CD 14 sigle pour Cluster of Differentiation
Protéine liée à la membrane lipidique par un pont phosphatidyl-inositol glycane, de 55 kDa, de la famille des protéines à motifs riches en leucine.
CD14 est exprimé principalement à la membrane des monocytes et des macrophages. C’est le récepteur des lipopolysaccharides, dont la fixation induit un signal activateur avec synthèse d’IL-1 et de TNFα. La forme soluble de CD14 est susceptible de se lier aux cellules endothéliales et de les activer. Elle est le précurseur de la molécule appelée présepsine, marqueur sérique d’infection bactérienne.
[C3,F3]
Édit. 2015
CD 27, CD 30, CD 40, CD 95, CD 120 sigles pour Cluster of Differentiation
Protéines transmembranaires de la famille des récepteurs de NGF (nerve growth factor) ou des récepteurs de TNF.
Ces molécules membranaires sont oligomérisées lors de l’association avec leur ligand trimérique, membranaire ou soluble et elles induisent des signaux d’activation cellulaire ou d’apoptose.
CD27 (récepteur de CD70) est exprimé sur les lymphocytes T, B et NK et délivre un signal de costimulation.
CD30. est exprimé sur les lymphocytes T et B. C’est le récepteur de CD153 (CD30L) ; il contrôle l’activation et l’apoptose.
CD40, récepteur de CD154 (CD40L), est exprimé sur les lymphocytes B, les cellules de Langerhans et les monocytes. L’interaction avec son ligand induit un signal de commutation isotypique des lymphocytes B dans les centres germinatifs, et induit en outre l’expression de CD80 (B7.2) et CD86 (B7.1) sur les cellules présentatrices d’antigène. Ces molécules interagissent avec CD28 pour délivrer un signal d’amplification de la synthèse d’IL-2, puis avec CTLA-4 qui inhibe la prolifération des lymphocytes T activés. Le déficit de CD154 s’accompagne d’un syndrome d’hyper-IgM avec absence d’IgA et d’IgG.
CD95. (Syn Fas, Apo-1). Induit un signal d’apoptose notamment au cours de la délétion périphérique des lymphocytes T et B activés.
CD120A est le récepteur de type 1 des TNFα et ß ; CD120B le récepteur de TNF de type 2.
Six autres molécules de la même famille ont été récemment identifiées.
[C3,F3]
choc septique l.m.
septic shock
Syndrome caractérisé par une hyperthermie, une tachycardie, une leucopénie inférieure à 4000/mL ou une leucocytose supérieure à 12 000/mL et une baisse de la pression artérielle systolique au-dessous de 90 mm de mercure non corrigée par une perfusion de soluté.
Ce choc peut évoluer vers une défaillance multiviscérale avec augmentation de l’acide lactique dans le sérum, insuffisance rénale aiguë, insuffisance cardiaque à débit élevé avec augmentation du résidu post-systolique parfois insuffisance surrénalienne. Dans le modèle le mieux étudié, ce syndrome est déclenché par l’action des endotoxines des bactéries gram négatif. Des syndromes analogues peuvent être observés lors des infections à bactéries gram-positif (par ex. par les peptidoglycanes des staphylocoques dorés). Des syndromes de même mécanisme peuvent être provoqués par des infections fongiques, virales ou parasitaires ou bien en l’absence d’infection dans le cadre du choc traumatique ou des syndromes de choc consécutif aux brulures ou aux pancréatites aiguës hémorragiques. Le syndrome de défaillance respiratoire aiguë (ARDS : acute respiratory distress syndrome) met en jeu les mêmes mécanismes mais il est caractérisé par une symptomatologie à prédominance pulmonaire avec passage de plasma dans les alvéoles. L’ensemble de ces syndromes est désigné actuellement sous le nom de syndromes inflammatoires aigus systémiques (systemic acute inflammatory syndroms).
Les mécanismes sont multiples. Ils font intervenir plus particulièrement la libération massive de cytokines de l’inflammation TNFα et IL-1, puis de chimiokines provoquant l’adhérence des leucocytes et des plaquettes à l’endothélium, l’activation des cellules endothéliales avec expression de facteur tissulaire et coagulation locale. Les autres systèmes mis en jeu sont le système des kinines et l’activation du complément. Les traitements symptomatiques comprennent l’administration de corticostéroïdes à fortes doses, d’agonistes ß adrénergiques et de dopamine. Les anticorps anti-TNF et les récepteurs solubles de TNF sont en cours d’évaluation. Les anticorps monoclonaux dirigés contre les lipopolysaccharides ont donné des résultats décevants, de même que l’antagoniste du récepteur de l’IL-1, IL-1RA. La mortalité des syndromes inflammatoires aigus systémiques demeure particulièrement élevée.
→ syndrome inflammatoire aigu systémique
[D1,G1]
cytokine n.f.
cytokine
Protéine ou glycoprotéine de masse moléculaire comprise entre 8 et 50 kDa intervenant comme médiateur soluble ou membranaire dans les interactions cellulaires.
Ce terme regroupe un ensemble hétérogène de molécules dont certaines sont appelées interleukines (IL, médiateurs agissant entre les leucocytes), lymphokines (médiateurs produits par les lymphocytes), interférons, facteur stimulant les colonies (CSF), facteurs de nécrose des tumeurs (TNFα et ß), facteurs transformants de croissance (TGFα et ß) auxquels s’ajoutent les facteurs de croissance dérivés des plaquettes (PGDF), les facteurs de croissance des fibroblastes (FGF) ou des cellules épidermiques (EGF, etc.).
À la différence des hormones dont le taux de sécrétion est continu bien que modifié par des signaux physiologiques, les cytokines sont synthétisées principalement en réponse à un signal activateur. Chaque cytokine peut être produite par de nombreux types de cellules. Les cytokines agissent sur des cellules cibles en se fixant sur des récepteurs spécifiques de haute affinité, les concentrations actives étant de l’ordre de la nanomole ou de la picomole. Ces récepteurs sont, en général, exprimés en très faible densité sur différents types cellulaires, ce qui explique les effets pléiotropiques des cytokines. Selon la localisation de la cellule-cible par rapport à la cellule sécrétrice, les cytokines peuvent avoir une action autocrine (sur la cellule sécrétrice elle-même), paracrine (sur la cellule voisine) ou endocrine (sur des cellules situées à distance de la cellule productrice). L’action juxtacrine est exercée par les cytokines membranaires sur les cellules voisines.
La liaison d’une cytokine à son récepteur induit un ensemble de signaux d’activation, de prolifération, de différenciation ou de mort cellulaire.
La plupart des cytokines entrainent des réactions en cascade en induisant la production d’une autre cytokine par leurs cellules-cibles. Leurs effets sont très souvent redondants : l’induction d’une même réponse cellulaire peut être obtenue avec différentes cytokines se fixant chacune sur son récepteur spécifique.
Étym. gr. kutos : cellule ; kinein : stimuler
[C1,C2]
hypersensibilité immédiate l.f.
immediate-type hypersensitivity
Réaction immunitaire due aux anticorps IgE, liée à l’activation des mastocytes et d’autres cellules, lors d’une seconde administration de l'antigène. Cette hypersensibilité met en jeu des médiateurs préformés libérés lors de la dégranulation des mastocytes (TNFα, histamine) et la synthèse de médiateurs néoformés (leucotriènes, cytokines, etc.).
Cette hypersensibilité est immédiate en raison de la rapidité d'apparition de la lésion, de quelques secondes à 30 minutes, après contact avec l'antigène. Elle peut être transférée à un autre individu uniquement par le sérum, et être une manifestation de l'immunité à médiation humorale.
Étym. gr. huper : en excès ; lat. sensibilitas : sensibilité
Syn. hypersensibilité de type I
inflammation (protéine de l') l.f.
protein of inflammation
Terme générique pour les protéines plasmatiques dont la teneur est augmentée au cours des réactions inflammatoires.
La biosynthèse cellulaire des protéines de l’inflammation est sous la dépendance principale de l’interleukine-6 (IL6) dont les effets sont potentialisés par l’interleukine-1 et le facteur de nécrose tumorale (respectivement IL-1 et TNFα).
Ces protéines dites aussi protéines de la phase aigüe (PPA) sont classées en trois groupes suivant l’importance de l’augmentation de leur teneur : groupe I : protéines dont la teneur augmente d’environ 50 % (céruléoplasmine, composants C3 et C4 du complément, inhibiteur de la C1-estérase,α1-antiplasmine); groupe II : protéines dont la teneur augmente deux à quatre fois (α1-antichymotrypsine,α1-antitrypsine, α1-glycoprotéine acide ou orosomucoïde, haptoglobine, fibrinogène) et groupe III : protéines dont la teneur augmente de 10 à 1 000 fois (protéine réactive C ou CRP et SAA). La synthèse cellulaire des protéines de l’inflammation est sous la dépendance principale de l’interleukine-6 (IL6) dont les effets sont potentialisés par l’interleukine-1 et le facteur de nécrose tumorale (respectivement IL-1 et TNF α).
Étym. lat. flamma : flamme
→ inflammation, protéine C-réactive
interleukine 1 n.f.
interleukin-1
Cytokine produite essentiellement par les phagocytes mononucléés activés intervenant de façon déterminante dans l’immunité innée et les réactions inflammatoires au cours desquelles, en synergie avec TNF-α, elle stimule la production des molécules d’adhésion par les cellules endothéliales, la production de chimiokines par ces mêmes cellules et par les macrophages, la biosynthèse hépatique des protéines de la phase aigüe et la fièvre.
L’IL-1ß est une molécule soluble de 17,5 kDa obtenue par protéolyse de la pro-IL-1ß par un enzyme de conversion (ICE ou interleukin-1 converting enzyme) de la famille des caspases. L’IL-1α de masse moléculaire 31 kDa est principalement membranaire. L’IL-1Ra ou antagoniste du récepteur de l’IL-1 est une molécule soluble de 22 kDa. Ces trois formes moléculaires se lient à des récepteurs d’IL-1 de type 1 qui induisent un signal cellulaire ou de type 2 qui n’induisent pas de signal. Les deux récepteurs existent sous forme soluble. Ces récepteurs sont exprimés sur un ensemble de cellules : lymphocytes T et B, hépatocytes, fibroblastes, ainsi que de cellules d’organes tels que le muscle, la moelle osseuse.
L’IL-1 stimule l’hématopoïèse, la synthèse des protéines de la phase aigüe de l’inflammation (protéine C-réactive), la résorption osseuse, la fièvre et l’expression des molécules adhésives à la surface des cellules endothéliales. Dans toutes ces activités elle agit en synergie avec le TNFα.
Sigle : IL-1
→ phagocytes mononucléés (système des), cytokine, protéine C-réactive, TNFα.
interleukine 13 n.f.
interleukin-13
Interleukine produite par les cellules T, capable d'activer les cellules B.
Elle inhibe la production d'autres cytokines telles que Il-6, Il-1β, Il-8 et TNFα par les monocytes stimulés. C'est une protéine de 132 acides aminés. Elle paraît douée d'effets multiples, en synergie avec Il-2 pour augmenter la sécrétion d'interféron γ, et elle aurait une action inhibitrice sur le développement du virus VIH.
Sigle : IL-13
→ cytokine, lymphocytes T, lymphocytes-B, Il-6, Il-1, Il-8, TNFα, interféron, monocyte, virus VIH
NO-synthase n.f.
NO synthase
Système enzymatique catabolisant la biosynthèse du monoxyde d’azote NO à partir de l’azote guanidine terminal de la L-arginine (au cours d’une réaction de dioxygénation qui entraîne la biotransformation de la L-arginine en L-citrulline), du NADPH et de la tétrahydrobioptérine.
Il en existe trois formes distinctes, les deux premières étant calcium dépendantes : la NO synthase I neuronale, flavoprotéine de masse moléculaire 160 kDa; la NO-synthase III endothéliale, de structure proche de la NO-synthase I, de masse 135 kDa, mais possédant un site myristoylé lui permettant d’être attachée à la membrane ; la NO-synthase II de masse 130 kDa, qui est inductible.Dans la vasoplégie du choc septique, la NO- synthase est inhibée.
| Type de NO-synthase | mode d'expression | mode d'action |
| NOS neuronale(NOS - I)calcium dépendante | neuronescentraux et périphériques(nerfs nitergiques) | neurotransmissionrelaxation (fibres musculaires)régulation centrale de la pression artérielle |
| NOS endothélialeNOS - IIIcalcium dépendante | cellules endothélialesplaquettesactivées par stimulus cyclique(acétylcholine, bradykinine)flux pulsatilestress et cisaillement | activation de guanylate-cyclaseélévation du GMP cycliquerégulation du tonus musculaire de la pression artérielle et des flux régionauxdiminution adhésion leucocyteset plaquettes à paroi |
| NOS inductibleNOS IIcalcium indépendante | induction dans les endothéliums et les fibres musculaires lisses sous l'effet d'endotoxines et de cytokines(TNFά IL I interféron γ) | synthèse de novo de protéinesrôle dans l'inflammation et dansle choc |
Sigle : NOS
parasite n.m.
parasite
1) En biologie, organisme qui ne peut se développer et persister qu'aux dépens d'un hôte vivant.
On distingue, très schématiquement, les ectoparasites, qui vivent à la surface du corps de l'hôte (de manière permanente ou temporaire) et les endoparasites, qui se développent à l'intérieur de l'organisme-hôte. Parmi ces derniers, on peut encore distinguer les parasites intracellulaires et extracellulaires.
Les parasites à développement intracellulaire (facultatif ou obligatoire) sont représentés par les virus, les rickettsies et les chlamydiae, certaines bactéries (mycobactéries, salmonelles, brucelles, légionnelles, Listeria spp...), des levures et des protozoaires (leishmanies, Plasmodium spp., Cryptosporidium spp...). La défense contre ces parasites fait appel aux lymphocytes T cytotoxiques et à la synthèse de cytokines (IL-12, interféron γ, TNFα).
Les parasites extracellulaires comprennent la plupart des bactéries et des levures, des protozoaires et tous les parasites métazoaires. Contre eux, les mécanismes de défense mettent principalement en jeu les phagocytes, le complément et les anticorps.
La notion de pathogénicité des parasites doit être nuancée; certains ne sont pas habituellement pathogènes; d'autres, opportunistes, se situent même à la limite du parasitisme et du saprophytisme.
2) Par analogie, en obstétrique, le terme désigne, au cours d'une grossesse gémellaire monozygote, un des jumeaux qui, privé de cœur ou avec un cœur rudimentaire, ne survit que sous l'aspect d'une masse informe aux dépens de l'autre qui lui envoie du sang par les vaisseaux placentaires.
thalidomide n.m.
thalidomide
Substance chimique de synthèse dérivée de la pipéridine (N-phtalimido-glutarimide) à propriétés hypnotiques et qui fut largement utilisée dans certains pays (sauf la France), où la mise en vente, en tant qu’hypnosédatif et tranquillisant peu toxique, avait été autorisée en 1957.
Elle se poursuivit jusqu’en 1962, lorsque les autorités de santé de plusieurs pays européens reçurent des informations convergentes alarmantes : il avait connu un vif succès en particulier auprès des femmes enceintes, mais apparaissaient de façon épidémique de graves manifestations tératogènes liées à son utilisation à des moments précis du début de la grossesse, telles qu’absence d’oreille interne, paralysie des nerfs crâniens, rhizomélies (jours J21 et J22), phocomélies (de J24 à J29), sténoses ano-rectales (J34 à J36), atteintes diverses...
A cette époque, parmi les épreuves des essais préalables auxquelles étaient obligatoirement soumises les substances médicamenteuses pouvant conduire à des applications thérapeutiques possibles, on n’avait pas envisagé l’hypothèse d’effets tératogènes et ceux-ci n’étaient pas systématiquement recherchés chez les animaux d’expérience dans les protocoles imposés. Une conséquence heureuse de cette découverte tragique fut l’insertion désormais obligatoire dans le dossier des nouveaux médicaments, en phase I, de la recherche d’effets mutagènes et d’effets tératogènes.
Or cette nouvelle molécule chimique fit la preuve de plusieurs actions pharmacologiques de grand intérêt : c’est un immunomodulateur, inhibiteur de la production de cytokines, dont le TNFα, et de l’activation du facteur de transcription NF-κB, selon des mécanismes encore mal connus. Le thalidomide continue d’être utilisé en raison d’indications ne recevant que peu de moyens thérapeutiques : réactions lépreuses de type II (érythème noueux lépreux), aphtose sévère au cours de l’infection par le VIH, lupus érythémateux cutané résistant aux autres traitements, infiltrations lymphocytaires de la peau (maladie de Jessner-Kanof), réactions chroniques du greffon contre l’hôte, formes graves de la maladie de Behçet, prurigo actinique... Les applications actuelles n’ont lieu qu’en milieu strictement hospitalier, les femmes en âge de procréer étant soumises à une contraception efficace. Ce médicament, qui reste le traitement le plus efficace des poussées d'érythème noueux d'origine lépreuse, est uniquement distribué par les pharmacies hospitalières, au titre d'une Autorisation Temporaire d'Utilisation (ATU),
Prescrite à la dose de 300-400 mg/j, le thalidomide entraîne la disparition des symptômes en une quinzaine de jours. La posologie peut être ensuite diminuée, rapidement au début (jusqu'à 100 mg/j), puis plus progressivement, la durée totale du traitement n’excédant pas 1 à 2 mois. La tératogénicité de ce médicament le fait formellement proscrire au cours de la grossesse.
Deux indications hématologiques sont d’application fréquente depuis les années quatre-vingt-dix: la réaction du greffon contre l’hôte après transplantation de cellules souches hématologiques et le myélome multiple. La thalidomide a des effets inhibiteurs sur la formation de nouveaux vaisseaux sanguins. Cette revascularisation, appelée aussi angiogenèse, est la condition indispensable à la croissance des tumeurs. En outre, la thalidomide semble avoir aussi une action sur le système immunitaire.
M. Jessner et N.B. Kanof, dermatologistes américains (1953) ; H, Behçet, dermatologiste turc (1937)
Étym. de phtalique, dérivé du naphtalène, depuis gr. naphta, et imide (amide secondaire résultant de l’action de l’ammoniac sur un
→ amélie, ectromélie, ectromèle, phocomélie, micromélie, méromélie, brachymélie, péromélie, rhizomélique
[A4,E1,G3,G4,O6,Q2,Q3]