apnée du sommeil (syndrome d') l.f.
sleep apnoea syndrome
Forme grave du ronflement avec pauses respiratoires qui dépassent souvent la minute survenant pendant le sommeil à une fréquence horaire d’au moins 5 apnées de plus de 10 secondes, ou 10 hypopnées par heure, réduisant de 30 à 50% le volume courant avec une désaturation oxyhémoglobinée de l’ordre de 50% (PaO2 < 20 mm de Hg).
Les apnées, arrêt complet de la respiration sont distinguées des hypopnées, diminution d’au moins 50 % de la ventilation associée à une désaturation de 4 % ou à un microréveil.
L’apnée entraîne une hypoxémie-hypercapnie qui devient progressivement très importante et excite alors les centres respiratoires : la respiration reprend jusqu'à ce qu'une nouvelle apnée se produise.
L’origine est centrale ou plus souvent périphérique. Les apnées centrales correspondent à une interruption de la commande centrale. Les apnées obstructives, liées à une obstruction des voies aériennes supérieures, témoignent d’un collapsus inspiratoire du pharynx. Elles sont caractérisées par un arrêt du flux bucconasal avec persistance des mouvements ventilatoires thoraco-abdominaux.
Le patient présente des somnolences diurnes et des céphalées, des troubles cardiovasculaires peuvent se développer. En moins d’une minute, chaque apnée du sommeil produit :
- une crise cérébrale avec une activité intense (attestée par l'électroencéphalogramme) qui amène la fin du sommeil profond et la reprise des mouvements ventilatoires, ce qui rétablit rapidement l'hématose ;
- une hypertension pulmonaire qui entraîne à la longue un cœur pulmonaire chronique ;
- une crise hypertensive générale qui provoque à la longue la détérioration des petits vaisseaux fragiles, notamment ceux du cerveau.
La fragmentation du sommeil est responsable de somnolence diurne, d’hypoxémie, d’hypertension artérielle.
La répétition des apnées réduit la durée des phases de sommeil rapides et les crises hypertensives détériorent progressivement le fonctionnement cérébral (troubles de la mémoire, perte de la libido et évolution vers une détérioration de plus en plus grave).
Outre les recommandations hygiéniques (dormir couché sur le côté et non sur le dos, éviter l'alcool le soir et les prises de somnifères pour «mieux dormir»), le traitement est fonction des renseignements fournis par les enregistrements polygraphiques pris lors du sommeil. L’ensemble des évènements nocturnes enregistrés est comptabilisé et le nombre obtenu divisé par le nombre d’heures de sommeil indique un index. Sont pathologiques un index d’apnée supérieur à 5 par heure et un index d’apnée-hypopnée supérieur à 10 par heure.
Le traitement est surtout mécanique : ventilation en pression positive (CPAP) par masque nasal pendant le sommeil). Si nécessaire, la chirurgie peut être indiquée pour le traitement de la ronchopathie (résection de la luette).
Certains facteurs tels que l’existence d’une obésité sont souvent associés aux apnées. Une forme particulière est le syndrome de Pickwick. On a évoqué une relation entre le syndrome d’apnée du sommeil et la mort subite du nourrisson.
Étym. gr. apnoia : absence de vent (à distinguer d'apneustia : arrêt volontaire de la respiration).
→ amnésie, CPAP, Fenn (diagramme de), Pickwick (syndrome de), hypnogramme, ronflement, rhonchopathie chronique
syndrome d'apnée du sommeil l.m.
sleep apnea syndrome
Sigle : SAS