Wilson (manifestations rhumatologiques de la maladie de) l.f.
arthritis of the Wilson’s disease
Les manifestations rhumatologiques sont des atteintes osseuses, des articulations périphériques ou du rachis.
Il n’y a pas de perte osseuse significative, des fractures périphériques peuvent s’observer surtout chez l’homme, l’insuffisance en vitamine D s’observe dans ¾ des cas, des modifications des marqueurs du remodelage osseux sont signalés, en cas d’atteintes des articulations périphériques, les genoux sont le plus souvent atteints. Lorsque les patients sont traités par D-pénicillamine et que des polyarthites apparaissent, il faut évoquer un lupus induit.
La pathogénie de ces arthropathies est mystérieuse; dans certains cas il y a une chondrocalcinose associée. Le rôle du cuivre occasionnellement trouvé dans les cartilages atteints a été suggéré.
S. Wilson, neurologue britannique (1912)
Wilson-Brocq (maladie de) l.f.
Wilson-Brocq’s disease
E. Wilson, Sir, dermatologue britannique (1867), L. Brocq, dermatologue français (1882)
Syn. érythrodermie ichtyosiforme bulleuse, hyperkératose épidermolytique,), Leiner-Moussus (maladie de), Wilson-Brocq (maladie de)
→ dermatite exfoliatrice de Wilson-Brocq
Wilson (maladie de) l.f.
Wilson disease
Désordre génétique du métabolisme du cuivre dû à des mutations du gène ATP7B situé sur le chromosome 13 (13q 14.3-q21.1), codant pour la protéine ATP7B, transporteur transmembranaire du cuivre? membre de la famille des ATPases.
Du fait de l'anomalie du transporteur, le cuivre alimentaire absorbé par l'intestin est insuffisamment excrété dans la bile et s'accumule dans les cellules, principalement dans le foie et le système nerveux central. L’affection qui débute entre 5 et 40 ans, entraînant des manifestations hépatiques évoluant vers la cirrhose, peut se manifester par une hépatite aigüe sévère voire fulminante et des manifestations nerveuses : syndrome extrapyramidal, dyskinésies avec une dysarthrie et des troubles de la déglutition, et par des manifestations psychiques (troubles du caractère, épisodes dépressifs, difficultés scolaires). Les lésions rénales sont plus tardives. Un anneau cornéen brun-verdâtre, (anneau de Kayser-Fleischer) lié à l’accumulation de cuivre dans la cornée est caractéristique mais inconstant. La concentration de cuivre et de céruloplasmine est diminuée dans le sang. La teneur du cuivre est augmentée dans les urines. Les traitements appropriés sont les chélateurs du cuivre : la D-pénicillamine le plus souvent prescrite ou le triéthylène tétramine dihydrochloride (Trinetine®) ou encore le zinc (Wilzin® ) réservé aux échecs des autres chélateurs ou en cas d’intolérance .
La prévalence de la maladie de Wilson est faible : 1/40.000. Cette maladie, autosomique récessive, se développe chez les hétérozygotes composites.
S. Wilson, neurologue britannique (1912) ; B. Kayser (1902) et B. Fleischer (1903), ophtalmologues allemands
→ ATP7B, ATPase, Kayser-Fleischer (anneau cornéen de), céruléoplasmine, céruloplasmine, Wilson (arthrite de la maladie de), D-pénicillamine, wilzin
[H1, L1, M1, P2, Q2, R1 ]
Édit. 2020
arthropathie de Wilson l.f.
Wilson arthropathy
Dans le cadre de la maladie de Wilson, ensemble des troubles dus aux anomalies de tonus neuromusculaire et du jeu myo-articulaire.
S. A. K. Wilson, neurologue britannique (1912)
Étym. gr. arthron : articulation
→ Wilson (manifestations rhumatologiques de la maladie de)
borne centrale de Wilson l.f.
Wilson’s central terminal
Point relié directement (ou par l’intermédiaire de résistance de 5 000 ohms, de façon à égaliser les résistances cutanées) aux trois membres utilisés pour l’enregistrement de l’électrocardiogramme (bras droit, bras gauche et jambe gauche).
Ce point représente le centre géométrique du triangle équilatéral d’Einthoven. Le potentiel de la borne centrale est sensiblement égal à zéro, et ne subit aucune variation. Elle est le lieu de l’électrode indifférente utilisée pour l’enregistrement des dérivations unipolaires des membres.
F. N. Wilson, médecin interniste américain (1890-1952)
→ électrocardiogramme, Einthoven (triangle d')
Édit. 2017
dermatite exfoliatrice de Wilson-Brocq l.f.
Wilson- Brocq’s exfoliatrice dermatitis
Terme correspondant à un tableau clinique d'érythrodermie dite primitive, mais devenu obsolète depuis que diverses étiologies ont été mises en évidence pour ce qui était considéré à l'époque (1883) comme une affection autonome.
E. Wilson, Sir, dermatologiste britannique et L. Brocq, dermatologiste français (1883)
Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation
granulome de Wilson l.m. (obsolète)
Wilson’s granuloma
Lésion érythémateuse et nodulaire péripilaire située sur la jambe, chez une femme, survenant après épilation ou rasage, généralement due à Trichophyton rubrum ou à Trichophyton rosaceum et correspondant à la forme nodulaire profonde de la folliculite trichophytique accompagnée de périfolliculite.
Ce terme est actuellement remplacé par celui de folliculite dermatophytique.
J. W. Wilson, dermatologue américain (1952)
Kimmelstiel-Wilson (syndrome de) l.m.
P. Kimmelstiel, anatomopathologiste américain et C. Wilson, médecin britannique (1936)
Mowat-Wilson (syndrome de) l.m.p.
Mowat-Wilson’s syndrome
Syndrome rare, considéré comme une maladie orpheline (ORPHA 2152) associant, en proportions variables, des malformations céphaliques, cardiaques, urogénitales, voire oculaires, auriculaires et dentaires, à un retard mental, à des crises d’épilepsie et à une maladie de Hirschsprung marquée par une constipation chronique d’intensité variable.
Dans la symptomatologie on note une dysmorphie faciale particulière, une agénésie du corps calleux et une atrophie corticale en rapport avec une microcéphalie.
Chez certains patients, le syndrome est lié à des néomutations hétérozygotes ou à des délétions du gène ZFHX 1B situé sur le chromosome 2q21-23, gène codant un facteur de transcription intervenant dans le développement des cellules et tissus dérivant des crêtes neurales, cette haplo-insuffisance expliquant les anomalies constatées.
Classé parmi les maladies dominantes (MIM 235730), ce syndrome est le plus souvent sporadique et comporte donc un faible risque de récurrence.
D. R. Mowat et M. J. Wilson, médecins généticiens australiens (1998)
pseudogranulome pyogénique de Wilson Jones l.m.
Lésion actuellement considérée comme la forme intradermique de l'hyperplasie angiolymphoïde avec éosinophilie, avec la localisation souscutanée de laquelle elle peut d'ailleurs coexister.
E. Wilson Jones, et S.S. Bleehen, dermatologistes britanniques (1969)
→ hyperplasie angiolymphoïde avec éosinophilie
Wilson (granulome de) l.m.
Wilson’s granuloma
J.W. Wilson, dermatologue américain (1952 et 1954)
Wilson-Brocq (dermatite exfoliatrice de)
subacute generalized exfoliative dermatitis of Wilson-Brocq
E. Wilson, Sir, dermatologue britannique (1867) ; L. Brocq, dermatologue français (1882)
→ dermatite exfoliatrice de Wilson-Brocq
Wilson-Jones (pseudogranulome pyogénique de) l.m.
pyogenic pseudogranuloma (Wilson-Jones’ type)
E. Wilson-Jones, dermatologue britannique (1967 voir Wells)
→ hyperplasie angiolymphoïde avec éosinophilie
Crohn (arthrite de la maladie de) l.f.
Atteinte inflammatoire présente chez près de 40% des malades atteints de maladies de Crohn, touchant suivant les cas certaines articulations périphériques (genoux et chevilles essentiellement) ou les articulations axiales (sacro-iliaques, rachis).
Les atteintes articulaires de la maladie de Crohn sont identiques à celles de la rectocolite ulcéreuse. Les arthrites périphériques peuvent être érosives et invalidantes; les atteintes axiales peuvent réaliser un tableau de pelvispondylite avec, dans près de 50% des cas, présence de l’antigène HLA-B27. Dans le cadre des atteintes ostéo-articulaires de la maladie de Crohn on décrit également des cas d’ostéoarthropathie hypertrophiante, des lésions granulomateuses osseuses et musculaires, des infections de hanche par fistulisation d’un abcès du psoas.
B. B. Crohn, gastro-entérologue américain (1932)
[L1]
Whipple (arthrite de la maladie de) l.f.
Whipple’s arthritis disease
Manifestation articulaire survenant chez 75% des malades atteints de maladie de Whipple.
Précédant souvent de plusieurs mois à plusieurs années les signes digestifs, ces arthrites sont polymorphes à type d’arthralgies, d’arthrites périphériques non érosives parfois pseudorhumatoïdes, d’arthrite sacro-iliaque ressemblant à celle des pelvispondylites. La biopsie synoviale peut révéler des inclusions intercellulaires et dans le cytoplasme des macrophages spumeux qui sont identiques aux inclusions bacilliformes PAS-positives de la muqueuse et de la lamina propria de l’intestin chez ces malades.
G. H. Whipple, anatomopathologiste américain, prix Nobel de Médecine de 1934 (1907)
arthrite n.f.
Atteinte articulaire inflammatoire
Une arthrite peut être aigüe, subaigüe ou chronique, porter sur une articulation (mono- arthrite), un petit nombre d’articulations (oligo-arthrite) ou de nombreuses articulations (polyarthrite), être d’étiologie infectieuse, immunitaire ou métabolique. L’atteinte articulaire des arthrites est initialement synoviale, pouvant s’étendre ensuite aux autres structures de l’articulation (cartilage, fibrocartilages, os sous-chondral).
Étym. gr. arthron : articulation ; ite : inflammation
→ arthrite bactérienne, polyarthrite
arthrite à bactérie à Gram négatif l.f.
arthritis with Gram-negative bacterium
Arthrite infectieuse causée par une bactérie à Gram négatif.
Chez l’adulte la plupart des arthrites à bactéries Gram négatif sont dues à des bacilles : Escherichia coli le plus souvent mais aussi Proteus, Serratia et, chez les sujets atteints d’hémoglobinopathies, Salmonella.
Étym. gr. arthron : articulation ; ite : inflammation
arthrite à l'adjuvant l.f.
arthritis in the adjuvan
Arthrite expérimentale produite dans certaines souches de rat par l’injection dans les coussinets plantaires des pattes d’adjuvant complet de Freund.
L’arthrite à adjuvant considérée au départ comme un modèle expérimental voisin de la polyarthrite rhumatoïde est surtout utilisée maintenant dans l’évaluation pharmacologique de l’action des substances anti-inflammatoires.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation
arthrite à mycobactéries atypiques l.f.
atypical mycobacteria arthritis
Arthrite pouvant causer une suppuration chronique, le plus souvent mono-articulaire.
Les mycobactéries atypiques constituent un groupe particulier de mycobactéries qui sont occasionnellement pathogènes, parmi lesquelles on distingue des formes photochromogènes, des formes scotochromogènes et des formes à croissance rapide.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation
Syn. arthrite à bacilles paratuberculeux
arthrite à parvovirus l.f.
parvovirus arthritis
Polyarthrite aigüe pouvant compliquer chez l’adulte une infection par le parvovirus humain (HPV).
Responsable chez l’enfant de la cinquième maladie ou érythème infectieux, le parvovirus B19 peut chez l’adulte être responsable d’une polyarthrite aigüe ou subaigüe, plus fréquente chez la femme que chez l’homme, touchant les mains et les genoux mais aussi les poignets, les pieds, les coudes et les épaules, accompagnée parfois d’un discret qyndrome pseudo-grippal et d’un rash érythémateux. Rapidement résolutives le plus souvent, ces arthrites peuvent parfois persister des semaines ou des mois, ce qui peut poser un problème diagnostique délicat avec une polyarthrite rhumatoïde débutante. Dans certains cas, le virus a pu être isolé directement à partir du sang ou d’une articulation atteinte ; la présence d’anticorps IgM spécifiques, au décours de la phase aigüe ou pendant la convalescence, est très en faveur du diagnostic.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation
arthrite à Pasteurella multocida l.f.
Pasteurella multocida arthritis
Atteinte mono-articulaire inflammatoire contigüe à une cellulite, elle-même déclenchée par une morsure ou une griffure par un animal infecté par Pasteurella multocida.
Pasteurella multocida est un coccobacille à Gram négatif présent dans la flore orale de près de la moitié des Chiens et des Chats. Après la contamination, l’infection humaine se développe, en 48 heures, sous la forme d’une cellulite locale avec parfois tendinite ou arthrite de voisinage, fébricule, voire bactériémie. La pénicilline en est le traitement de choix.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation
arthrite à Salmonella l.f.
Salmonella arthritis
Arthrite englobant deux ordres de faits différents : d’une part, les arthrites suppurées à Salmonella avec présence du germe dans l’articulation qui sont en fait le plus souvent des ostéo-arthrites et surviennent avec prédilection chez les sujets atteints de drépanocytoses, d’autre part les arthrites réactionnelles à Salmonella typhymurium qui, comme les autres formes d’arthrites réactionnelles, sont surtout le fait de sujets porteurs de l’antigène HLA- B27.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation
→ arthrite réactionnelle, Salmonella
arthrite à Streptobacillus moniliformis l.f.
Streptobaccillus moniliformis arthritis
Atteinte polyarticulaire inflammatoire touchant les grosses articulations, survenant au cours des septicémies à Streptobacillus moniliformis secondaires à une morsure de rat et guérissant sans séquelles, même en l’absence de traitement antibiotique.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation
arthrite avec enthésite l.f.
enthesitis-related arthritis
[I1,I4]
Édit. 2017
arthrite bactérienne l.f.
bacterial arthritis
Arthrite infectieuse causée par une bactérie présente dans l’articulation.
Les arthrites bactériennes peuvent être dues surtout à des pyogènes (staphylocoque, gonocoque, streptocoque, pneumocoque, méningocoque, bactéries à Gram négatif, Salmonella, Hemophilus influenzae surtout chez l’enfant, etc.), au bacille tuberculeux, à Brucella melitensis et, exceptionnellement, à des germes tels que Pasteurella multocida ou Streptobacillus moniliformis. L’infection articulaire résulte le plus souvent d’une diffusion hématogène. Elle peut aussi résulter d’une inoculation directe de l’articulation au cours d’une ponction ou d’une infiltration articulaire ou encore de la diffusion d’une infection de voisinage (ostéomyélite par ex.). Il faut enfin rapprocher des arthrites infectieuses l’infection survenant sur une prothèse articulaire de remplacement.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation