angéite associée à des cancers l.f.
angiitis associated with malignancy
Atteinte vasculaire rare, de nature infectieuse, paranéoplasique ou secondaire à une infiltration des vaisseaux par les cellules tumorales, qui complique essentiellement les hémopathies.
Les infections à germes le plus souvent opportunistes (fungiques, bactériennes ou virales), survenant au cours des hémopathies graves, peuvent se compliquer d'hémorragies sous-arachnoïdiennes et/ou intraparenchymateuses consécutives à la rupture d'anévrismes mycotiques ou de lésions ischémiques secondaires à une vascularite allergique ou à un embole mycotique.
Les angéites granulomateuses paranéoplasiques sont décrites au cours des syndromes lymphoprolifératifs (lymphome non hodgkinien, leucémie lymphoïde chronique, maladie de Hodgkin, histiocytose maligne). Leur évolution est parallèle à celle de la maladie hématologique. La leucémie à tricholeucocytes peut s'associer à une angéite diffuse ou localisée au système nerveux et se présenter comme une périartérite noueuse.
Les vascularites associées aux cancers solides sont exceptionnelles.
Étym. gr. aggeion : vaisseau ; ite : inflammation
→ angéite, anévrisme mycotique, hémopathie, hémorragie sous-arachnoïdienne, anévrisme mycotique, lymphome, leucémie lymphoïde chronique, maladie de Hodgkin, histiocytose maligne, leucémie à tricholeucocytes, périartérite noueuse, syndrome paranéoplasique
[F1, K4]
Édit. 2019
aspects psychologiques des cancers l.f.
Problèmes psychologiques liés au cancer, tant en ce qui concerne son origine que ses conséquences
L'hypothèse d’un trouble psychique (dépression, stress) favorisant l'apparition d'un cancer, notamment par affaiblissement immunitaire, reste controversée. Une relation avec des traits alexithymiques a été également discutée.
Le diagnostic de cancer porté peut avoir des répercussions psychologiques. De ce bouleversement existentiel, dominent initialement les sidérations émotionnelles, puis les états dépressifs, surtout en cas de douleurs mal contrôlées, de handicaps fonctionnels, d'atteinte de l'état général, et aux stades terminaux. Divers troubles à type d'irritabilité, de déni de la maladie, d'anxiété souvent majeure, etc., s'y associent le plus souvent. Le repli et le retrait des adolescents dans la rêverie les font paraître plus "à risque" que les adultes, qui semblent réagir davantage par une recherche de l'information et par une attitude d'affrontement et d'action.
Les familles, notamment les parents d'enfants atteints, sont souvent touchées au plan psychique. Sera également cité l'effet pathogène des investigations ayant pour objectif le pronostic du cancer.
Une prise en charge globale, répondant à la personnalité du patient, notamment une information individualisée, progressive et cohérente, une utilisation mieux adaptée des soins palliatifs, au besoin des thérapies de groupe, comportementales et/ou l'appel à des psychotropes, principalement antidépresseurs, ont un effet bénéfique sur l'ajustement émotionnel du malade et même sur son évolution. La psycho-oncologie, discipline clinique qui lie oncologues et psychiatres, contribue à ces progrès.
→ cancer
[F2,H4]
cancers de la tête et du cou l.m.p.
head and neck cancers
Dans environ 90% des cas, cancers épidermoïdes dont le facteur de risque principal est l’alcoolo-tabagisme.
Ils représentent environ 17% des cancers survenant en France, essentiellement chez l’homme de 55 à 60 ans. Du fait de la diminution de l’alcoolisme et du tabagisme leur fréquence se réduit. Leur traitement repose sur la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie. Les indications reposent sur la localisation et l’importance de l’extension codifiée par le système TNM.
Trois localisations sont particulières : les adénocarcinomes de l’ethmoïde, les formes indifférenciées des cancers du nasopharynx et les tumeurs malignes des glandes salivaires.
Les autres formes histologiques sont rares : lymphomes malins, mélanomes, sarcomes.
Syn. carcinomes de la tête et du cou
→ cancer du cavum, cancer de l'ethmoïde, cancer des lèvres de la bouche, cancer du larynx, cancer du nasopharynx, cancer de l'hypopharyns, cancer des glandes salivaires
[F2]
cancers des voies aérodigestives supérieures l.m.
→ cancer de la tête et du cou.
[F2,L1]
cancers professionnels l.m.p.
occupational cancers
Cancers dont l’origine professionnelle est reconnue ou suspectée selon des critères expérimentaux, épidémiologiques et réglementaires.
Ces cancers représenteraient entre 4 et 8,5% des cancers soit 13000 à 30000 cas par an en France.
Il existe trois catégories de cancers professionnels en raison du degré de certitude de leur origine.
1) Cancers reconnus en France (classés au journal officiel selon 16 tableaux du régime général de l’assurance maladie) et au niveau international, correspondant à 107 agents cancérogènes indéniables classés en catégorie 1 par le centre international de recherche sur le cancer :
- cancers cutanés et broncho-pulmonaires dus à l’arsenic (tableau 20), aux brais et huiles de houille, et suies de combustion du charbon (tableau 16), aux huiles minérales et suies de combustion des produits pétroliers (tableau 36) ;
- cancers de l’ethmoïde et des sinus de la face dus au nickel (tableau 37) et aux poussières de bois (tableau 47) ;
- cancer des cavités nasales dus aux chromates (tableau 10), carcinomes du nasopharynx dus à l’aldéhyde formique (tableau 43) ;
- cancers broncho-pulmonaires dus aux chromates (tableau 10), au nickel (tableau 37), au cobalt (tableau 70), à l’amiante (tableau 30), à la silicose (tableau 25), au bis chlorométhyle éther (tableau 81), aux rayonnements ionisants (tableau 6) ;
- mésothéliome pleural, péricardique ou péritonéal dû à l’amiante (tableau 30) ;
- cancers de la vessie dus à des colorants et amines aromatiques (tableau 15), aux huiles et goudrons de houille et suies de combustion du charbon (tableau 16) ;
- cancers des voies urinaires liés à l’arsenic (tableau 20) ;
- cancers hépatiques dus à l’arsenic (tableau 20), au chlorure de vinyle monomère (tableau 52) et complication des hépatites B et C (tableau 45) ;
- angiosarcomes du foie dus à l’arsenic (tableau 20) ou au chlorure de vinyle monomère (tableau 52) ;
- sarcomes osseux et leucémies dus aux rayonnements ionisants (tableau 6) ;
- leucémies dues au benzène (tableau 4) ;
- glioblastome cérébral dus aux nitrosoguanidines et nitroso-urées (tableau 85).
2) Cancers pour lesquels un ensemble d’arguments scientifiques montrent le caractère professionnel très probable selon un groupe d’experts du centre international de recherche sur le cancer avec deux catégories :
- 2A « probablement cancérogènes pour l’homme » (exemple le tétrachloréthylène) ;
- 2B « peut- être cancérogènes pour l’homme » (exemple le plomb).
3) Cancers dont le caractère professionnel est suspecté mais non totalement prouvé, par exemple le travail de nuit avec insuffisance de sécrétion de mélatonine et hyperœstrogénie secondaire du fait du travail à la lumière entre minuit et 5 heures du matin chez des personnels de soins.
[F2,E2]
embolie sur thrombose veineuse dans les cancers (risque d') l.m
Risk of venous thromboembolism in cancer
Le risque d’embolie sur thrombose veineuse est élevé dans les cancers.
Dans une double étude rétrospective et prospective Khorana a identifié cinq variables prédictives qui évaluent le risque d’accident thromboembolique dans le cancer et établissent un score:
1.site du cancer
- soit site à très haut risque (pancréas, estomac) : 2 points;
- soit site à haut risque (poumon, lymphome malin, gynécologique, vessie, testicule) : 1 point;
2. nombre de plaquettes sanguines ≥ 350. 109/ L : 1 point;
3. hémoglobine < 10g/dL : 1 point;
4. globules blancs > 11.109 /L : 1 point;
5. indice de masse corporelle > 35 : 1 point.
Par l’addition de ces différents points on établit un score qui se répartit en trois types de risque de présenter un accident thromboembolique dans un proche avenir (deux mois et demi) :
- faible risque (score 0) : probabilité de 0,3 à 0,8 %;
- risque intermédiaire (score 1-2) : probabilité de1,8 à 2 %;
- haut risque (≥ 3) : probabilité de 6,7 à 7 %.
Cette évaluation du risque est une bonne indication d’un traitement prophylactique des thromboses.
A. A. Khorana, hématologiste américain d'origine indienne (2008)
→ embolie pulmonaire, thrombose veineuse
[F1, F2, N1]
Édit. 2019
dépistage des cancers l.m.
cancer screening
Action de santé publique destinée à réduire la mortalité imputée au cancer, en le dépistant et si possible en appréciant son incidence, en identifiant par un test au sein d’une population définie, les personnes qui bien que sans symptôme, sont atteintes de ce cancer ou d’une lésion précancéreuse.
Cette action s’inscrit dans le cadre de la prévention primaire et se justifie dans la mesure où une détection précoce peut permettre d’interrompre le cours naturel de la maladie en assurant un traitement curatif, tout en limitant les éventuels effets négatifs, en particulier pour les participants indemnes de toute lésion. Le dépistage s’adresse à l’ensemble d’une population non demandeuse de soins et dont la grande majorité des individus ne sont pas porteurs de la maladie. De ce fait, il s’appuie sur des règles d’éthique collective différentes de celles de la médecine curative fondées sur le colloque singulier médecin-patient dans lequel ce dernier est le demandeur. Le dépistage n’est donc pas la prescription individuelle d’un test réalisé au hasard d’une consultation ; son bénéfice n’est identifiable que sur la collectivité dans une population définie : « un cancer dépisté n’est pas synonyme de vie sauvée ou prolongée », seule la baisse des taux de mortalité ou d’incidence dans la population ciblée mesure les bénéfices apportés. En revanche les effets indésirables (faux positifs, examens et traitements inutiles, faux négatifs…) sont eux supportés au niveau individuel et doivent être identifiés et mesurés dans la population concernée. Trois cancers font actuellement l'objet d'un dépistage qui s’avère utile dans une population ciblée (sexe et âge) : celui du sein, celui du colon et du rectum, et celui du col de l'utérus.
Certaines formes familiales de cancers font l’objet de dépistage approprié.
→ dépistage du cancer colo-rectal, dépistage du cancer du col de l'utérus, dépistage du cancer du sein
[E1, F2]
Édit. 2020
apex de la vessie l.m.
apex vesicae (TA)
apex of urinary bladder
Jonction des faces supérieure et inféro-latérale de la vessie.
Il se prolonge par le ligament ombilical médian.
Syn. anc. sommet de la vessie
cancer bilharzien de la vessie l.m.
bilharzial bladder carcinoma
Tumeur maligne survenant sur une vessie porteuse de lésions bilharziennes chroniques.
Elle correspond histologiquement soit à un carcinome urothélial habituel soit assez souvent à carcinome épidermoïde. Le mécanisme de l'oncogénèse pourrait faire intervenir l'irritation chronique entraînée par la présence des œufs du parasite dans la paroi vésicale (avec constitution de granulomes).
Les arguments de filiation sont nombreux, mais le mécanisme intime de la dégénérescence est incomplètement élucidé. Ce sont des tumeurs de haute malignité, de structures histologiques diverses, apparaissant chez des sujets jeunes.
T. Bilharz, médecin allemand (1851)
Syn. carcinome bilharzien de la vessie
→ cancer de la vessie, bilharziose, carcinome urothélial
[D2, F2, M3]
Édit. 2020
cancer de la vessie l.m.
Ce cancer se développe à partir de l’urothélium de l’arbre urinaire, c’est donc le même cancer que celui du haut appareil (calices et uretères)
En France, son incidence selon les projections de l‘InVS pour en 2011, concerne 11000 personnes (9100 hommes, 1900 femmes) et sa mortalité 4700 (3500 hommes, 1200 femmes). Il survient surtout après 50 ans, l’âge médian est chez l’homme de 71 ans et de 77 ans chez la femme. Les facteurs favorisants en sont le tabagisme, la bilharziose urinaire. Certaines professions y sont exposées, celles où sont utilisés des carcinogènes : les goudrons de houille, les huiles de houille, les brais de houille (maladie professionnelle numéro 16 bis) et les colorants à base d'amines aromatiques (maladie professionnelle numéro 15 ter), aniline, toluidine, β naphtaline.
Selon l’importance du grade histologique de malignité et l’importance de l’envahissement en profondeur, le pronostic et le traitement seront très différents. En cas de formes très superficielles, des résections vésicales itératives peuvent être proposées associées ou non à une immunothérapie locale. En cas de formes invasives le traitement combine cystectomie et radiothérapie. Les formes très évoluées relèvent de la chimiothérapie et selon les cas de la radiothérapie.
Syn. cancer vésical, carcinome de la vessie, carcinome vésical
→ urothélium, cancer bilharzien de la vessie
[F2,M2]
col de la vessie l.m.
cervix vesicae, collum vesicae (TA)
neck of bladder
Zone de jonction entre la vessie et l’orifice postérieur de l’urèthre.
Il est entouré par les fibres circulaires lisses de la vessie et de l’urèthre qui constituent le sphincter lisse. Parfois donné de façon impropre pour orifice interne de l’urèthre.
[A1]
Édit. 2015
corps de la vessie l.m.
corpus vesicae (TA)
body of bladder
Partie constituante du réservoir vésical comprise entre l’apex en haut et en avant et le col en bas.
[A1]
Édit. 2015
couche circulaire du muscle détrusor de la vessie l.f.
stratum circulare musculi detrusoris vesicae (TA)
circular layer of detrusor
→ muscle détrusor de la vessie, partie cervicale vésicale du muscle détrusor de la vessie
[A1,M3]
Édit. 2015
couche externe longitudinale du muscle détrusor de la vessie l.f.
stratum externum longitudinale musculi detrusoris vesicae (TA)
external longitudinal layer of detrusor
→ muscle détrusor de la vessie, partie cervicale vésicale du muscle détrusor de la vessie
[A1]
Édit. 2015
couche interne longitudinale du muscle détrusor de la vessie l.f.
stratum internum longitudinale musculi detrusoris vesicae (TA)
internal longitudinal layer of detrusor
→ muscle détrusor de la vessie, partie cervicale vésicale du muscle détrusor de la vessie
[A1,M3]
extrapéritonisation de la vessie l.f.
bladder extraperitonealisation
Dissection de la face postérieure haute et du dôme de la vessie visant à séparer le muscle vésical de sa couverture péritonéale, et donc à exclure la vessie de la cavité péritonéale.
Ce geste précède en général une cystotomie ou une cystoplastie.
[M2]
Édit. 2020
fond de la vessie l.m.
fundus vesicae (TA)
fundus of bladder
Syn. fundus de la vessie, fond vésical
[A1]
Édit. 2019
fundus de la vessie l.m.
fundus vesicae (TA)
fundus of bladder
Partie de la vessie située en arrière et au dessous du corps, en arrière du trigone vésical.
Il correspond sur la face externe à la paroi postérieure de la vessie. Les uretères pénétrent la paroi vésicale sur sa face dorsale. Il est situé devant les organes génitaux internes (vésicules séminales chez l’homme, vagin chez la femme).
Étym. lat. fundus : fond
Syn. fond vésical, fond de la vessie
[A1]
Édit. 2019
hernie de la vessie l.f.
vesical herniation
Engagement de la vessie dans un trajet herniaire.
Ce trajet peut être celui de toute hernie inguinoscrotale volumineuse, crurale chez la femme, ou plus spécifiquement celui d'une hernie obturatrice.
Étym. lat. hernia : hernie
[M2]
ligament latéral de la vessie l.m.
ligamentum laterale vesicae (TA)
lateral ligament of bladder
Chacun des deux replis péritonéaux semi-circulaires qui, chez l’homme, relie les faces latérales de la vessie et du rectum et se fixe en arrière sur les vertèbres sacrées.
Il correspond chez la femme au ligament utéro-sacré.
H. Morris, Sir, chirurgien britannique (1844-1926) ; J. Douglas, anatomiste et chirurgien britannique (1675-1742)
Syn. anc. ligament postérieur de la vessie de Morris ; repli urétéro-vésical ; repli de Douglas.
ligament postérieur de la vessie de Morris l.m.
H. Morris, Sir, chirurgien britannique (1844-1926)
→ ligament latéral de la vessie
maladie villeuse de la vessie l.f.
disease villous of the bladder
Étym. lat. villosus : velu
Syn. papillomatose vésicale
→ villeuse de la vessie (maladie)
muscle détrusor de la vessie l.m.
musculus detrusor vesicae (TA)
detrusor
Tunique musculaire de la paroi vésicale qui comprend une couche externe de fibres longitudinales, une couche moyenne de fibres circulaires et une couche interne de fibres longitudinales.
La couche interne se compose de faisceaux anastomosés en réseaux. De la couche externe se détachent, au-dessus et en avant de l’orifice uréthral deux faisceaux qui forment les ligaments latéraux pubo-prostatiques.
Syn. anc. muscle vésical ; tunique musculaire de la vessie
muscle sphincter de la vessie l.m.
→ muscle sphincter interne de l'urèthre
orifice interne de l'urèthre vessie en évacuation l.m.
ostium urethrae internum accipiens (TA)
voiding internal urethral orifice
Avec le déclanchement de l’évacuation de la vessie, l’orifice interne de l’urèthre prend progressivement l’aspect d’un entonnoir.
La partie intramurale s’ouvre et s’incorpore dans l’entonnoir de telle sorte que la vessie semble descendre et l’urèthre devenir plus court.
Édit. 2017