Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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vaccin anticoquelucheux l.m.

pertussis vaccine

Vaccin préparé à partir de souches virulentes de Bordetella pertussis tuées par le formol ou le merthiolate.
Il fait habituellement partie du triple vaccin administré aux enfants, combiné à l'anatoxine diphtérique et à l'anatoxine tétanique.
Ce vaccin est actuellement remplacé par un vaccin acellulaire formé de trois antigènes, la toxine pertussique, l’hémagglutinine filamenteuse et la pertactine. Ces protéines sont inactivées par le glutaraldéhyde ou le formaldéhyde. Ce vaccin acellulaire est efficace et mieux toléré.

coqueluche

[D1, E1]

Édit. 2019

adjuvant n.m.

adjuvant

1) En pharmacie, substance inerte ajoutée à un médicament pour en faciliter l'administration au malade, par ex. pour en masquer le goût désagréable.
2) En immunologie, substance non antigénique ou mélange de substances qui, administrée en même temps et au même site qu'un antigène, accroît la réponse immunitaire à ce dernier.
Pour la majorité des vaccins inactivés (ne comportant pas de germe vivant), la présence d’adjuvants est indispensable pour permettre une réponse immunitaire entraînant une protection. L’ajout d’adjuvant dans les vaccins permet, par ailleurs, de diminuer la quantité d’antigènes par dose vaccinale, et de réduire le nombre d’injections.
L'adjuvant habituellement utilisé pour les vaccinations chez l'Homme est l'hydroxyde d'alumine Al(OH)3. Si certaines manifestations cliniques sévères ont pu paraître provoquées par des injections vaccinales (myofascite à macrophage), aucun lien de causalité n’a pu être établi, à ce jour, avec les adjuvants aluminiques, d’autant que ces manifestations paraissent limitées dans le temps (non identifiées avant 1990 et semblant en extinction depuis 2012) et dans l’espace (la France a cumulé la quasi-totalité des cas décrits dans le monde). Le squalène est parfois utilisé comme adjuvant de certains vaccins comme le vaccin grippe avec le squalane, dérivé hydrogéné du squalène.
Sur les 56 vaccins autorisés en France, 30 contiennent des adjuvants dont 90% sont des dérivés de l’aluminium (Agence du médicament - 2014). Certains vaccins, notamment ceux qui sont à base de virus vivants atténués, n’ont pas besoin d’adjuvant. Mais pour les vaccins inactivés ou subunitaires (anatoxine diphtérique ou tétanique, antigène HBs du virus de l’hépatite B…), les adjuvants sont indispensables pour obtenir une réponse immunitaire efficace.
De très nombreuses substances extraites de micro-organismes ont des propriétés adjuvantes et pro-inflammatoires.
En expérimentation animale, l'adjuvant incomplet de Freund est un mélange d'huile minérale et d'agents émulsifiants. L'adjuvant complet de Freund contient en outre des mycobactéries (Mycobacterium tuberculosis) tuées par chauffage. Différents adjuvants ont fait l'objet d'études expérimentales, en particulier des émulsions d'huile dans l'eau préparées avec du squalane (dérivé hydrogéné du squalène), de la saponine, hétéroside triterpénique extrait de l'arbre Quillaia saponaria qui, associé à la lécithine et au cholestérol, forme des particules de 35 nm de diamètre contenant l'antigène sous forme très immunogène (ISCOMS : immunostimulating complexes). Les liposomes (émulsions eau-huile) permettent de présenter des antigènes et des adjuvants sous forme de gouttelettes lipidiques ou bien en phase aqueuse. Ces liposomes sont internalisés dans les cellules présentatrices d'antigène, leur contenu est transloqué dans le cytosol et les antigènes peuvent alors être présentés sous forme de peptides associés aux molécules de classe I du complexe majeur d’histocompatibilité, permettant l'induction d'une réponse T cytotoxique, qui est nécessaire dans certaines vaccinations contre les infections virales.

Étym. lat. adjuvare : aider

Freund (adjuvant complet de), Freund (adjuvant incomplet de), squalène, liposome, complexe majeur d'histocompatibilité

[F3, G3]

Édit. 2020

antitoxine diphtérique l.f.

diphteria antitoxin

Anticorps dirigé contre l'exotoxine diphtérique, obtenu par l'hyperimmunisation des chevaux avec de l'anatoxine diphtérique et de la toxine diphtérique.
Les antitoxines diphtériques sont utilisées en sérothérapie pour conférer une immunité passive dans le traitement de la diphtérie, ou à titre prophylactique au cours d'une épidémie.

anatoxine diphtérique

diphtérie n.f.

diphtheria

Due à Corynebacterium diphtheria ou bacille de Klebs-Löffler (ou Loeffler), la diphtérie classique est une maladie contagieuse associant la présence de fausses membranes sur certaines muqueuses rhino-pharyngées à des signes d'intoxication plus ou moins graves dus à une exotoxine, la toxine diphtérique.
A la suite d'une incubation de 2 à 5 jours, la forme la plus habituelle est l'angine diphtérique commune, dans laquelle les fausses membranes adhérant aux tissus sous-jacents, intéressent surtout le pharynx, les amygdales et la luette. Cette angine s'accompagne d'une fièvre modérée, d'un malaise général intense, d'une anorexie. En l'absence de traitement précoce, elle peut évoluer vers le croup, dû à l'extension des fausses membranes au palais, au larynx et à l'arbre respiratoire conduisant à l'asphyxie ou vers l'angine maligne liée à l'imprégnation par la toxine et dont le pronostic est très sévère. Elle s'accompagne alors de pâleur, d'une prostration, d'une tachycardie, d'une stupeur voire d'un coma, alors que la fièvre reste modérée. L'action de la toxine concerne surtout le myocarde, le système nerveux périphérique et les reins. Les formes malignes comportent donc des paralysies du voile du palais ou de l'accommodation survenant précocement, souvent d'un œdème du cou et d'adénopathies ; plus tardivement surviennent des polynévrites (entre la première semaine et le premier mois), des paralysies touchant les membres les nerfs crâniens ou le diaphragme, ou encore une myocardite, une insuffisance rénale. Il existe aussi une thrombopénie et une protéinurie.
Le mécanisme physiopathologique des troubles neurologique est une dégénérescence segmentaire périaxile touchant les gaines myéliniques.
L’antibiothérapie précoce (pénicilline G, macrolides) permet la guérison.
La vaccination par l’anatoxine diphtérique a éliminé cette maladie de nombreux pays. En France, où la déclaration est obligatoire ainsi que la vaccination avant l’âge de deux ans, il n’y a plus de cas autochtone depuis 1990. La diphtérie réapparaît si la couverture vaccinale est insuffisante (inférieure à 60-70%). Une épidémie en Russie et dans les pays de l’Europe de l’Est, entre 1990 et 1996, a entraîné plus de 250 000 cas et des milliers de décès. Des cas sporadiques ou épidémiques surviennent encore dans des pays où la couverture vaccinale ne peut être assurée, notamment en cas d'insécurité. On estime à 4 500 le nombre des cas de diphtérie survenus en 2015.
Les infections par Corynebacterium ulcerans et C. pseudotuberculosis se traduisent par des diphtéries cutanées habituellement assez bénignes et non contagieuses.

P. Bretonneau, médecin clinicien français, membre de l’Académie de médecine (1826)

Étym. gr. diphthera : membrane, peau (dénomination créée en 1826 par le médecin français P. Bretonneau)

vaccin diphtérie, diphtérie cutanée, Corynebacterium diphtheriae, toxine diphtérique

[D1,O1]

Nicolaier (bacille de) l.m.

Nicolaier bacillus

Clostridium tetani, bacille anaérobie à Gram positif, responsable du tétanos.
Cette bactérie est présente dans l’environnement tellurique où elle persiste longtemps, après sporulation : l’homme se contamine par voie cutanée. La vaccination par l’anatoxine prévient la maladie.

A. Nicolaier, médecin interniste allemand (1884)

Syn. Clostridium tetani

tétanos

tétanos ombilical du nouveau-né l.m.

neo-natal umbilical tetanus

Infection néonatale provoquant des contractures paroxystiques mortelles.
Responsable de près d’un million de morts de nouveau-nés dans le monde chaque année, il est la conséquence des onctions traditionnelles à la naissance, par les matrones, du cordon ombilical par de la terre ou de la cendre souillées par le bacille de Nicolaier. La vaccination par l’anatoxine tétanique de la mère pendant la grossesse permet de le prévenir en transmettant au fœtus à travers le placenta les anticorps protecteurs.

vaccin diphtérie l.m.

diphtheria vaccine

Vaccin préparé à partir de l’anatoxine diphtérique.
La primovaccination consiste en trois injections intramusculaires ou sous-cutanées à un mois d’intervalle, à partir de l’âge de deux mois. Ce vaccin est généralement associé aux vaccins contre le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite et les infections à Haemophilus influenzae de type b, voire de l’hépatite B. Un premier rappel est effectué à l’âge de seize à dix-huit mois. Cette vaccination est généralisée à l’ensemble de la population ; chez l’adulte, la concentration antigénique utilisée doit être plus faible que chez l’enfant.

Syn. vaccin antidiphtérique

diphtérie, anatoxine diphtérique, anatoxine

[D1, E1]

Édit. 2019

vaccin Haemophilus influenzae type b l.m.

Haemophilis influenzae type b vaccine

Vaccin constitué du polyoside capsulaire, couplé avec une protéine porteuse, l’anatoxine tétanique.
Bien toléré, il est destiné à prévenir les infections invasives à Haemophilus influenzae de type b, chez le nourrisson à partir de deux mois, en particulier la méningite  purulente.
La vaccination consiste en trois injections à un mois d’intervalle, avec un rappel un an plus tard ; elle est souvent couplée aux vaccins contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche.

Haemophilus influenzae, anatoxine tétanique

[D1, E1]

Édit. 2019

vaccin tétanos l.m.

tetanus vaccine

Vaccin préparé à partir de l’anatoxine tétanique.
La primovaccination antitétanique consiste en 3 injections intramusculaires ou sous-cutanées à au moins un mois d’intervalle, à partir de l’âge de 2 mois. Des rappels sont effectués après 1 an et 5 ans, puis tous les 10 ans. Ce vaccin est généralement associé aux vaccins contre la diphtérie, la poliomyélite, la coqueluche et les infections à Haemophilus influenzae de type b, voire l’hépatite B. La vaccination antitétanique, bien tolérée et très efficace, est généralisée à l’ensemble de la population.

Syn. vaccin antitétanique

tétanos, anatoxine tétanique, anatoxine

[E1, D1]

Édit. 2019

vaccin diphtérique l.m.

diphtheria vaccine

Vaccin préparé à partir de l’anatoxine diphtérique.
La primovaccination consiste en trois injections intramusculaires ou souscutanées à un mois d’intervalle, à partir de l’âge de 2 mois. Ce vaccin est généralement associé aux vaccins contre le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite et les infections à Haemophilus influenzae. Un premier rappel est effectué à l’âge de 16 à 18 mois. Cette vaccination est généralisée à l’ensemble de la population.

anatoxine diphtérique, diphtérie

[D1, E1]

Édit. 2019

vaccin tétanique l.m.

tetanus vaccine

Vaccin préparé à partir de l’anatoxine tétanique.
La primovaccination consiste en 3 injections intramusculaires ou souscutanées à au moins un mois d’intervalle, à partir de l’âge de 2 mois. Des rappels sont effectués après 1 an et 5 ans, puis tous les 10 ans. Ce vaccin est généralement associé aux vaccins contre la diphtérie, la poliomyélite, la coqueluche et les infections à Haemophilus influenzae. La vaccination tétanique, bien tolérée et très efficace, est généralisée à l’ensemble de la population.

anatoxine tétanique, tétanos

[D1, E1]

Édit. 2019