Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

514 résultats 

pancréas (cancer du) l.m.

pancreatic cancer

Cancer développé à partir du pancréas exocrine, il s’agit histologiquement d’un adénocarcinome dans 90 % des cas.
Le cancer du pancréas a connu ces dernières années une augmentation significative de son incidence, deuxième cancer digestif après le cancer colorectal. Il est la cinquième cause de décès par cancer. Il survient le plus souvent entre 70 et 80 ans, avec une incidence discrètement plus élevée chez l’homme que chez la femme.
Les facteurs de risque sont dominés par le tabac. Une susceptibilité génétique peut être en cause dans 5 à 10 % des cas.
Le diagnostic est le plus souvent porté à un stade avancé du fait d’une expression tardive de la maladie. Le plus souvent le cancer est localisé à la tête du pancréas et se manifeste par un ictère de type cholestatique, ictère dit « nu » car sans fièvre et souvent sans douleur avec un prurit progressivement croissant. Lorsque le cancer est corporéo-caudal, la découverte est encore plus tardive car se manifestant lorsque la tumeur atteint un volume important responsable de douleurs ou d’un amaigrissement ou au stade métastatique.  Il n’y a pas de marqueur tumoral à visée diagnostique. L’Ag CA 19-9 est non spécifique et augmenté en cas d’ictère.
L’imagerie comporte l’échographie, examen de première intention qui, lorsque le cancer est situé au niveau de la tête montre les signes indirects que sont une dilatation de la voie biliaire principale et/ ou du canal de Wirsung et peut visualiser la tumeur d’aspect hypoéchogène le plus souvent ; elle contribue au bilan d’extension. L’examen tomodensitométrique thoraco-abdomino-pelvien visualise la tumeur hypodense dans la majorité des cas, permet de détecter les métastases et l’envahissement artériel, veineux, ganglionnaire.
L’exérèse chirurgicale reste la seule chance de guérison mais seuls 20 % des patients ont une tumeur localisée, non métastasée et résécable. Après intervention, le taux de survie à 5 ans a augmenté significativement ces dernières années étant actuellement de l’ordre de 30 %. Cette amélioration est due à une baisse de la mortalité opératoire divisée par 3, à une meilleure sélection des patients et à l’utilisation de la chimiothérapie adjuvante post-opératoire. La résection ne doit pas être réalisée en cas de maladie métastatique ou d’envahissement de l’artère mésentérique ou du tronc cœliaque. L’atteinte veineuse même complexe n’est pas une limite à la résection. En cas de tumeur résécable, la biopsie est inutile, le diagnostic histologique sera obtenu par l’examen anatomopathologique de la pièce d’exérèse mais la biopsie est impérative si un traitement chirurgical n’est pas envisagé. Une chimiothérapie adjuvante de 6 mois est un standard après l’intervention chirurgicale.
Les malades ayant un cancer localement avancé sont traités par chimiothérapie ou radio-chimiothérapie. Un petit nombre d’entre eux, qui est très faible, peut secondairement être opéré, mais globalement leur survie reste médiocre.
Les malades en situation métastatique sont traités par chimiothérapie.
En cas d’ictère, le « déjaunissement » est obtenu le plus souvent par pose endoscopique d’une prothèse.
Différents protocoles de chimiothérapie sont proposés. La Gemcitabine  garde sa place chez les patients âgés de plus de 75 ans, dont le score OMS est supérieur à 1. Pour les patients en excellent état général (OMS 0-1) avec une bilirubine normale, le FOLFIRINOX est le standard,
 association médicamenteuse (FOL-F-IRIN-OX : acide folinique, 5 fluoro-uracile, irinotécan, oxalipalatine).
Une faible proportion d’adénocarcinomes du pancréas survient dans un contexte d’agrégation familiale évoquant une prédisposition génétique. Dans ces cas il faut distinguer les formes syndromiques et les formes familiales non syndromiques. Les formes syndromiques son très rares. Il s’agit des pancréatites chroniques héréditaires, du syndrome de Peutz-Jeghers, des formes héréditaires de mélanome cutané associées aux mutations du gène CDKN2A/p16INK4a, des formes héréditaires de cancers du sein et de l’ovaire associées aux mutations des gènes BRCA 1 et 2. Le risque cumulé de cancer du pancréas au cours de l’existence chez les sujets porteurs de la mutation du gène BRCA 2 est le l’ordre de 5 % et plus important en cas d’antécédent familial de cancer du pancréas.
Les formes familiales non syndromiques concernent des familles parmi lesquelles plusieurs membres sont atteints d’un adénocarcinome (au moins 2 apparentés au premier degré ou au moins 3 apparentés quel que soit le degré). Le déterminisme génétique n’est pas encore bien identifié. Les sujets à risque élevé doivent bénéficier d’un dépistage. 

CDKN2A/p16INK4a, BRCA gene 1 et 2, Peutz-Jeghers (syndrome de)

[F2, L1]

Édit. 2020

dépistage du cancer du pancréas lm

Pancreatic cancer screening

Le cancer du pancréas qui ne fait pas partie du cadre du dépistage organisé des cancers, doit dans certains cas  bien sélectionnés, être proposé au cours d’une consultation d’oncogénétique.
Il existe des facteurs de risque d’adénocarcinome pancréatique :  la pancréatite chronique, le tabac, le diabète, l’obésité et des altérations génétiques.
Au cours de la pancréatite chronique, qui est le plus souvent d'origine alccolique, le surrisque  de cancer du pancréas est trouvé avec un ratio d’incidence standardisé allant de 16,5 à 27. Dans le cas de la pancréatite chronique héréditaire,  le risque de cancer du pancréas est encore nettement supérieur à celui de la pancréatite chronique non héréditaire; le surrisque est de 69 chez les hommes et de 142 chez les femmes.
La proportion de cancers du pancréas attribuable au tabagisme est estimée à 20 %.
Il existe aussi un lien entre l’obésité de type androïde, le diabète et le cancer du pancréas. Mais il faut aussi noter que l’insulinorésistance et le diabète sont d’apparition fréquente dans les années précédant la survenue d’un cancer du pancréas.
La plupart des patients ayant ces facteurs de risque ne justifient pas le dépistage du cancer du pancréas ; c’est le cas en particulier des patients ayant une pancréatite chronique de cause alcoolique.
Par contre, les patients ayant une pancréatite chronique  héréditaire liée à des mutations de PRSS1 idiopathiques ou génétiques en rapport avec des mutations de SPINK1, CTRC ou CFTR, avec imagerie  pancréatique anormale (TDM et IRM avec CPIRM) justifient un dépistage.
Il est également  recommandé de mettre en œuvre des mesures de dépistage chez les sujets ayant  un contexte de cancers pancréatiques familiaux (avec ou sans anomalie génétique identifiée) . Les cas familiaux sont définis par l’existence d’un cancer chez au moins 2 apparentés au premier degré ou de 3 apparentés quel qu' en soit le degré . Ils représentent 5 à 10 % des cancers du pancréas. Tous les apparentés au premier degré des cas index doivent être dépistés.
Une consultation d’oncogénétique doit être proposée aux patients avec un syndrome de Peutz – Jeghers, c’est-à-dire porteurs d’une mutation constitutionnelle de LKB1/STK11 ; Formes héréditaires des cancers du sein et de l’ovaire, en rapport avec une mutation constitutionnelle des gènes BRCA1/2 porteurs d’une mutation constitutionnelle des gènes BRCA2 ou de PALB2 ayant un apparenté au premier degré ayant eu un cancer du pancréas ou au minimum 2 apparentés de tout degré ;  mélanome familial multiple porteurs de mutation du gène p16/CDKN2A, ou ayant un  syndrome de Lynch avec au minimum un cas de cancer du pancréas chez un apparenté au premier degré. Polypose adénomateuse familiale, mutation constitutionnelle du gène APC identifiée dans la famille.   L’objectif est de poser le diagnostic de cancer de forme héréditaire et/ou de faire une étude moléculaire afin d’identifier la mutation causale, de proposer un protocole de dépistage adapté et si l’anomalie moléculaire est identifiée de proposer la réalisation d’un test moléculaire ciblé aux apparentés à risque. À noter que l’absence d’identification d’une anomalie constitutionnelle ne permet pas d’éliminer le diagnostic de forme héréditaire. Ce diagnostic est alors basé sur des critères généalogiques, les antécédents personnels et familiaux du patient. Le déterminisme n’est alors pas connu (altération d’un ou de plusieurs gènes non encore identifiés).
Le dépistage caractérisé actuellement par un faible taux de détection, est néanmoins optimisé dans les populations bien sélectionnées, avec des risques de surtraitement et  d’anxiété.
 

pancréatite chronique héréditaire, STK11 gene, BRCA gene, syndrome de prédisposition héréditaire aux adénocarcinomes pancréatiques

[F2, L1, Q1]

Édit. 2020

Syndrome de prédisposition héréditaire aux adénocarcinomes pancréatiques l.f.

genetic predisposition to pancreatic adenocarcinomas

Les adénocarcinomes surviennent rarement dans un contexte d'agrégation familiale évocatrice d'une prédisposition génétique. Environ 5 à 10 % surviennent dans ce contexte. Les formes non syndromiques appelées "cancer pancréatique familial" sont les plus fréquentes. Les formes syndromiques s'intégrent dans des affections héréditaires bien caractérisées dans lesquelles le cancer du pancréas, est associé à une augmentation du risque d'autres tumeurs. 
Les formes non syndromiques sont des situations dans lesquelles, on observe la survenue d'un adénocarcinome chez plusieurs membres d'une même famille, soit au moins 2 apparentés au premier degré, soit 3 cas diagnostiqués chez des apparentés au 1 er, 2 ème et /ou 3 ème degré. L'agrégation familiale est évocatrice d'une transmission autosomique dominante.L'âge médian survenant dans ce contexte n'est pas différent de celui des cancers du pancréas sporadiques. Un phénomène d'anticipation caractérisé par la survenue d'un cancer plus précoce chez les générations les plus jeunes est parfois observé. Le tabagisme est un facteur de risque majeur. Le déterminisme génétique de la majorité de ces formes familiales n'est pas connu. De façon exceptionnelle, des mutations du gène BRCA2 et des gènes PALB2 (Partner and localizer of BRCA2) gène suppresseur de tumeur et du gène ATM (ataxia telangiectasia mutated) ont été rapportés. Un outil permettant d'évaluer le risque qu'un individu soit porteur d'un gène et son risque tumoral a été proposé à partir de l'histoire familiale (nombres d'apparentés atteints, âges au diagnostic, degré de parenté, nombre et âges des apparentés indemnes). 
Les formes syndromiques sont minoritaires, mais la question de leur existence doit être posée en cas d'agrégations familiales. On distingue les pancréatites chroniques héréditaires et les syndromes de prédisposition aux cancers. 
La pancréatite chronique héréditaire précède de longue date la survenue du cancer du pancréas. La pancréatite chronique héréditaire est due le plus souvent à une mutation du gène PRSS1 qui code pour le trypsinogène cationique. Le tabagisme augmente le risque de cancer. 
Les syndromes de prédisposition au cancer sont le syndrome de Peutz-Jeghers, les formes héréditaires de cancers du sein et de l'ovaire en rapport avec des mutations des gènes BRCA 1/2 et les formes héréditaires de mélanomes cutanés en rapport avec une mutation du gène CDKN2A/ p16INK4 principalement. Le plus souvent le diagnostic a été porté antérieurement  à la survenue du cancer du pancréas. Son dépistage est indiqué en particulier chez les sujets issus de familles parmi lesquelles, il y a aussi au moins un sujet atteint d'un cancer du pancréas. 
 

adénocarcinome du pancréas, pancréatite chronique héréditaire, syndrome de Peutz-Jeghers, formes héréditaires des cancers du sein et de l'ovaire, mélanomes cutanés, gènes BRCA2, PALB2, ATM, PRSS1 (à voir pour les gènes)

[L1, Q1]

Édit. 2019

cancer du colon l.m.

colon cancer

Adénocarcinome lieberkünien proliférant à partir de la muqueuse colique (de caractères colloïdes ou mucineux dans 17% des cas).
Les lymphomes malins et les tumeurs stromales sont exceptionnels.
En France, le cancer colorectal se situe au 3ème rang (20 % de tous les cancers) après le cancer de la prostate et celui du sein. Selon les estimations de l’InVS son incidence en 2011 est de 40 000 cas et la mortalité qui lui est imputée de 17 500 cas. Tous stades confondus, la survie à 5 ans du cancer du côlon est d’environ 60 %. Soixante pour cent de ces cancers intéressent le rectum ou le sigmoïde et 25% le colon droit. Dans 85% des cas, c’est à partir d’adénomes ou de polypes adénomateux que se développent les adénocarcinomes, parfois dans le cadre d’une polypose adénomateuse familiale ou polypose recto-colique familiale caractérisée par la mutation du gène PCA, gène suppresseur de tumeur, de transmission autosomique dominante. Des altérations des gènes de réparation de l’ADN peuvent aussi favoriser leur développement survenant soit sporadiquement ou plus rarement dans le cadre d’un syndrome de Lynch, c’est alors le colon droit qui est le plus souvent atteint.
L’adénocarcinome colorectal fait l’objet d’un dépistage basé pour la population générale sur la recherche de sang dans les selles, proposée de 50 à 74 ans, et sur la coloscopie dans les formes familiales.
Une coloscopie totale doit être réalisée en cas de présence de sang dans les selles, microscopique ou macroscopique et chez les personnes à haut risque de cancer colique. Des biopsies de la tumeur colique suspecte de malignité doivent être faites pour examen histologique standard et en cas de suspicion de cancer localement avancé et/ou métastatique, une demande de détermination des statuts mutationnels des gènes KRAS, NRAS et BRAF doit également être effectuée à partir de biopsies de la lésion réalisées en endoscopie. Dans certains cas, une recherche de l’instabilité des microsatellites doit aussi être réalisée. Un nombre suffisant de biopsies doit être réalisé : au moins 10 à 15 .
Un traitement endoscopique des éventuelles lésions colorectales synchrones accessibles à un traitement endoscopique et non concernées par le traitement chirurgical envisagé devra être réalisé. Si la prise en charge endoscopique des éventuelles lésions synchrones n’est pas réalisée en pré-opératoire, par exemple si le cancer colique est sténosant, il faudra programmer une coloscopie  post-opératoire. Son mode de dissémination est essentiellement ganglionnaire. Son extension est précisée généralement par la classification clinique T.N.M., régulièrement mise à jour ; la dernière classification TNM n°8 est utilisée depuis 2017 ; la classification histo-pronostique est celle de Dukes prenant en compte l’extension en profondeur et l’envahissement ganglionnaire, modifiée par Astler et Coller. Dans les formes localisées, le traitement est essentiellement chirurgical ; la voie coelioscopique est recommandée. L’analyse d’au moins 12 ganglions régionaux est indispensable. L'indication de chimiothérapie adjuvante dépend de la classification histo pronostique et de l’envahissement ganglionnaire satellite. La décision doit être prise en réunions de concertation pluridisciplinaire. Pour les personnes âgées, une consultation d’onco-gériatrie est souhaitable. Pour les formes histologiques de mauvais pronostic, une chimiothérapie classique à base d’oxaliplatine (FOLFOX) est à proposer chez des patients de moins de 70 ans. La prescription d’une thérapie ciblée anti-VEGF (Vascular endothelial growth factor) dépend du stade d’extension et des données de la biologie moléculaire. La chimiothérapie est très évolutive. Des traitements immunothérapiques peuvent aussi être proposés dans les formes métastatiques en fonction du statut MSI (instabilité des microsatellites).  
Les récidives du cancer du côlon sont principalement métastatiques et surviennent dans environ 80 % des cas durant les 3 premières années qui suivent le traitement curatif. Environ 25% des récidives sont accessibles à un traitement à visée curative. Une surveillance clinique, par imagerie et endoscopique est à proposer chez les patients capables de supporter une ré-intervention ou une chimiothérapie. Les formes très évoluées localement et/ou métastatiques relèvent essentiellement de la chimiothérapie. Les chimiothérapies sont essentiellement les protocoles de type FOLFOX (principales molécules : oxaliplatine et 5-fluorouracile), ou FOLFIRI (principales molécules : 5-Fluorouracile et Irinotécan). L’association aux anti-
EGFR (Epidermal Growth Factor), doit tenir compte de l’absence des mutations RAS. Les tumeurs MSI doivent, si possible être traitées dans le cadre d’essais par immunothérapie. Les métastases en particulier hépatiques, peuvent passer d’un stade non résécables à résécables.

C. E. Dukes, anatomopathologiste britannique (1932) ; V. B. Astler, chirurgien et F. A. Coller, anatomopathologiste américains (1954) ; H. T. Lynch, oncologue généticien américain (1966)

Syn. carcinome colique

Astler-Coller (classification), Dukes (classification de), polypose rectocolique familiale, Lynch (syndrome de), dépistage du cancer colorectal, statut MSI, mutation RAS, protéine RAS, NRAS gène, mutation B RAF, BRAF gène

[F2, L1]

Édit. 2020

anticorps antineuronaux l.m.p.

antineuronal antibodies

Anticorps anti-neurones mis en évidence dans des syndromes neurologiques paranéoplasiques, qui correspondent généralement à une atteinte du système nerveux central, mais touchent parfois le système nerveux périphérique.
Ces anticorps peuvent s'oberver aussi dans des processus considérés comme dégénératifs, qui pourraient donc être autoimmun. Ces syndromes sont rares. Ils sont associés à une gamme restreinte de cancers: cancer pulmonaire à petites cellules, cancer du sein et de l'ovaire, cancer du testicule, maladie de Hodgkin et thymome. Les signes neurologiques précèdent le plus souvent la découverte du cancer. Leur cible est intracellulaire ou membranaire. Leur rôle pathogène n'est pas démontré. 
Leur detection permet d'affirmer que le syndrome neurologique est paranéoplasique. En fonction de leur spécificité, ils orientent vers la recherche de la tumeur en cause. Ils permettent de mettre en oeuvre le plus précocemment possible le traitement de la tumeur sous jacente.On compte au moins onze anticorps anti neuronaux.
Le principal est : l'anticorps anti-Hu ou ANNA1
(anti-neuronal nuclear antibody type1), le plus répandu (3/4 des cas) rencontré dans les syndromes cérébelleux paranéoplasiques, l'encéphalite limbique, les syndromes du tronc cérébral (avec ou sans opsoclonus), les encéphalomyélites et les neuropathies sensitives.
L'anticorps anti YO ou APCA1
(anti-purkinje cytoplasmic antibody type1), est observé dans les syndromes cérébelleux. Il est associé aux cancers gnécologiques.
L'anticorps anti-Ri ou
ANNA2, est décrit dans les atteintes du tronc cérébral. Il marque le noyau des neurones, exclusivement ceux du système nerveux central. Il est associé principalement aux cancers du sein et du poumon à petites cellules. 
L'anticorps anti-amphiphysine (l'amphiphysine est une protéine exprimée dans le système nerveux central et periphérique) lorsque les anticorps sont associés aux anti-HU il s'agit d'un cancer du poumon, lorsqu'ils sont isolés il s'agit d'un cancer du sein.
L'anticorps anticanal calcique voltage dépendant est associé à un syndrome myasthéniforme de Lambert-Eaton. L'anticorps peut être associé à des anti HU.
L'anticorps anti-CV2 ou
CRMP5 (collapsin response mediator protein 5), correspond à une atteinte  mixte, centrale syndrome cérébelleux et périphérique.
Les anticorps  anti-
GAD (anti acide glutamique décarboxylase) sont trouvés dans un syndrome myotonique, le syndrome de l'homme raide ou dans les syndromes neurologiques paranéoplasiques
Citons aussi les anticorps anti-Ma1 et Ma2 (Ta), les anti-CCVD, anti-neurofilaments.
Il existe des anticorps rares et difficilement accessibles en routine anticorps anti-Tr ou APCA 3, CAR, Zic ...

anticorps anti-HU, syndrome de l'homme raide, syndrome de Lambert-Eaton

[H1, F2, F3]

Édit. 2019

cancer du rectum l.m.

rectal cancer

Est considéré comme un cancer du rectum, toute lésion située à moins de 15 cm de la marge anale ou au-dessous du corps de la 3 ème vertèbre sacrée.
Les caractéristiques épidémiologiques du cancer du rectum sont identiques à celle du cancer du côlon. Les moyens de prévention sont les mêmes. Les différences dans la stratégie thérapeutique et l'exploration proviennent de la localisation anatomique.Il s’agit dans la majorité des cas d’un adénocarcinome. Les tumeurs endocrines et les lymphomes sont rares. L'incidence des cancers du rectum est voisine de 15 000 nouveaux cas par an en France, en incluant les cancers de la jonction recto-sigmoïdienne, enregistrés parfois comme des cancers du haut rectum. Tous stades confondus, la probabilité de survie à 5 ans est d’environ 55%. Il se révèle souvent par des rectorragies, épreintes, ténesme, troubles du transit. Le bilan est identique à celui du cancer du côlon, coloscopie totale en particulier pour rechercher d’autres lésions synchrones, avec plusieurs examens supplémentaires nécessaires. Le toucher rectal (TR) est le temps primordial de l’examen clinique, réalisé de préférence sur un rectum vide, en décubitus dorsal, cuisses fléchies ou en décubitus latéral gauche ou en position genu-pectorale. Il évalue la distance de la tumeur par rapport à la marge anale et à la sangle pubo-rectale (pôle supérieur du canal anal), la taille de la tumeur mesurée en cm ; on mesure les 2 plus grands diamètres, l’aspect macroscopique polypoïde sessile, pédiculé, ulcéré, ulcéro-bourgeonnant ou purement infiltrant. Le TR apprécie la mobilité de la tumeur par rapport aux plans pariétaux profonds, l’extension circonférentielle, la consistance de la tumeur. Il est aussi un examen clé pour apprécier la réponse au traitement néo-adjuvant.L’échoendoscopie rectale est performante pour les petites tumeurs afin d’ apprécier l’invasion dans la paroi rectale. L’IRM pelvienne est utile en cas de tumeur volumineuse ou circonférentielle pour apprécier l’extension de la tumeur dans le mésorectum et visualiser les ganglions de voisinage. La chromoendoscopie virtuelle ou classique, si virtuelle non disponible, est la méthode diagnostique la plus performante de prédiction histologique et de la profondeur d’invasion tumorale. Elle permet d’apprécier si un traitement non invasif est envisageable.  Le traitement standard des cancers du rectum invasif repose sur une radiothérapie et une chimiothérapie concomitante à base de 5-FU en néo-adjuvant suivis d’une résection rectale emportant la tumeur primitive et son territoire de drainage ganglionnaire. L’exérèse totale du mésorectum est capitale, réduisant les récidives loco-régionales, mais parfois la résection doit aussi être étendue aux organes de voisinage.Dans certains cas, lorsqu'il n'est pas possible de préserver le sphincter anal, le geste chirurgical est une amputation abdomino-périnéale et la pose d'une stomie définitive. La conservation du sphincter anal n’est problématique que pour les tumeurs du bas rectum.La chirurgie peut être d’emblée impossible, en raison de l’extension locorégionale de la tumeur, ou jugée inutile, en raison d’une extension métastatique importante.A l’inverse, lorsque la caractérisation endoscopique prédit un risque d’adénocarcinome superficiel, une exérèse locale peut être réalisée, soit par endoscopie, soit par exérèse chirurgicale trans-anale. La dimension de la tumeur intervient. En effet, en cas de petite tumeur l’exérèse endoscopique est réalisée par mucosectomie et si la tumeur mesure plus de 20 mm, la dissection sous muqueuse est nécessaire. Les deux impératifs sont d’une part d’obtenir une résection R0 et d’autre part  d’éviter toute fragmentation de la tumeur afin que l’examen histologique de la pièce permette de s’assurer du caractère adapté du traitement. Contrairement au cancer du côlon les anticorps anti-EGFr (Cetuximab) et les anti-angiogéniques (bevacizumab) ne sont pas utilisés dans le cancer du rectum.    

Syn. carcinome du rectum

cancer colo-rectal, cancer du colon

[F2, L1]

Édit. 2020

cancer secondaire l.m.

secondary carcinoma

1) Tumeur cancéreuse, appelée métastase, développée à distance d’un cancer (par opposition au terme cancer primitif ou primaire).
Ces localisations peuvent concerner n’importe quel organe .
2) Cancer survenant chez un malade traité, voire guéri d’un premier cancer, le second étant différent mais vraisemblablement la conséquence des effets délétères du traitement du premier cancer.
Par ex., cancer du sein, survenant après irradiation médiastinale pour une maladie de Hodgkin à moins qu’il ne s’agisse d’un terrain prédisposé.

métastase, second cancer

[F2]

hémocult ® n.m

hemoccult

Réactif (ou procédé) permettant de déceler la présence de sang dans les selles.
Le dépistage organisé du cancer colo-rectal repose sur le recherche de sang dans les selles dans la population à risque moyen de cancer colo-rectal âgée entre 50 ans et 74 ans. Ce dépistage est répété tous les 2 ans. Lorsque la recherche est positive, les sujets doivent se soumettre à une coloscopie.
Sont exclus de ce dépistage les sujets à risque élevé ou très élevé de cancer colo-rectal qui doivent se soumettre à un dépistage par une coloscopie d’emblée sans passer par la recherche de sang dans les selles.
Sont à risque élevé, les sujets ayant des antécédents personnels de maladie chronique inflammatoire des intestins, d’adénome villeux ou d’adénome de plus de 10 mm de diamètre ou plus de 2 adénomes quelles que soient sa taille et sa composante histologique, ceux qui ont un antécédent de cancer du colon ou qui présentent une acromégalie. Sont à risque très élevé les sujets ayant un antécédent familial chez une ou plusieurs personnes de cancer colorectal au premier degré de moins de 65 ans ceux qui ont une polypose adénomateuse familiale ou un syndrome de Lynch (syndrome HNPCC : hereditary non- polyposis colorectal cancer).
Le dépistage a reposé sur la détection de l’hème dans les selles (hemoccult I®). Depuis 2015, le test est immunologique (hemoccult II®) ; il met en présence des anticorps dirigés contre des globines humaines. Il est d’utilisation plus simple que le précédent test ; un seul prélèvement suffit (au lieu de 6). Surtout, il est plus sensible, détectant 2 à 2,5 fois plus de cancers et 3 à 4 fois plus d’adénomes avancés.

cancer de la thyroïde l.m.

thyroid cancer

Cancer né des cellules des follicules thyroidiens dans 95% des cas, différencié dans la majorité des cas, d'architecture papillaire (75% des cas) plus souvent que folliculaire (10 à 20%) et rarement indifférencié ou anaplasique.
Dans 5% des cas, le cancer dit "médullaire" se développe à partir de cellules parafolliculaires (cellules C , produisant la calcitonine ). Lymphomes malins ou métastases d'autres cancers sont extrêmement rares.
En France, l’incidence annuelle de ce cancer est de 6700 cas (projection InVS 2011) et la mortalité qui lui est liée de 375 cas annuels (données InVS 2011). Son incidence est plus faible chez l’homme (2,2/100 000) que chez la femme (7,5/100 000). Leur incidence a beaucoup augmenté en apparence depuis 30 ans, du fait du dépistage plus fréquent des petits cancers (infracentimétriques) par l'échographie. Seuls 5% des nodules thyroïdiens de 10mm ou plus sont des cancers.
Le traitement repose sur la chirurgie et dans les formes différenciées suivie, si nécessaire, de l’administration d’iode radioactif. Le pronostic est excellent, la survie à long terme étant de plus de 80%. Les rares métastases sont pulmonaires.
Les cancers indifférenciés ou anaplasiques surviennent chez les personnes âgées (moyenne d’âge 65 ans), surtout chez les femmes. Malgré le traitement, essentiellement chirurgical avec ou sans radiothérapie, le pronostic est très sévère. Des inhibiteurs des kinases donnent des résultats encourageants.
Le cancer né à partir des cellules parafolliculaires (cellules C secrétrices de thyrocalcitonine) est dit cancer médullaire (medullary carcinoma of the thyroid, C-cell carcinoma of the thyroid). L’excrétion d’une thyrocalcitonine anormale donne lieu à des dépôts amyloïdes. Il s’agit d’une forme d’évolution lente pouvant cependant être responsable de métastases essentiellement pulmonaires. Dans 80% des cas, il s’agit de forme sporadique. Il peut être familial, lié alors à la mutation germinale du proto-oncogène RET, il peut être alors isolé ou s’inscrire dans le cadre d’une néoplasie endocrinienne multiple de type 2.

Syn. carcinome de la thyroïde

cancer médullaire de la thyroïde, cellule C, iode radioactif, anaplasique, thyrocalcitonine, néoplasie endocrinienne multiple, proto-oncogène

[F2,O4]

hormonothérapie anticancéreuse n.f.

hormonal treatment, hormonotherapy.
Utilisation thérapeutique pour le traitement des cancers d'une hormone ou d’une substance s’opposant à une activité hormonale.
L'hormonothérapie supprime en principe l'activité hormonale qui entretient la prolifération cellulaire. , p. ex. le cancer du sein chez la femme, le cancer de la prostate chez l'homme. Elle agit par effet cytostatique. Les antihormones, l'acétate de cyprotérone anti-androgène ou le tamoxifène, anti-œstrogène, se substituent à l'hormone dans le complexe hormono-récepteur de la cellule cible.
La sensibilité est évaluée par la mesure de leur contenu en récepteurs hormonaux. : cancer de la prostate, cancers du sein exprimant des récepteurs d’œstrogènes et/ ou de progestérone.
Pour le cancer de la prostate sont utilisés les agonistes de la LHRH et les anti-androgènes.
Pour le cancer du sein, sont utilisés les anti-œstrogènes, les antiaromatases, les agonistes de la LHRH, les progestatifs.

LHRH (agonistes de la), antiandrogènes, anti-œstrogènes, antiaromatases, progestatifs

[O4,G5,F2]

Édit. 2015

tomographie par émission de positons l.f.

positron emission tomography (PET)

Technique d’imagerie fondée sur l’annihilation des électrons émis par un radionucléide, préalablement introduit dans l’organisme et électivement fixé par certains organes, opération qui est couplée à une tomodensitométrie.
On utilise le plus souvent comme marqueur le fluorodésoxyglucose marqué au 18F, de 511 KeV, qui se fixe d’autant plus intensément que l’activité métabolique des cellules est plus grande. Une caméra à positons, utilisant la détection en coïncidence, enregistre la répartition instantanée du radionucléide et ses variations métaboliques successives.
Cette technique est particulièrement utile à l’étude des récepteurs cérébraux (scintigraphie des récepteurs, octréotides). Les applications actuelles sont principalement :
- examen préchirurgical d'un cancer pulmonaire qui parait opérable, à la recherche de métastases sauf cérébrales,
- diagnostic de malignité d'une lésion pulmonaire de plus de 1 cm sans calcification, mais certaines lésions inflammatoires peuvent donner de faux positifs et certains carcinomes (bronchioloalvéolaires et neuro-endocrines bien différenciés) de faux négatifs,
- appréciation de l’extension d'un lymphome hodgkinien ou non hodgkinien ; après la deuxième cure d'un traitement chimiothérapique lorsque le lymphome parait résistant ; diagnostic d'une lésion résiduelle,
- rechute ou maladie résiduelle d'un cancer connu,
- suspicion d'une récidive devant une augmentation des marqueurs tumoraux au cours d'un cancer du sein ou d'un cancer digestif, d'une tumeur germinale maligne, alors que les examens habituels ne parviennent pas à la découvrir,
- recherche d'une lésion résiduelle après radiochimiothérapie d'une lésion germinale maligne,
- recherche d'une récidive d'un carcinome des voies aérodigestives supérieures, d'un carcinome rénale opéré, d'un cancer utérin.

Sigle TEP

cancer du sein chez l'homme l.m.

breast cancer in man

cancer du sein chez l'homme l.m.
Tumeur maligne peu fréquente représentant 1%  des cancers du sein (1,43 cas pour 100.000 habitants aux États-Unis en 2011).
L'âge moyen est de 67 ans.  Les mutations de BCRA sont parmi les facteurs de risque les plus évidents : 0 à 4 %   des hommes atteints de cancer du sein sont porteurs de BCRA1 et 4 à 16 % de BCRA 2. D'autres mutations interviennent : CHEK2 et PALB2.  Des facteurs complémentaires sont : l’exposition aux radiations, l’élévation des œstrogènes, le syndrome de Klinefelter, la gynécomastie, l'obésité... Les caractéristiques cliniques sont similaires à celles rencontrées dans le cancer du sein de la femme, les méthodes diagnostiques, et le traitement suivent les mêmes voies.
Parmi ces tumeurs 99% ont des récepteurs pour les œstrogènes,  82 % ont des récepteurs pour la progestérone, et 97 % ont des récpteurs pour les androgènes.
Le pronostic est moins favorable que dans le cancer du sein de la femme en raison de l'âge plus avancé au moment du diagnostic et de la latence prolongée dans l'établissement du diagnotic. Le risque de second cancer est de l'ordre de 2 %.
→ BRCA, PALB2, syndrome de Klinefelter, gynécomastie

S. H. Giordano, oncologue américain (2018)

BRCA, CHEK2, PALB2, syndrome de Klinefelter, gynécomastie

[F2, O4, Q3]

Édit. 2020

atrophie cérébelleuse paranéoplasique l.f.

paraneoplastic cerebellar atrophy

Atrophie dégénérative du cortex cérébelleux liée à une déperdition diffuse et massive des cellules de Purkinje, non métastatique, qui survient au cours de l'évolution d'une affection maligne.
D'installation habituellement subaigüe, précédant la découverte du cancer dans plus de la moitié des cas, un syndrome cérébelleux sévère domine, statique et cinétique, avec dysarthrie majeure et nystagmus. Une hypercytose discrète du liquide cérébrospinal et une hyperprotéinorachie avec augmentation du taux des immunoglobulines G, qui ont parfois un profil monoclonal, sont habituelles. L'atrophie cérébelleuse apparaît inconstamment et tardivement à l'imagerie.
Les formes avec anticorps anti-Yo fixés sur les cellules de Purkinje concernent généralement les femmes (cancer gynécologique ou du sein). Plutôt masculines, celles sans anticorps anti- Yo, associées à d'autres anticorps antineuronaux, peuvent être rattachées à des cancers gynécologiques, mais également à d'autres néoplasies comme un cancer bronchopulmonaire ou une maladie de Hodgkin.
Lorsqu'il s'agit d'une encéphalomyélonévrite paranéoplasique, qui peut aussi comprendre notamment une neuropathie sensitive, une atteinte du tronc cérébral, du motoneurone ou une dysautonomie, l'atteinte cérébelleuse est plus diffuse et associée à des lésions inflammatoires. Comportant généralement des anticorps anti-Hu, ce syndrome est fréquemment lié à un cancer du poumon à petites cellules.

Étym. gr. a : privatif ; trophê : nourriture

Syn. dégénérescence cérébelleuse paranéoplasique

biopsie liquide l.f.

liquid biopsy

Prélèvement et analyse d’un échantillon de plasma portant sur l’ADN circulant sans cellule, appelé cell-free DNA (cf DNA) afin de détecter des mutations somatiques traduisant la présence d’un cancer ou chez la femme enceinte l’existence de mutations dans l’ADN fœtal.
Chez les personnes saines, le cf DNA non tumoral est trouvé dans le plasma à taux faible (10 à 15 ng/ml).
Chez les patients atteints d’un cancer, le
cf DNA est libéré des cellules tumorales est appelé ct DNA pour DNA circulant tumoral ; il constitue seulement une partie du cf DNA. La fraction du ct DNA parmi le cf DNA chez les patients ayant un cancer varie beaucoup, de 0,1 à plus de 90 %. L’analyse d’autres fluides biologiques que le sang est également possible (liquide cérébrospinal, salive, fluide pleural, péritonéal, selles et urines). Les applications en cancérologie sont prometteuses. L’analyse du cf DNA du plasma, pratique mini invasive, évite les risques et complications potentielles des biopsies tumorales. La présence de mutations somatiques dans l’ADN circulant est un test hautement spécifique de la présence d’un cancer. Déterminer le profil moléculaire pour la sélection du traitement est devenu essentiel. La concordance entre les résultats des biopsies standard et des biopsies liquides doit être bonne. Les biopsies liquides ont l’avantage de pouvoir être répétées, soit lorsque le matériel obtenu par les biopsies standard n’est pas suffisant, soit pour adapter le traitement lorsqu’après une ou plusieurs lignes de chimiothérapie, une résistance acquise survient. Le plus souvent, les résistances acquises proviennent de clones, qui préexistaient et qui émergent du fait de la pression de sélection du traitement. Ces clones résistants peuvent coexister dans la même lésion ou dans des sites métastatiques distincts. La biopsie standard, contrairement à la biopsie liquide, sous-estime de façon majeure cette hétérogénéité. La recherche de ct DNA est utile pour évaluer la réponse thérapeutique au traitement. En effet, la demi-vie du cf DNA est très courte, approximativement une heure ; la persistance de mutations tumorales dans le cf DNA en post opératoire doit faire craindre une maladie résiduelle, qui peut ultérieurement conduire à une rechute tumorale. Une augmentation des taux de ct DNA peut précéder la progression de l’imagerie de plusieurs semaines ou mois. Par rapport aux marqueurs tumoraux antigène carcinoembryonnaire, antigène CA 125, par exemple, dont la demi-vie est longue et la spécificité et la sensibilité médiocres, le suivi des altérations des clones tumoraux est supérieur. La rareté des cellules portant un ADN muté dans des cancers débutants rend cette recherche peu utilisable dans le dépistage. En outre, elle ne permet pas l’identification de l’organe atteint.
Dans le cas du diagnostic prénatal, la technique permet de détecter la présence chez le fœtus d’une mutation connue dans la famille et de posséder ainsi les éléments d’un conseil génétique aux parents.

ADN, diagnostic génétique, diagnostic génétique préconceptionnel, diagnostic génétique prénatal, CA 125

[A4, F2, Q1]

Édit. 2019

cancer de la trompe de Fallope l.m.

Fallopian’s tube cancer

Tumeur maligne primitive rare de la trompe, 0,5% des cancers génitaux de la femme survenant après la ménopause, de type adénocarcinome, plus rarement sarcome ou mixte mésodermique.
Ce cancer se révèle cliniquement par des métrorragies ou une hydrorrhée, une obturation tubaire ou un hydrosalpinx à l’hystérographie. Il est souvent confondu avec un cancer de l’ovaire et diagnostiqué seulement lors de la laparotomie. Quatre-vingt-dix pour cent des cancers de la trompe sont secondaires à une extension de voisinage d’un cancer de l’ovaire. Primitif ou secondaire, il se traite comme un cancer de l’ovaire.

G. Fallopio, chirurgien et anatomiste italien (1523-1562)

cancer de l'ovaire, métrorragie, hydrorrhée, hydrosalpinx

[F2,O3]

curage ganglionnaire l.m.

lymphadenectomy

Exérèse chirurgicale des ganglions lymphatiques drainant les tissus sièges d'un cancer invasif, p. ex. le curage axillaire pour le cancer du sein, le curage iliaque pour le cancer de l'utérus, le curage inguinal pour le cancer de la vulve.

[N2]

dégénérescence cérébelleuse paranéoplasique (DCP) l.f.

paraneoplastic cerebellar degeneration

Manifestations habituellement subaigües, voire aigües, généralement sévères, qui précèdent la découverte d'un cancer dans plus de la moitié des cas.
Des troubles à la fois statiques et cinétiques s'associent à une importante dysarthrie et à un nystagmus. L'atrophie cérébelleuse est inconstante et tardive à l'imagerie. Le LCR est en règle anormal. La survie peut durer plusieurs années.
Les formes avec anticorps anti-Yo fixés sur les cellules de Purkinje sont féminines, liées en majorité à un cancer gynécologique ou du sein. Plus fréquentes chez les hommes, les formes sans anticorps anti-Yo peuvent aussi concerner d'autres affections malignes (cancer bronchopulmonaire, maladie de Hodgkin, etc.)
Une DCP peut n'être qu'un élément d'une encéphalomyélonévrite paranéoplasique, parfois dominée cliniquement par un autre signe que cérébelleux et comportant en tout cas des anticorps anti-Hu (lors d'un cancer du poumon à petites cellules le plus souvent). Un syndrome myasthéniforme de Lambert-Eaton associé est également possible.
T. Hodgkin, anatomopathologiste britannique (1832) ; E. Lambert, physiologiste L. M. Eaton, neurologue américains (1956) ; Étym.lat. degenerare : dégénérer

immunothérapie anticancéreuse n.f.

antineoplasic immunotherapy

Traitement d'un cancer par intervention sur le système immunitaire qui peut être spécifique ou non.
1) Immunothérapie non spécifique :
-BCG (Bacille de Calmette et Guérin) en traitement local pour le cancer de la vessie,
-interféron α pour certaines leucémies,
-interleukine 2 pour l’adénocarcinome rénal métastatique.
2) Immunothérapie spécifique, dite thérapie « ciblée », utilisant des anticorps monoclonaux» :
- anti CD 20 utilisés dans le traitement des lymphomes malins : rituximab,
- anti EGF (Epidermal Growth Factor) utilisé dans le cancer colorectal métastatique et dans certains cancers épidermoïdes : cetuximab
- anti HER2/neu utilisé dans le cancer du sein : trastuzumab
- anti VEGF (Vascular Epidermal Growth Factor) utilisé dans les cancers colorectal, bronchique et mammaire: bevacizumab.
3) Immunothérapie par inhibition du point de contrôle (« check point ») qui utilise des anticorps bloquant les points de régulation du système immunitaire mis en place par une tumeur cancéreuse pour échapper aux défenses de son hôte. Elle donne des résultats spectaculaires dans une proportion importante de mélanomes et de cancers bronchiques.

J. Allison, immunologiste américain, et Tasuku Honjo, immunologiste japonais, prix Nobel de médecine en 2018

Étym. lat. immunis : exempt de

BCG-thérapie endovésicale, interféron, interleukine

[F3, G5]

Édit. 2020

institut national du cancer l.m.

- participer au développement d’actions internationales,

- réaliser, à la demande des ministres intéressés, toute expertise sur les questions relatives à la cancérologie et à la lutte contre le cancer.
Cet institut, doté de la personnalité morale a été créé par la loi du 9 août 2004, relative à la politique de santé publique, complétée par un décret du 3 mai 2005. Il a la forme d’un groupement d’intérêt public constitué entre l’État et des personnes morales publiques ou privées intervenant dans le domaine de la santé et de la recherche sur le cancer. Il est placé sous la tutelle des ministres de la Santé, de l’Education nationale, de la Recherche, des Finances et du Budget. Il est dirigé par un conseil d’administration de 27 membres, dont 6 représentent l’État et 13 autres sont choisis parmi des personnes morales de droit public ou privé intervenant dans le domaine de la santé et de la recherche sur le cancer. Les huit derniers membres sont des personnalités qualifiées nommées par les ministres de la Santé et de la Recherche. Parmi elles, quatre doivent provenir des professions de santé médicales et paramédicales.
L’institut comprend aussi un directeur général, un conseil scientifique international, un comité de déontologie, un comité des malades, de leurs proches et des usagers et un comité consultatif des professionnels de santé. Le mandat des membres du conseil d’administration et du conseil scientifique international est d’une durée de cinq ans, renouvelable. Le siège de l’institut national du cancer est situé au 46, avenue André Morizet, 92100 Boulogne-Billancourt.

Sigle  : INCa

létalité synthétique l.f.

synthetic lethality

La létalité synthétique est la mort cellulaire obtenue par la synergie d’action de deux évènements non létaux par eux-mêmes et liée à la combinaison concomitante de deux mutations de gènes différents.
Le mécanisme provient de l’accumulation de cassures d’ADN non réparées. Ces ADN défectueux conduisent à la mort cellulaire.
L’exemple de la létalité synthétique est particulièrement démonstratif dans le cas des tumeurs du sein et de l’ovaire mutées BRCA 1 (BReast Cancer 1) et BRCA 2 (BReast Cancer 2). Ces deux gènes participent à la réparation de l’ADN. L’existence d’une mutation au niveau d’une des voies de réparation des tumeurs BRCA peut déclencher une croissance incontrôlée et augmente fortement le risque de cancer du sein et de l’ovaire.
Dans le domaine thérapeutique, le développement de thérapies ciblées avec les inhibiteurs de PARP (poly-ADP-ribose polymérase) repose sur le principe de la létalité synthétique. Ces thérapies ciblées n’agissent pas sur les cellules normales, mais sur les cellules cancéreuses. Les inhibiteurs de PARP bloquent la réparation de l’ADN des cellules cancéreuses, les tumeurs n’ayant plus le moyen de réparer leur ADN, meurent. Autrement dit, les cellules tumorales ont leur matériel génétique endommagé, mais ne peuvent pas le réparer, ceci conduit à l’apoptose et ainsi à une nouvelle stratégie pour combattre le cancer.

cancer du sein, cancer de l'ovaire, BRCA gene, poly-ADP-ribose polymérase

[C1, F2, Q1]

Édit. 2018

Li-Fraumeni (syndrome de) l.m.

Syndrome à transmission autosomique dominante témoin d’une prédisposition des sujets jeunes d’une même famille à développer de nombreux types de tumeurs malignes.
Ces tumeurs sont répertoriées principalement comme des sarcomes des tissus mous, des ostéosarcomes, des corticosurrénalomes malins, des tumeurs cérébrales, des leucémies/lymphomes malins et des cancers du sein de la femme jeune. Ce syndrome est caractérisé par une anomalie d’un gène suppresseur localisé sur le chromosome 17 codant pour la protéine p53 retrouvée dans environ 70% des familles. Dans quelques familles une mutation germinale du gène hCHK2 a été également décrite. La pénétrance, c'est-à-dire le risque d'apparition d'un cancer chez les porteurs d’une mutation délétère de p53, est de l’ordre de 15% à 15 ans, de 40%  à 50 ans pour les hommes et de 80% chez les femmes, cette différence s’expliquant par le haut risque de cancer du sein.  Certaines études citent des chiffres de l’ordre de 73% chez les hommes et 100% chez les femmes. Seule la surveillance concernant le cancer du sein s’avère efficace. Le risque d'un deuxième cancer, notamment radio-induit, est important.

F. P. Li et J. Fraumeni Jr, épidémiologistes et cancérologues américains (1969) ; Agnès Chompret, épidémiologiste et généticienne française (2004)

corticosurrénalome, cancer du sein, ostéosarcome, sarcomes des tissus mous, tumeurs cérébrales, leucémies, lymphomes malins, p53

œsophagectomie n.f.

œsophagectomy

Résection d’un segment ou de la totalité de l’œsophage.
L’indication princeps est le cancer de l’œsophage. Plus rares sont les exérèses pour oesophagite corrosive aigüe.
La première oesophagectomie pour cancer de l’œsophage cervical a été réalisée avec succès par V. Czerny le 2 mai 1877 (résection de 6cm.). Pendant 36 ans se succèdent des tentatives, toutes mortelles entre les mains les plus brillantes. Le 14 mars 1913 F. Torek réussit, par voie thoracique gauche, la résection de l’œsophage pour un cancer sous-aortique; sa malade a survécu 14 ans. Onze ans plus tard, en 1924, il n’avait toujours que 2 survies pour 12 opérés. L’essor de la chirurgie œsophagienne ne fut donné qu’après la 2ème guerre mondiale avec le développement de la chirurgie endothoracique, grâce aux progrès de l’anesthésie et de la réanimation. Deux congrès internationaux tenus l’un aux USA en 1946, l’autre à Paris en 1947, démontrent que la chirurgie œsophagienne sort de l’enfance et s’oriente vers la résection suivie d’anastomose immédiate.
Le choix de l’intervention dépend de la localisation de la tumeur, de son étendue et de l’expérience de l’équipe. Deux types d’interventions chirurgicales peuvent ainsi être réalisés : l’œsophagectomie subtotale et l’œsophagectomie totale, toujours accompagnées d’un curage adénolynphatique.
- L’œsophagectomie subtotale consiste à retirer une partie de l’œsophage et la partie supérieure de l’estomac. Le plus souvent, cette intervention est proposée lorsque la tumeur est située dans le tiers inférieur ou moyen de l’œsophage. Elle nécessite une double voie d’abord, abdominale et thoracique. On parle d’œsophagectomie subtotale par voie transthoracique droite aussi appelée intervention de Lewis-Santy-Mouchet. Il s’agit de la technique de référence dans la chirurgie de l’œsophage. Elle est de plus en plus entrée en concurrence avec la voie thoracique gauche (qui peut être agrandie en thoracophrénolaparotomie) plus délabrante et qui nécessite un décroisement aortique (technique de Sweet, de J.L. Lortat-Jacob).
- L’œsophagectomie totale consiste à retirer la totalité de l’œsophage et la partie supérieure de l’estomac. Elle est souvent réalisée par une triple voie d’abords : abdominale, thoracique et cervicale (technique d’Akiyama ou de McKeown). Elle est souvent utilisée lorsque la tumeur est située dans le tiers moyen ou supérieur de l’œsophage.
En cas de contre-indication respiratoire à la thoracotomie, de tumeur de petite taille ou pour certaines formes de cancers de la jonction œsogastrique, le chirurgien peut avoir recours aux voies d’abords abdominale et cervicale pour réaliser l’intervention. Il s’agit alors d’une œsophagectomie par voie transhiatale, sans thoracotomie (technique d’Orringer). Le curage lymphatique ne peut être qu’abdominothoracique par le hiatus diaphragmatique et cervical.
Le rétablissement de la continuité digestive fait appel aux techniques d’œsophagoplastie. Elle est le plus souvent réalisée avec l’estomac. L’estomac est tubulisé pour reconstituer l’œsophage. En fonction de la zone de section de l’œsophage, la suture entre l’estomac et l’œsophage restant peut être réalisée le plus souvent au sommet du thorax lors d’une œsophagectomie subtotale ou au niveau du cou lors d’une œsophagectomie totale. Lorsque l’estomac a été entièrement retiré ou lorsqu’il n’est pas utilisable, le rétablissement de la continuité digestive peut être réalisé avec le colon ou l’intestin grêle. Le transplant est le plus souvent monté dans le lit oesophagien (voie thoracique droite). Des reconstructions par tunnelisation rétrosternale ont été proposées ; elles se heurtent à un risque de sténose dans le défilé cervicothoracique au bord supérieur du manubrium sternal.
Les pinces mécaniques de sutures et d’anastomoses ont marqué une révolution technique de la chirurgie digestive et particulièrement œsophagienne. Elles ont diminué le nombre et la gravité des fistules anastomotiques, principales causes de mortalité par médiastinite.
Lorsque le cancer est à un stade précoce (cas très rare), c’est-à-dire limité à la muqueuse de l’œsophage (en particulier pour les lésions précancéreuses - dysplasies de haut grade sur endobrachyœsophage), la résection endoscopique est le traitement de référence. Cette procédure consiste à décoller et enlever la muqueuse et une partie de la sous-muqueuse de l’
Les progrès de l’endoscopie souple, de l’imagerie (échographie, scanner, IRM) permettent une meilleure sélection des opérés. La radiothérapie ciblée, une chimiothérapie plus efficace, l’intubation endoscopique, prennent place dans une décision thérapeutique devenue multidisciplinaire.

V. Czerny, chirurgien  allemand (1877) ; F. Torek, chirurgien américain (1915) ; I. Lewis, chirurgien américain (1946) ; P. Santy, chirurgien français, membre de l'Académie de médecine (1946) ; R. H. Sweet, chirurgien américain ( 1946) ; A. Mouchet, chirurgien français (1948) ;  K. C. McKeown, chirurgien britannique (1980) ; H. Akiyama, chirurgien japonais (1980) ; M. B. Orringer, chirugien américain (1999); J. L. Lortat Jacob, chirurgien français, membre de l'Académie de médecine (1951)

Étym. gr. oisophagos : œsophage, qui porte ce qu'on mange ; ektomê : ablation

cancer de l'œsophage, œsophagite corrosive aigüe, œsophagoplastie

[L2]

Édit. 2017

prostate (adénocarcinome de la) l.m.

prostatic adenocarcinoma

Tumeur maligne épithéliale la plus commune de la glande prostatique, développée aux dépens des acinus.
L'adénocarcinome prostatique est en fréquence le deuxième cancer de l'homme, après celui du poumon. L'incidence en France est de 38 pour 100 000 habitants ; variable selon les pays, elle est la plus élevée chez les noirs des États-Unis. Sa mortalité en France est de 10% de l'ensemble des décès par cancer, et semble encore augmenter. Aucun facteur étiologique ou environnemental n'a été mis en évidence. Par contre des facteurs familiaux et génétiques sont prouvés, et certains gènes identifiés. Son développement est androgénodépendant, du moins au début de l'évolution.
Le cancer histologique est bien plus fréquent que le cancer clinique. Les stades de début sont totalement asymptomatiques. Le dépistage de masse n'est pas actuellement réalisable. Le diagnostic, souvent suspecté sur une élévation du taux de PSA, est fait par toucher rectal, échographie endorectale et ponction-biopsie prostatique. Il est parfois découvert dans les copeaux d'une résection endoscopique pour adénome. La coexistence des deux affections est fréquente. L'extension est locale (franchissement capsulaire, envahissement du plan séminal, des espaces cellulaires périprostatiques, du plancher vésical (avec retentissement sur le haut appareil), du rétropéritoine), régional (extension aux chaines lymphatiques ilio-obturatrices), métastatiques (squelette principalement, poumon, névraxe).
Le traitement des cancers localisés est curatif (prostatectomie totale associée à la lymphadénectomie pelvienne, ou radiothérapie (externe ou brachythérapie). Au-delà des limites prostatiques le traitement devient palliatif, associant de façon diverse chirurgie, radiothérapie et hormonothérapie. Le traitement des formes métastatiques est l'hormonothérapie, la suppression androgénique étant obtenue de diverses manières : pulpectomie testiculaire, agonistes de la LH-RH, antiandrogènes, œstrogénothérapie. Il n'y a pas de chimiothérapie spécifique. Le pronostic dépend du stade initial de la tumeur et de sa forme histologique, l'échappement hormonal annonçant souvent une évolution peu contrôlable.

cancer broncho-pulmonaire primitif l.m.

primary bronchopulmonary carcinoma, primary bronchopulmonary cancer

Affection maligne liée à une prolifération cellulaire épithéliale anormale développée au sein du tissu bronchique plus rarement au niveau des alvéoles pulmonaires. 
Ce terme correspond à plusieurs maladies distinctes souvent regroupées sous le terme courant mais erroné de "cancer du poumon".  Ce cancer doit être distingué d’une atteinte métastatique (dite encore secondaire) souvent d’origine digestive. Les cancers broncho-pulmonaires primitifs sont essentiellement de quatre types histologiques : épidermoïde, glandulaire ou adénocarcinome, indifférencié à grandes cellules (ces trois premiers types souvent réunis sous le terme de "cancers bronchiques non à petites cellules" (CBNPC) et représentent près de 85% des cas), et carcinome à petites cellules. Quelle que soit leur forme histologique, leur principal facteur étiologique est l'intoxication tabagique, mais d’autres facteurs peuvent en être en cause : amiante, cannabis, rayons X ou gamma...
Le cancer bronchique primitif est l'un des cancers les plus fréquents.  En France, son incidence annuelle est de 46 000 cas  (67% masculins). Si elle a tendance à diminuer chez l’homme, elle augmente régulièrement chez la femme en raison de son tabagisme. C’est la première cause de mortalité par cancer en France responsable de 33 000 décès annuels. Son évolution, très sévère, est marquée par un développement intra-thoracique et par des métastases (cérébrales, hépatiques, osseuses…).
Son diagnostic et le plus souvent fait devant une symptomatologie broncho-pulmonaire (toux, hémoptysie..)  et repose à la suite de l’imagerie sur une biopsie réalisée lors d’une endoscopie.
Les indications thérapeutiques se fondent sur le type histologique précis, essentiellement distinction entre CBNPC et cancers à petites cellules. La classification de l’O.M.S. de 2015, est un guide du traitement et un élément pronostique. Dans les CBNPC, il est idéalement chirurgical complété ou non par la radiothérapie et/ou la chimiothérapie ; certaines caractéristiques moléculaires, en particulier certaines mutations, observées dans près de la moitié des cas, vont peser sur l’indication des thérapeutiques médicamenteuses, thérapies ciblées entre autres contre l’expression de facteurs de croissance et/ou immunothérapie. Les cancers à petites cellules relèvent surtout de la radiothérapie et de la chimiothérapie.
Le pronostic dépend en très grande partie de l'extension (précisée par la classification TNM), de l'état général et la fonction respiratoire. Il reste très réservé dans les formes non opérables, avec environ 5% de survivants à 5 ans, d’autant que le diagnostic se fait le plus souvent (70% des cas) à un stade évolué lorsque la tumeur n’est plus opérable. Cependant, les thérapies ciblées et/ou l’immunothérapie permettent des rémissions inattendues avant leur utilisation dans certains cas de CBNPC, même évolués. A côté des formes invasives, il existe dans les CBNPC, des formes in situ de bon pronostic.

Syn. cancer bronchique, cancer des bronches, cancer du poumon, carcinome bronchique, carcinome broncho-pumonaire, carcinome pulmonaire

adénocarcinome broncho-pulmonaire primitif, cancer bronchique adénosquameux, cancer bronchique à grandes cellules, cancer bronchique à petites cellules, cancer broncho-pulmonaire in situ, cancer épidermoïde bronchique primitif, classification TNM

[A2, A3, B2, F2, K1, K3]

Édit. 2020

adénocarcinome gastrique l.m.

gastric adenocarcinoma

L’adénocarcinome (ADK) de l’estomac est le type histologique le plus fréquent, représentant 90 % des cancers gastriques.
L’incidence de l’adénocarcinome hors jonction œsogastrique (JOG),  en particulier antral, appelé aussi distal, diminue régulièrement, alors que l’adénocarcinome de la JOG augmente. L’ADK situé au-dessus du cardia est habituellement développé sur un endobrachyœsophage. L’ADK situé entre 1 cm au-dessus et 2 cm au- dessous du cardia est un ADK du cardia vrai et l’ADK situé entre 2 cm et 5 cm au-dessous du cardia appelé ADK proximal ou sous cardial. La diminution de l’incidence de l’ADK distal est liée à un meilleur contrôle des facteurs de risque, en particulier l’éradication d’Helicobacter Pylori . Les autres facteurs de risque de l’ADK sont la gastrite atrophique,  l'hérédité et l’antécédent de gastrectomie partielle ancienne (plus de 10 ans) .  Les deux principales formes héréditaires de cancers gastriques connues correspondent au syndrome de Lynch (type intestinal le plus souvent) et aux formes héréditaires des cancers gastriques associées aux mutations du gène CDH1 qui exprime une protéine E-cadhérine anormale. Le cancer gastrique fait également partie du spectre d’autres syndromes de prédisposition héréditaires aux cancers : polyposes adénomateuses colorectales  ; polypose juvénile ; syndrome de Peutz-Jeghers ; maladie de Cowden ; syndrome de Li-Fraumeni.La recherche d’une infection à helicobacter pylori et son éradication est recommandée chez les patients et chez les apparentés au premier degré. Histologiquement, la classification des ADK (OMS 2010) distingue les ADK tubuleux, papillaire, mucineux (>50 % colloïde muqueux), à cellules indépendantes (>50 % de cellules en bague à chaton ou isolées).
Le traitement est fonction de la classification TNM. Les  chimiothérapies tendent à inclure non seulement les patients avec cancer gastrique, mais aussi ceux avec adénocarcinome du tiers inférieur de l’œsophage et/ou de la JOG, le site tumoral primitif (œsophage, JOG, estomac) n’influe pas significativement sur la survie globale. En cas de cancer superficiel, le traitement endoscopique réalisé dans un centre expert est une alternative à la chirurgie.  Dans les formes résécables, la chimiothérapie péri-opératoire est une référence.  La chimiothérapie palliative varie selon la présence ou non d’une surexpression de HER2. (Human Epidermal Growth Factor Receptor-2).

Étym. gr. adên : glande ; karkinos : crabe

syndrome de Lynch, gène CDH1, E-cadhérine, endobrachyoesophage, HER2, polypose adénomateuse colorectale, polypose juvénile, Peutz Jeghers, Maladie de Cowden, syndrome de Li-Fraumeni, Helicobacter Pylori, facteur de croissance épidermique

[F2, L1, L2]

Édit. 2020

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