sensibilité n.f.
sensitivity
1) Processus par lequel une cellule, un individu, une population réagit à une stimulation ou à une agression, p. ex. d'un parasite ou d'une substance étrangère.
2) Par extension, propriété de la cellule ou de l'individu permettant ce processus.
3) En statistique, fréquence de l’existence d’un signe chez les patients atteints d’une affection déterminée, c'est-à-dire probabilité de la présence du signe permettant de reconnaître l’existence d’une maladie lors de la découverte du signe.
4) Valeur diagnostique d’un signe établie sur sa fréquence chez les patients atteints d’une affection déterminée.
C’est la probabilité de la présence d’un signe au cours de l’évolution d’une maladie. La sensibilité est d’autant plus élevée que le signe est souvent présent dans la maladie.
→ équilibre hôte-parasite, résistance, tolérance, examen de la sensibilité, indice de sensibilité
[E1]
Édit. 2020
Babinski (signe de) l.m.
Babinski's sign, Babinski's reflex
Il traduit une inversion du réflexe cutané plantaire et constitue le signe le plus constant et le plus fidèle d'une atteinte de la voie pyramidale dans la moelle, le tronc cérébral ou le cerveau.
C’est l’extension lente et majestueuse du gros orteil avec fréquent écartement en éventail des autres orteils et ébauche de tension du fascia lata, obtenue lorsqu'on déplace une pointe mousse d'arrière en avant sur le bord externe de la plante du pied, le membre inférieur étant placé en demi-flexion.
Décrit initialement pour séparer les hémiplégies organiques des hystériques, sa valeur sémiologique est extrême. Une ébauche de libération du réflexe de défense associe à la flexibilité l'extension du gros orteil.
Des équivalents ont été décrits : signe d'Oppenheim, signe de Schaefer, signe de Gordon, signe d'Hoffmann au membre supérieur
J. Babinski, neurologue français, membre de l'Académie de médecine (1896)
→ cutané plantaire (réflexe), système nerveux pyramidal, fascia lata
[H1]
Édit. 2018
signe du ressaut l.m.
Ortolani’s test, Ortolani’s click
Signe permettant de déceler une hanche instable, luxable ou luxée réductible, chez le nouveau-né et le nourrisson.
Ce signe est recherché chez l’enfant couché sur le dos, la cuisse fléchie à 90°, la musculature relâchée. Une pression d’avant en arrière sur la cuisse permet de faire sortir la tête fémorale du cotyle en cas de hanche luxable ; une sensation de ressaut est perçue lorsque la tête fémorale franchit le rebord du cotyle (ressaut en sortant). Un nouveau ressaut est ressenti, parfois audible, quand, la pression relâchée et la cuisse mise en abduction, la fête fémorale réintègre le cotyle.
En cas de luxation vraie (réductible), le ressaut est perçu en plaçant la cuisse en abduction avec une légère traction et une pression sur le trochanter major ; cette manœuvre permet de replacer la tête fémorale dans le cotyle (ressaut en rentrant) mais la hanche a tendance à se reluxer spontanément avec un nouveau ressaut quand la position de réduction est relâchée.
Plusieurs modalités sont utilisées pour rechercher ce signe : elles dérivent toutes de la manœuvre décrite par Le Damany. Dans celle d’Ortolani, le signe du ressaut est recherché symétriquement des deux côtés. Dans celle de Barlow, le pelvis étant maintenu d’une main, le pouce sur le pubis, le ressaut est recherché un côté après l’autre ; cette technique, plus fine, permet de ressentir un ressaut discret quand le rebord cotyloïdien est émoussé.
Ce signe qui permet de dépister très précocement une malformation luxante de la hanche est à rechercher systématiquement chez le nouveau-né et le nourrisson.
P. Le Damany, médecin français (1912), M. Ortoloni pédiatre italien (1937), T. G. Barlow, chirurgien othopédiste britannique (1962)
[I2, O1]
Édit. 2019
Romberg (signe de) l.m.
Romberg's sign
Impossibilité de maintenir la station debout, pieds joints, avec tendance à la chute non latéralisée, lors de l'occlusion des yeux, liée à une atteinte des voies de la sensibilité profonde.
Lors de la marche, on observe, avec majoration dans l'obscurité, une projection exagérée des membres inférieurs, une instabilité au demi-tour, aux descentes d'escalier.
Ce signe se rencontre classiquement dans la syphilis tertiaire, en particulier dans le tabes dorsalis, syndrome radiculocordonal postérieur, en association avec la double triade : douleurs en éclair-ataxie-dysurie et signe d'Argyll-Robertson-aréflexie-hypoesthésie proprioceptive.
Il peut être également retrouvé dans d'autres atteintes des cordons postérieurs médullaires : syndrome de sclérose combinée de la neuroanémie de Biermer, sclérose en plaques, neuropathie sensitive de Denny-Brown, etc.
Il existe également un signe de Romberg labyrinthique, ou "faux signe de Romberg", en relation avec un syndrome périphérique, où le déséquilibre et la chute sont retardés par rapport à la fermeture des yeux et toujours latéralisés dans la même direction.
Par extension, l'usage appelle manœuvre de Romberg la posture debout-pieds joints-yeux ouverts puis fermés, cherchant à mettre en évidence le signe de Romberg.
M. H. Romberg, neurologue allemand (1846)
→ ataxie
spécificité n.f.
specificity
1) Indice informationnel apporté par l’absence d’un signe chez les sujets qui ne sont pas malades, c'est-à-dire la probabilité de l’absence d’un signe si la maladie n’existe pas.
La spécificité est d’autant plus élevée que le signe est souvent absent s’il n’y a pas la maladie. Au maximum, si le signe ne se voit jamais en l’absence de maladie, il est spécifique de la maladie : p. ex. le signe de Koplik dans la rougeole.
2) En infectiologie, ensemble des caractères propres à une espèce.
Étym. lat. species : espèce
Syn. spécificité d’espèce(2)
[D1, E1]
Édit. 2020
spécificité (indice de) l.f.
specificity
En biostatistique, indice informationnel de la fréquence de l’absence d’un signe chez les sujets qui ne sont pas malades.
C’est la probabilité de l’absence d’un signe si la maladie n’existe pas. La spécificité est d’autant plus élevée que le signe est souvent absent s’il n’y a pas la maladie. Au maximum, si le signe ne se voit jamais en l’absence de maladie, il est spécifique de la maladie ; p. ex. le signe de Koplik dans la rougeole.
→ spécificité d'une épreuve, sensibilité d'une épreuve, sensibilité (indice de)
acidocétose diabétique l.f.
diabetic ketoacidosis
Acidose métabolique survenant au cours de l'évolution d'un diabète insulinodépendant (type I), souvent à la faveur de circonstances favorisantes ou déclenchantes telles qu'infections, accidents vasculaires, pancréatite, troubles endocrines, intoxications médicamenteuses, psychiques et surtout erreurs de traitement.
Elle est caractérisée par une production accrue de corps cétoniques (acide acétylacétique, acide bêta-hydroxybutyrique). Elle peut survenir de façon inaugurale. Ces acides faibles élèvent la concentration en ions H+ : il en résulte une acidose, d'abord compensée par hypocapnie, puis décompensée (baisse du pH). Le syndrome est caractérisé cliniquement, par une hyperpnée ample (rythme de Kussmaul), l'odeur acétonique de l'haleine (odeur de pomme de reinette), des signes de déshydratation extra- et intracellulaire (signe de Krause), des signes digestifs (signe de Lereboullet), des signes neuropsychiques (forme de Dreschfeld), un coma, des signes cardiovasculaires d'hypovolémie, oligurie, cylindrurie (signe de Külz) et hypothermie (signe de Naunyn). Il y a association d'hyperglycémie, éventuellement d'hyperlipémie, et d'hypercétonémie avec cétonurie, d'acidose métabolique avec hypocapnie et de désordres hydro-électrolytiques.
Non traité, le syndrome peut se compliquer de collapsus, d'insuffisance rénale aigüe, surtout fonctionnelle, de coagulopathie de consommation.
Le traitement associe l'insulinothérapie, l'administration de glucides (éventuellement du fructose), la rééquilibration hydro-électrolytique et, de façon discutée, l'alcalinisation.
[C3,R1]
Édit. 2017
hyperexcitabilité neuromusculaire l.f.
peripheral nerve hyperexcitability
Elle constitue le déterminant de la tétanie ou état d’hypexcitabilité neuromusculaire.
L’excitabilité neuromusculaire est majorée par la baisse de la calcémie et de la magnésémie, par l’alcalose et réduite par l’acidose. Pour ces raisons l’hyperexcitabilité neuromusculaire constitue une expression habituelle des hypo- et pseudohypo-pararathyroïdies, des carences magnésiennes, des vomissements abondants (tétanie de Küssmaul des sténoses pyloriques), des hyperaldostéronismes primaires. Mais elle peut survenir isolément en l’absence de tout désordre métabolique basal : tétanie normométabolique ou spasmophilie dont l’expression est habituellement déclenchée par l’hyperpnée qui favorise l’alcalose (syndrome d’hyperventilation).
L’hyerexcitabilité neuromusculaire s’exprime cliniquement sous forme de crises de paresthésies et de contractures, pénibles mais non douloureuses, affectant particulièrement les mains (« main d’accoucheur ») et les pieds (spasme carpopédal), la bouche (en « museau de tanche »). Elles peuvent gagner le tronc (contracture en opistothonos), ou s’accompagner de signes viscéraux (laryngospasme, bronchospasme, spasme phrénique…), favoriser les crises convulsives, notamment chez l’enfant. Les signes s’atténuent avec l’hypoventilation, l’administration intraveineuse d’une ampoule d’un sel de calcium.
Entre les crises, on observe une hyperréflectivité ostéotendineuse diffuse, sans signe d’irritation pyramidale. L’hyperexcitabilité neuromusculaire est démasquée par le signe de Chvostek (contracture en éclair de la lèvre supérieure, de l’aile du nez ou de toute l’hémiface, par la percussion à mi-distance de la commissure labiale et du tragus), le signe de Weiss (occlusion des paupières par percussion de l’angle externe de l’orbite), le signe de Lust (flexion dorsale et rotation externe du pied par percussion du col de la fibula, surtout recherché chez l’enfant). Elle s’exprime aussi lors de la manœuvre de Trousseau : dans les 3 minutes suivant la compression du bras par un brassard ou un manonométre se révèle la « main d’accoucheur ». L’épreuve d’hyperpnée provoquée peut entraîner une crise tétanique généralisée.
F. Chvostek, médecin militaire autrichien d’origine morave (1876), A. Trousseau, médecin français, membre de l’Académie de médecine (1861)
→ excitabilité neuromusculaire, tétanie, hypoparathyroïdie, pseudohypoparathyroïdie, hypocalcémie, hypomagnésémie, sténose duodénopylorique, hyperaldostéronisme primaire, spasmophilie
[H1,I4]
Édit. 2015
cavalier (opération du) l.f.
talo-calcaneus fixation, Judet’s procedure
Procédé technique de fixation talo-calcanéenne par « remise en selle » de l’os talus sur le calcanéum (calcaneus) dans le cadre de la chirurgie correctrice du pied chez l’enfant, en particulier en cas de pied plat valgus persistant.
La fixation est faite par une ou deux vis passant du col de l’os talus vers le calcaneus par le sinus tarsi pour ne pas léser les surfaces articulaires. Après l’ablation des vis la fibrose résiduelle est sensée maintenir la correction.
R. Judet et J. Judet, chirurgiens orthopédistes français (1966)
[I2]
déplacement anti-Stokes l.m.
anti-Stokes shift
Lors de l’excitation d’un corps fluorescent, déplacement du photon d’émission vers une longueur d’onde plus courte et donc plus énergétique que la longueur d’onde du photon d’excitation (incident).
Ce déplacement est contraire à la loi de Stokes d’après laquelle l’énergie d’un photon est inversement proportionnelle à sa longueur d’onde (λ) et, par conséquent, le rayonnement d’émission secondaire qui est moins énergétique, doit avoir une λ plus longue que le rayon d’excitation. Un effet inverse, paradoxal, est obtenu en microscopie biphotonique (ou multiphotonique) en laser pulsé où le rayonnement incident d’excitation est fait de deux photons (ou plus) émis successivement dans un temps très court (10-15s). Comme la réaction électronique du récepteur (le fluorochrome en cas d’étude en fluorescence) nécessite un temps plus long (10-9s), il ne perçoit qu’un seul impact et l’émission secondaire ne se fait qu’avec un seul photon. L’énergie de deux photons incidents récupérée par un seul photon d’émission secondaire étant plus grande, sa longueur d’onde sera plus courte. Le principal avantage de cette méthode est d’utiliser un rayonnement incident de faible énergie pour ne pas léser les tissus ou organes examinés.
G. G. Stokes, Sir, mathématicien britannique (1819-1903)
→ Stokes (loi de) ,microscopie biphotonique, fluorescence, fluorochrome
laser n.m. acronyme angl. de Light Amplifier by Stimulated Emission of Radiation
Appareillage produisant une émission stimulée de lumière cohérente.
L'effet laser consiste à provoquer la naissance dans un milieu transparent d'ondes électromagnétiques parfaitement monochromatiques émises en phase, qui se propagent donc sans dispersion et sont susceptibles de véhiculer des énergies considérables, libérées très rapidement lors de l'impact avec un matériau absorbant.
L'obtention d'un effet laser n'est possible qu'à condition de réunir:
- un milieu actif composé d'atomes ou de molécules susceptibles d'être excités ;
- un système de "pompage" capable de provoquer ce qu'on appelle "l'inversion de population", c'est-à-dire de porter une majorité d'atomes ou de molécules au même état énergétique excité et instable ;
- un déclenchement capable d'induire la multiplication des interactions entre photons et atomes excités d'où l'émission en avalanche de photons monochromatiques en phase.
La plupart des lasers émettent dans le domaine du visible mais on se sert aussi de lasers émettant dans l'infrarouge ou l'ultraviolet. Dans les lasers avec émission pulsée, la densité de puissance est très élevée, l'émission n'est plus continue, mais d'une extrême rapidité : sa durée est chiffrée en nanosecondes et picosecondes ; au point de focalisation qui est très petit, de l'ordre du micromètre, il n'y a plus effet thermique avec photocoagulation mais, pour une longueur d'onde donnée, p. ex. un effet mécanique (photodisruption) par création d'un nuage de gaz ionisé (plasma) ; quand les électrons, passés de leur phase inactive à leur phase active, retombent en phase inactive, ils restituent leur énergie sous forme d'une onde de choc qui rompt les tissus : il y a "claquage optique". Plus brève est l'émission, moins il y a d'effet thermique.
C'est en ophtalmologie que le laser a été utilisé pour la première fois en médecine à des fins de photocoagulation rétinienne et de nombreuses applications à but diagnostique ou thérapeutique ont suivi, aboutissant aujourd'hui à un emploi généralisé de ces appareils.
Avec le laser bleu (argon) on a une action photocoagulante sur la rétine et ses vaisseaux mais sans forte pénétration. En allant vers le vert (argon), le jaune (krypton), le rouge (krypton) puis l'infrarouge (holmium) on est de plus en plus pénétrant et on peut photocoaguler sous la rétine sans la léser. La longueur d'onde est choisie en fonction de la couleur du tissu à traiter :
- Lasers à longueurs d'onde plus élevées : laser YAG au néodyme avec une longueur d'onde proche de l'infrarouge (1064 nanomètres). De très grande pénétration il a un effet mécanique de photodisruption. Il permet notamment l'iridectomie, la capsulotomie et les ruptures des tissus cicatriciels à l'intérieur de l'œil sans chirurgie. Le modèle le plus utilisé est celui mis au point par D. Aron Rosa et Griesemann en 1980.
En gynécologie, on utilise le laser dans le traitement des lésions bénignes, en général dysplasiques, de la vulve, du vagin, du col utérin, du péritoine pelvien. La cicatrisation tissulaire conduirait à moins de sclérose que l'électrocoagulation.
En imagerie médicale, les pinceaux lumineux étroits conduisent à des techniques de visée précises, utilisées pour localiser les champs de détection. Les concentrations d'énergie permettent d'améliorer la finesse des images en reprographie.
En dermatologie, selon les indications, on distingue plusieurs variétés de lasers, à choisir en fonction de leur cible : lasers dits vasculaires (laser argon, laser à colorant continu, laser à colorant pulsé, laser NdYAG), lasers dits pigmentaires utilisés pour effacer les taches pigmentaires et les tatouages (switched alexander, YAG ou rubis), lasers dits dépilatoires. Quant au laser CO2, plus chirurgical, absorbé par l’eau et vaporisant les cellules, il peut couper, volatiliser ou coaguler, et permet la destruction de tumeurs cutanées : c’est aussi le laser qui sert à la laserbrasion, de même que le laser erbium YAG.
T. H. Maiman, physicien américain (1960) ; Danièle Aron-Rosa, ophtalmologiste française (1978)
→ photocoagulation, laser excimer, SLO, OCT
[Émis par différentes sources dioxyde de carbone,Argon,Neodyme Yttrium Aluminium Garnet (Nd,YAG),le pinceau de lumière est susceptible de conserver une petite section sur une très grande distance ou de concentrer une forte énergie sur une très petite su]
microscopie biphotonique l.f.
two-photon microscopy
Technique de microscopie par réflexion utilisant comme source de rayonnement un faisceau laser pulsé en infrarouge dont l’intervalle entre deux pulsations très court, de l’ordre de la femtoseconde (10-15s), permet d’exciter la cible moléculaire de façon quasi-instantanée par deux photons avec émission secondaire d’un seul photon de longueur d’onde plus courte.
Pour le même rendement optique l’énergie du faisceau incident peut être diminuée de moitié, ce qui évite de léser les molécules ou les tissus observés et permet les explorations microscopiques in vivo. Le rayonnement infrarouge, moins nocif qu’un rayonnement de plus courte longueur d’onde, pénètre plus profondément dans les tissus (de l’ordre de 600 nm contre 150 nm en technique monophotonique). Un rayonnement visible (λ plus faible) est ré-émis après excitation en infrarouge par effet anti-Stokes ; le point focal peut être déplacé par un système à balayage ( angl. scanning).
Parmi les utilisations de la microscopie biphotonique, deux sont plus courantes : la microscopie biphotonique en fluorescence et la génération de second harmonique.
Étym. gr. micros : petit : scopein : voir ; phos, photos : lumière ; lat. bis deux fois
→ microscopie biphotonique en fluorescence, microscopie biphotonique en génération de second harmonique, Stokes (loi de)
microscopie monophotonique l.f.
monophotonic microscopy, one-photon microscopy
Technique de microscopie utilisant un faisceau laser pour provoquer la fluorescence des substances à étudier : cellules ou molécules.
Certaines protéines cellulaires sont spontanément fluorescentes (fluorescence intrinsèque ou primaire). Les cellules ou molécules non fluorescentes spontanément sont marquées par des produits fluorescents ( fluorochromes) ayant une affinité avec la substance ou les molécules à observer qui deviennent fluorophores.
Le faisceau laser donne une lumière d’excitation dont la longueur d’onde doit correspondre à la sensibilité du fluorophore. Cette excitation au niveau atomique entraîne une émision de photons dont la lumière est observée directement ou transformée par un détecteur en signal électrique.
Pour bien localiser la zone à explorer, le microscope comporte une fenêtre (iris confocal) placé devant le détecteur et l’utilisation d’un système confocal qui évite la diffusion en dehors de la zone d’examen en concentrant le faisceau laser uniquement sur le foyer d’observation. La longueur d’onde utilisée (λ= 150μm) ne permet pas une grande pénétration dans les tissus et présente le risque de d’altérer les fluorophores (blanchiement, angl. photobleaching) et de léser les cellules, inconvénients que ne présente pas la microscopie biphotonique.
Étym. gr. micros : petit : scopein : voir ; monos : seul, unique ; phos, photos : lumière
→ microscopie biphotonique, microscopie confocale, immunofluorescence, fluorochrome, fluorophore
oligodendrogliome n.m.
oligodendroglioma
Tumeur gliale infiltrante qui naît des oligodendrocytes et atteint le plus souvent les lobes temporaux ou frontaux de l’adulte.
Selon le système de classification histologique de l’OMS, les oligodendrogliomes se divisent en tumeurs de bas grade (grade II) ou haut grade (grade III, ou anaplasique). Les premières se manifestent le plus souvent par des céphalées et/ou une épilepsie. Les secondes, qui peuvent survenir de novo ou, le plus souvent, sont issues d’une transformation lente des précédentes, sont à l’origine de signes neurologiques focaux et d’une hyperpression intracranienne.
Les oligodendrogliomes représenteraient jusqu’à 30% des tumeurs gliales de l’adulte.
Microscopiquement, les cellules se disposent en nids d'abeille avec un noyau régulier, arrondi, un cytoplasme clarifié, une vascularisation à paroi fine donnant un aspect endocrine, des micro-calcifications libres et le long des capillaires. L'étude ultrastructurale peut être nécessaire dans les formes atypiques. Outre les microtubules et les structures cristallines, les cellules peuvent présenter des prolongements cytoplasmiques enroulés, ébauchant une disposition à type de myéline très lâche.
Au scanner, peu sensible et peu spécifique, la tumeur se traduit par une masse infiltrante, hypodense, contenant dans 90% des cas des calcifications. En IRM c’est une masse très infiltrante hypo-intense en T1, hyperintense en T2 et en FLAIR, homogène (60/% des cas) ou en nid d’baeilles (20% des cas), ne prenant pas le contraste. Un rehaussement de signal après injection de gadolinium est en faveur d'une dégénérescence. Le PETscan à la méthionine montre une hyperfixation des oligodendrogliomes grades 2 et 3 et permet le diagostic différentiel avec les astrocytomes qui ne fixent pas.
Après une biopsie à ciel ouvert ou stéréotaxique, le traitement chirurgical, au mieux par neuronavigation ou IRM opératoire, a pour but de réaliser une exérèse aussi large que possible sans léser les zones fonctionnelles, ce qui est délicat compte tenu du caractère particulièrement infiltrant de la tumeur. Une radiothérapie et une chimiothérapiecomplémentaires peuvent être indiquées.
Les formes qui comportent une délétion 1p 19q (50 à 70% des cas), une mutation IDH1/IDH2 (isocitrate déshydrogénase) ont une meilleure réponse à la radiothérapie et la chimiothérapie et un meilleur pronostic. La délétion 9p10q, ou 1q isolée, la délétion homozygote du locus 16, une amplification du gène EGFR, la mutation MIB1, la diminution de l’expression RARbéta sont de moins bon pronostic.
Le pronostic est en général meilleur que celui des autres tumeurs gliales
[F2,H2]
Édit. 2017
opération du cavalier l.f.
talo-calcaneus fixation, Judet’s procedure
Procédé technique de fixation talo-calcanéenne par « remise en selle » de l’os talus sur le calcanéum (calcaneus) dans le cadre de la chirurgie correctrice du pied chez l’enfant, en particulier en cas de pied plat valgus persistant.
La fixation est faite par une ou deux vis passant du col de l’os talus vers le calcaneus par le sinus tarsi pour ne pas léser les surfaces articulaires. Après l’ablation des vis la fibrose résiduelle est sensée maintenir la correction.
H. Judet et J. Judet, chirurgiens orthopédistes français (1966)
[I2]
Édit. 2017
otite barotraumatique l.f.
barotraumatic otitis
Ensemble des lésions traumatiques de l’oreille moyenne liées à un déséquilibre important des pressions régnant entre la caisse du tympan et l’air ambiant.
Le traumatisme est dû à une variation brusque de la pression ambiante et du volume des gaz enfermés dans l’oreille moyenne.
Elle s’observe lors de la descente en avion ou en plongée sous-marine. La symptomatologie peut aller de la simple congestion de la membrane du tympan à l’apparition de suffusions hémorragiques et de rupture de la membrane.
Mais la répétition d'accidents barotraumatiques peut léser l'oreille interne et produire une otite chronique. Toutefois, chez un patient atteint d'une otopathie d'autre nature (p. ex. otospongiose), le fait d'avoir été victime d'un ou plusieurs incidents ou accidents barotraumatiques transitoires sans séquelle ne permet pas de rattacher cette otopathie aux barotraumatismes.
Étym. gr. baros : pression ; trauma : blessure
Édit. 2017
oxygénateur à bulles l.m.
bubble oxygenator
Dispositif de circulation extracorporelle précédemment utilisé pour l'oxygénation du sang et l'élimination du gaz carbonique.
Cette méthode présentant l'inconvénient de léser les globules rouges et de produire une mousse protéinique difficile à éviter, elle est peu utilisée actuellement.
Édit. 2017
pince à polype l.f.
polyp forceps
Pince permettant la préhension d'un polype sans le léser grâce à ses deux mors creusés en forme de gouge, et de l'extraire par bistournage.
ataxie n.f.
ataxia
Ensemble de troubles de la coordination motrice qui, en l'absence de déficit de la force musculaire, touchent la direction et l'amplitude du mouvement volontaire, le maintien postural et l'équilibre.
De multiples systèmes étagés sur toute la hauteur du névraxe concourent à cette coordination : voies de la sensibilité profonde cervelet, labyrinthe.
Les troubles de la sensibilité profonde (ataxie proprement dite, avec atteinte de la voie lemniscale) se traduisent par un élargissement du polygone de sustentation, des oscillations en station debout qui s'exagèrent, voire se révèlent, à l'occlusion des yeux (signe de Romberg), des mouvements brusques et chaotiques (également aggravés par la suppression du contrôle visuel), des perturbations du sens de position des segments de membres et de la sensibilité vibratoire. À l'origine, sera seulement cité le classique tabès avec son syndrome radiculocordonal postérieur.
Appelée également ataxie du fait de similitudes sémiologiques, l'atteinte du cervelet se manifeste par l'asynergie de la statique et de la marche, mais sans signe de Romberg, et par d'autres signes (hypotonie, dysmétrie, adiadococinésie, dyschronométrie, voix scandée et explosive, etc.). Surtout statique et localisée aux membres inférieurs dans les lésions vermiennes, cinétique et localisée aux membres supérieurs dans les lésions hémisphériques, elle est due notamment à des atrophies cérébelleuses, des tumeurs de la fosse postérieure et à la sclérose en plaques.
Également dénommé ataxie par certains en raison des troubles de l'équilibre, le syndrome vestibulaire ou labyrinthique peut être périphérique, par lésion du labyrinthe ou du nerf vestibulaire (vertige intense, déséquilibre avec "faux signe de Romberg" latéralisé du côté lésé, nystagmus dit "à ressort", symptomatologie univoque, harmonieuse et complète), ou central, par atteinte des noyaux vestibulaires du bulbe ou de leurs voies efférentes (troubles de l'équilibre et des adaptations posturales plus que vertiges, nystagmus multidirectionnel, mononucléaire ou vertical, symptomatologie variable, dysharmonieuse et partielle). Les épreuves vestibulaires sont surtout significatives dans les formes périphériques.
D'autres causes des ataxies sont relevées : tumeurs frontales, calleuses, voire temporales, hydrocéphalie à pression normale, etc.
Étym. gr. a : priv. ; taxis : ordre
coiffe (signe de la) l.m.
coif sign
En radiologie pulmonaire, signe permettant d'affirmer l'origine pariétale d'une lésion thoracique (syndrome pariétal), même en l'absence d'atteinte costale.
Ce signe se compose, de dehors en dedans, d'une opacité périphérique (lésion pariétale), d'une bande claire (graisse sous-pleurale), d'un liseré opaque (plèvre) et de la clarté pulmonaire. Il est facilement visible en scanographie, mais également en radiographie conventionnelle à condition que la lésion soit abordée tangentiellement par le faisceau; dans les deux techniques, il n'apparaît que si l'épaisseur de la couche graisseuse sous-pleurale est suffisante. L'absence de ce signe n'a donc pas de valeur.
Syn. signe du liseré pleural
[B2,K1]
Douglas (cri du) l.m.
Douglas’cry
Signe caractéristique de la rupture de la trompe utérine au cours d’une grossesse extra utérine (GEU) dont Henri Mondor donne la description suivante : « une malade sans hémorragie externe, mais saignée à blanc, à qui le toucher vaginal fait pousser « le cri du Douglas ».
Le péritoine tolère particulièrement mal le sang épanché dans le cul de sac recto-utérin (excavatio retrouterina). Par le toucher vaginal on déclenche à ce niveau une « douleur exquise » (très localisée) et l’on perçoit « une sorte de dédoublement, de résistance molle, pâteuse ou faiblement rénitente : le remplissage peu à peu plus tendu ». C’est le signe de la complication majeure de la GEU, la rupture.
A l’heure actuelle, le diagnostic beaucoup plus précoce de GEU peut être fait au moindre signe d’appel, au stade de l’avortement tubaire, avant la grande inondation péritonéale, par l’échographie pelvienne et le dosage des β-HCG .
La rupture de GEU ne s’accompagne pas d’une défense ou d’une contracture abdominale qui est plus le témoin d’un syndrome inflammatoire péritonéal comme dans l’appendicite aigüe au cours de laquelle une douleur peut être retrouvée par le toucher dans le cul de sac latéral droit du vagin. Dans le cas d’un abcès du cul de sac rétrovaginal, même si la collection est abondante, la douleur au toucher vaginal est plus diffuse, moins aigüe.
H. Mondor, chirurgien français, membre de l’Académie de médecine (1930)
McDonald (signe de) l.m.
McDonald's sign
Signe d'examen du premier trimestre de la grossesse au cours duquel le toucher vaginal combiné au palper abdominal constate une hypermobilité du corps utérin par rapport au col utérin, dû à un assouplissement de l'isthme.
Ce signe est très proche du signe de Hegar.
I. A. McDonald, gynécologue australien (1922-1990), E. A. Hegar, gynécologue allemand (1895)
sémiotique n.f. adj.
semiotics, semiotic
Terme proposé par Ch. Morris pour désigner une science générale des signes sous toutes leurs formes et dans toutes leurs manifestations.
Objet décelable par les sens, le signe renseigne et avertit.
En médecine, le point essentiel de la doctrine sémiotique est de distinguer signes et symptômes, les premiers étant la conclusion raisonnée tirée par le clinicien des symptômes observés, en fonction de la clinique et éventuellement des bases conceptuelles adoptées.
En linguistique, pour F. de Saussure, le signe est en particulier l'association d'un signifiant et d'un signifié. La sémantique étudie les relations de signification. Le développement de la pragmatique (étude du langage du point de vue de la relation entre les signes et leurs usagers, en particulier selon les divers milieux et circonstances), qui a complété les approches structurales, montre que le langage n'est pas seulement ce que l'on dit, qu'il intervient dans des fonctions multiples, dépassant la simple information et "représentation", enfin, que son sens contextuel peut différer de la signification textuelle. C'est dire que le signe est polysémique selon le questionnement de son interprète, en particulier le mode d'interaction avec lui.
Parmi les incidences de ces concepts, seront citées la théorisation du transfert, puis les thérapies systémiques et à médiation corporelle.
F. de Saussure, linguiste suisse (1857-1913) ; Ch. Morris, philosophe sémioticien américain (1946)
Étym. gr. sêmion : signe
signe de la coiffe l.m.
coif sign
En radiologie pulmonaire, signe permettant d'affirmer l'origine pariétale d'une lésion thoracique (syndrome pariétal), même en l'absence d'atteinte costale.
Ce signe se compose, de dehors en dedans, d'une opacité périphérique (lésion pariétale), d'une bande claire (graisse sous-pleurale), d'un liseré opaque (plèvre) et de la clarté pulmonaire. Il est facilement visible en scanographie, mais également en radiographie conventionnelle à condition que la lésion soit abordée tangentiellement par le faisceau; dans les deux techniques, il n'apparaît que si l'épaisseur de la couche graisseuse sous-pleurale est suffisante. L'absence de ce signe n'a donc pas de valeur.
Syn. signe du liseré pleural
[B2,K1]
signe de la curette de Brocq l.m.
Signe clinique recherché par le « grattage méthodique » à la curette des plaques psoria
L. Brocq, dermatologiste français (1856-1928)
[J1 ]