Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Mycobacterium africanum

Mycobacterium africanum
Mycobactérie observée en Afrique et décrite en 1968.
Sa croissance comme celle de M. bovis est lente de 45 à 60 jours, donnant des colonies S (disgoniques) comme M. bovis, colonies lisses translucides de texture homogène. M. Africanum est microaérophile s'enfonçant dans le milieu de culture.
Il semble exister des différences entre M. africanum observé en Afrique de l'Ouest et M. africanum observé en Afrique de l'Est.

mycobactériose à Mycobacterium avium-intracellulare l.f.

pulmonary infection with M. avium intracellulare
Mycobactériose atypique, surtout observée chez les sujets ayant une immunodépression sévère en particulier au cours du SIDA, sous une forme disséminée ; plus rarement on la rencontre sous une forme pulmonaire localisée chez des malades immunocompétents.
Au cours du SIDA, il existe une altération de l'état général avec fièvre prolongée, sueurs nocturnes profuses, perte de poids, douleurs abdominales. Les signes pulmonaires sont souvent limités à de la toux. La radiographie thoracique est le plus souvent normale. Dans l'expectoration ainsi que dans les selles, les mycobactéries fourmillent. Les CD4 sont inférieurs à 50/mm3. Les hémocultures sont devenues la méthode de référence au cours du SIDA même si l'examen direct et les cultures sur Löwenstein sont à la base du diagnostic.
Chez les malades non immunodéprimés la maladie s'observe chez la femme âgée et les porteurs de dilatations des bronches. Le tableau est celui d'une tuberculose pulmonaire apparemment banale.
Mycobacterium avium résiste aux antituberculeux habituels.
Les antibiotiques actifs sur cette mycobactérie sont :
- la rifabutine, l'éthambutol et surtout la clarithromycine, l'azythromycine et l'amikacine.
Au moins 3 de ces antibiotiques seront utilisés pour traiter Mycobacterium avium intracellulare. Le traitement est prescrit sur une année après la négativation de l'examen bactériologique.

mycobactériose à Mycobacterium kansasii l.f.

pulmonary infection with M. Kansasii
Affection pulmonaire ressemblant de très près à une tuberculose.
Aux États-Unis d'Amérique, cette mycobactérie est assez fréquente comme cause d'infection pulmonaire.
Le traitement est le même que celui d'une tuberculose à Mycobacterium tuberculosis. Cependant, Mycobacterium Kansasii n'est pas sensible au pyrazinamide. L'isoniazide, l'éthambutol et la rifampicine sont prescrits pendant 2 mois, puis on poursuit par une bithérapie pour une durée de 12 mois après la négativation de l'examen bactériologique.
Dans certains cas, on peut utiliser la clarithromycine.

mycobactériose à Mycobacterium xenopi l.f.

pulmonary infection with M. xenopi
Cette mycobactériose s'observe en présence de lésions pulmonaires préexistantes : séquelles de tuberculose surtout, dilatation des bronches, cavité d'abcès détergé.
La rifabutine, l'isoniazide, l'ofloxacine, la clarithromycine, l'éthambutol et les nouvelles fluoroquinolones ont une certaine activité, mais elle est variable.
Le traitement comportant au moins 3 de ces antibiotiques doit être utilisé pendant au moins 12 mois mais l'on n'obtient pas plus de 50% de négativation des examens bactériologiques. Les rechutes sont fréquentes. Dès lors dans les formes localisées, si l'état général et la fonction respiratoire le permettent, la chirurgie doit être proposée.

Mycobacterium

Mycobacterium

Genre de bactéries de la famille des Mycobacteriaceae
Il s’agit de bacilles droits ou un peu incurvés, immobiles, aérobies, dont la paroi est pouvue de structures lipidiques, conférant une résistance à la décoloration par les acides et les alcools, mise en évidence par la coloration de Ziehl-Neelsen (bacilles acidoalcoolorésistants).
Le genre Mycobacterium comporte de nombreuses espèces, classées en trois groupes :
- les mycobactéries du complexe tuberculeux : Mycobacterium tuberculosis, découvert par Robert Koch en 1882, Mycobacterium bovis et Mycobacterium africanum, agents de la tuberculose et le bacille de Calmette et Guérin (souche de Mycobacterium bovis à virulence atténuée, utilisée comme vaccin antituberculeux : BCG),
- Mycobacterium leprae (bacille de Hansen), agent de la lèpre,
- les mycobactéries « atypiques », elles-mêmes divisées en sous-groupes en fonction de leur vitesse de croissance en culture et de leur pigmentation en présence de lumière (bactéries photochromogènes) ou indépendamment de celle-ci (bactéries scotochromogènes). Les principales espèces sont M. avium, agent de la tuberculose aviaire, M. chelonae, M. fortuitum, M. gordonae, M. kansasii, M. marinum, M. scrofulaceum, M. ulcerans, M. xenopi.

R. Koch, bactériologiste allemand, membre de l'Académie de médecine, prix Nobel de médecine en 1905 (1882); A. Calmette et J. M. Guérin, biologistes français, membres de l'Académie de médecine (1924)

Étym. gr. mukês, mukêtos : champignon ; baktêria : bâton

Mycobacteriaceae, coloration de Ziehl-Neelsen, Mycobacterium tuberculosis, Mycobacterium bovisn Mycobacterium africanum, bacille de Calmette et Guérin, Mycobacterium leprae, mycobactéries « atypiques »

[D1]

Édit. 2018

Mycobacterium avium-intracellulare

Mycobacterium avium
Mycobactérie du groupe III (à croissance lente et non pigmentée).
Il s'observe surtout chez les malades immunodéprimés en particulier du SIDA. Cette mycobactérie résiste habituellement à la plupart des antituberculeux en particulier la rifampicine.
Il est sensible à la clarithromycine et à la rifabutine.

mycobactériose à Mycobacterium avium-intracellulare

Mycobacterium bovis

Mycobacterium bovis
Agent de la tuberculose bovine, découvert en 1902.
Il s'observait surtout, chez l'Homme, dans les tuberculoses digestives, péritonéales et ganglionnaires. La contamination se faisait principalement par voie digestive, par l'intermédiaire du lait issu d'un cheptel contaminé. La contamination interhumaine de M. bovis se fait par voie aérienne comme pour M. hominis. La disparition de M. bovis est due à la prévention de la tuberculose dans le cheptel bovin (abattage) et par la stérilisation du lait. Elle peut s'observer encore dans les populations africaines immigrées depuis peu.
M. bovis pousse en 45 à 60 jours sur milieux enrichis type Löwenstein-Jensen donnant des colonies lisses homogènes, translucides (permettant le passage de la lumière). Il est microaérophile, s'enfonçant dans le milieu de culture comme M. Africanum.
Le pyrazinamide est inactif sur M. bovis. C'est avec une souche de M. bovis virulente que l'on prépare le BCG par 230 passages sur milieux à la pomme de terre, biliés et glycérinés.

Mycobacterium canetti

Mycobacterium canetti
Mycobactérium appartenant au "complexe tuberculosis".
Il a été isolé à Djibouti par des bactériologistes militaires français. On le trouve dans la Corne de l'Afrique. Certes rare, il a un aspect phénotypique très différent de M. tuberculosis.

Mycobacterium hominis

Mycobacterium tuberculosis

Mycobacterium kansasii

Mycobacterium kansasii
Mycobactérie atypique du groupe I, à croissance lente et photochromogène, cause d'affections pulmonaires pouvant ressembler cliniquement et histologiquement à une tuberculose.
C'est la plus pathogène des mycobactéries non tuberculeuses. La charge bactérienne contaminante doit être élevée pour provoquer la maladie.
Aux États-Unis d'Amérique, cette mycobactérie est assez fréquemment rencontrée.
Mycobacterium kansasii n'est pas sensible au pyrazinamide. L'isoniazide doit être utilisée toujours à la dose de 10 mg par kg. M. kansasii n'est pas sensible aux faibles doses. On peut utiliser la clarythromycine.

mycobactériose à Mycobacterium kansasii

Mycobacterium leprae

Mycobacterium leprae
Bactérie classée parmi les mycobactéries atypiques à parasitisme intermacrophagique obligatoire, particulière par son tropisme pour la peau et les nerfs périphériques et constituant le principal agent responsable de la lèpre,
Bacille acido-alcoolo-résistant, M. leprae est coloré en rouge fuchsia par la coloration de Ziehl-Neelsen et apparaît comme un bâtonnet de 0,3 m de large, de 1 à 8 m de long, à extrémités arrondies. Lorsqu'il est coloré de façon uniforme, on parle de forme homogène, viable et contagieuse; coloré de façon fragmentée, il correspond à une forme granuleuse, non viable. Sa structure chimique et antigénique est connue : il possède un antigène spécifique qui le distingue des autres mycobactéries, le glycolipide phénolique 1. Il est classiquement recherché dans les frottis du mucus nasal et du suc dermique du lobule des oreilles et des lésions cutanées. Le nombre de bacilles vus en microscopie optique après coloration de Ziehl-Neelsen permet de déterminer l'index bactériologique selon l'échelle logarithmique de Ridley ; le pourcentage de bacilles homogènes colorés uniformément constitue l'index morphologique. Présent en faible nombre dans les formes tuberculoïdes, le bacille de Hansen est retrouvé en très grand nombre et dans de très nombreux tissus dans les formes lépromateuses.
Cette bactérie, qui n'est pas cultivable, infecte également certains animaux, en particulier les tatous en Amérique, mais aussi, peut-être, chez les écureuils en Grande Bretagne et en Irlande.

G. H. A. Hansen, anatomopathologiste norvégien, membre de l'Académie de médecine (1873)

Syn. bacille de Hansen, bacille de la lèpre

globi, lèpre, Virchow (cellule de), Mycobacterium lepromatosis

Mycobacterium lepromatosis

Mycobacterium lepromatosis
Bacille acido-alcoolo-résistant de la famille des Mycobacteriaceae, agent étiologique de la lèpre aux côtés de M. leprae.
Le séquençage du génome de cette bactérie, découverte en 2008 au Mexique, a montré sa grande proximité génétique avec M. leprae, jusque-là considéré comme le seul germe responsable de la lèpre. Comme M. leprae, M. lepromatosis est un parasite obligatoirement intracellulaire et n'est pas cultivable. L'infection de l'Homme par M. lepromatosis ne parait pas différente cliniquement de la lèpre due à M. leprae ; il en est de même pour ce qui est de la thérapeutique. Il semble toutefois préférentiellement associé à la lèpre lépromateuse diffuse dans les Caraïbes, au Mexique ainsi qu'à Singapour mais sa répartition géographique et sa prévalence ne sont pas connues. Dans la nature, M. lepromatosis est également retrouvé chez les tatous ainsi que, peut-être, chez les écureuils en Grande Bretagne et en Irlande.

Mycobacterium, lèpre, lèpre lépromateuse, Mycobacterium leprae

Mycobacterium microti

Mycobacterium microti
Bacille de la tuberculose du campagnol dont quelques souches ont été isolées chez l'homme.

Mycobacterium tuberculosis

Mycobacterium tuberculosis

Bacille aérobie de la famille des Mycobacteriaceae, acido-alcoolo-résistant, responsable de la tuberculose humaine.
L’Homme est le réservoir de ce bacille ; la contamination s’effectue le plus souvent par voie aérienne à partir d’un patient bacillifère. La précarité ou une immunodépression favorisent la survenue d’une tuberculose.
Après la primo-infection,
M. tuberculosis persiste à l’état quiescent dans les macrophages et peut être réactivé ultérieurement, provoquant alors une tuberculose pulmonaire, méningée, ostéoarticulaire, rénale, etc. Dans 5 p. 100 des cas, la primo-infection se complique d’une dissémination du bacille, par voie sanguine, à l’origine d’une miliaire pulmonaire avec ou sans méningite ou autres localisations (péritonite, érythème noueux, polyadénopathies, etc.).
Dans toutes les formes de tuberculose le diagnostic de certitude est apporté par la mise en évidence de M. tuberculosis, avant toute antibiothérapie, à partir de prélévements choisis en fonction du tableau clinique : examen direct (coloration de Ziehl-Neelsen), mise en évidence de l'antigène MPT64, amplification génique par PCR. Les cultures sur milieux enrichis (Löwenstein-Jensen, etc.) poussent lentement en trois ou quatre semaines.
M. tuberculosis est généralement sensible à la streptomycine, à l’isoniazide, à la rifampicine, à la pyrazinamide, à l’éthambutol mais de plus en plus de souches sont résistantes à un ou plusieurs antituberculeux.

R. Koch, médecin bactériologiste allemand, membre de l'Académie de médecine, prix Nobel de médecine en 1905 (1882)

Syn. bacille de Koch, bacille tuberculeux

tuberculose, MPT64, macrophage, miliaire pulmonaire, tuberculose méningée, tuberculose pulmonaire, coloration de Ziehl-Neelsen, PCR, mLöwenstein-Jensen, streptomycine, isoniazide, rifampicine, pyrazinamide, éthambutol

[D1]

Édit. 2019

Mycobacterium ulcerans 

Mycobacterium ulcerans
Agent de l’ulcère de Buruli, cette mycobactérie produit une toxine nécrosante et possède des effets immunodépresseurs.

Buruli (ulcère de)

Mycobacterium xenopi

Mycobacterium xenopi
Mycobactérie appartenant au groupe II à croissance lente et scotochromogène.
Cette espèce est souvent responsable d'infection pulmonaire chronique en Europe du Nord et en Australie. En France, elle est en troisième place derrière Mycobactérium tuberculosis et Mycobacterium bovis.
Elle colonise volontiers d'anciennes cavités pulmonaires détergées et guéries, p. par exemple d'anciennes lésions tuberculeuses excavées.
Xenopi n'est souvent pigmenté qu'à la primoculture. Il pousse plus vite à 42° qu'à 37°, donnant de petites colonies de longs bacilles.