Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

43 résultats 

potentiel d'action l.m.

action potential, spike potential

Différence de potentiel électrique apparaissant brièvement par exemple par inversion de la polarité de la membrane d'une cellule, musculaire ou nerveuse.
Ce signal en forme de pointe témoigne de l'activité de la cellule.
Pour déclencher le processus d'inversion des concentrations, la stimulation doit dépasser un certain seuil au- dessus du potentiel de repos (loi du «tout ou rien»). Si la température est trop basse il n'y a pas de déclenchement car les potentiels ioniques sont trop faibles (ils sont proportionnels à la température, loi de Nernst). Ainsi le froid est anesthésique, paralytique et cause de troubles de la conduction intracardiaque allant jusqu'à l'asystolie. De même des déséquilibres ioniques du milieu intérieur peuvent entraîner des effets nerveux et cardiaques comparables à ceux du froid.
L'électrocardiogramme reflète la propagation du potentiel d'action dans le tissu conducteur du cœur et l'électroencéphalogramme la propagation des potentiels d'action (influx nerveux) le long des fibres nerveuses. Ces influx règlent la transmission des informations dans tout l'organisme.
À partir du seuil de déclenchement, la taille et la configuration du potentiel d’action ne varient pas : c'est le phénomène du tout ou rien. En raison de ce phénomène la transmission et la fixation des informations dans le système nerveux s'effectue sur un mode binaire comme dans les ordinateurs.

Étym. lat. actio : mise en mouvement

anesthésie, hypothermie, mémoire, Nernst (loi de), tout ou rien (loi du), influx nerveux

[C2,C3]

potentiel d'action composite l.m.

compound action potential

potentiel évoqué auditif

potentiel d'action du nerf mixte   l.m.

mixed nerve action potential

Potentiel peu analysé en pratique électromyographique, recueilli au niveau d'un nerf mixte par stimulation simultanée de ses fibres efférentes (motrices) et afférentes (sensitives).
Il est caractérisé par son amplitude, la latence, la durée et le nombre de phases.

Sigle  : PANM

potentiel d'action d'unité motrice (PAUM) l.m.

motor unit action potential (MUAP)

Potentiel d'action reflétant l'activité électrique d'une unité motrice ou plutôt la sommation des PA des fibres musculaires appartenant à cette unité motrice dans le champ d'enregistrement de l'électrode de recueil.
Le PAUM apparaît normalement lors de la contraction volontaire et il est caractérisé par la fréquence de pulsation ou battement : recrutement temporel. Il a une morphologie caractéristique à valeur diagnostique dans les affections neurogènes ou myogènes.

potentiel d'action global du muscle (PAM) l.m.

compound muscle action potential (CMAP)

Réponse musculaire évoquée par la stimulation habituellement supramaximale du nerf moteur efférent, ou de l'ensemble des fibres nerveuses motrices en cas de nerf mixte.
Cette réponse correspond à la sommation à peu près synchrone des potentiels d'action des fibres constituant le muscle.
Le PAM est caractérisé par l'amplitude, la durée et la latence de la phase négative.

potentiel d'action sensitif (PAS) l.m.

sensory nerve action potential (NAP)

Potentiel recueilli au niveau d'un nerf sensitif ou des fibres sensitives d'un nerf mixte, ou encore au niveau de ses récepteurs sensitifs (habituellement cutanés).
La stimulation est appliquée sur le nerf sensitif lui-même ou sur les récepteurs. La méthode utilisée (orthodromique ou antidromique), le type de stimulation et de recueil (électrode de surface ou aiguille électrode) doivent être précisés.
Le PAS est caractérisé par son amplitude maximale pic à pic, la latence de la déflexion initiale (1er pic positif) ou de son pic négatif. La durée peut être mesurée entre la 1ère déflexion et la déflexion finale (c'est-à-dire du 1er au dernier pic positif).

cellules souches à potentiel étendu l.f

expanded potential stem cell (EPSC)

Cellules souches dérivées du blastomère à 8 cellules ou obtenues par conversion de cellules souches embryonnaires ou de cellules pluripotentes induites, capables de se différencier à la fois en cellules de l’ensemble des organes de l’embryon et en cellules de ses annexes (placenta, sac vitellin).
A la différence des cellules souches embryonnaires et des cellules souches pluripotentes induites qui sont pluripotentes, les EPSC sont totipotentes. Elles ont été obtenues chez la souris en cultivant des oeufs fertilisés au stade initial de 4 à 8 cellules à la différence des cellules embryonnaires obtenues au stade plus avancé de blastocyte (50 à 100 cellules). Il a été également possible de reprogrammer des cellules embryonnaires et des cellules pluripotentes induites en EPSC.

cellules souches

potentiel arythmogène l.m.

arrhythmogenicity, arrhythmogenic potentiel

Anomalies isolées ou associées de la génération et/ou de la conduction du rythme cardiaques favorisant l’expression de foyers d’activation anormaux ou de réentrées.

potentiel de fibrillation l.m.

fibrillation potential

Activité électrique spontanée des fibres musculaires observée lors de l'enregistrement électromyographique avec une aiguille coaxiale, et qui apparaît le plus souvent à l'enfoncement ou lors du déplacement de l'aiguille.
Biphasiques, de durée brève, (<5 ms), battant à fréquence régulière, ces potentiels témoignent habituellement d'une dénervation dite aigüe ou évolutive.

potentiel de membrane l.m.

potential of membrane

Différence de potentiel d’environ 90 millivolts entre la surface extérieure de la cellule (positive) et l’intérieur de la cellule (négative).
Cette différence de potentiel peut être mesurée après introduction d’une micro électrode dans le protoplasme cellulaire qui permet l’enregistrement du potentiel intracellulaire négatif par rapport à une électrode extra-cellulaire. Ce potentiel est aussi appelé potentiel de repos, résultant de courants ioniques : la concentration en ions potassiques est élevée à  l’intérieur de la cellule, alors que la concentration des ions sodium est plus importante dans le milieu extracellulaire.

potentiel de repos l.m.

resting potential

potentiel de membrane

potentiel de sommation l.m.

potentiel évoqué auditif

potentiel d'oxydoréduction l.m.

oxidation reduction potential

Force électromotrice que développe un corps, une solution ou un mélange manifestant des propriétés oxydantes ou réductrices en présence d'un autre système oxydoréducteur, due aux échanges électroniques accompagnant les réactions d'oxydation ou de réduction.
On l'exprime par le logarithme de l'inverse de l'activité (ou de la pression) de l'hydrogène moléculaire avec laquelle le corps ou le mélange sont en équilibre. C'est, en effet, cette pression qui commande l'orientation de l'évolution vers l'oxydation ou vers la réduction.
Le système de référence est la demi-pile d'hydrogène, qui sert à classer la force oxydante des divers systèmes. La notation du potentiel d'oxydoréduction a été longtemps effectuée au moyen d'une échelle des rH, analogue à celle des pH. Cette notation est actuellement abandonnée.

potentiel endocochléaire l.m.

endocochlear potential

potentiel évoqué auditif

potentiel évoqué auditif ( PEA) l.m.

auditory evoked potentials

Potentiel électrique généré par le système auditif ou potentiel évoqué exogène lié à une stimulation sensorielle auditive, destiné à explorer les voies auditives.
En dehors de toute stimulation acoustique, il existe dans la cochlée des polarisations ou potentiels de repos (90 mV par rapport au sang ou à la périlymphe), potentiel intra-cellulaire des cellules ciliées de l’organe de Corti (-70 mV). En réponse à une stimulation acoustique, l’ensemble des cellules ciliées de l’organe de Corti produit un potentiel complexe avec une réponse alternative, le potentiel microphonique cochléaire, et une réponse électrique continue, le potentiel de sommation. Les fibres du nerf auditif produisent des potentiels dont la composition donne le potentiel d’action global ou potentiel composite du nerf auditif. Les réponses électriques apparaissant dans les différents relais du système auditif, en réponse à une stimulation brève, peuvent être enregistrées par des électrodes de surface : ce sont les potentiels évoqués auditifs. Ils sont utilisés en clinique courante pour rechercher une pathologie rétrocochléaire chez l’adulte ou pour estimer le seuil auditif d’un jeune enfant.
Dans les potentiels évoqués exogènes on distingue les PEA du tronc cérébral survenant dans les 10 ms suivant le stimulus, les PEA semi-précoces (latence entre 20 et 50 ms) et les PEA tardifs (latence entre 50 et 500 ms). Ils sont utilisés dans les pathologies auditives périphériques transmissionnelles ou endocochléaires et dans les atteintes encéphaliques du tronc cérébral. Différents pics sont identifiables sur les graphiques obtenus : on étudie particulièrement les latences des pics I, II, III et V, et l'amplitude des pics I et V.

Sigle  : PEA

potentiels évoqués du tronc cérébral

potentiel évoqué en psychiatrie (PE) l.m.

evoked potential, event-related potential (ERP) in psychiatry

Technique psychophysiologique peu agressive, simple, permettant l'enregistrement sous forme de différence de potentiel, le plus souvent dans différentes régions du scalp, des modifications électriques corticales, en réponse à des stimulus sensoriels (PE exogènes) ou à des évènements plus psychologiques que physiologiques (PE endogènes ou cognitifs).
Les PE cognitifs dépendent du comportement du sujet, du sens qu'il attribue aux stimulations reçues et de la tâche affectée au stimulus. Cette succession d'ondes est désignée selon des nomenclatures variables (en particulier, ondes P 300 pour les PE cognitifs et N 400 pour les traitements linguistiques).
Malgré une spécificité nosologique discutée, trois domaines principaux ont fait l'objet, en psychiatrie, de recherches détaillées : les schizophrénies, à un moindre degré les troubles de l'humeur, et aussi les états démentiels. L'association à d'autres méthodes d'approche des maladies mentales, telles que les techniques d'imagerie cérébrale ou les épreuves neuropsychologiques, autorise des espoirs.

potentiel évoqué gustatif l.m.

gustatory evoked potentials

Potentiel électrique généré par stimulation électrique ou chimique (glutamate monosodique par exemple) des fibres gustatives (IX) de la langue.
L’exploration pratique des potentiels évoqués gustatifs est peu répandue en raison des difficultés techniques.

potentiel lent de dénervation l.m.

positive sharp wave

Potentiel déclenché par l'introduction ou le déplacement de l'aiguille électromyographique, habituellement sous forme de trains à fréquence variable, et dont la morphologie est caractéristique avec une déflexion positive initiale brève et une phase négative prolongée parfois jusqu'à 100 ms.
Les potentiels lents ont la même signification que les potentiels de fibrillation. À noter que certains potentiels d'unité motrice (PUM) ou certains potentiels de décharges myotoniques peuvent avoir la même configuration.

potentiel microphonique l.m.

microphonic potential

potentiel évoqué auditif

potentiel normal d'oxydoréduction l.m.

standard oxidation reduction potential

Potentiel d'oxydoréduction correspondant à des concentrations molaires égales à pH 7 des composés réduits et oxydés.
Pratiquement pour les réactions métaboliques, la différence de potentiel électrique exprimée en volts est proportionnelle à l'énergie en joules dégagée par l'oxydation du composé réduit : on a ΔG°= -nFΔE°.
Ainsi par rapport au système de référence, pour lequel E°=0 V et ΔG°= 154 kJ, le cytochrome c a un potentiel redox de +0,26 V (105 kJ pour 2 cyt c), le succinate →fumarate 0 V (154 kJ), le NADH -0,32 V (215 kJ), le phosphoglycéraldéhyde → phosphoglycérate -0,57 V (262 kJ).

Syn. potentiel redox

Symb. rH

action n.f.

action

1) Sens général : ce qui est fait par quelqu'un ou par l'effet de quelque chose.
Ex. «Au début était le verbe, non, au début était l'action» (Goethe).
2) En dynamique, effet d'une force sur un corps : le principe d'action et de réaction (troisième principe de Newton) pose l'égalité de la force qui agit et de celle qui réagit à chaque instant.
Ex. le poids d'un corps posé en équilibre sur un plan solide entraîne une force opposée et égale de réaction du support de sorte que ces deux forces s'annulent et le corps reste immobile.
3) En mécanique, effet d'une impulsion donnée à un corps.
L'action, a, est égale au produit de l'énergie, E, par le temps, T, d'acquisition. Si la puissance impulsionnelle est constante dans le temps, on a : a = E.T.
L'action s'exprime en joules x secondes.
4) En chimie et en biochimie, modification de structure ou modification des caractéristiques fonctionnelles apportée par un corps sur un autre corps.
Ex. action d’un acide sur une base ; action des enzymes digestifs sur les éléménts nutritionnels.
5) En thérapeutique, efficacité d’un médicament sur l’affection à traiter.
Ex. action d’un antibiotique.

Étym. lat. actio : mise en mouvement

[B1]

Édit. 2020

action de santé l.f.

action of health

Action programmée, entreprise par les autorités sanitaires en vue de l’amélioration de la santé d’une population ; elle peut être d’ordre épidémiologique (une enquête dans une population ou une région donnée), d’ordre éducatif, d’ordre préventif (une campagne de vaccination), etc.
Une action de santé ne peut être entreprise avec des chances de succès que si elle dispose au préalable des ressources nécessaires en personne, en matériel et en financement, et si l’évaluation de ses résultats sanitaires et de son rapport coût-efficacité, dits efficience est prévue.

Étym. lat. actio : mise en mouvement

intervention

[E1]

Édit. 2017

action d'un muscle l.f.

Déplacement d’une articulation sous l’effet de la contraction d’un muccle

Le mouvement qui en résulte dépend des positions respectives du ou des axes de l’articulation et de la ligne de force du muscle objectivée par la droite qui passe par les points d’insertion principaux du muscle. Ex. la flexion du coude par contraction du muscle biceps brachial.

[A1,I3]

Édit. 2017

action du muscle oculomoteur l.f.

extraocular muscle action

Mouvement de rotation imprimé au globe oculaire par la contraction d'un muscle oculomoteur dont le sens dépend du ou des muscles oculomoteurs externes sollicités.

Étym. lat. actio : mise en mouvement

[P2]

Édit. 2017

action éducative en milieu ouvert l.f.

educational action in opened environment

Ensemble de dispositions relatives à la protection de l’enfance et de l’adolescence en danger, mises en œuvre par la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales.
Après enquête sociale des actions sont exercées sur le mineur et sa famille par des services ou des institutions d’observation, d’éducation ou de rééducation.

Étym. lat. actio : mise en mouvement

aide sociale à l'enfance, mineurs (protection des)

[E1,E3]

Édit. 2017

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