lacorhinostomie n.f.
conjunctivo-rhinostomy
Technique de dérivation lacrymale entre le cul-de-sac conjonctival inféro-interne et la cavité nasale.
Lorsque les canalicules sont trop sténosés et qu'une chirurgie canaliculaire reconstructrice n'est pas réalisable, une lacorhinostomie peut être effectuée par transposition d'un lambeau de muqueuse nasale, au travers d'un orifice osseux de dacryocysto-rhinostomie, vers la cavité conjonctivale (technique de Walter) ou plus simplement par pose d'un tube de lacorhinostomie laissé à demeure. Le tube (pyrex, silicone) peut être placé entre le lac lacrymal et le nez en passant au travers d'un orifice osseux de dacryocysto-rhinostomie (technique de Jones) ou entre le sac lacrymal et le canal lacrymonasal (technique de Métaireau, technique de Bernard).
W. L. Walter, ophtalmologiste américain (1982) ; L. T. Jones, ophtalmologiste américain (1965) ; J. P. Métaireau, ophtalmologiste français (1988); J. A. Bernard, ophtalmologiste français (1972)
œsophagectomie n.f.
œsophagectomy
Résection d’un segment ou de la totalité de l’œsophage.
L’indication princeps est le cancer de l’œsophage. Plus rares sont les exérèses pour oesophagite corrosive aigüe.
La première oesophagectomie pour cancer de l’œsophage cervical a été réalisée avec succès par V. Czerny le 2 mai 1877 (résection de 6cm.). Pendant 36 ans se succèdent des tentatives, toutes mortelles entre les mains les plus brillantes. Le 14 mars 1913 F. Torek réussit, par voie thoracique gauche, la résection de l’œsophage pour un cancer sous-aortique; sa malade a survécu 14 ans. Onze ans plus tard, en 1924, il n’avait toujours que 2 survies pour 12 opérés. L’essor de la chirurgie œsophagienne ne fut donné qu’après la 2ème guerre mondiale avec le développement de la chirurgie endothoracique, grâce aux progrès de l’anesthésie et de la réanimation. Deux congrès internationaux tenus l’un aux USA en 1946, l’autre à Paris en 1947, démontrent que la chirurgie œsophagienne sort de l’enfance et s’oriente vers la résection suivie d’anastomose immédiate.
Le choix de l’intervention dépend de la localisation de la tumeur, de son étendue et de l’expérience de l’équipe. Deux types d’interventions chirurgicales peuvent ainsi être réalisés : l’œsophagectomie subtotale et l’œsophagectomie totale, toujours accompagnées d’un curage adénolynphatique.
- L’œsophagectomie subtotale consiste à retirer une partie de l’œsophage et la partie supérieure de l’estomac. Le plus souvent, cette intervention est proposée lorsque la tumeur est située dans le tiers inférieur ou moyen de l’œsophage. Elle nécessite une double voie d’abord, abdominale et thoracique. On parle d’œsophagectomie subtotale par voie transthoracique droite aussi appelée intervention de Lewis-Santy-Mouchet. Il s’agit de la technique de référence dans la chirurgie de l’œsophage. Elle est de plus en plus entrée en concurrence avec la voie thoracique gauche (qui peut être agrandie en thoracophrénolaparotomie) plus délabrante et qui nécessite un décroisement aortique (technique de Sweet, de J.L. Lortat-Jacob).
- L’œsophagectomie totale consiste à retirer la totalité de l’œsophage et la partie supérieure de l’estomac. Elle est souvent réalisée par une triple voie d’abords : abdominale, thoracique et cervicale (technique d’Akiyama ou de McKeown). Elle est souvent utilisée lorsque la tumeur est située dans le tiers moyen ou supérieur de l’œsophage.
En cas de contre-indication respiratoire à la thoracotomie, de tumeur de petite taille ou pour certaines formes de cancers de la jonction œsogastrique, le chirurgien peut avoir recours aux voies d’abords abdominale et cervicale pour réaliser l’intervention. Il s’agit alors d’une œsophagectomie par voie transhiatale, sans thoracotomie (technique d’Orringer). Le curage lymphatique ne peut être qu’abdominothoracique par le hiatus diaphragmatique et cervical.
Le rétablissement de la continuité digestive fait appel aux techniques d’œsophagoplastie. Elle est le plus souvent réalisée avec l’estomac. L’estomac est tubulisé pour reconstituer l’œsophage. En fonction de la zone de section de l’œsophage, la suture entre l’estomac et l’œsophage restant peut être réalisée le plus souvent au sommet du thorax lors d’une œsophagectomie subtotale ou au niveau du cou lors d’une œsophagectomie totale. Lorsque l’estomac a été entièrement retiré ou lorsqu’il n’est pas utilisable, le rétablissement de la continuité digestive peut être réalisé avec le colon ou l’intestin grêle. Le transplant est le plus souvent monté dans le lit oesophagien (voie thoracique droite). Des reconstructions par tunnelisation rétrosternale ont été proposées ; elles se heurtent à un risque de sténose dans le défilé cervicothoracique au bord supérieur du manubrium sternal.
Les pinces mécaniques de sutures et d’anastomoses ont marqué une révolution technique de la chirurgie digestive et particulièrement œsophagienne. Elles ont diminué le nombre et la gravité des fistules anastomotiques, principales causes de mortalité par médiastinite.
Lorsque le cancer est à un stade précoce (cas très rare), c’est-à-dire limité à la muqueuse de l’œsophage (en particulier pour les lésions précancéreuses - dysplasies de haut grade sur endobrachyœsophage), la résection endoscopique est le traitement de référence. Cette procédure consiste à décoller et enlever la muqueuse et une partie de la sous-muqueuse de l’
Les progrès de l’endoscopie souple, de l’imagerie (échographie, scanner, IRM) permettent une meilleure sélection des opérés. La radiothérapie ciblée, une chimiothérapie plus efficace, l’intubation endoscopique, prennent place dans une décision thérapeutique devenue multidisciplinaire.
V. Czerny, chirurgien allemand (1877) ; F. Torek, chirurgien américain (1915) ; I. Lewis, chirurgien américain (1946) ; P. Santy, chirurgien français, membre de l'Académie de médecine (1946) ; R. H. Sweet, chirurgien américain ( 1946) ; A. Mouchet, chirurgien français (1948) ; K. C. McKeown, chirurgien britannique (1980) ; H. Akiyama, chirurgien japonais (1980) ; M. B. Orringer, chirugien américain (1999); J. L. Lortat Jacob, chirurgien français, membre de l'Académie de médecine (1951)
Étym. gr. oisophagos : œsophage, qui porte ce qu'on mange ; ektomê : ablation
→ cancer de l'œsophage, œsophagite corrosive aigüe, œsophagoplastie
[L2]
Édit. 2017
muscle abducteur du petit doigt de la main l.m.
musculus abductor digiti minimi manus (TA)
abductor digiti minimi of hand
Muscle allongé et aplati situé à la partie médiale et superficielle de l’éminence hypothénar.
Il nait de l’os pisiforme et d’une expansion tendineuse du muscle fléchisseur ulnaire du carpe. Il descend vers le petit doigt en avant du muscle opposant et en dedans du muscle court fléchisseur du petit doigt. Il se fixe avec ce dernier sur le côté médial de l’extrémité proximale de la première phalange du petit doigt, sur le ligament glénoïdien et l’os sésamoïde de celui-ci. Il est fléchisseur et abducteur du petit doigt par rapport à l’axe de la main. Il est dit adducteur par rapport à l’axe du corps. Il est innervé par un rameau de la branche profonde du nerf ulnaire.
Syn. anc. muscle adducteur du petit doigt.
nerf plantaire latéral l.m.
nervus plantaris lateralis (TA)
lateral plantar nerve
Branche terminale latérale du nerf tibial, satellite médiale de l’artère plantaire latérale, entre le muscle court fléchisseur des orteils et le muscle carré plantaire.
Elle innerve, au cours de ce trajet, le muscle carré plantaire et le muscle abducteur du petit orteil. Le nerf plantaire latéral se divise, à hauteur de l’extrémité proximale du cinquième métatarsien, en deux branches terminales : l’une superficielle qui fournit le nerf digital du quatrième espace et le nerf collatéral plantaire latéral du cinquième orteil dont les branches collatérales innervent le muscle abducteur du petit orteil, court fléchisseur du petit orteil et le muscle opposant du petit orteil : l’autre profonde, qui s’infléchit en avant et en dedans entre le chef oblique du muscle adducteur de l’hallux et les muscles interosseux qu’elle innerve ainsi que le chef transverse du muscle adducteur de l’hallux et les troisième et quatrième muscles lombricaux du pied.
Syn. anc. nerf plantaire externe
sagittalisation n.f.
sagittalization
Tendance d'un des muscles obliques à avoir une direction plus sagittale que l'autre muscle oblique par rapport à l'axe visuel.
Si le petit muscle oblique est sagittalisé, l'angle formé avec l'axe visuel est plus petit que l'angle formé par son antagoniste homolatéral, le grand oblique. L'action verticale du petit oblique se trouve augmentée au détriment de son action torsionnelle, ce qui entraîne une incyclotorsion relative. Cette incyclotorsion peut être compensée par une contraction des muscles extorteurs, le petit oblique et le droit inférieur et par une inhibition des muscles intorteurs, le grand oblique et le droit supérieur. Il en résulte un élément alphabétique en V.
M. H.Gobin, ophtalmologiste néerlandais (1964)
élévation oculaire en adduction l.f.
elevation in adduction, upshoot in adduction
Élévation de l'œil non fixateur qui est en adduction, dans le regard latéral : œil droit dans le regard latéral gauche, œil gauche dans le regard latéral droit.
Elle augmente ou peut seulement apparaître dans le regard oblique : regard en haut et à gauche pour l'élévation de l'œil droit, regard en haut et à droite pour l'élévation de l'œil gauche.
L'élévation en adduction, comme l'abaissement en adduction est un signe clinique fondamental dans l'étude d'un trouble de la motilité oculaire, qu'il s'agisse d'une paralysie ou d'un strabisme concomitant. Dans le strabisme convergent, si l'angle est important, elle peut être déjà évidente avant mise en train du cover test, le nez faisant automatiquement office d'écran quand l'œil fixateur est en abduction. Cette élévation en adduction est très fréquente et est symptomatique d'une hyperaction du petit oblique ; quand elle est peu marquée, elle est plus évidente dans le regard oblique c'est-à-dire quand on place l'œil non fixateur dans le champ d'action du muscle petit oblique ; dans les cas typiques, elle est associée à une hyperaction du droit inférieur opposé (antagoniste opposé du petit oblique) ; cette hyperaction du droit inférieur opposé doit être systématiquement recherchée : s'il y a hyperaction du petit oblique droit, elle est recherchée dans le regard en bas et à gauche (champ d'action du droit inférieur gauche) en maintenant l'œil droit fixateur. Dans le strabisme paralytique, l'élévation en adduction est secondaire à la paralysie du grand oblique (paralysie trochléaire) ; dans le strabisme concomitant non opéré, l'élévation en adduction est très souvent bilatérale symétrique ou asymétrique ; elle peut être associée à une déviation verticale dissociée, notamment dans l'ésotropie congénitale ou infantile.
→ déviation oculaire diagonale
[P2]
Édit. 2019
Stewart-Hamilton (méthode de) l.f.
Stewart-Hamilton's method
Technique montrant que, quand on injecte un indicateur dans la circulation, celui-ci se dilue dans le sang, sa concentration moyenne augmente à chaque passage à travers le cœur et elle se stabilise assez rapidement.
Un prélèvement fait lors de la stabilisation permet de mesurer la concentration de l'indicateur dans le sang et, connaissant la dose injectée, de déterminer le volume sanguin circulant. L'enregistrement transcutané continu de la concentration permet de déterminer le débit cardiaque.
Dans un volume V de liquide, l'injection d'une quantité I d'un indicateur donne une concentration C = I/V de colorant. Quand la concentration sanguine, Cf, est stabilisée, l'indicateur (vert d'indocyanine, traceur radioactif, bol de solution froide, etc.) est distribué dans toute la circulation. Une mesure transcutanée ou un prélèvement de sang en un endroit quelconque de la circulation (veine périphérique, artère pulmonaire par cathétérisme, etc.) permettent de mesurer Cf et, connaissant la dose d'indicateur injectée I, de calculer le volume sanguin circulant : Vs = I/Cf. L'enregistrement transcutané continu ou celui directement prélevé par cathétérisme permet d'obtenir ensuite la courbe de la concentration sanguine, courbe en fonction du temps étalonnée sur la concentration finale, Cf.
Le premier passage à travers le cœur donne un signal qui peut être extrait par calcul par un petit calculateur, car la queue du passage est une exponentielle décroissante. La surface grisée, S, sous la courbe du signal de premier passage correspond à la dose d'indicateur injectée. Avec un étalonnage convenable, le volume de l'ondée sanguine est V = I /S et, si la fréquence cardiaque f est stable, le débit cardiaque est Q’= f.I/S.
Une version très utilisée de la méthode est l'emploi comme indicateur d'un bol de solution froide, c'est-à-dire l'injection d'un petit «bol de froid» par une sonde de Swan Ganz calibrée placée dans l'artère pulmonaire. Mesurée par des capteurs (thermistors) portés sur la sonde, la différence de température entre la solution injectée et le sang refroidi permet d'extraire le signal. La sonde étant calibrée, on obtient directement le débit cardiaque sans avoir besoin de prélever d'échantillon de sang au préalable. Comme la solution froide passe à petit débit et que la minime quantité de chaleur soustraite à la circulation n'abaisse pas la température du sang pulmonaire lors de son retour au cœur, on peut suivre en continu le débit cardiaque, grandeur cardinale très utile pour la réanimation des insuffisances cardiocirculatoires.
ampliphotographie n.f.
photofluorography
Technique de radiophotographie consistant à photographier l'écran secondaire d'un amplificateur de luminance.
L'image de cet écran secondaire est reprise par le système optique d'une caméra spéciale fournissant des clichés de format 7x7cm ou 10x10cm. Cette technique présente plusieurs avantages : diminution importante de la dose de rayonnement reçue par le patient, d'environ 7 à 8 fois par rapport à un cliché réalisé par la technique standard écran-film; facilité d'emploi, ayant permis la création d'unités mobiles de dépistage et de médecine du travail; économie de film et facilité de manipulation et d'archivage de ce petit format.
Le rendu sur film tend à être abandonné au profit d'images purement numériques.
[B2, B3]
Édit. 2020
biométrie en mode A l.f.
A-mode biometry
En ophtalmologie, biométrie réalisée avec un biomètre utilisant la technique du mode A (mode d'amplitude).
En mode A, les interfaces rencontrées par le faisceau ultrasonore sont représentées par des pics dont la hauteur est parallèle à la réflectivité de cette interface. C'est la technique la plus largement employée. Il convient d'avoir un biomètre qui affiche la courbe de mode A des échos réfléchis. En fonction des règles de propagation des ultrasons, pour un œil proche de l'emmétropie (et donc supposé proche de la sphéricité), il est admis que les critères de réussite d'une bonne biométrie en mode A sont l'obtention des distances les plus grandes avec les pics les plus élevés. Avec la technique en immersion, les différentes interfaces successivement rencontrées sont la face antérieure et la face postérieure de la cornée, la cristalloïde antérieure, la cristalloïde postérieure et l'interface vitréorétinienne. Avec les techniques de contact, les deux pics cornéens sont inclus et masqués dans le pic de sonde et ses artefacts postérieurs. Le reproche que l'on peut faire à la biométrie en mode A est que l'on ne peut vérifier la coïncidence de l'axe des mesures avec l'axe visuel. Avec les techniques de contact, on ne peut être être certain de ne pas appuyer avec la sonde sur la cornée (et diminuer la longueur axiale totale, entraînant une hypermétropisation postopératoire) ou de ne pas augmenter cette longueur axiale en incluant un petit ménisque de larmes (entraînant une myopisation postopératoire).
Étym. gr. bios : vie ; metron : mesure
Édit. 2017
imagerie optique l.f.
Le principe de l’imagerie optique consiste à éclairer le corps avec un laser et à récupérer les photons qui sont réémis par les premières couches de cellules, soit de manière naturelle, soit parce que des particules fluorescentes ont été préalablement injectées dans le corps.
Cette technique trouve des applications dans l’imagerie de la peau (carcinomes), de la rétine (cataracte), ou des parois du colon (grâce à l’introduction d’un petit endoscope dans l’intestin). C’est une technique d’imagerie inoffensive et extrêmement rapide. Elle permet de voir des détails très fins, comme une hématie (cellule sanguine) dans un vaisseau.
Normalement l’imagerie optique ne permet pas d’observer directement le corps au-delà d’un demi-millimètre de profondeur. En effet, les tissus diffusent énormément la lumière et rares sont les photons à voyager en ligne droite – seul moyen de reconstituer une image.
L’utilisation de « sondes » pour des explorations plus profondes est donc indispensable. Actuellement, les seules sondes commercialisées pour l'imagerie in vivo sont des molécules ou nanoparticules fluorescentes qui émettent des photons pendant des temps très courts, de l'ordre de la dizaine de nanosecondes. Pour pallier cet inconvénient, une équipe du CNRS conçoit depuis plusieurs années des nanoparticules aux propriétés optiques originales. Ces matériaux peuvent stocker l'énergie lumineuse d'excitation et la restituer lentement pendant plusieurs heures dans la zone de transparence des tissus biologiques.
Cette technique permet l’observation non destructive des couches périphériques du cerveau humain. Des détecteurs au silicium permettent de révéler l’activation cérébrale au niveau du cortex.
Sigle angl. OCT
Étym. lat. imago : image, représentation
[B2,H1]
élastographie ultrasonore l.f.
ultrasonographic elastography, transient elastography, shear wave elastography
Ensemble de techniques ultrasonographiques destinées à mesurer la rigidité des tissus, dont le principe est identique : application d’une contrainte qui va déformer la structure à étudier ; recueil des signaux des tissus déformés puis analyse de la déformation tissulaire induite.
1. Elastographie avec impulsion mécanique
(« transient elastography »). Cette technique, moins utilisée actuellement, nécessite un appareil spécifique : « FibroscanTM », sans système de guidage, ni imagerie morphologique. La contrainte appliquée est une onde de cisaillement mécanique créée par un vibreur externe. A partir de la moyenne de 10 mesures consécutives le système calcule indirectement le module de Young sur la zone d’intérêt. Il est utilisé en pathologie hépatique.
2. Elastographie ultrasonique quasi-statique en temps réel par contrainte mécanique continue
« strain elastography »). On comprime la zone à étudier avec la sonde à ultrasons et on observe en temps réel par rapport à une coupe identique sans compression les modifications colorimétriques de l’image obtenues qui sont fonction de la rigidité des tissus. Cette technique ne permet pas de mesure mais seulement une estimation qualitative.
3. Elastographie ultrasonique dynamique avec impulsion ultrasonographique
[« Shear wave elastography » (SWE)]. Cette technique, la plus utilisée de nos jours, équipe la plupart des échographes récents de haut niveau. Après repérage échographique de la zone d’intérêt, on y applique une onde à ultrasons de compression, qui génère elle-même des ondes de cisaillement perpendiculaires à elle. Ce cisaillement est mesuré en temps réel et mesure d’élasticité en kilopascals déduite de la vitesse des ondes de cisaillement.
La principale application de cette technique est l’évaluation et la quantification de de la fibrose hépatique et la caractérisation des nodules mammaires, accessoirement l’étude des nodules thyroïdiens et de certaines pathologies rénales, prostatiques et musculo-tendineuses.
T. Young, physician britannique (1773-1829)
[B1, B3, L1, O5]
Édit. 2019
forçage génétique l.m.
Technique de manipulation génétique qui permet de propager une mutation dans une population.
La technique consiste à introduire un segment d’ADN élaboré en laboratoire dans le génome de quelques individus d’une population. Le mode de transmission du « gene drive » aboutit à transmettre la mutation à 100% des descendants et non 50 %, comme c’est le cas pour les gènes à transmission dominante chez l’homme, parce que le nouveau gène est présent dans les gamètes paternel et maternel. Le génome de la quasi-totalité de la population est donc modifié au bout de quelques générations. Cette technique, en aboutissant au renouvellement de toute une population, permettrait d’éradiquer des maladies transmissibles par les moustiques comme le paludisme, la dengue ou le virus Zika. Dans le domaine agricole, on pourrait modifier des organismes porteurs de maladies ou provoquant des dommages sur les cultures. L’utilisation de cette technique soulève de nombreuses questions : suppression de la variabilité naturelle des espèces, contrôle de l’agriculture d’un pays ennemi en cas de guerre, développement de monopoles commerciaux…ce qui la fait réserver encore à des études en laboratoire.
Fig. 1. Propagation d'une mutation classique (à gauche) comparée à celle d'une cassette gene drive (à droite).Chaque individu est représenté schématiquement par une paire de chromosomes. Les individus portant la mutation rouge ou la cassette gene drive sont encadrés en rouge. En théorie, si 10 individus génétiquement modifiés et possédant une cassette d'ADN « gene drive » sont introduits dans une population naturelle de 100 000 individus, alors en moyenne plus de 99 % des individus seront porteurs de la cassette « gene drive » au bout de seulement 12-15 générations. A l'inverse, une mutation génétique présente dans les mêmes proportions aura disparu de la population au bout de quelques générations en moyenne, sauf si elle favorise le nombre de descendants. Le mode de transmission du « gene drive » échappe aux lois de Mendel et permet ainsi de répandre en accéléré une modification particulière du génome dans l'ensemble d'une population d'individus à reproduction sexuée. D'autres éléments génétiques échappant aux lois de Mendel ont déjà été mis en évidence (les distorteurs de ségrégation, les éléments transposables, les éléments Médéa, les bactéries endocellulaires comme Wolbachia, et les endonucléases qui se copient elles-mêmes)2 mais le « gene drive » est beaucoup plus rapide et plus efficace que tous les autres mécanismes connus : il n'a pas d'effets collatéraux délétères sur les organismes qui le portent (contrairement aux quatre premiers cas) et il a une probabilité de transmission plus forte que les deux derniers.Le « gene drive » manipule à son avantage les trois piliers de la sélection naturelle : mutation, hérédité et adaptation. Premièrement, les mutations n'apparaissent plus au hasard mais exactement là où le « gene drive » a été conçu pour couper et la séquence d'ADN souhaitée est produite. Deuxièmement, alors qu'un parent transmet normalement la moitié de ses gènes à son enfant, un parent « gene drive » transmet la cassette « gene drive » à tous les coups. Troisièmement, un individu « gene drive » qui est mal adapté et qui devrait produire peu de descendants va tout de même transmettre ses gènes « gene drive » à la génération suivante du fait de son mode de transmission accru.La cassette « gene drive » peut être assimilée à une mutation auto-amplifiante, qui s’auto-réplique elle-même et qui diffuse plus rapidement que la génétique habituelle. Au regard de sa capacité à faire sauter les trois verrous caractéristiques du rythme évolutionnaire depuis 4 milliards d’années, le « gene drive » est probablement l’invention biologique la plus effective et imprédictible qu'on n'ait jamais possédée quant à la gestion du vivant, en nous et hors de nous.
[Q1]
Édit. 2018
RT-PCR sigle angl.pour Reverse Transcription Polymerase Chain Reaction
Technique d’amplification d’un ARN in vitro, variante de la technique PCR qui permet, elle, d’amplifier des ADN.
Pratiquement, la première étape consiste à transformer l’ARN en ADN, appelé ADN complémentaire ou ADNc en utilisant une enzyme, la transcriptase inverse.
La seconde étape consiste à amplifier cet ADNc en utilisant la technique PCR, d’où l’appellation RT-PCR. Il est ainsi possible d’analyser, aussi bien qualitativement (séquence, taille,…) que quantitativement, un ARN donné présent au sein d’un mélange d’ARN différents, qui peut être l’ensemble de tous les ARN d’une cellule, sans avoir à le purifier et cela même s’il n’est présent qu’en quantité infime dans le mélange.
En recherche cette technique d’amplification est surtout utilisée pour analyser l’expression des gènes. Elle est utilisée fréquemment dans les laboratoires d’analyses médicales dans le cadre du diagnostic ultrasensible, et le suivi au cours du traitement, de maladies transmissibles, principalement des maladies virales dont le patrimoine génétique du virus responsable est un ARN comme le VIH dans le SIDA ou le VHC dans l’hépatite C.
→ ADN complémentaire, ARN messager, PCR, transcriptase inverse, ADN complémentaire
acuité visuelle l.f.
visual acuity
Capacité de distinguer de petits détails et la forme des objets, très élevée dans la seule partie centrale de la rétine.
Elle est mesurée en clinique à l'aide d'optotypes représentant des lettres ou des images familières pour les enfants.
Il est classique de distinguer plusieurs types d'acuité :
- l'acuité morphoscopique ou de reconnaissance : capacité de lire une lettre, un symbole ou une image ;
- la résolution spatiale : capacité de détecter la présence d'un motif répétitif sans signification, le plus souvent un réseau de barres alternées blanches et noires ou un damier ;
- le minimum visible ou acuité de détection : capacité de détecter le plus petit objet visible, variante du précédent, rarement utilisé ;
- le minimum de décalage, ou acuité Vernier ou hyperacuité : capacité de détecter le plus petit décalage entre deux lignes ;
- le minimum séparable : capacité de détecter la plus petite distance qui permet de distinguer deux points ou deux lignes.
Dans la pratique clinique, seule l'acuité morphoscopique fovéale est mesurée. L'acuité s'exprime en dixièmes d'une norme établie à l'unité (soit 10/10 ou 1) dans les pays de tradition latine. Les pays anglo-saxons utilisent une fraction fondée sur le mètre (6/6) ou le pied (20/20). On peut enfin utiliser la dimension angulaire du plus petit objet reconnu. La norme a été établie à une valeur d'une minute d'arc, correspondant à 30 cycles par degré ou 10/10. La résolution spatiale est très supérieure à l'acuité morphoscopique, s'élevant jusqu'à 60 cycles par degré pour un sujet normal dans les meilleures conditions d'éclairement. On peut aussi mesurer l'acuité visuelle sur toute la surface de la rétine. Elle chute rapidement en dehors de la zone fovéale. Au-delà de 10 degrés d'excentricité, elle conserve une valeur proche de 1/10 (1,0 log ARM) jusqu'à la proximité de l'ora serrata.
Étym. lat. acutus : aigu, pointu
[P2 ]
Édit. 2017
muscle abducteur du petit orteil l.m.
musculus abductor digiti minimi pedis (TA)
abductor digiti minimi of foot
Petit muscle situé dans la partie latérale de la loge plantaire latérale.
Il s’insère en arrière sur le processus latéral de la tubérosité du calcanéum et sur l’aponévrose plantaire et se termine sur l’extrémité proximale de la première phalange du petit orteil. Il a une action de flexion et d’abduction du petit orteil. Il est innervé par un rameau du nerf plantaire latéral.
muscles oculomoteurs l.m.p.
musculi bulbi (TA)
oculomotor muscles
Muscles striés assurant la motilité du globe oculaire (bulbus oculi).
Ils sont au nombre de six :
- quatre muscles droits, externe (m. rectus latéralis) inférieur (m. rectus inferior), interne (m. rectus medialis),supérieur (m. rectus superior)
- deux obliques, grand oblique (m. obliquus superior) et petit oblique (m. obliquus inferior).
Ils prennent leur origine par un tendon commun, le tendon de Zinn (anulus tendineus communis) situé au fond de l’orbite (sauf le petit oblique).
Ils sont reliés entre eux par des formations fibreuses qui constituent la capsule de Tenon (vagina bulbi ), sont entourés par une gaine musculaire (fascia muscularis) et sont liés à la paroi orbitaire par des expansions aponévrotiques.
Le corps musculaire se termine par un tendon qui s’insère sur la sclère, à une distance variable de la cornée, après avoir adhéré à la sclère par un arc de contact. Innervé par le nerf moteur oculaire externe ( nervus abducens), le muscle droit externe exerce uniquement une fonction d'abduction de l'œil. Innervés par des branches du moteur oculaire commun (n. oculomotorius), les trois autres muscles droits assurent l'abaissement de l'œil (droit inférieur), l'adduction (droit interne) et l'élévation (droit supérieur) de celui-ci. Innervé par une branche du nerf pathétique (n. trochlearis), le muscle grand oblique permet essentiellement l'abaissement en adduction du globe oculaire (muscle de la lecture), et le petit oblique, innervé par une branche du nerf moteur oculaire commun, son élévation.
Pourfour du Petit (syndrome de) l.m.
Pourfour du Petit’s syndrome
Syndrome oculaire unilatéral caractérisé par une mydriase avec conservation des réflexes pupillaires, une exophtalmie modérée, souvent contestée chez l’homme, et un élargissement de la fente palpébrale par rétraction de la paupière supérieure ipsilatérale, une vasoconstriction avec pâleur, froideur et sudation de l'hémiface du même côté.
Le syndrome de Pourfour du Petit résulte d'une irritation de la chaîne sympathique cervicale homolatérale.
Il est relativement rare dans sa forme complète mais il en existe des cas dissociés. La mydriase caractéristique qui est le signe quasi-constant et capital est en effet souvent isolée.
Ce syndrome est l’inverse de celui de Claude Bernard-Horner avec lequel il est souvent confondu ; pour achever la confusion, certains auteurs ont nommé la paralysie du sympathique cervical: syndrome de Pourfour du Petit-Claude Bernard.
Secondaire à des traumatismes cervicaux, il a été décrit au XVIIIe siècle par François Pourfour du Petit, chirurgien des armées de Louis XIV, comme complication des plaies cervicales par coup d'épée. Le syndrome peut aussi être une complication d'un goitre basedowien à prédominance unilatérale. Un cas ayant pour origine une lésion mésencéphalique ischémique a été rapporté. C'est une complication exceptionnelle de l'anesthésie locorégionale (bloc du plexus brachial par ex.), méconnue au départ et transitoire (elle régresse dans les trois mois).
Si la lésion de la chaine sympathique est définitive, l’évolution peut se faire vers un syndrome de Claude Bernard-Horner qui a les mêmes significations anatomiques et étiologiques ; il peut se compliquer de conjonctivite et d'épiphora (larmoiement).
F. Pourfour du Petit, anatomiste, chirurgien et ophtalmologiste français (1710 et 1727) ;S. Biffi, psychiatre italien (1846) ; J. F. Fulton: neurophysiologiste américain (1929) ; M. Kipfer, médecin français (1938) ; F. Velter, A. Tournay, ophtalmologistes français (1927) ; Florence Angélique-Talbot, médecin français (1995)
Syn. (cf. Réf.6 - bibliographie) : syndrome d’excitation du sympathique cervical, syndrome d’irritation du sympathique cervical, suractivation des voies sympathiques cervicales, mydriase unilatérale réactive, mydriase unilatérale spasmodique, Bernard’
→ système nerveux autonome, système nerveux autonome (atteinte du), Claude Bernard-Horner (syndrome de), mydriase
apnée (oxygénation sous) l.f.
apneic oxygenation, diffusion respiration
Technique d'oxygénation utilisée en anesthésie générale pour certaines interventions chirurgicales, notamment en ORL, consistant en l'insufflation d'un petit débit d'oxygène dans la trachée du patient maintenu en apnée, ce qui laisse le thorax immobile tout en assurant une oxygénation convenable pendant une vingtaine de minutes.
On peut ainsi maintenir une PaO2 satisfaisante, mais l'élimination du CO2 est insuffisante en l’absence de mouvement ventilatoire, aussi la PaCO2 s'élève progressivement. On préfère la «jet ventilation» à cette technique car elle assure une meilleure épuration du CO2.
L'expression anglaise «respiration par diffusion» est incorrecte car, en apnée, les échanges broncho-alvéolaires se font par l'action des pulsations cardiaques qui brassent activement l'air bronchique et bronchiolaire («petite respiration cardiaque») et non par diffusion (elle n’agit que dans les alvéoles).
Étym. gr. apnoia : absence de vent (à distinguer d'apneustia : arrêt volontaire de la respiration).
→ petite respiration cardiaque
butée de l'épaule l.f.
glenoïd bone block, shift procedure, Bristow’s procedure
Agrandissement opératoire de la cavité glénoïde de la scapula, le plus souvent au moyen d’un greffon osseux pour traiter une instabilité de l’épaule.
Dans les instabilités et luxations récidivantes antérieures le greffon est placé à la partie antéro-inférieure du rebord glénoïdien. La partie antérieure de l’apophyse coracoïde, prélevée avec les tendons qui s’y attachent et vissée devant la cavité glénoïde peut servir de greffon (technique de Latarjet , de Bristow). Une capsulorraphie antérieure et une mise en tension du muscle sous-scapulaire (m. subscapularis) peut y être associée. La technique consistant à placer le greffon dans le décollement capsulopériosté préglénoïdien est peu utilisé (Eden, Hybbinette). Dans les instabilités et luxations récidivantes postérieures le greffon est placé ou encastré au rebord postérieur de la glène en y associant une capsuloplastie et éventuellement une myoplastie des muscles sous-épineux (m. infraspinatus) et petit rond (m teres minor).
→ Latarjet (opération de), Bristow (opération de), Putti-Platt (opération de), butée
Édit. 2017
mesure (appareil de) l.m.
gauge, measure apparatus
Appareil destiné à comparer une grandeur à un étalon de même nature.
La mesure d'une grandeur est proportionnelle à la grandeur de l'étalon, il en résulte qu'elle est exprimée par un nombre rationnel, comportant souvent des décimales, qui doit être suivi du nom de l'unité (p. par exemple 1,5 mètre).
La mesure n'est pas indépendante de la technique de mesure : Benoit Mandelbrot à posé la question : «Quelle est la longueur de la côte de Bretagne ? ». Il est impossible d'y répondre sans préciser la méthode de mesure car plus le pas de mesure est petit plus la longueur croit : au micron près elle serait quasiment infinie.
La remarque est valable pour toutes les mesures, en médecine notamment : le résultat d'une mesure devrait toujours être accompagné de l'indication de sa précision, car une précision exagérée peut amener à un résultat aléatoire qui ne tend pas forcément vers une limite.
Outre son coût, qui n'est pas une qualité technique, quatre facteurs définissent les qualités d'un appareil de mesure:
- Précision, elle est indiquée par le nombre de chiffres du résultat, le dernier fixe l'ordre de grandeur de la mesure : par exemple 0,83 g = 0,83 ± 0,01 g.
- Exactitude, elle dépend de l'étalonnage et des indispensables contrôles périodiques, sinon les résultats sont entachés d'erreurs systématiques.
- Fidélité, l'appareil doit donner toujours le même résultat pour la mesure d'une même grandeur.
- Fiabilité, il doit être suffisamment robuste pour qu'il ne se casse pas ou ne tombe pas en panne.
La lecture du résultat donné par l'appareil peut être analogique (par exemple position d'une aiguille sur un cadran) ou numérique (affichage des chiffres du résultat sur un tableau).
En médecine d'urgence il faut en outre tenir compte de trois autres qualités
- Maniabilité (temps perdu pour la mise en œuvre).
- Encombrement
- Poids, pour les appareils portables.
B. B. Mandelbrot, mathématicien américain (1924-2010)
Étym. lat. mensura, mesure, mesurage (déverbal de metior, mesurer, même racine que «mètre»)
méthode par projection-reconstruction l.f.
projection-reconstruction technique
En IRM, méthode proposée pour reconstruire un plan préalablement sélectionné par un gradient de sélection Gs, consistant à utiliser un gradient de lecture Gl dont la direction, dans le plan de coupe, tourne d'un petit angle à chaque séquence.
A la fin des N séquences, l'ensemble des signaux du plan examiné aura été "projeté" sur 180° ou 360° et l'intensité du signal en chaque point pourra être calculée. La rotation du gradient Gl dans le plan de lecture est effectuée en combinant deux gradients perpendiculaires. Ainsi, si l'on fait des coupes axiales, le gradient Gs est dirigé selon l'axe z'z ; pour faire tourner le gradient Gl on combinera deux gradients GY et GX dirigés suivant y'y et x'x : en contrôlant leur intensité respective, on "balaie" l'ensemble des directions du plan. Cette méthode a l'avantage d'être simple, mais elle est très sensible aux artéfacts de mouvement et aux inhomogénéités du champ magnétique : on lui préfère la technique par double transformation de Fourier (technique 2DFT).
Étym. lat. projectio : action de jeter en avant (pro et jacere : jeter),
méthode par projection-reconstruction en IRM l.f.
projection-reconstruction technique
En IRM, méthode proposée pour reconstruire un plan préalablement sélectionné par un gradient de sélection Gs, consistant à utiliser un gradient de lecture Gl dont la direction, dans le plan de coupe, tourne d'un petit angle à chaque séquence.
A la fin des n séquences, l'ensemble des signaux du plan examiné aura été "projeté" sur 180° ou 360° et l'intensité du signal en chaque point pourra être calculée. La rotation du gradient Gl dans le plan de lecture est effectuée en combinant deux gradients perpendiculaires. Ainsi, si l'on fait des coupes axiales, le gradient Gs est dirigé selon l'axe z'z ; pour faire tourner le gradient Gl on combine deux gradients GY et GX dirigés suivant y'y et x'x. En contrôlant leur intensité respective, on "balaie" l'ensemble des directions du plan.
Cette méthode, qui a l'avantage d'être simple, est très sensible aux artéfacts de mouvement et aux inhomogénéités du champ magnétique. On lui préfère actuellement la technique par double transformation de Fourier (technique 2DFT).
Étym. lat. projectio : action de jeter en avant (pro et jacere : jeter),
→ calcul matriciel, technique 2DFT
[B2,B3]
Édit. 2018
angiographie IRM l.f.
MRI angiography
utilisation des phénomènes physiques induits en résonance magnétique par les flux pour obtenir une imagerie de qualité du système vasculaire non agressive, sans produit de contraste ni irradiation.
Deux techniques sont d’emploi courant, toutes deux utilisant secondairement une reconstruction par « maximum intensity projection » : MIP :
- L’angiographie par temps de vol (time of flight, ou TOF)
Cette séquence d’écho de gradient à TR court repose sur la saturation des tissus du plan de coupe de manière à ce qu’ils n’engendrent plus de signal et sur l’arrivée dans ce plan de coupe de sang frais circulant non saturé qui apparait en hypersignal. Après acquisition des coupes en 3D, des reconstructions par la technique «Maximum Intensity Projection (MIP)» permettent d'obtenir des images proches d’une angiographie conventionnelles qui peuvent être étudiées sous tous les angles afin de dégager chaque segment artériel et d’éliminer les superpositions. Cette technique est surtout intéressante pour l’étude des artères, notamment, au niveau encéphalique, celles du polygone de Willis (après saturation du sinus longitudinal supérieur). Un autre avantage est la rapidité d'acquisition des séquences (quelques minutes pour l'encéphale).
- L'angiographie par contraste de phase, qui utilise l'aimantation transversale pour coder l'information vitesse.
Celle-ci est codée par un gradient bipolaire n'induisant aucun déphasage supplémentaire pour les spins fixes, mais produisant un déphasage des spins mobiles, proportionnel à la vitesse. D'où une saturation du signal des tissus fixes qui ne produisent pas de signal et une accumulation des déphasages des spins mobiles à l’origine d’un signal magnétique. Le traitement informatique des coupes permet une visualisation 2D (plus que 3D) des axes vasculaires. Cette technique, particulièrement adaptée aux flux lents, fournit des angiogrammes de haute qualité, notamment encéphaliques. Elle est plus utilisée pour l'étude des veines.
→ angiographie, angioIRM, séquence TOF, ARM par contraste de phase, angio-IRM, ARM à sang noir, ARM par temps de vol, MIP
[B2,B3]
Édit. 2018
ARM par temps de vol l.f.
time of flight (TOF) MRA, TOF MRA
Technique d'ARM utilisant des séquences d'écho de gradient, fondée sur le principe de l’arrivée dans le plan de coupe de sang frais non saturé (principe du renforcement paradoxal du signal).
En écho de gradient, l'utilisation de TR courts (40 à 50 ms) permet de supprimer le signal des tissus stationnaires (par phénomène de saturation) tout en maintenant une arrivée de sang frais non saturé à signal élevé dans le plan de coupe. Le contraste de l'image est lié au phénomène de renforcement paradoxal du signal dû à l'entrée dans le plan de coupe de ces spins non saturés. L'angiographie peut être réalisée en technique 2D, les plans de coupe étant acquis successivement, un par un, ou en technique 3D où toute la pile des coupes est acquise simultanément. Pour présenter l'image finale, un algorithme de type MIP est utilisé. L'angiographie par temps de vol n'est pas bien adaptée aux vaisseaux à flux très lent, pour laquelle l'ARM par contraste de phase donne de meilleurs résultats. En revanche, elle visualise bien les vaisseaux comportant des zones de turbulences physiologiques (bifurcations). Enfin, il est possible de supprimer les veines ou les artères de l'image (ou les deux) en associant à la séquence des bandes de saturation (ARM dite "à sang noir").
[B2,B3]
Édit. 2018
biométrie en ophtalmologie l.f.
ophtalmological biometry
Technique échographique permettant la mesure d'une structure anatomique et, par restriction, de la longueur axiale du globe oculaire.
Les progrès chirurgicaux et les demandes des patients ont été contemporains des progrès techniques des échographies. La précision de la mesure de la longueur axiale est le principal responsable du résultat postopératoire. Cette biométrie oculaire peut être réalisée en mode A, soit par une technique de contact, maintenant le patient allongé ou par aplanation, soit par une technique en immersion. Elle peut également être réalisée, guidée par le mode B, qui permet de vérifier la coïncidence de l'axe de mesure avec l'axe visuel.
Par extension, le terme biométrie est parfois utilisé à tort pour "calcul de la puissance de l'implant". D'autres techniques (propagation et réflexion de la lumière cohérente-laser) peuvent être utilisées (et donnent d'ailleurs des valeurs plus précises) pour mesurer la longueur axiale oculaire en cas de clarté des milieux. Cependant, en cas de cataracte évoluée, la biométrie ultrasonore reste, actuellement, la plus précise.
Étym. gr. bios : vie ; metron : mesure
Édit. 2017