Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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aphtose bipolaire l.f.

bipolar aphtosis

Entité correspondant à la présence chez un même patient d'aphtes sur les muqueuses buccale et génitale, soit isolément, soit conjointement, évoluant de façon récidivante et chronique.
Les aphtes génitaux laissent parfois une cicatrice, en particulier sur le scrotum. L'aphte isolé aigu de la vulve, autrefois appelé ulcère aigu de Lipschütz, est une forme particulière, isolée ou unique, d'évolution très nécrotique mais rarement récidivante. L'aphtose bipolaire peut rester isolée et évoluer pour son propre compte de façon récidivante et chronique, mais elle peut aussi faire partie des manifestations de la maladie de Behçet.

Étym. gr. aphtein : brûler

bipolaire adj.

bipolar

1) Qui a deux pôles ou qui intéresse les deux pôles d’une structure ou d’un organe.
Se dit d’un circuit électrique, d’une cellule nerveuse dont un pôle donne naissance à l’axone et dont le pôle opposé est pénétré par un dendrite unique, ou encore à propos de la pathologie d’un os long (fracture bipolaire, ostéomyélite bipolaire) etc.
En bactériologie une coloration est dite bipolaire lorsqu’elle ne se manifeste qu’aux deux extrémités du corps bactérien.
En biochimie une molécule est dite bipolaire lorsqu’elle présente un pôle hydrophile et un pôle hydrophobe. C’est le cas des acides gras constituants des lipides. Le terme amphipathique est ici préféré.
2) En psychiatrie : maladie bipolaire.

Étym. lat. bis deux fois ; polus pôle

amphipathique, maladie bipolaire

Édit. 2017

cellule bipolaire l.f.

bipolar cell

Cellule constituant le neurone de liaison entre un photorécepteur et une cellule ganglionnaire.

[A2]

gradient bipolaire en IRM l.m.

bipolar gradient

En IRM, gradient de champ magnétique composé de deux parties ou lobes de même amplitude, mais de polarité inverse, ceci dans le but de corriger le déphasage des protons inévitablement provoqué par la modification des fréquences de précession induite par ce gradient.
L'application d'un gradient de champ magnétique dans une direction donnée modifie la fréquence de précession des protons dans cette direction, ce qui entraîne un déphasage de ceux-ci, persistant après l'arrêt du gradient.
Ce sont ces différences de phase que l'on utilise pour le codage des lignes de la matrice à l’aide d’un gradient de codage de phase Gphi.
Cepandant ce déphasage est nuisible quand il s'agit de coder les colonnes de la matrice grâce à autre gradient (appelé gradient de codage de fréquence Goméga) et de lire le signal dont le déphasage diminue l'intensité. Pour pallier cet inconvénient, on utilise un gradient bipolaire : un premier lobe, négatif, entraîne un déphasage des protons, tandis qu’un deuxième lobe, positif, compense exactement ce déphasage. Le signal est maximal quand les déphasages s'annulent (d’où le nom d’écho de gradient) lorsque la durée du lobe positif égale celle du lobe négatif.
Le même problème de déphasage se pose lors de la sélection du plan de coupe par un troisième gradient, nommé gradient de sélection de coupes ou Gs. On le résout, là aussi, en utilisant un gradient bipolaire, mais dont le premier lobe est généralement positif et le second négatif.
phase encoding gradient
En IRM, gradient de champ magnétique appliqué dans une direction perpendiculaire à celle du gradient de sélection du plan de coupe Gs et à la direction des lignes de la matrice, permettant le codage par la phase de ces dernières.
Si, p. ex. on fait des coupes axiales, le gradient Gs est appliqué suivant l'axe cranio-caudal (z'z) du patient et le gradient Gphi suivant y'y qui lui est perpendiculaire. Ce gradient est appliqué en même temps que l'impulsion de 180° de la séquence d'écho de spin. Celle-ci remet en phase les protons, mais l’application simultanée du gradient Gphi suivant y’y entraîne une modification de la fréquence de précession des protons et, par conséquent leur déphasage suivant cette direction.
Il en résulte que, pour une valeur donnée du gradient, seuls seront en phase les protons d'une ligne particulière de la matrice. Pour chaque ligne, il faut appliquer un gradient Gphi dont on augmente de ligne en ligne la force (ou la durée) pour obtenir autant de déphasages que la matrice contient de lignes (par ex. pour 256 lignes, il y aura 256 étapes d'incrémentation).
Mais le gradient Gphi n'entraîne pas un déphasage de 0 à 360° de la première à la 256ème ligne de la matrice. Celui-ci sera de +180° à 0° de la première ligne à la ligne du milieu et de 0° à -180° de la ligne du milieu à la 256ème et dernière ligne. Ainsi que le signal a sa plus grande amplitude sur la ligne du milieu de la matrice et décroit progressivement de part et d'autre de celle-ci. Pour chaque ligne, le codage de phase est suivi d'un codage en fréquence qui permet de coder les colonnes de la matrice.

gradient, précession libre, gradient de codage en fréquence

[B2,B3]

Édit. 2018

maladie bipolaire l.f.

bipolar (psychosis, disorder)

Affection psychiatrique caractérisée par l’alternance, chez le même individu, d'accès aigus de manie euphorique et de dépression mélancolique.
Le trouble bipolaire est ainsi distingué du trouble unipolaire (dépressions récurrentes).
Alors que spontanément, l'épisode maniaque ou dépressif dure quelques mois, les intervalles entre les accès sont variables : quelques mois à quelques années, voire dizaines d'années. Libres de toute pathologie thymique franche, ils peuvent s'accompagner de troubles de la personnalité, manifestations anxieuses, hypomanie ou subdépression. Selon qu'au moins un épisode d'excitation a été d'intensité maniaque franche, hypomaniaque, ou secondaire à l'action d'antidépresseurs, on utilise les termes de bipolaire I, II ou III. Celui d'évolution à cycles rapides désigne quatre accès d'excitation ou de dépression au moins dans la même année. Lorsque des symptômes schizophréniques sont associés aux manifestations thymiques, le trouble est qualifié de schizodysthymique ou schizo-affectif bipolaire. Le spectre bipolaire inclut des situations pathologiques diverses : cyclothymie, alcoolisme intermittent, etc. Les travaux récents indiquent que les manifestations de ce spectre sont aussi fréquentes que les troubles unipolaires, pouvant concerner plus de 1% de la population générale.
Généralement admis, le rôle des facteurs génétiques sur l'ensemble des troubles du spectre bipolaire semble confirmé par la fréquence élevée des antécédents familiaux thymiques uni- ou bipolaires.
Les psychoses bipolaires sont particulièrement sensibles à l'action prophylactique des sels de lithium et autres thymorégulateurs.

K. Leonhardt, neuropsychiatre allemand (1957)

Syn. maniacodépression, psychose maniacodépressive (obsolète), cyclophrénie

maladie bipolaire chez l'enfant et l'adolescent l.f.

bipolar psychosis, disorder among children and adolescents

Des formes analogues à celles observées chez l'adulte sont tout à fait exceptionnelles avant la puberté.
Chez l'enfant, des manifestations hypomaniaques de lutte contre les angoisses dépressives peuvent cependant être notées. Agitation, exubérance, bonne humeur factice, familiarité exagérée, excitation anxieuse, logorrhée, fuite des idées sont souvent au premier plan, mais peuvent se mêler à des manifestations proprement dépressives.
Chez l'adolescent, la dépression mélancolique est rare, alternant ou non avec des accès maniaques. Le diagnostic de dépression inaugurant une telle psychose est difficile à poser lors d'un premier accès. L'existence d'antécédents familiaux aidera au diagnostic.
La mise en route d'un traitement par le lithium ou d'autres thymorégulateurs sera présentée avec une extrême prudence.

version bipolaire l.f.

bipolar version

Version du fœtus réalisée pendant la grossesse par des pressions exercées dans le sens de sa flexion sur ses pôles céphalique et pelvien.

J. Braxton-Hickx, obstétricien britannique (1823-1897)

version, Braxton-Hicks (manœuvre de), version par manœuvres externes, version par manœuvres mixtes

[O3]

Édit. 2019

ataxie cérébelleuse cataracte, surdité et démence ou psychose l.f.

cerebellar ataxia, cataract, deafness, and dementia or psychosis

Syndrome associant un tremblement intentionnel, une psychose paranoïaque ou une démence en fin de vie.
Au niveau ophtalmologique apparaît entre 20 et 30 ans une cataracte polaire postérieure qui est associée à une surdité. L’affection est autosomique dominante (MIM 117300).

E. Strömgren, psychiatre danois (1970)

Étym. gr. katarraktès: chute d’une trappe, d’une porte de ville, chute d’eau, kata rassô : tomber complètement, chute d’un voile (devant les yeux)

hallucinatoire chronique (psychose) l.f.

hallucinatory chronicle psychosis

Variété de délire chronique, caractérisée notamment par l'activité hallucinatoire1.
Survenant en règle après 30 ans, elle est classiquement dominée au début par un "petit automatisme mental", puis par de très riches phénomènes psychosensoriels, surtout acousticoverbaux, le plus souvent à thèmes de persécution, en fait assez bien systématisés. Des poussées jalonnent l'évolution. Habituellement, le suivi médical et paramédical, avec les neuroleptiques, réduit ces troubles, mais sans véritable disparition. On respecte au besoin des franges délirantes, afin de prévenir des états dépressifs, pseudodéficitaires ou régressifs éventuels.
Une tentative de démembrement selon trois structures délirantes2 n'a pas supprimé cette entité propre à l'école française, souvent considérée à l'étranger comme une forme de schizophrénie à début tardif. La CIM 10 l'inclut dans les "autres troubles psychotiques non organiques" ne répondant pas, en particulier, aux critères schizophréniques, ni à ceux d'une pathologie thymique de type psychotique.

1G. Ballet, psychiatre français, membre de l'Académie de médecine (1911-1913) ; 2 C-H. Nodet, psychiatre français (1937)

Étym. lat. hallucinare : se tromper

[H3]

Édit. 2015

infantile (psychose) l.f.

psychosis in childhood

Étym. lat. infans, in fari : enfant, qui ne parle pas

psychose infantile

maniacodépressive (psychose) l.f.

manic-depressive psychosis

bipolaire (psychose, maladie, trouble), circulaire (folie)

post-partum (psychose du) l.

post-partum psychose
Affection rare, débutant le plus souvent au premier mois après l'accouchement (parfois retardée : psychose de la lactation), chez des primipares de 25 à 35 ans avec, pour un tiers d'entre elles, environ des antécédents psychiatriques, en particulier maniacodépressifs, et ayant fréquemment subi une césarienne ou le décès d'un enfant en période prénatale.
Environ 55% des cas de psychose de la grossesse se déclarent pendant la quinzaine qui suit l’accouchement et 30% plus tard. 15% surviennent pendant la grossesse proprement dite.
Quatre tableaux cliniques principaux sont décrits : psychose délirante aigüe à forte charge anxieuse (non-reconnaissance de l'enfant, négation de son existence), accès maniaque, accès mélancolique, psychose d'allure schizophrénique. Un tiers environ de l'ensemble comporte également un niveau confusionnel incitant à la recherche d'une organicité. Une hospitalisation est souvent nécessaire, avec essai de maintien du lien mère-enfant, prévention d'un risque médicolégal (hétéro-agressivité possible), traitement psychotrope et au besoin sismothérapie.
Fluctuante, l'évolution de ces psychoses est en règle favorable, sous réserve de rechutes possibles à très court terme, surtout de type thymique, d'un mode d'entrée schizophrénique, d'un risque de récidive 100 fois plus élevé lors d'une autre grossesse qu'en l'absence de cet antécédent, et de l'ordre de 30% en dehors de la puerpéralité.
S'agissant de la prévention des formes thymiques, dans les seules études ouvertes publiées, le lithium, prescrit après l'accouchement, paraît utile malgré son délai d'action de plusieurs jours. Classiquement, il nécessite l'interruption de la montée laiteuse par d'autres traitements que la bromocriptine, agoniste dopaminergique considéré parfois comme inducteur d'états maniaques.

Syn. psychose puerpérale

psychose alcoolique aigüe et subaigüe l.f.

alcohol-induced acute and subacute psychosis

Psychose confuso-onirique survenant chez l'alcoolique chronique, qui peut être précipitée par un accident, un épisode infectieux, une intervention chirurgicale ou un choc émotionnel, souvent à l'occasion d'un sevrage.
Très rare de nos jours, parfois précédé d'une crise comitiale, le delirium tremens est dominé par un travail hallucinatoire surtout zoopsique terrifiant, avec confusion profonde, agitation surtout nocturne, parfois forcenée, trémulation, mais suggestibilité. Le pronostic vital est engagé d'emblée (hyperthermie, déshydratation, sitiophobie, complications pulmonaires, etc.).
Bien plus fréquentes, les psychoses alcooliques subaigües présentent une déstructuration de conscience moins marquée, sans atteinte somatique notable.
Chez ces patients, une évolution est possible vers une encéphalopathie de Gayet-Wernicke-Korsakoff. Dans le cas de guérison, une aptitude délirophile a été relevée.

Étym. arabe al -cohol : liquide distillé 

[H3,G3,G4]

psychose (caractères cliniques généraux d'une) l.

clinical general characteristics of a psychotic disorder

Terme qui désigne actuellement les affections mentales les plus sévères, comportant pour l'essentiel une atteinte globale et profonde de la personnalité (E. von Feuchtersleben).
Formant une opposition pertinente, au sens des linguistes, avec les névroses, les aspects typiques des psychoses comportent : une symptomatologie majeure, caractéristique s'il s'agit par ex. d'idées délirantes ou d'hallucinations ; une altération du contact avec ce qu'il est convenu d'appeler la réalité ; une diminution ou une absence de conscience et de critique vis-à-vis du vécu pathologique, avec croyance à son égard ; d'importantes altérations de la personne, fréquemment accompagnées de perturbations de la relation au monde extérieur, en particulier des conduites, avec parfois isolement ; une impression générale d'étrangeté des troubles ; une évolution le plus souvent réservée.
Certes, de tels critères sont inconstants, voire controversés. Mais dans la pratique quotidienne, ce sont bien à ces caractéristiques cliniques que fait appel la majorité des psychiatres.

E. von Feuchtersleben, psychiatre autrichien (1806-1849)

psychose cannabique l.f.

cannabic psychosis

Pharmacopsychose liée à la consommation de cannabis.
Il s'agit le plus souvent d'une décompensation psychotique chez un sujet prédisposé ou d'une rechute chez un schizophrène connu.
Cependant l'existence de psychoses aiguës cannabiques ne fait aucun doute. Leur symptomatologie ne présente pas de particularités : angoisse psychotique, dépersonnalisation et déréalisation, hallucinations visuelles et auditives, état confusionnel, idées de persécution.
En revanche, les psychoses cannabiques chroniques font l'objet de controverses.

Étym. gr. kannabis : chanvre (emprunt à l’akkadien ?)

cannabis

psychose collective l.f.

collective delusion

Ensemble pathologique assez disparate, réuni par l'adhésion partagée, dans une population donnée, à un discours ou à des rumeurs délirants, devenus la propre réalité psychique de la population.
Selon J. Delay, la collectivité concernée se comporte comme une cellule nouvelle, unique et cohésive, véritable "personnalité en plusieurs personnes". Chacun des participants contribue au délire commun, dont le thème est généralement la persécution.
Seront seulement citées : les "épidémies" de possession démoniaque ou de délire mystique (ce dernier ayant par ex. suscité le suicide collectif de Guyana en 1978) ; les hallucinations collectives ; les psychoses de quartier (avec surtout incrimination du comportement de certaines ethnies) ; dans certains cas, les désignations de boucs émissaires et les lynchages (notamment après une catastrophe).
Les prédispositions individuelles, la nature et l'intensité du ou des facteurs déclenchants, la fragilité psychique du groupe en soi, l'identification de chacun à celui-ci et à un chef, agissent de façon très variée dans ces troubles et leur évolution. Quand il est possible, le retour à la vie sociale est habituellement difficile et douloureux.

J. Delay, psychiatre français, membre de l'Académie de médecine (1967)

contagion mentale, délire à deux ou à plusieurs, océanique (sentiment, vécu), persécution (sentiment de).

[H3,H4]

psychose cycloïde l.f.

cycloid psychosis

Concept de K. Kleist ("psychoses cycloïdes marginales"), repris surtout par Karl Leonhard (1961), qui est proche de celui de trouble schizo-affectif : ce dernier a décrit trois formes cliniques : avec troubles de la motilité (allant de l'akinésie à l'hyperkinésie) ; confusionnelles ; avec anxiété-élation (depuis des états anxieux avec idées de référence jusqu'à des vécus extatiques). Diverses associations de ces formes sont possibles.
Ce trouble récurrent bipolaire, de bon pronostic, est considéré comme n'appartenant ni à la psychose maniacodépressive, ni aux schizophrénies. Cependant un important courant conceptuel, avec notamment C. Perris, soutient sa proximité par rapport à la première, avec un très fort ancrage dans l'endogénéité, par opposition aux états schizophréniques processuels.

K. Kleist (1928) et K. Leonhardt (1979), neurologues et psychiatres allemands ; C. Perris, psychothérapeute suédois (1928-2000)

psychose délirante aigüe ou subaigüe l.f.

acute delusional disorder

État délirant aigu ou subaigu, qui pose le problème de son évolution à court et à long terme.
Il peut s'agir notamment :
- de la classique bouffée délirante (non exclusive de certaines éventualités ci-après ;
- d'états réactionnels à un traumatisme psychique ou bien, dans certains systèmes socioculturels et ethniques traditionnels, d'une réponse à des circonstances vécues comme agressives ;
- de formes délirantes du post-partum (L.V. Marcé, 1858), le plus souvent favorables, moins fréquentes que les troubles thymiques ;
- de véritables psychoses expérimentales par des drogues hallucinogènes ;
- d'une poussée délirante ou d'un mode d'entrée dans une psychose au long cours, surtout schizophrénique. S'inscrivent dans ce sens une personnalité schizoïde, un début subaigu, une adaptation affective médiocre au monde délirant, des troubles du cours de la pensée.
Mais des formes schizophréniformes de bon pronostic sont également possibles et un recul de plusieurs mois est parfois nécessaire. Si bien que, parmi les nombreuses dénominations appliquées aux psychoses délirantes aigües, le terme de "schizophrénie aigüe" prête à diverses ambigüités.

L. Marcé, psychiatre français (1862)

état oniroïde

psychose de quartier l.f.

quarter delusion

collective (psychose)

psychose dysthymique l.f.

dysthymic psychosis

1) Classiquement état psychotique à la fois délirant et maniaque ou mélancolique. Ainsi a été introduite la notion de schizophrénie dysthymique, définie par la survenue d'épisodes dépressifs et/ou maniaques sur fond de symptomatologie schizophrénique au long cours.
Les troubles de l'humeur faisant par définition partie des symptômes dissociatifs propres à la schizophrénie, les limites du concept de schizophrénie dysthymique sont difficiles à tracer : depuis les formes délirantes de maladie maniacodépressive jusqu'aux schizophrénies chroniques dont l'évolution est émaillée de dépression ou d'excitation maniaque.
2) Pour la littérature anglosaxonne, variété de schizophrénie individualisée comme trouble schizo-affectif bipolaire ou unipolaire.
Il s'agit d'une prise de position discutable car le débat reste ouvert sur la position des psychoses dysthymiques au regard des schizophrénies, des psychoses maniacodépressives ou d'une entité psychotique spécifique. En tout cas l'évolution intermittente de ces psychoses justifie l'usage d'un traitement préventif des récurrences par des thymorégulateurs.

Syn. psychose cycloïde

psychose et névrose expérimentales l.f.

experimental psychosis and neurosis

Provocation artificielle, surtout chez l'animal, de manifestations psychiques anormales qui, en l'état actuel, ne constituent le plus souvent que des constructions incomplètes et approximatives par rapport à la réalité clinique humaine et à sa complexité.
Effectué principalement chez le chat, l'attouchement de certaines zones du tronc cérébral peut provoquer la "sham rage". Des électrodes implantées à demeure dans les structures thalamo-sous-thalamiques produisent des réactions semblables à celles de la peur, de la colère ou de la fatigue, selon la région intéressée.
I.P. Pavlov a nommé "névrose expérimentale" des perturbations comportementales survenant chez l'animal conditionné, notamment, à discriminer un cercle d'une ellipse, dès lors que ces deux figures viennent à se différencier trop peu.
Certaines substances toxiques comme la bulbocapnine (H. De Jong et H. Baruk), la toxine colibacillaire ou la bile (H. Baruk), ont entraîné chez l'animal un état de type catatonique.
Chez l'homme, l'étude quasi expérimentale de troubles le plus souvent transitoires - psychotiques avec les psychodysleptiques, plus variés après privation sensorielle, de sommeil, ou dans des milieux d'exception - s'est montrée utile.

I. P. Pavlov, physiologiste russe, membre de l'Académie de médecine, prix Nobel de médecine en 1904 (1849-1936) ; H. Baruk, psychiatre français, membre de l'Académie de médecine (1897-1999)

modèles expérimentaux en psychiatrie, psychotomimétique

psychose gravidique l.f.

gestational psychosis

Psychose qui se déclare en cours de grossesse.
La grossesse par elle-même ne cause pas de psychose, sauf si la patiente est prédisposée à une réponse psychotique au stress. Des trois types de psychoses, la plupart sont des réactions maniaco-dépressives ou schizophréniques ; le delirium toxique se voit occasionnellement. D’autres formes, telles la psychose alcoolique et l’épilepsie associée à une psychose, sont rares.

psychose gravidopuerpérale l.f.

gestational-puerperal psychosis

Psychose, mélancolie, délire ou confusion qui se déclare en cours de grossesse et se prolonge durant les suites de couches.

psychose hallucinatoire chronique l.f.

hallucinatory chronicle psychosis

Variété de délire chronique, caractérisée notamment par l'activité hallucinatoire1.
Survenant en règle après 30 ans, elle est classiquement dominée au début par un "petit automatisme mental", puis par de très riches phénomènes psychosensoriels, surtout acousticoverbaux, le plus souvent à thèmes de persécution, en fait assez bien systématisés. Des poussées jalonnent l'évolution. Habituellement, le suivi médical et paramédical, avec les neuroleptiques, réduit ces troubles, mais sans véritable disparition. On respecte au besoin des franges délirantes, afin de prévenir des états dépressifs, pseudo-déficitaires ou régressifs éventuels.
Une tentative de démembrement selon trois structures délirantes2 n'a pas supprimé cette entité propre à l'école française, souvent considérée à l'étranger comme une forme de schizophrénie à début tardif. La CIM 10 l'inclut dans les "autres troubles psychotiques non organiques" ne répondant pas, en particulier, aux critères schizophréniques, ni à ceux d'une pathologie thymique de type psychotique.

1G. Ballet, psychiatre français, membre de l'Académie de médecine (1911 et 1913) ; 2 C.-H. Nodet, psychiatre français (1937)

Étym. lat. hallucinare : se tromper

[H3]

Édit. 2015

psychose, hyponatrémie intermittente, polydipsie (syndrome) l.

psychosis, intermittent hyponatremia, polydipsia syndrome

Tendance impulsive à boire de grandes quantités d'eau, fréquente chez les patients psychiatriques, associée à un état schizophrénique dans 80% des cas (R. G. Hoskins, F. H. Sleeper), avec, chez certains patients, une hyponatrémie ou intoxication par l'eau ("PIP", W. Vieweg).
Le terme de potomanie, en tant que trouble instinctuel, aurait dû être préféré à celui de polydipsie, indicateur d'une lésion organique endocrinienne ou rénale.
L'intoxication par l'eau nécessite trois conditions : une régulation anormale de la soif ; une sécrétion inappropriée de l'hormone antidiurétique (ADH) et/ou une sensibilité rénale excessive à l'ADH ; une sensibilité accrue du système nerveux central à l'hyponatrémie.
Les signes suivants caractérisent l'encéphalopathie hyponatrémique : céphalées, vision floue, asthénie, tremblements, crampes, hyper-sialorrhée, troubles digestifs, parfois crises convulsives, troubles de la conscience, voire coma et décès (L.G. Rowntree).
La notion d'une prise de poids avec chute rapide de la natrémie (en deça de 130 mmol/l) indique des mesures de restriction hydrique et la prise de traitements médicamenteux. Parmi ceux-ci, certains neuroleptiques atypiques tels que la clozapine ou la rispéridone ouvrent de nouvelles perspectives.
Lors de traitements par le lithium, le syndrome polyuropolydipsique parfois constaté est différent du PIP.

R. G. Hoskins, médecin endocrinologue et F. H. Sleeper, médecin américains (1933) ; W. V. Vieweg, psychiatre américain (1985) ; L. G. Rowntree, médecin néphrologue américain (1929)

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