Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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anaplasmose granulocytique humaine l.f.

human granulocytic anaplasmosis, human granulocytic ehrlichiosis

Maladie zoonotique due à la bactérie Anaplasma phagocytophilum, répandue en Eurasie et sur le continent américain.
Les patients infectés par cette bactérie présentent une fièvre, des frissons, des myalgies, des céphalées, une thrombopénie, une leucopénie, une augmentation des transaminases. L'évolution est habituellement favorable mais des complications sévères peuvent néanmoins survenir, comme des syndromes de choc septique, des coagulopathies, des détresses respiratoires, des myocardites, des insuffisances rénales aiguës. Beaucoup d'infections demeurent asymptomatiques ou se présentent comme une maladie très fruste. Le diagnostic biologique repose sur l'isolement du germe sur culture de cellules ou surtout sur l'immunofluorescence indirecte et la PCR. Le traitement fait surtout appel à la doxycycline. La transmission de la bactérie en cause a lieu par morsure de tique ; des cas d'infection par transfusion sanguine sont connus.

D. B. Sykes, médecin américain (2020)

Syn. ehrlichiose granulocytique humaine, anaplasmose (ou ehrlichiose) granulocytaire humaine

Anaplasma phagocytophilum

[D1,D4,D5]

Édit. 2020

arbovirose n.f.

arbovirosis

Maladie virale, provoquée par un arbovirus et transmise par la piqûre de divers arthropodes dont les moustiques.
Les principales arboviroses sont la fièvre jaune et la dengue.
Il s'agit d'infections aigües fébriles. Après une incubation de 2 à 12 jours, le début, très brutal, associe fièvre élevée, frissons, céphalées, myalgies et arthralgies, parfois rash et adénopathies. Au bout de 2 à 4 jours, une brève rémission se manifeste puis survient la phase d'état au cours de laquelle trois tableaux cliniques peuvent schématiquement être observés suivant le virus en cause :
- syndrome "dengue-like" : fièvre, algies intenses, fatigue, éruption, durant 8 à 10 jours et guérissant spontanément sans séquelle,
- syndrome de fièvre hémorragique virale, allant de quelques manifestations hémorragiques sans gravité à des hémorragies multiples et abondantes liées à une coagulation intra-vasculaire disséminée, susceptibles de mener au décès,
- syndrome encéphalitique, allant de quelques signes méningés bénins à un tableau de méningo-encéphalo-myélite aiguë gravissime, conduisant à la mort ou à une guérison avec, parfois, d'importantes séquelles neurologiques. 
Le diagnostic est effectué par mise en évidence du virus ou de son génome ou, plus tardivement, par détection d'anticorps spécifiques. Aucun traitement spécifique n'est disponible. A la suite de ces infections persiste une immunité spécifique et durable. Tous les arbovirus peuvent aussi entraîner, chez L'Homme, des infections inapparentes ou très frustes, dont le diagnostic ne peut être que rétrospectif par sérologie.
On connaît une centaine d'arbovirus pathogènes pour l'Homme, par exemple ceux de la fièvre jaune, de la dengue, de l'encéphalite japonaise, de la fièvre de la Vallée du Rift, les virus West Nile, Chikungunya, etc.. Dans leur grande majorité, les arboviroses humaines sont contractées accidentellement à partir d'un réservoir animal, par l'intermédiaire de la piqûre d'un arthropode vecteur (moustique, phlébotome, tique, ...). La plupart des arboviroses s’observent en zone intertropicale, mais quelques unes existent dans les régions tempérées, notamment en Europe. Certaines arboviroses des animaux domestiques posent d'importants problèmes économiques.
La prévention des arboviroses repose sur la lutte contre les vecteurs et, parfois, sur la vaccination des populations humaines ou animales exposées.

arbovirus, vecteur

anaplasmose n.f.

anaplasmosis

Maladie animale ou humaine due à une bactérie du genre Anaplasma (famille des Anaplasmataceae, groupe des Rickettsiales).
Les anaplasmoses sévissent chez l'Homme et chez différents animaux (chien, chat, ruminants, …) principalement dans les régions tropicales et subtropicales. Chez l'Homme, l'anaplasmose granulocytique est due à Anaplasma phagocytophilum.  Le principal agent responsable de l'anaplasmose des bovins est Anaplasma marginale mais d'autres espèces, comme A. centrale ou A. ovis constituent également de graves problèmes économiques. La transmission de ces bactéries est assurée par différentes espèces de tiques. Le diagnostic peut être affirmé par examen du frottis sanguin. Le traitement repose sur une antibiothérapie par cyclines.

Anaplasma, Anaplasma phagocytophilum, anaplasmose granulocytique humaine

[D1,D4,D5,F1]

Édit. 2017

cellule appartenant à la lignée granulocytaire l.f.

polymorphonuclear leucocyte

Cellule appartenant à une lignée myéloïde dont les polynucléaires sanguins constituent le stade terminal de maturation.

[A2,F1]

élastase granulocytaire l.f.

neutrophil elastase

Isoenzyme de l'élastase, mise en réserve dans les granulations primaires des polynucléaires neutrophiles.
Elle peut être libérée dans le milieu extracellulaire par dégranulation.

Étym. gr. elassein : réduire la taille

élastase

[C1, C3]

Édit. 2019

lignée granulocytaire l.f.

granulocytic series

Cellules qui après maturation dans la moelle osseuse deviennent des granulocytes ou polynucléaires.
La lignée comporte successivement : hémocytoblaste, myéloblaste, promyélocyte, myélocyte, métamyélocyte et polynucléaire.

Syn. lignée granuleuse, lignée myélocytaire

hémocytoblaste, myéloblaste, promyélocyte, myélocyte, métamyélocyte, polynucléaire

[F1]

Édit. 2018

antithrombine humaine l.f.

human antithrombin

Inhibiteur physiologique de la coagulation utilisé dans le traitement des déficits constitutionnels et acquis sévères en antithrombine.
 Il est extrait du plasma des donneurs de sang.

anticoagulant (médicament)

bioclimatologie humaine l.f.

human bioclimatology

Branche de la biologie qui étudie l’action des facteurs physiques de l’environnement (température, humidité, éléments d’un climat, etc.), sur la physiologie humaine et sa pathologie.

climat

Édit. 2017

ehrlichiose granulocytique humaine l.f.

human granulocytique ehrlichiosis

Syn. anaplasmose granulocytique humaine

anaplasmose granulocytique humaine

[D1, D2, D5]

Édit. 2019

ehrlichiose monocytique humaine l.f.

human monocytic ehrlichiosis

Maladie humaine répandue en Amérique du Nord, due à la bactérie Ehrlichia  chaffeensis, présente dans les monocytes et les macrophages.
Le tableau clinique de cette maladie associe fièvre, anorexie, céphalées, frissons, myalgies et arthralgies, nausées,  vomissements et douleurs abdominales. Un syndrome méningé est assez fréquent, de même qu'une atteinte pulmonaire. Des complications ont été rapportées : rhabdomyolyse, insuffisance rénale, myocardite. Biologiquement, on constate une thrombopénie, une leucopénie et une augmentation des transaminases. Le diagnostic biologique repose sur l'isolement du germe sur culture de cellules ou surtout sur l'immunofluorescence indirecte et la polymerase chain reaction. Le traitement fait surtout appel à la doxycycline. La maladie est connue des Etats-Unis (principalement dans le sud-est) où elle constitue une endémie rurale verno-estivale avec parfois de petites poussées épidémiques. Le vecteur majeur est la tique Amblyomma americanum. Des traces sérologiques sont aussi retrouvées chez l'Homme en Amérique du sud.

Syn. ehrlichiose humaine américaine, ehrlichiose monocytaire humaine

Ehrlichia chaffeensis, rhabdomyolyse, myocardites, doxycycline, polymerase chain reaction

[D1, D2]

Édit. 2019

génétique humaine l.f.

human genetics

Partie de la génétique consacrée à l'étude de la transmission de caractères héréditaires au sein des familles et des différentes populations humaines, que ces caractères soient normaux ou qu'ils aient des modes d'expression pathologiques.
Les objets d'étude de la génétique humaine sont innombrables, tant sont variés les aspects du polymorphisme : caractéristiques anthropologiques, polymorphisme antigénique, épidémiologie des anomalies métaboliques ou chromosomiques, etc. Elle s’occupe également de la découverte de gènes dont les mutations sont responsables des maladies génétiques.

gonadotrophine ménopausique humaine l.f.

human menopausal gonadotrophin

Hormones gonadotropes hypophysaires, FSH et LH, sécrétées en grande quantité après la ménopause.
Son recueil dans les urines de femmes ménopausées permet son utilisation thérapeutique pour la stimulation de la croissance folliculaire chez les femmes traitées pour une stérilité endocrinienne ou stimulées en vue d'une fécondation in vitro. Pour cet usage, elle est aujourd'hui remplacée par les hormones synthétiques recombinantes obtenues par génie génétique.

Syn. hormone gonadotrope ménopausique humaine

Abrév. HMG

hormone gonadotrope ménopausique humaine l.f.

human menopausal gonadotropin

Étym. gr. hormaô : j'excite

Syn. gonadotrophine ménopausique humaine

Sigle HMG

gonadotrophine ménopausique humaine

[O4]

immunothérapie de l'infection par le virus de l'immunodéficience humaine l.f.

Adjonction d’un traitement immunomodulateur, tel que l’interleukine 2, au traitement antirétroviral.
Destinée à stimuler la croissance et la prolifération des lymphocytes T, elle est indiquée chez les patients ayant une réponse immunitaire insuffisante sous trithérapie suivie depuis au moins six mois.

Étym. lat. immunis : exempt de

sida

somatomammotrophine chorionique humaine l.f

human chorionic somatomammotrophin

Glycoprotéine sécrétée par le placenta dont l’action est proche de celle de la prolactine : elle stimule la croissance de la glande mammaire et la sécrétion lactée.
Son dosage dans le plasma servait de témoin de la fonction placentaire dans les grossesses pathologiques.

Syn. hormone placentaire lactogène, hormone chorionique somatotrope, somato-mammotrophine chorionique humaine

Sigle  HCS

stérilisation humaine l.f.

sterilization

Action de rendre stérile une personne.
La stérilisation masculine est presque toujours réalisée par une vasectomie bilatérale, celle-ci étant chirurgicalement réversible par vasovasostomie.

traitement de l'eau destinée à la consommation humaine l.m.

Ensemble des techniques et équipements mis en œuvre pour produire de l’eau de consommation humaine à partir d’une eau issue du milieu naturel, non distribuable.
Les eaux de surface ou souterraines ne sont pas toujours d’une qualité conforme aux normes de qualité requises pour leur distribution en vue de la consommation humaine ; elles doivent donc subir une ou plusieurs phases de « nettoyage » qui peuvent être physiques (filtration), chimiques (notamment chloration de l’eau) et/ou biologiques.

virus de l'immunodéficience humaine (VIH) l.m.

human immunodeficiency virus (HIV)

Rétrovirus  responsable du syndrome d'immunodéficience acquise humaine (sida).
Deux virus à ARN, transcrits en ADN proviral par une transcriptase inverse virale, sont actuellement connus : VIH1 et VIH2. La transmission du virus est principalement parentérale, sexuelle et maternofœtale. Le test ELISA et le Western Blot sont les tests de routine, utilisés pour le dépistage, de même que l’évaluation de la charge virale est utilisée pour le suivi thérapeutique.
Caractérisé par un cyle réplicatif au sein des cellules exprimant à leur surface la molécule CD4, le VIH induit une disparition progressive de ces cellules infectées, notamment les lymphocytes CD4 impliqués dans les mécanismes de défense immunitaire. Cette disparition progressive d'effecteurs de l'immunité cellulaire, contrastant avec une immunité humorale détectable mais insuffisante, rend compte de la fréquence des infections opportunistes (cytomégalovirose, mycobactériose, pneumocystose, toxoplasmose, cryptococcose, histoplasmose, etc.) et de l'émergence de cancers (sarcome de Kaposi, lymphome, etc.).
Les thérapeutiques antirétrovirales se répartissent en quatre classes de médicaments : des inhibiteurs de la rétrotranscriptase (analogues de nucléosides et inhibiteurs non nucléosidiques), inhibiteurs de la protéase, inhibiteurs d’entrée. L’instauration d’un traitement (trithérapie le plus souvent) et une surveillance adaptée permettent une réduction considérable, voire une une nondétection de la charge virale plasmatique et une  amélioratioin significative de l'espérance et de la qualité de vie des patients malgré la fréquence des effets secondaires.
La transmission verticale maternofœtale du virus, contemporaine de l'accouchement dans la majorité des cas, avoisine 25%. Elle est réduite à moins de 15% par la prise de médicaments antiviraux (AZT) pendant la grossesse.

L. Montagnier, membre de l’Académie de médecine et F. Barré-Senoussi, virologues de l’Institut Pasteur de Paris, tous deux prix Nobel de médecine en 2008

Syn. HTLV, LAV (obsolètes)

sida, ELISA (technique), western (technique), charge virale plasmatique, CD 4, cytomégalovirus, mycobactériose à Mycobacterium avium-intracellulare, pneumocystose, toxoplasmose, cryptococcose, histoplasmose, Kaposi (maladie de), lymphome, inhibiteurs de la transcriptase inverse, inhibiteurs de la protéase, inhibiteurs d’entrée, AZT

eau destinée à la consommation humaine l.f.

water fit for human consumption

Selon l’article R 1321-1 du code de la santé publique :
1) toutes les eaux qui, soit en l'état, soit après traitement, sont destinées à la boisson, à la cuisson, à la préparation d'aliments ou à d'autres usages domestiques, qu'elles soient fournies par un réseau de distribution, à partir d'une citerne, d'un camion-citerne ou d'un bateau-citerne, en bouteilles ou en conteneurs, y compris les eaux de source ;
2) toutes les eaux utilisées dans les entreprises alimentaires pour la fabrication, la transformation, la conservation ou la commercialisation de produits ou de substances destinés à la consommation humaine, qui peuvent affecter la salubrité de la denrée alimentaire finale, y compris la glace alimentaire d'origine hydrique.
Les eaux destinées à la consommation humaine doivent (directive européenne 98/83/CE du 3 novembre 1998) :
- ne pas contenir un nombre ou une concentration de micro-organismes, de parasites ou de toutes autres substances constituant un danger potentiel pour la santé des personnes ;
- être conformes aux limites de qualité, portant sur des paramètres microbiologiques et chimiques, définies par arrêté du ministre chargé de la santé.
- satisfaire à des références de qualité, portant sur des paramètres microbiologiques, chimiques et radiologiques, établies à des fins de suivi des installations de production, de distribution et de conditionnement d'eau et d'évaluation des risques pour la santé des personnes.

Syn. eau potable

[C1,E1,R2]

Édit. 2018