auxiliaires (CD4+) à un stade précoce de leur activation par un antigène. Elle inhibe les réponses immunitaires à médiation cellulaire, en particulier les réactions de rejet de greffe en prévenant la différenciation des lymphocytes T cytotoxiques (CD8+) et les réponses des anticorps nécessitant une interaction entre lymphocytes T auxiliaires et lymphocytes B.
Son mécanisme d'action réside en l'inhibition de la transcription des gènes de l'interleukine 2 et d'autres cytokines produites par les lymphocytes T auxiliaires du fait de sa fixation sur la cyclophiline.
La ciclosporine doit être maniée avec précaution en raison de sa néphrotoxicité et de nombreuses interactions médicamenteuses, (entraînant la diminution ou l’élévation de ses taux circulants et nécessitant de suivre ses concentrations sanguines). Elle est utilisée essentiellement pour prévenir le rejet des greffes d'organes, de moelle osseuse et de cellules souches hématopoïétiques allogéniques.
[G3,C1,F3]
CTLA4 sigle angl. pour Cytotoxic T-Lymphocyte-Associated protein-4
Molécule exprimée à la surface des lymphocytes T auxiliaires « helper » agissant comme un puissant inhibiteur de leur activation.
Les lymphocytes T auxiliaires interviennent dans la réponse immunitaire consécutive à la présence de cellules infectées ou de cellules tumorales. Ils sont activés lorsque leurs récepteurs (TCR ou « T cell receptor ») reconnaissent des peptides dérivés des protéines virales ou tumorales associés aux molécules HLA du complexe majeur d’histocompatibilité à la surface des cellules présentatrices d’antigènes. Cette activation est freinée par CTLA-4. Elle est stimulée lorsque CTLA-4 est inhibée. D’où l’idée d’utiliser à titre thérapeutique un anticorps monoclonal spécifique de CTLA-4 pour stimuler la réponse antivirale ou antitumorale des lymphocytes T.
Une insuffisance germinale en CTLA4 conduit à un déficit en CTLA4, dénommé CHAI disease ( CTLA4 haploinsufficiency with autoimmune infiltration) un désordre rare du système immunitaire responsable d'une dérégulation du système immunitaire qui entraîne une prolifération lymphatique, des phénomènes auto-immunitaires, de l'hypogammaglobulinémie, des infections récidivantes et des risques accrus de lymphome malin.
[F1, Q3]
Édit. 2020
cellules souches à potentiel étendu l.f
expanded potential stem cell (EPSC)
Cellules souches dérivées du blastomère à 8 cellules ou obtenues par conversion de cellules souches embryonnaires ou de cellules pluripotentes induites, capables de se différencier à la fois en cellules de l’ensemble des organes de l’embryon et en cellules de ses annexes (placenta, sac vitellin).
A la différence des cellules souches embryonnaires et des cellules souches pluripotentes induites qui sont pluripotentes, les EPSC sont totipotentes. Elles ont été obtenues chez la souris en cultivant des oeufs fertilisés au stade initial de 4 à 8 cellules à la différence des cellules embryonnaires obtenues au stade plus avancé de blastocyte (50 à 100 cellules). Il a été également possible de reprogrammer des cellules embryonnaires et des cellules pluripotentes induites en EPSC.
CAR-T cells acr. angl. pour Chimeric-Antigen-Receptor T cellsp
Les cellules CAR-T sont des cellules génétiquement modifiées, qui font appel à l'immunothérapie antitumorale.
Les lymphocytes T du patient sont prélevés, cultivés in vitro puis modifiés génétiquement de manière à faire exprimer un récepteur artificiel (CAR), qui reconnaît les cellules de la tumeur à combattre. Ils sont restitués au patient pour tuer les cellules tumorales. La cible doit être aussi spécifique que possible. La cible antigénique idéale doit être surexprimée à la surface des cellules tumorales et non exprimée par les tissus normaux. Ainsi, dans le cas de la leucémie aigue B lymphoblastique, l'ag CD 19, antigène leucocytaire humain retrouvé à la surface des lymphocytes B, est un modèle très performant. D'autres marqueurs hématologiques que le CD 19 peuvent être ciblés. La partie intracellulaire de la cellule CAR va se charger de l'activation des lymphocytes après fixation sur les cellules leucémiques.
Actuellement cette thérapeutique est réservée aux patients en échec des traitements usuels, présentant encore des cellules leucémiques persistantes après traitements standard et parfois après allogreffes.
En plus de leur très grande efficacité, ces cellules ont une longue durée de vie puisqu'elles ont la capacité d’éradiquer des cellules cancéreuses qui réapparaitraient après plusieurs mois, voire plusieurs années.
De nombreuses cellules CAR T ciblant d’autres antigènes tumoraux sont en développement dans d’autres types de cancers (myélome, lymphome) et même dans les tumeurs solides.
Bien que les cellules proviennent de l' organisme du malade, le traitement est très lourd, nécessitant un conditionnement par chimiothérapie. Les effets secondaires sont importants: syndrome de libération des cytokines appelé aussi orage cytokinique, syndrome d'activation des macrophages, troubles neurologiques.
Le traitement est très onéreux. Une autre méthode est à l'étude. Au lieu de faire appel aux lymphocytes du patient, il est fait appel aux lymphocytes de donneurs sains allogéniques, manipulés pour cibler tel ou tel antigène tumoral. Ce protocole est moins coûteux, la congélation des cellules permet une utilisation rapide, mais la durée de vie des cellules injectées est plus courte.
J. N. Kochenderfer, chercheur américain (2010) ; E. Tran, chercheur américain (2017)
→ leucémie aigue lymphoblastique, lymphome diffus à cellules B, antigène CD 19
[F1, F3, G5, ]
Édit. 2018
cellules rénales intercalaires n.f.p.
intercalated cells
Cellules présentes dans le tube connecteur et le canal collecteur cortical et médullaire du néphron distal de deux types différents, les cellules intercalaires A (ou alpha) sécrétrices de protons et les cellules intercalaires B (ou bêta) sécrétrices de bicarbonate.
Les segments distaux du néphron (tubes connecteur et collecteur) comportent trois types cellulaires : les cellules principales pour 70% environ et les cellules intercalaires de type A et de type B respectivement pour 20% et 10% environ.
Les cellules de type A sécrètent des protons au pôle apical via la HK ATPase qui échange les ions H+ et K+. Les cellules de type B sécrètent les bicarbonates via un échangeur Cl- / HCO3 , la pendrine. Les cellules de type A sont pourvues de structures tubulovésiculaires qui bombent dans la lumière tubulaire. Leur membrane apicale est différenciée en microvillosités ou en en microplicatures. Leur nombre et la surface de leur membrane apicale augmentent dans des situations d'acidose respiratoire ou métabolique.
Les cellules de type B apparaissent plus sombres en microscopie optique ou électronique en raison d’une plus grande densité en mitochondries ; d’où leur autre nom de cellules sombres (dark cells). C'est leur nombre que J. Hagège et G. Richet ont vu augmenter lors de l'alcalose métabolique.
Les cellules A et B sont considérées comme deux aspects différents d’un même type cellulaire qui acquièrent des caractères propres et dont le nombre respectif varie en fonction de l’état acidobasique du milieu. Des formes intermédiaires entre ces deux types peuvent être occasionnellement observées dans des situations métaboliques instables ou lors de changements rapides de l'équilibre acidobasique.
J. Hagège et G. Richet, membre de l’Académie nationale de médecine, médecins néphrologues français (1970)
→ pendrine
cellules souches l.f.p. (CS)
stem cell
Cellules animales ou humaine qui possèdent les capacités de prolifération, d'autorenouvellement et de différenciation et qui sont à l'origine de lignées cellulaires différenciées.
Leur capacité d'auto-renouvellement conduit à une forme d’immortalité. Leur totipotence, caractérise leur possibilité de se différencier en cellules matures de toute nature (cellules mésenchymateuses, épithéliales et autres).
Les sources et dénominations des C.S. sont nombreuses. On distingue :
1° les cellules embryonnaires totipotentes, ouvrant sur toutes les destinées, présentes dans l’œuf, au stade de huit cellules ;
2° les CS multipotentes, à partir de 16/32 cellules (stade dit de « morula ») donnant naissance d’une part au tissu trophoblastique placentaire et à des cellules embryonnaires primitives, ouvrant sur l’endoderme primitif et sur l’épiblaste destiné à former les trois feuillets embryonnaires (ectoderme, endoderme, mésoderme) ;
3° les CS pluripotentes, ou à différenciation restreinte, du blastocyste au fœtus. A l’âge
adulte, ces cellules persistent en nombre réduit dans certains tissus (épithélium malpighien, foie, tubule rénal etc.) et sont souvent nommées « cellules de réserve » ;
4° les CS induites ou I.P.S. (Induced Pluripotent Stem Cells) ou I.M.P.S. (Induced Multipotent Stem Cells), obtenues sur des cellules adultes par « reprogrammation génétique » par transfert nucléaire et l’acquisition de certains facteurs de transcription (OCT4, SOX2, NANOG, MYC …)
Les CS sont éphémères et sensibles à la présence ou à l’absence de certains facteurs de croissance. Leur culture est difficile à maîtriser. Injectées à la souris, elles meurent ou peuvent donner naissance à une tumeur multitissulaire, nommée tératome, reproduisant dans le désordre les feuillets de l’embryon et, le cas échéant, dans les formes malignes, des ébauches placentaires, cellules trophoblastiques ou (et) vitellines.
Les CS ne possèdent pas de marqueur immunologique. Seules les CS à vocation hématopoïétique sont C.D. 34+. Les propriétés d’auto renouvellement et les multiples potentialités de différenciation suscitent des espoirs thérapeutiques que les lois éthiques et leur avenir incertain freinent.
[A2]
Édit. 2019
rétine n.f.
retina (TA)
retina
Tunique interne, nerveuse, de l’œil comprenant une partie postérieure, la partie optique de la rétine, seule capable de recevoir les impressions lumineuses et une partie antérieure, la partie aveugle de la rétine qui comprend la partie ciliaire de la rétine séparée de la partie optique par l’ora serrata et qui se prolonge en avant par la partie irienne de la rétine.
Les éléments essentiels de la partie optique de la rétine sont les cellules sensorielles (cellules visuelles à bâtonnet et cellules visuelles à cône), les cellules nerveuses bipolaires jouant un rôle de neurones sensitifs périphériques et les cellules nerveuses multipolaires, homologues de noyaux gris du névraxe, représentant des neurones sensitifs centraux. La partie optique de la rétine comprend donc dix couches qui sont, en allant de la profondeur à la superficie : la couche pigmentaire de la partie optique de la rétine, constituée par une assise unique de cellules polyédriques et dont la partie interne est découpée en franges chargées de pigments (tapetum nigrum) ;
l’ensemble des neuf couches suivantes qui constitue la couche nerveuse de la rétine et qui comprend : la couche des segments externes et internes de la rétine ; la couche limitante externe, membrane mince, fenêtrée, dont la face externe émet des prolongements filamenteux qui entourent la base des cônes et des bâtonnets ; la couche nucléaire externe, formée par le corps des cellules visuelles ; la couche plexiforme externe; la couche nucléaire interne, formée par trois types de cellules (cellules horizontales, cellules bipolaires et spongioblastes) ; la couche plexiforme interne ; la couche ganglionnaire dont les axones constitueront le nerf optique ; la couche des fibres nerveuses, constituée de fibres nerveuses et d’éléments névrogliques et dont l’épaisseur augmente en allant de l’ora serrata vers la papille optique ; la couche limitante interne, membrane mince en rapport avec le corps vitré. La région centrale de la partie optique de la rétine présente une dépression, la fovea centralis. A l’endroit de pénétration (ou de sortie) du nerf optique la partie optique de la rétine est réduite à quelques petites cellules névrogliques (disque du nerf optique – punctum cæcum).
→ partie aveugle de la rétine, ora serrata, partie optique de la rétine, disque du nerf optique, macula lutea, tapetum nigrum
[A1,P2]
Édit. 2017
voies de conduction optique l.f.p.
tractus opticus
optic, visual tracts
Voies qui assurent l'acheminement des sensations visuelles de la rétine au cortex cérébral et qui comprennent, à partir de la rétine : la voie primaire formée par le nerf optique, le chiasma optique, la bandelette optique, un relais dans le corps genouillé latéral, les radiations optiques (voies optiques intracérébrales) vers le cortex occipital et des prolongements secondaires vers les aires de reconnaissance du cortex occipito-pariétal et occipito-temporal.
Les cellules sensorielles, cônes et bâtonnets, envoient leurs informations aux cellules ganglionnaires par l’intermédiaire des cellules bipolaires. Les axones issus des cellules ganglionnaires se regroupent à la papille pour former le nerf optique (IIème paire crânienne) qui traverse le canal optique. Les deux nerfs droit et gauche se rejoignent au dessus de la partie antérieure de la selle turcique pour former le chiasma optique où se produit le croisement (décussation) sur la ligne médiane des axones qui proviennent de la région nasale de la rétine. Les axones provenant des régions temporales de la rétine ne croisent pas et restent homolatéraux. Ainsi les informations provenant du champ visuel droit sont dirigées vers l’hémisphère gauche et vice versa.
Les axones issus des angles postérieurs du chiasma forment les bandelettes optiques (ou tractus) qui atteignent les corps genouillés latéraux (CGL, partie du thalamus). Les cellules du CGL sont réparties en six couches. Les fibres issues des cellules ganglionnaires de grande taille (type M) de la rétine périphérique forment des synapses avec les grandes cellules des couches 1 et 2 ; celles-ci, avec leurs axones, forment le système magnocellulaire (5% des fibres). Les couches 3 à 6 formées de petites cellules reçoivent les axones issus de cellules P de la rétine et forment le système parvocellulaire (90% des fibres). Des cellules très petites forment la couche ventrale K (koniocellulaire) du CGL; elles reçoivent les axones de cellules ganglionnaires connectées aux cônes de type B (bleu).
Les axones issus du CGL forment les radiations optiques de Gratiolet qui, à travers la substance blanche, se dirigent vers le cortex occipital et aboutissent à l’aire visuelle primaire V1 du cortex strié (ex aire 17 de Brodmann), de part et d’autre de la scissure calcarine à la face axiale du lobe occipital. Les fibres provenant de la macula par l’intermédiaire du CGL aboutissent à la partie toute postérieure du cortex strié.
A partir de V1 les informations visuelles se propagent aux aires extra-striées V2 à V5, aires d’intégrations, avec deux voies principales : la voie dorsale ou occipito-pariétale vers le cortex pariétal, spécialisé dans la localisation spatiale et le mouvement et la voie ventrale, occipito-temporale pour la reconnaissance des formes, des objets et de la couleur.
Les aires visuelles occipitales correspondent approximativement aux aires rétiniennes (organisation rétinotopique) sans proportionnalité.
L. P. Gratiolet, anatomiste et zoologiste français (1854) ; K. Brodmann, anatomiste et neurologue allemand (1905 et 1908)
Syn. voies optiques
→ cellule ganglionnaire, corps géniculé latéral (CGL), chiasma optique, cortex visuelaire V1, aires visuelles, koniosystème, magnosystème, parvosystème, lobe occipital, voie dorsale, voie ventrale, organisation rétinotopique
CAR-T cells acr angl.
Chimeric -Antigen-Receptor T cells
Les cellules CAR-T sont des cellules génétiquement modifiées, qui font appel à l'immunothérapie antitumorale.
Les lymphocytes T du patient sont prélevés, cultivés in vitro puis modifiés génétiquement de manière à faire exprimer un récepteur artificiel (le CAR), qui reconnait les cellules de la tumeur à combattre. Après un délai, ils sont reintroduits au patient pour tuer les cellules tumorales. La cible doit être aussi spécifique que possible. La cible antigénique idéale doit être surexprimée à la surface des cellules tumorales et non exprimée par les tissus normaux. Ainsi, dans le cas de la leucémie aigue B lymphoblastique, l'ag CD 19, antigène leucocytaire humain retrouvé à la surface des lymphocytes B, est un modèle très performant. D'autres marqueurs hématologiques que le CD 19 peuvent être ciblés. La partie intracellulaire de la cellule CAR va se charger de l'activation des lymphocytes après fixation sur les cellules leucémiques.
Actuellement cette thérapeutique est réservée aux patients en échec des traitements usuels, présentant encore des cellules leucémiques persistantes après traitements standard et parfois après allogreffes et traitement du lymphome B réfractaire. Bien que les cellules proviennent de son organisme, le traitement est très lourd nécessitant un conditionnement par chimiothérapie. Les résultats thérapeutiques sont prometteurs en raison de la longue vie de ces cellules persistantes des mois, voir des années.
Les effets secondaires du traitement sont importants: syndrome de libération des cytokines appelé aussi orage cytokinique, syndrome d'activation des macrophages, troubles neurologiques.
Le traitement est très onéreux. Une autre méthode est à l'étude. Au lieu de faire appel aux lymphocytes du patient, il est fait appel aux lymphocytes de donneurs sains allogéniques, manipulés pour cibler tel ou tel antigène tumoral. Ce protocole est moins coûteux, la congélation des cellules permet une utilisation rapide, mais la durée de vie des cellules injectées est plus courte.
J. N. Kochenderfer, chercheur américain (2010) ; E. Tran, chercheur américain (2017)
→ leucémie aigue lymphoblastique, lymphome diffus à cellules B, antigène CD 19
[F1]
Édit. 2018
cancer bronchique à grandes cellules l.m.
giant cells indifferencied bronchial carcinoma
Carcinome non à petites cellules sans signes de différenciation épidermoïde ou glandulaire ou de sécrétions intracellulaires en microscopie optique.
Représentant 10 à 20% des cancers broncho-pulmonaires, il comporte plusieurs sous-types : carcinome neuro-endocrine à grandes cellules (exprimant en immuno-histochimie au moins un marqueur neuro-endocrine et dont le pronostic se rapproche des carcinomes à petites cellules) , carcinome basaloïde ou encore carcinome à grandes cellules claires.
On les subdivise dans la classification de l'OMS en carcinome à cellules claires par dégénérescence du cytoplasme, sans valeur pronostique particulière et carcinome à cellules géantes avec 20 à 30% de cellules ayant 4 à 6 fois la taille des autres cellules tumorales, de mauvais pronostic. De telles cellules peuvent se voir dans des territoires mal différenciés d'adénocarcinomes, moins souvent dans des territoires de carcinomes épidermoïdes. Le traitement est celui des cancers bronchiques non à petites cellules.
Syn. carcinome broncho-pulmonaire à grandes cellules, carcinome broncho-pulmonaire indifférencié à grandes cellules.
→ cancer bronchique, carcinome basaloide, carcinome épidermoïde
[F2,K1]
champ récepteur l.m.
receptive field
Étendue de l'espace dans laquelle un stimulus module l'activité électrique d'une cellule enregistrée par une technique neurophysiologique.
L'étude des champs récepteurs consiste à préciser les modalités du stimulus qui influent sur la réponse comme p. ex. sa localisation dans l'espace, sa structure spatiale en termes de forme, d'extension, de texture, d'orientation et de mouvement, son contraste, sa luminance, sa composition chromatique. Depuis la description initiale, la notion de champ récepteur a évolué pour inclure les influences exercées sur l'activité de la cellule par des stimulations présentées dans la périphérie du champ récepteur proprement dit. Ces dernières ne sont pas suffisantes pour déclencher des potentiels d'action mais peuvent moduler le taux de décharge, en général en l'inhibant.
Le champ récepteur des cellules ganglionnaires de la rétine et du corps géniculé latéral est constitué de deux zones, antagonistes et concentriques : le centre et le pourtour. On parle de champs récepteurs circulaires concentriques. Dans le corps géniculé latéral, ces cellules ne répondent qu'à la stimulation d'un seul œil, elles sont dites monoculaires.
Le champ récepteur des cellules rétiniennes ou géniculées est caractérisé par ses dimensions, la répartition des zones répondant à l'illumination ou à l'extinction, la latence de la réponse, la linéarité de la réponse en fonction de la position du stimulus, sa sensibilité au contraste et à la composition chromatique du stimulus.
Le champ récepteur des cellules des aires V1 ou V2 est constitué d'une mosaïque de zones dont la stimulation individuelle modifie le taux de décharge de la cellule soit lors de l'illumination (zones ON), soit lors de l'extinction (zones OFF), parfois dans les deux circonstances (zones ON-OFF). Le champ récepteur des cellules de l'aire V1 est caractérisé par l'organisation simple ou complexe des zones qui le constituent, l'orientation du stimulus qui déclenche la réponse la plus vigoureuse (orientation préférée), la fréquence spatiale la plus élevée qui est détectée (résolution spatiale). On peut ajouter à cette liste la sensibilité au mouvement et la résolution temporelle. Ces cellules répondent plus ou moins à la stimulation de chaque œil, ce qui définit leur classe de binocularité. On dit qu'elles appartiennent à une classe de dominance oculaire.
La distribution dans l'espace des zones ON et OFF permet de reconnaître plusieurs catégories de champs récepteurs. Les zones ON et OFF des cellules simples sont groupées formant des plages adjacentes. Les zones ON et OFF des cellules complexes n'obéissent pas à une règle de groupement et se chevauchent.
Dans la couche IV de l'aire V1 les champs récepteurs des cellules qui reçoivent les axones de projection du corps géniculé latéral n'ont pas d'orientation préférée et conservent la plupart des caractéristiques des cellules de cette structure. On les dit "non orientées".
→ dominance oculaire, cellule simple, cellule complexe, rétinotopie
[B1,C2]
cancer broncho-pulmonaire à grandes cellules l.m.
Carcinome non à petites cellules sans signes de différenciation épidermoïde ou glandulaire ou de sécrétions intracellulaires en microscopie optique.
Représentant 10 à 20% des cancers broncho-pulmonaires non à petites cellules (CBNPC), il comporte plusieurs sous-types : cancer neuro-endocrine à grandes cellules dits ou non composites (exprimant en immuno-histochimie au moins un marqueur neuro-endocrine et dont le pronostic se rapproche de celui des carcinomes à petites cellules) , carcinome basaloïde ou encore cancer à grandes cellules claires. On les subdivise dans la classification de l'OMS en carcinome à cellules claires par dégénérescence du cytoplasme, sans valeur pronostique particulière et carcinome à cellules géantes avec 20 à 30% de cellules ayant 4 à 6 fois la taille des autres cellules tumorales, de mauvais pronostic. Les cellules de ce type de cancer peuvent se voir dans des territoires mal différenciés d'adénocarcinomes, moins souvent dans des territoires de carcinomes épidermoïdes. Le traitement est celui des CBNPC.
Syn. cancer broncho-pulmonaire indifférencié à grandes cellules, carcinome broncho-pulmonaire à grandes cellules, carcinome broncho-pulmonaire à grandes cellules.
→ cancer broncho-pulmonaire primitif
[A2, A3, B2, F2, K1, K3 ]
Édit. 2020
cellule T suppressive l.f.
suppressor T-cell
Cellule jouant un rôle régulateur négatif sur la fonction des cellules B, des cellules T auxiliaires et des cellules T effectrices de l'immunité à médiation cellulaire.
→ cellule T auxiliaire, cellule suppressive, cellule T
plasmocyte n.m.
plasma cell
Lymphocyte B activé par sa rencontre avec l’antigène et producteur d’anticorps.
Habituellement non présent dans le sang circulant, il agit au niveau des tissus de la zone paracorticale des nodes (ganglions) lymphatiques, de la pulpe blanche de la rate, du tissu conjonctif des muqueuses, principalement intestinales, de la moelle osseuse. Cette cellule possède un noyau excentré, à chromatine en motte, répartie en rayons de roue ; un cytoplasme basophile riche en ribosomes et renfermant un appareil de Golgi et un réticulum endoplasmique granuleux très développés. L’ensemble de ces constituants cytonucléaires permet une intense activité de synthèse protéique et la production d’immunoglo
Chaque plasmocyte est spécialisé dans la biosynthèse d'une variété de chaîne légère κ ou λ, et d'une variété de chaine lourde α, γ, δ,, exceptionnellement epsilon. Cette spécialisation est acquise à la suite de remaniements portant sur les gènes des immunoglobines des précurseurs lymphoïdes B. Les plasmocytes sont observés comme une population minoritaire des cellules des nodes (ganglions) et tissus lymphatiques. Ils sont rares dans la moelle osseuse, absents dans le sang normal. La prolifération d'une lignée de plasmocytes est à l'origine de la maladie de Kahler ou de plasmocytomes solitaires. Ils peuvent, dans certains états inflammatoires, revêtir des aspects morphologiques particuliers par la distension de l'ergatoplasme (cellules de Mott).
cellule spumeuse l.f.
foam cell, foamy cell
Cellule dont le cytoplame présente de petites vacuoles claires, sans préjuger de leur contenu lipidique, glucidique, mucineux, etc.
Ces cellules sont le plus souvent des macrophages ou des cellules musculaires lisses de la média artérielle contenant dans leurs vacuoles distendues des esters de cholestérol, sous la forme de gouttelettes soudanophiles. Dans les plaques d’athérosclérose, ces cellules sont groupées autour du cœur lipidique de la lésion. La transformation spumeuse des macrophages est en partie sous la dépendance d’une voie particulière de captation et de métabolisme des lipides, le système éboueur.
La transformation spumeuse des cellules musculaires artérielles n’est pas encore expliquée de manière aussi claire.
Les cellules spumeuses sont communément observées dans l’intima artérielle longtemps avant l’existence de la plaque d’athérosclérose. Leur présence caractérise le type I, vu chez le nouveau-né et le nourrisson quand elles sont éparses et le type II chez l’enfant et l’adolescent quand elles sont groupées en amas.
Dans les xanthomes, existent des cellules histiocytaires mononuclées, appelées cellules de Chambard, souvent de grande taille, remplies de microvacuoles lipidiques donnant au cytoplasme un aspect clarifié dû à la dissolution des graisses lors des techniques histologiques d’inclusion. Sur des coupes faites en congélation, le contenu de ces très fines vacuoles peut toutefois être coloré par le rouge Soudan. Avec ou sans les cellules de Touton, les cellules de Chambard constituent la partie la plus importante de l’infiltrat des xanthomes.
Le terme cellule spumeuse de Virchow a été attribué aux histiocytes du granulome de la lèpre lépromateuse.
Dans la vésicule biliaire, la surcharge des macrophages sous-muqueux entraîne une cholestérolose
K. Touton, dermatologue allemand (1885) ; R. Virchow, pathologiste allemand (1863)
Étym. lat. spume : écume
Syn. cellule xanthomateuse, cellule lipophagique, lipophage, cellule spumeuse
→ athérosclérose (classification des lésions d'), stries graisseuses, système éboueur, xanthomes, Touton (cellule de), Virchow (cellule de), lèpre lépromateuse, cholestérolose, Chambard (cellule de), achalasie, tumeurs stromales gastro-intestinales
[A2,K4]
cellules souches pluripotentes induites l.f.
induced pluripotent stem cells (IPS)
Cellules souches pluripotentes, capables de se transformer dans toutes les variétés de cellules du corps humain, obtenues directement à partir de cellules adultes par l’apport exogène de facteurs de transcription sous forme de gènes ou de protéines, pouvant être ensuite reprogrammées en différents types cellulaires.
La création d’IPS à partir de fibroblastes essentiellement, mais également d’autres types cellulaires, est obtenue habituellement par la transduction de gènes reprogrammants dont les plus utilisés sont Oct4, Sox2, KIf4 et c-Myc. La transduction utilise des rétrovirus ou des lentivirus avec le risque d’insertion dans le génome de facteurs favorisant la tumorigenèse. Ce risque disparaît si des protéines sont transduites en utilisant des techniques leur permettant de traverser la membrane cellulaire. L’efficacité des processus de reprogrammation qui est faible peut être stimulée par l’emploi de différentes molécules agissant sur la chromatine. Le processus de reprogrammation fait intervenir des microARN qui modifient l’expression des gènes. Les critères de pluripotence des iPS sont les mêmes que ceux des cellules souches embryonnaires : auto-renouvellement illimité, formation de corps embryoïdes in vitro et de tératomes après injection chez la souris, obtention de souris chimériques après injection dans un blastocyste ; néanmoins, les capacités de différenciation en un tissu donné ne sont ni constantes ni identiques d’une lignée à l’autre. Ce type de cellules présente potentiellement plusieurs avantages importants : origine non embryonnaire, possibilité d’établir une lignée spécifique d’un sujet ou d’un patient et donc absence de réaction immunitaire en cas d’utilisation thérapeutique et, enfin, préparation de cellules de maladies héréditaires impossibles à obtenir chez le malade (cellules cérébrales de sujets atteints de Maladie de Huntington).Des essais thérapeutiques ont été réalisés par injection de cellules souches afin de coloniser des organes envahis par la fibrose et création, par culture de cellules souches sur une matrice, d’organes artificiels transplantables.
greffe de cellules souches hématopoïétiques l. fém.
Transfusion de cellules souches hématopoïétiques du sang circulant par cytaphérèse recueillies après stimulation par des facteurs de croissance.
Cette méthode introduite dans les années quatre-vingt-dix remplace le prélèvement médullaire des cellules souches hématopoïétiques Pour une greffe de cellules souches du sang périphérique, les cellules souches sont récupérées dans le sang du donneur. Le sang du donneur passe au travers d'une machine qui ne garde que les cellules souches et réinjecte le reste du sang dans la circulation sanguine du donneur. Les cellules souches ainsi récupérées sont filtrées en vue de leur administration au receveur par perfusion. Si les cellules souches sont prélevées en prévision d'une greffe autologue, on peut les congeler et les conserver pour un usage ultérieur.
Il est important de signaler que depuis les années 90 la transplantation des cellules souches hématopoïétiques de la moelle osseuse a été remplacée par celle des cellules souches hématopoïétiques circulantes prélevées par cytaphérèse après stimulation par des facteurs de croissance.
→ greffe de cellules souches hématopoïétiques
organe spiral l.m.
organum spirale (TA)
spiral organ
Organe sensoriel de l’audition qui repose sur la membrane spirale du conduit cochléaire.
C’est un épaississement différencié de l’épithélium de la membrane basilaire au sein duquel on distingue des cellules de soutien et des cellules sensorielles. Les cellules de soutien sont constituées par les piliers de l’organe spiral qui délimitent le tunnel de l’organe spiral, et des cellules de soutènement, les cellules de Deiters et les cellules de Claudius. Les cellules sensorielles auditives ciliées de l’organe spiral sont disposées en une seule rangée en dedans du tunnel de l’organe spiral et en quatre rangées en dehors ; elles sont supportées par les cellules de Deiters. Les cils du pôle supérieur des cellules sensitives auditives s’encastrent dans les mailles de la membrane réticulée de l’organe spiral et entrent en rapport avec les pertuis de la membrana tectoria du conduit cochléaire.
Étym. gr. organon : instrument de travail, organe
Syn. anc. organe de Corti
→ piliers de l'organe spiral, tunnel de l'organe spiral, cellules de Deiters, cellules de Claudius, membrana tectoria du conduit cochléaire
Édit. 2017
cellule T auxiliaire l.f.
helper T cell
Cellule Th dérivée du thymus coopérant avec les cellules B et d'autres cellules T au cours du développement d'une réponse immunitaire.
La coopération cellulaire s’effectue par interaction membranaire directe ou par l’intermédiaire de cytokines. La plupart des lymphocytes auxiliaires expriment le corécepteur CD4, certaines le corécepteur CD8. Selon le profil de cytokines produites après stimulation antigénique, on distingue les lymphocytes Th1, producteurs d’interféron γ qui interviennent dans la défense contre les virus et les parasites intracellulaires, et les lymphocytes Th2, producteurs d’IL-4, qui interviennent dans certaines réactions de défense contre les parasites et dans les réactions allergiques à anticorps de classe IgE. Cette polarisation de la production de cytokines n’apparaît que dans certains types de réponses immunitaires ou de réactions inflammatoires chroniques.
Sigle Th
mycosis fongoïde l.m.
Lymphome cutané T épidermotrope, d'évolution généralement très lente sur des années, comportant des placards érythématosquameux bien délimités prurigineux, plus ou moins infiltrés ou une érythrodermie ainsi que des nodules tumoraux, auxquels s'associent plus ou moins tardivement des atteintes ganglionnaires et viscérales.
La prédominance d'un symptôme sur les autres réalise le type progressif Alibert-Bazin (dont le stade initial est l'érythème prémycosique), ou le type érythrodermique d'Hallopeau-Besnier, ou le type de Vidal-Brocq (dit à tumeurs d'emblée plutôt considéré actuellement comme un lymphome cutané malin non épidermotrope).
La biopsie cutanée montre, aux stades précoces, un infiltrat dermique superficiel riche en cellules mononucléées, dont certaines correspondent aux cellules de Sézary, pénétrant l'épiderme où il forme des thèques encore appelées nids épidermiques de Darier ou microabcès de Pautrier; l'immunomarquage montre qu'il s'agit de lymphocytes auxiliaires CD 4.
Le traitement est fonction du caractère localisé ou disséminé de la maladie. Ce sont la puvathérapie, la chimiothérapie locale (sur les plaques), la radiothérapie, ou la chimiothérapie générale. Ces procédés thérapeutiques n'ont pas toujours une efficacité totale sur les démangeaisons qui sont parfois difficiles à contrôler.
J-L. Alibert, dermatologue français, membre de l’Académie de médecine (1806) d'abord appelé pian fongoïde, A. Bazin, dermatologue français (1852); E. Vidal, membre de l’Académie de médecine et L. Brocq, dermatologues français (1885) ; F. H. Hallopeau et E. Besnier dermatologiste français, membres de l’Académie de médecine (1892) ; A. Sézary, dermatologue français, membre de l’Académie de médecine (1938)
Étym. gr. mukès, champignon ; lat : fungosus de fungus : dans le sens de spongieux, tumoral
Syn. lymphome épidermotrope, maladie d'Alibert (obs.)
→ syndrome de Sézary, parapsoriasis en grandes plaques, hématodermie
bioimpression en 3 dimensions (3D) l.f
three dimensional (3D) bioprinting
Procédé de fabrication d’un tissu biologique vivant en assemblant couche par couche sur un support matriciel les cellules de ce tissu selon un modèle en trois dimensions (3D) prédéfini par ordinateur, puis en incubant le tissu « imprimé » dans un bioréacteur de façon à permettre aux cellules de s’organiser et développer les fonctions qui leur sont propres.
Le dépôt se fait selon un algorithme basé sur la structure de l’organe à copier obtenu par radiographie, imagerie de résonance magnétique ou scanner. Plusieurs techniques d’impression peuvent être utilisées. La plus courante est le dépôt de gouttelettes de « bioencre » contenant les cellules, sur un substrat de façon à reproduire l’organe ou le tissu. Les cellules utilisées sont des cellules souches pluripotentes induites autologues préalablement différentiées en cellules du tissu d’intérêt. Le support habituellement utilisé est un hydrogel.
La bioimpression a pour objet de fabriquer des tissus ou organes vivants destinés à être transplantés dans un but thérapeutique. L’utilisation de cellules autologues évite le rejet. Les tissus le plus souvent reproduits sont la peau, les gencives, les follicules pileux, la cornée, les dents et l’os. Ces tissus sont destinés à des greffes ou des implants. A titre expérimental, des sphincters anaux ont été construits à partir de cellules musculaires et nerveuses.Dans le cas de la peau, on les utilise aussi pour les essais de cosmétiques en remplacement de l’expérimentation animale.
Édit. 2018
canal collecteur du rein n.m.
collecting duct
Partie distale du néphron entre le tube connecteur et la papille collectant le liquide de plusieurs néphrons et chargé d’élaborer l’urine définitive.
Le tube collecteur a une origine embryologique différente de celle des autres segments du néphron. Il provient du bourgeon urétéral, excroissance issue de la paroi dorso-médiale du canal de Wolff fait de cellules épithéliales, qui pénètre dans le blastème métanéphrogène qui est un tissu mésenchymateux. Ces deux structures exercent des effets inducteurs réciproques de type épithélio-mésenchymateux qui aboutissent du côté distal à la formation d’un arbre de tubules à l’origine des canaux collecteurs. Les tubes collecteurs comportent deux types cellulaires, les cellules principales ou claires, les plus nombreuses, et les cellules intercalaires ou sombres. Les premières sont le lieu de la réabsorption du sodium couplée à la sécrétion de potassium et de la réabsorption de l’eau. Les secondes sécrètent les ions H+ et les bicarbonates. Les cellules principales expriment des récepteurs des minéralocorticoïdes sensibles à l’aldostérone. Par leur intermédiaire, l’aldostérone stimule l’activité du canal à sodium, canal électrogène, qui réabsorbe le sodium créant ainsi une électronégativité luminale à l’origine de la sécrétion de potassium. Les cellules principales expriment également à leur pôle basolatéral des récepteurs de type V2 de l’hormone antidiurétique dont la stimulation entraîne le transfert à la membrane apicale de l’aquaporine 2 qui accroît la réabsorption d’eau le long d’un gradient osmotique préexistant en augmentant la perméabilité de la membrane. Les cellules intercalaires sont de deux types. Les cellules intercalaires A possèdent une H+ ATPase à leur pôle apical qui assure la sécrétion des ions H+ dans la lumière tubulaire et un échangeur chlore bicarbonate à leur pôle basolatéral pour la sortie des bicarbonates de la cellule. La situation est symétrique dans les cellules intercalaires de type B qui apparaissent plus sombres en microscopie optique du fait de l’abondance des mitochondries, sécrètent les bicarbonates dans la lumière par un échangeur anionique de type pendrine et les ions H+ dans les liquides interstitiels. Ces 2 types cellulaires sont convertibles entre eux selon les nécessités de rétablissement de l’équilibre acidobasique du sujet.
→ aldostérone, hormone antidiurétique, aquaporine
[A1,M1]
Édit. 2015
Fuhrman (grade nucléaire de) l.m.
Fuhrman nuclear grading
Méthode d'histopronostic adaptée aux carcinomes à cellules rénales comportant 4 grades.
Ce grade tient compte uniquement de l'aspect des noyaux, sans intégrer l'architecture tumorale, le type cellulaire ou le contenu cytoplasmique.
On décrit quatre grades de gravité croissante.
Grade I : petits noyaux ronds de 10 µ dont les contours sont réguliers et sans nucléole, sans cellules monstrueuses (30% des cancers à cellules rénales).
Grade II : noyaux de 15 µ, discrètement irréguliers, avec nucléoles visibles au grossissement x 400, sans cellules monstrueuses (30% des cancers à cellules rénales).
Grade III et IV : noyaux de 20 µ dont les contours sont irréguliers avec des nucléoles visibles au grossissement x 100.
Le grade III (30% des cancers à cellules rénales) ne comporte pas de cellules monstrueuses contrairement au grade IV (10% des cancers à cellules rénales).
Susan A. Furhman, anatomopathologiste américaine (1982)
[F2]
Édit. 2019
jonction cellulaire l.f.
cellular junction
Structure spécialisée de la membrane plasmique des cellules épithéliales, des cellules des muscles cardiaques et viscéraux, permettant de réaliser une couche continue et cohésive.
Elle est dite serrée, adhérente ou communicante. Serrée ou occlusive ou zonula occludens ; elle se présente au pôle apical des cellules épithéliales sous forme de zones exigües où les feuillets externes des membranes plasmiques de deux cellules adjacentes fusionnent ; entre ces zones, les membranes restent séparées ; il se constitue ainsi un anneau continu d’une cellule à l’autre, séparant l’espace intercellulaire de la lumière. Adhérente ou zonula adherens, elle correspond à une divergence des membranes plasmiques de deux cellules voisines sans structure visible entre elles ; du coté cytoplasmique, se constate un fin réseau de matériel filamenteux qui s’insère sur le plateau terminal du cytosquelette situé sous la surface cellulaire. Elle est communicante quand une zone de contact entre les membranes de deux cellules voisines comporte des centaines de pores très fins permettant le passage de molécules, ions, nutriments, etc. Les cellules épithéliales possèdent les trois types de jonction ; les cellules cardiaques et musculaires viscérales possèdent les deux derniers.