Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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anévrysme familial de l'aorte thoracique et dissection aortique l.f.

familial thoracic aortic aneurism and dissection

Affection familiale d’atteinte de l’aorte ascendante.
L’atteinte progressive de l’aorte peut débuter dans le jeune âge ou plus tardivement au cours de la vie ; elle conduit à une dilatation progressive avec formation d’un anévrysme qui provoque la rupture. D’autres vaisseaux périphériques peuvent être atteints. Certaines formes s’associent à la maladie de Marfan ou au syndrome de Loeys et Dietz.
Des mutations des gènes ACTA2 et TGFBR2 sont responsables de cette affection.

Étym. gr. aneurusma, aneurysma (pour Littré) : dilatation

Sigle familial TAAD

dissection aortique, Loeys et Dietz (syndrome de), Marfan (maladie de) ,TGFBR2 gene, ACTA2 gene

[K3, K4, Q2]

Édit. 2018

dissection aortique l.f.

aortic dissection

Anévrisme disséquant de l'aorte, affection rare mais gravissime résultant d'une hémorragie intramurale en rapport avec le clivage longitudinal de la paroi aortique au sein de la média (tunique moyenne) du vaisseau.
Provoquée par l'hématome au sein d'une paroi artérielle fragilisée par une altération congénitale ou acquise de la média, la dissection se développe à partir d'une brèche de l'intima (porte d'entrée) et s'étend vers l'aval et, éventuellement, vers l'amont par progression hélicoïdale, sans jamais devenir totalement circonférentielle. Deux cylindres s'individualisent, d'où un aspect angiographique à double chenal. L'hypertension artérielle et le syndrome de Marfan (par dégénérescence kystique de la paroi) sont d'importants facteurs prédisposants. La rupture aortique au cours des premiers jours de l'évolution fait courir un risque mortel qui justifie l'intervention chirurgicale. La symptomatologie est dominée par la douleur intense, dorsale ou simulant l'infarctus du myocarde, mais migrant au cours de l'évolution. L'hypertension artérielle est habituelle, par contre un collapsus annonce le plus souvent la rupture de l'anévrisme entraînant un hémothorax, un hémopéricarde, un hémomédiastin ou un hémopéritoine. L'abolition d'un ou plusieurs pouls est un signe essentiel, de même que l'apparition soudaine d'un souffle diastolique.
La classification de De Bakey, entre autres, en trois types permet d'estimer les possibilités de traitement: type I, dissection étendue à l'aorte ascendante et au-delà ; type II, dissection limitée à l'aorte ascendante ; type III, dissection limitée à l'aorte descendante.

M. E. DeBakey, chirurgien américain (1965)

Étym. lat. dissectio : séparation comme après une coupure

anévrisme

dissection aortique familiale l.f.

familial aortic dissection

J. Erdheim, anatomopathologiste autrichien (1929)

Erdheim (nécrose aortique kystique médiane d')

rupture d'un anévrisme aortique l.m.

ruptured aortic aneurism

anévrisme, anévrisme thoracique, dissection aortique

aorte thoracique l.f. 

pars thoracica aortae, aorta thoracica (TA)

thoracic aorta

Portion de l'aorte qui s'étend du flanc gauche de la 4ème vertèbre thoracique à la 12ème  au niveau de l'hiatus aortique du diaphragme.
Elle descend un peu en dedans et en avant pour se rapprocher de la ligne médiane. Elle se termine au niveau de l'hiatus aortique. L'aorte est en rapport en avant avec le pédicule pulmonaire gauche. Elle est à gauche de l'œsophage en haut, elle se place peu à peu en arrière puis à droite. En arrière d'elle, on trouve la colonne vertébrale. De sa face postérieure naissent les artères intercostales postérieures de la 4ème  à la 11ème  et l’artère subcostale. L’aorte thoracique  fournit les rameaux médiastinaux dont les rameaux bronchiques, oesophagiens et péricardiques ainsi que les artères phréniques supérieures.

Syn. partie thoracique de l’aorte

partie thoracique de l'aorte l.f.

pars thoracica aortae (TA)

thoracic aorta

aorte thoracique

rameaux artériels bronchiques de l'aorte thoracique l.m.p.

rami bronchiales (Aorta thoracica)  (TA)

bronchial branches (thoracic aorta)

Vaisseaux artériels d'origine aortique destinés aux bronches.
Les artères bronchiques principales naissent de la face antérieure de l'aorte thoracique descendante et sont au nombre de deux ou trois. Elles s'accolent à la face postérieure des grosses bronches dans le tissu péribronchique et vascularisent les bronches jusqu'au sommet du lobule pulmonaire.
L'artère bronchique droite peut naitre avec la quatrième artère intercostale, formant le tronc artériel broncho-intercostal toujours rétroœsophagien. Elle colle aux nœuds lymphatiques trachéobronchiques inférieurs situés sous la carène.
L'artère bronchique gauche donne souvent un rameau prébronchique droit.
Des artères bronchiques accessoires naissent des artères phréniques inférieures, des artères péricardophréniques, de l'artère thoracique interne, des artères sousclavières, des artères œsophagiennes ou médiastinales.
Anc. dénom. artères bronchiques

rameaux artériels médiastinaux de l'aorte thoracique l.m.p.

rami mediastinales (Aorta thoracica) (TA)

mediastinal branches (thoracic aorta)

Fines artérioles en nombre variable se détachant de la face antérieure de l'aorte thoracique, destinées au médiastin postérieur.
Anc. dénom. artères médiastinales

rameaux artériels œsophagiens de l'aorte thoracique l.m.p.

rami œsophageales (Aorta thoracica) (TA)

oesophageal branches (thoracic aorta)

Artères d'origine aortique se détachant de l'aorte au-dessous de la bifurcation trachéale, destinées à l'œsophage thoracique.
Certaines sont courtes dont la plus importante est l'artère "du croisement aortique". Elle a un trajet très court et s'épanouit en 2 ou 3 branches.
Les artères œsophagiennes longues sont au nombre de 2, l'une naissant en regard du disque entre la 6e et la 7e vertèbre thoracique et l'autre au niveau du disque entre la 7e et la 8e.
Il existe un rameau œsophagotrachéal antérieur né de la face droite de la crosse aortique et parfois un rameau postérieur grêle.
Anc. dénom. artères œsophagiennes

rameaux bronchiques de la partie thoracique de l'aorte l.m.p.

rami bronchiales partis thoracicae aortae (TA)

bronchial branches of thoracic aorta

Rameaux bronchiques nés de l’aorte au niveau de son croisement postérieur du pédicule pulmonaire gauche.

aorte thoracique

rameaux médiastinaux de la partie thoracique de l'aorte l.m.p.

rami mediastinales partis thoracicae aortae (TA)

mediastinal branches of thoracic aorta

aorte thoracique

rameaux œsophagiens de la partie thoracique de l'aorte l.m.p.

rami oesophageales partis thoracicae aortae (TA)

oesophageal branches of thoracic aorta

Syn. anc. artère du croisement aortique

aorte thoracique

rameaux péricardiques de la partie thoracique de l'aorte l.m.p.

rami pericardici partis thoracicae aortae (TA)

pericardial branches of thoracic aorta

aorte thoracique

rupture traumatique de l'aorte thoracique et de ses branches l.f.

traumatic rupture of the thoracic aorta and its branches

Solution de continuité de la paroi de l'aorte thoracique et des gros troncs qui en sont issus, lors d’un traumatisme.
Elle survient au cours d'accidents comportant presque toujours une décélération brutale horizontale dans les accidents de la circulation et verticale dans les chutes de grande hauteur. Elle s'observe surtout chez le sujet jeune, lors des accidents de la circulation près de 8 fois sur 10 et d'accidents du travail près d'une fois sur cinq. La rupture siège 7 fois sur 10 au niveau de l'isthme aortique, zone fragile embryologiquement et en porte à faux entre zone mobile et zone fixe.
Les atteintes du tronc artériel brachiocéphalique, de l’aorte ascendante, des artères sous-clavières et de l'aorte descendante se partagent les autres cas. Dans les ruptures traumatiques de l'aorte thoracique, seules les formes incomplètes avec adventice intact parviennent au chirurgien (20%). Si la section est circulaire, intima et média ont tendance à se rétracter. Ces ruptures sont associées très souvent à des lésions craniocérébrales, à des fractures des membres, à une atteinte abdominale.
Les signes cliniques comportent 9 fois sur 10 des douleurs thoraciques, 7 fois sur 10 un état de choc. L'élargissement du médiastin, des anomalies du contour aortique, la présence d'un hémothorax, imposent la TDM avec injection ou l'aortographie, qui confirment le diagnostic.
Le traitement chirurgical repose soit sur une suture directe protégée, si elle est possible, soit en interposant une prothèse entre les berges de la déchirure ou peut-être mieux, la mise en place d'un stent par voie endovasculaire plus simple, plus rapide et avec une mortalité moindre.
La mortalité dans les formes qui peuvent être opérées par un chirurgien cardiaque est de l'ordre de 10% à 20%.

plexus aortique thoracique [nerveux] l.m.

plexus aorticus thoracicus (TA)

thoracic aortic plexus

Plexus du système nerveux végétatif entourant l'aorte thoracique.
Il est constitué de rameaux nerveux se détachant du centre sympathique médiastinal postérieur qui nait des 4 ou 5 premiers ganglions sympathiques thoraciques et du nerf cardiaque cervical inférieur du sympathique. Il se prolonge par le plexus aortique abdominal.

plexus nerveux aortique thoracique l.m.

plexus nervosus aorticus thoracicus (TA)

thoracic aortic plexus

Ensemble des éléments sympathiques et parasympathiques (nerfs et ganglions) disposés autour de l’aorte thoracique et qui se distribuent aux organes intrathoraciques.
Ce sont le plexus cardiaque avec les ganglions cardiaques, le plexus oesophagien et le plexus pulmonaire avec les ramifications pulmonaires.

anévrisme de Shackleton l.m.

C.V. Shackleton, chirurgien canadien (1987)

Syn. anévrisme disséquant

anévrisme disséquant

[K3,K4]

Édit. 2017

dissection n.f.

dissection, preparation

Succession de gestes chirurgicaux au cours desquels les structures anatomiques que l'on veut étudier, utiliser, transformer, sont isolées les unes des autres, et séparées des éléments ou tissus étrangers.
P. ex. un nerf, un vaisseau, un tendon, sont séparés des tissus cellulaires, fibreux, adventiciels qui les entourent.

dissection artérielle l.f.

dissecting aneurysm

Cavité développée dans l'épaisseur de la média artérielle (aorte, coronaires, carotides, les rénales, les artères à destinée digestive) sur une longueur plus ou moins grande, occupée par le sang provenant d'une rupture de la tunique interne.
Elle est dite borgne, lorsqu'elle reste uniquement en relation avec la lumière artérielle par cette seule rupture, ou communicante lorsqu'une nouvelle rupture intervient en aval de la première. La rupture peut se faire en dehors de la lumière, entraînant un hématome périartériel, en général mortel lorsqu'il est aortique. La dissection artérielle peut atteindre certaines artères collatérales lors de son évolution.

médianécrose kystique de l'aorte

dissection de la carotide interne l.f.

dissecting internal carotid aneurysm

Clivage de la paroi de l’artère par un hématome au niveau de la média.
La classification en dissections traumatique ou spontanée est difficile car les antécédents traumatiques sont inconstants ou douteux et les deux dissections ont une présentation identique. L’hématome survient habituellement en zone de transition histologique (terminaison du bulbe) et peut ou non communiquer avec la lumière artérielle. L’étendue de la dissection est variable en longueur et en diamètre. Affection survenant en moyenne vers 40-50 ans, la dissection peut être observée aussi dans l’adolescence. Elle associe des signes ischémiques, cécité monoculaire transitoire ou durable et des signes locaux : céphalées typiquement orbito-frontales ipsilatérales, cervicalgies latéro-cervicales irradiant à l’angle de la mâchoire, dysphagie douloureuse, acouphènes pulsatiles, signe de Claude Bernard-Horner, larmoiement, souffle cervical. L’artériographie permet le diagnostic.

dissection des artères cervicales et cérébrales l.f

Clivage de la paroi de l'artère au niveau de la média, par un hématome spontané ou traumatique, représentant environ 20% des causes des accidents ischémiques cérébraux avant 45 ans

Dans 90% des cas, ce sont les artères extra-crâniennes qui sont intéressées. La distinction en dissections traumatiques (par choc cervical ou mouvements inhabituels du cou) et spontanées est difficile car leur présentation est identique et les antécédents traumatiques sont inconstants ou douteux. L’hématome survient habituellement en zone de transition histologique (terminaison du bulbe) et peut ou non communiquer avec la lumière artérielle. Le diagnostic doit être envisagé en présence d’un syndrome de Claude Bernard-Horner, d’acouphènes, d’une atteinte des dernières paires crâniennes, d’une cécité monotronculaire ou encore devant la survenue d’accidents ischémiques cérébraux de mécanisme thromboembolique avec céphalées et cervicalgies, de sévérité très variable.
Les investigations complémentaires réalisées en urgence (échodoppler cervical et transcrânien, imagerie et angiographie par résonance magnétique : IRM et ARM), remplaçant le plus souvent l'artériographie conventionnelle, permettent la confirmation du diagnostic. Elles assurent une surveillance régulière, quelle que soit l'artère disséquée, et conduisent à la mise en œuvre d'un traitement le plus précoce possible.
Celui-ci n'est qu'exceptionnellement chirurgical, l'évolution anatomique étant le plus souvent favorable. Les anticoagulants ou antiagrégants plaquettaires sont appliqués durant les premières semaines, afin de prévenir la constitution d'un accident ischémique cérébral ou oculaire, qui s'installe généralement dans la semaine après les premières manifestations et en tout cas jusqu'au mois suivant.

faux anévrisme l.m.

false aneurysm

Hématome constituant une cavité au contact d’une rupture pariétale, conservant une communication par un collet.
Le faux anévrisme peut être artériel d’origine traumatique, ou spontanée et compliquant alors une élastopathie comme un syndrome de Marfan ou un syndrome d'Ehlers-Danlos de type IV.Septique ou non, il peut aussi compliquer une suture artérielle anastomotique.
Il existe aussi des faux anévrismes du ventricule gauche rompu dans le péricarde à l’occasion d’un infarctus.

Étym. gr. aneurunein : dilater

[K2,K4]

Édit. 2018

fissuration d'un anévrisme l.f.

aneurysmal fissure

Complication évolutive grave d’une ectasie artérielle, la fissuration est un processus progressif de clivage de la paroi permettant une infiltration du sang vers l’extérieur, avec constitution d’un hématome péri-anévrismal.
Plus fréquente que la rupture brutale, elle représente une menace urgente, qui, reconnue, laisse le temps d’une intervention salvatrice immédiate.

Étym. lat, fissura : fente, crevasse 

[K2]

Édit. 2018

mycotique (anévrisme) l.m.

fungal aneurysm

Dilatation de la paroi d’une artère, l’exposant à la rupture et aux hémorragies, qui s’observe au cours des endocardites infectieuses.
L’anévrisme mycotique est la conséquence de lésions de vascularite d’origine immunologique et d’embolies septiques bactériennes dans les vasa vasorum.

pseudo-anévrisme n.m.

faux anévrisme

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