Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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absorbeur de dioxyde de carbone (gaz carbonique) l.m.

carbon dioxide absorber, canister

Récipient destiné à contenir un produit absorbant le dioxyde de carbone et, plus généralement, tout dispositif capable de l'absorber.
Dans les systèmes respiratoires clos avec ré-inhalation, utilisés en anesthésie, physiologie ou plongée, on emploie généralement la chaux sodée comme absorbant. Dans d'autres domaines (sous-marin, vaisseau spatial) on utilise l'oxyde de lithium (plus léger) ou des amines (mono-éthylène-amine, trométhamine) qui sont régénérables.
Pour traverser l'absorbeur, les gaz à épurer suivent préférentiellement des trajets de moindre résistance, ce qui est le cas de ceux situés contre la paroi interne du récipient, c'est pourquoi le virage du colorant témoin se fait d'abord progressivement le long de la paroi alors que le cœur de l'absorbeur n'a pas encore viré. Les absorbeurs cylindriques à base circulaire ont une surface de contact minimale par rapport à ceux d'une autre forme, ils sont donc préférables à ceux qui ont un grand diamètre parce que le rapport surface de contact avec la paroi/ volume de l'absorbeur est inversement proportionnel au diamètre. Le tassement des grains de chaux sodée intervient, il faut donc placer l'absorbeur sur un axe vertical qui est plus favorable parce que les grains sont également tassés, tandis que la position horizontale est défavorable, car elle diminue le tassement des couches haut placées ce qui favorise des cheminements moins efficaces pour l'épuration.
Dans les grandes installations d'épuration de locaux (par ex. sous-marins) des concentrateurs de CO2 (analogues aux extracteurs d'O2) permettent d'augmenter le rendement de l'absorption ou de rejeter le CO2 à l'extérieur.

Étym. lat. absorbere : absorber

Syn. bac à chaux, canister (mot anglais à éviter)

chaux sodée, extracteur d'oxygène, gaz carbonique, trométhamine

[B1, G1]

Édit. 2016

capacité du sang en dioxyde de carbone l.f.

plasma carbon dioxide combining power

Quantité maximale de CO2 que peut fixer le sang sous une pression de ce gaz égale à sa pression partielle dans les alvéoles pulmonaires (40 mm/Hg).

[C2,K1]

carbone n.m.

carbon

Élément fondamental de la chimie organique de numéro atomique numéro 6, de masse atomique 12, 011, point de fusion 3 550 °C.
A côté de l’élément stable 12C, il existe deux éléments radioactifs 11C (période 20 min.) émetteur de positons et 14C, (période 5760 ans) émetteur de négatons.
Il existe à l’état pur sous forme de diamant et de fullerène, très durs, et de graphite, en revanche tendre et friable, ces différences s’expliquant par des structures cristallines très différentes.
Les formes oxydées du carbone sont le monoxyde de carbone CO et le dioxyde de carbone CO2, à quoi correspondent le carbonate de calcium formant une réserve minérale considérable très peu soluble dans l’eau et des carbonates passant dans les eaux (eaux bicarbonatées sodiques en particulier).

Étym. lat. carbo, carbonis : charbon

Carbone 12 (12C), carbone 14 (14C), dioxyde de carbone, hydrate de carbone, monoxyde de carbone, oxyde de carbone, sulfure de carbone, acide carbonique, anhydride carbonique

[C1]

carbone 11 n.m.

11 carbon

Isotope radioactif du carbone (demi-vie 20 minutes), émetteur de positons (b+).
La courte durée de vie de cet isotope ne le rend utilisable qu’en laboratoire de radiochimie.

Symb. 11C

[B1]

carbone 14 n.m.

14 carbon

Isotope radioactif, continuellement formé dans l’atmosphère terrestre par suite du bombardement de l’azote par les neutrons cosmiques.
Rapidement métabolisé en dioxyde de carbone, puis en divers composés organiques du fait de la photosynthèse et, par la suite, dans les organismes animaux. La teneur en 14C de la matière vivante est estimée d’après le nombre des désintégrations qui est de 15,3.min-1.g-1 de carbone, correspondant à l’équilibre atteint entre la formation de ce 14C et son échange avec l’isotope non radioactif 12C. Cet équilibre cesse à la mort de l’être vivant et la teneur en 14C commence à décliner. La période radioactive du 14C étant de 5 760 ans, on peut ainsi dater les matières organiques fossiles ou anciennes. Mais, sans qu’on en suspecte pas toujours l’existence et les mécanismes, des biais peuvent se présenter qui réduisent la certitude des résultats obtenus et obligent à les recroiser par ceux d’autres méthodes.

Symb. 14C

dioxyde de carbone, hydrate de carbone, monoxyde de carbone, oxyde de carbone, sulfure de carbone

[B1]

coefficient de diffusion de l'oxyde de carbone l.m.

DL CO

[C2]

dioxyde de carbone l.m.

carbon dioxide

Anhydride carbonique, gaz incolore à la température ordinaire qui constitue la forme d’élimination produits des oxydations cellulaires.
Il exerce des effets physiologiques importants dans la stimulation des centres nerveux de la respiration. A concentration élevée, il est toxique entraînant un coma oxycarboné.
Plus lourd que l’air, il cristallise au-dessous de – 75°C, formant la neige carbonique.
Soluble dans l’eau, il est utilisé dans la préparation des boissons gazeuses. pulmonaire.

Syn. gaz carbonique (incorrect)

Symb. CO2

carbone

dioxyde de carbone (concentration plasmtique en) l.f.

plasma carbone dioxide content

Teneur sanguine en dioxyde de carbone.
Le dioxyde de carbone, CO2, présent dans le sang comporte une partie dissoute (faible), une fraction combinée à l'hémoglobine et surtout les bicarbonates. Dans le sang artériel la teneur en CO2 est de 46 mL/100 mL ou 21,24 mMol/L. Dans le sang veineux mêlé elle est de 52 mL/100 mL ou 23,20 mMol/L.

fraction de dioxyde de carbone présente dans le gaz expiré l.f.

Cette fraction, variable, est d’environ 4% de dioxyde de carbone.

Sigle FE CO2

[K1]

Édit. 2018 

hadronthérapie carbone l.f.

hadrontherapy carbon
L’hadronthérapie carbone consiste à envoyer un faisceau d’ions carbone au niveau d’une tumeur.
Ces ions créent des lésions plus graves qu’avec les autres traitements au niveau du matériel génétique de cellules tumorales. Cette action intense, véhiculée par un faisceau d’une grande précision, permet de cibler les cellules tumorales en profondeur, en préservant les tissus sains traversés et environnants. Les cellules tumorales ne meurent pas immédiatement mais elles ne sont plus capables de se multiplier et perdent leur immortalité.
Cette thérapie s’adresse actuellement aux tumeurs radiorésistantes, essentiellement aux cancers de la tête et du cou, des tissus mous et du squelette pour lesquels elle améliore les résultats par rapport aux thérapies conventionnelles.
L’appareillage standardisé comporte un accélérateur de particules, ce qui explique son volume. Il occupe une surface d’environ 1000 m 2. C’est une technique proche de celle de la protonthérapie déjà utilisée pour traiter les cancers de la base du
crâne, de la colonne vertébrale et de l’œil.

Syn. carbonethérapie

protonthérapie

[F2]

Édit. 2015

hydrate de carbone l.m.

carbohydrate

Expression dérivée de la formule chimique brute d’un sucre tel que le glucose C6 (H20)6 expression critiquable et pourtant en faveur chez les anglo-saxons.

Syn. glucide

[C1]

monoxyde de carbone l.m.

carbon monoxide

Produit de la combustion incomplète du carbone, gaz incolore et inodore à la température ordinaire, de densité légèrement plus faible que celle de l'air, de formule CO, toxique en raison de son affinité pour l'hémoglobine, ainsi que pour la cytochrome-oxydase.
Il est capable de se combiner avec l'hémoglobine en formant un composé stable, la carboxyhémoglobine, impropre au transport de l'oxygène (le coefficient d'affinité du CO est 250 fois plus fort que celui du dioxygène O2). Très facilement absorbé par inhalation, le monoxyde de carbone est la cause de nombreux accidents mortels. Il provient surtout de la combustion incomplète du charbon : il est présent dans la fumée de tabac.
Le CO traverse très rapidement la paroi alvéolaire, son passage dans le sang dépend de la concentration du gaz dans l'alvéole : sous forte concentration l'intoxication est foudroyante, l'arrêt cardiaque survient après quelques mouvements respiratoires. Dans ce cas la réanimation n'est efficace qu'en utilisant d'urgence l'oxygène à gros débit pendant le massage cardiaque. À plus faible concentration la mort survient lorsque les deux tiers de l'hémoglobine sont bloqués. Pour des concentrations encore plus faibles un équilibre s'établit entre l'oxyhémoglobine et la carboxyhémoglobine ce qui permet aux secours d'agir efficacement (oxygénation, éventuellement sous pression barométrique élevée), pour une concentration de l'ordre du millième (1 000 ppm) la survie est très prolongée. L'intoxication chronique fait partie des nombreux effets indésirables des combustions mal ventilées, le cas le plus typique est celui du chauffe-eau à gaz installé sans ventilation suffisante (il est la principale cause de plusieurs centaines de morts par an en France) : les signes en rapport avec une exposition à des concentrations de 100 ppm sont des céphalées, une asthénie musculaire et une fatigue générale. Le seuil de tolérance est de l'ordre de 50 ppm. Le monoxyde de carbone est le polluant atmosphérique le plus abondant dans l'air des villes où la concentration moyenne, sans danger identifiable, est de l'ordre de 10 ppm.
En médecine du travail l'intoxication subaiguë est prise en charge comme maladie professionnelle (tableau 64 du RG, 40 du RA) avec un délai de 30 jours i entre la fin de l’exposition et la première constatation des symptômes.

Syn. oxyde de carbone (déconseillé)

cytochrome-oxydase, carboxyhémoglobine

[C1, E2, F1, F2, H1]

Édit. 2018

oxyde de carbone l.m.

carbon monoxide

Appellation ancienne ou familière, déconseillée, du monoxyde de carbone,.
Il y a en fait deux oxydes de carbone : CO, monoxyde de carbone et CO2, dioxyde de carbone (gaz carbonique). Le terme oxyde de carbone est donc ambigu. Aussi l'expression oxyde de carbone pour le CO est-elle déconseillée.

Syn. monoxyde de carbone (à utiliser)

Symb. CO

dioxyde de carbone, monoxyde de carbone

Édit. 2017

oxyde de carbone (intoxication par l') l.f.

carbon monoxide poisoning

intoxication oxycarbonée (séquelles neurologiques de l')

Édit. 2017

oxyde de carbone (manifestations neuropsychiques de l'intoxication par l') l.f.

psychiatric symptoms of carbon monoxide poisoning

Manifestations psychiatriques de l'oxycarbonisme aigu ou lent, accidentel ou volontaire, rares par rapport à la fréquence d’une telle intoxication.
Avec leur amnésie lacunaire au réveil, le coma et les autres formes aigües ou subaigües peuvent être suivis de ou traduits par : ivresse pseudo-alcoolique, agitation transitoire, torpeur et obtusion, état confusionnel peu onirique, souvent prolongé, parfois postintervallaire (après une à trois semaines). Les formes lentes comportent une obnubilation avec asthénie, céphalées, tendances vertigineuses poussées délirantes intermittentes, volontiers déroutantes.
Les suites au long cours, voire définitives, concernent souvent des atteintes de la mémoire et de l'attention à des degrés divers, des troubles caractériels, une instabilité de l'humeur, des anomalies phasiques, praxiques ou gnosiques, des états d'affaiblissement intellectuel global et de démence. Ces derniers peuvent être soit stables, soit évolutifs, après intervalle libre, avec confusion progressive, hypertonie croissante et évolution mortelle (encéphalopathie de Grinker, 1925). Un arrêt du développement psychomoteur est possible chez l'enfant. Des complications neurologiques, surtout extrapyramidales et vasculaires, doivent être recherchées.
Notamment lors d'états mélancoliques, une tentative de suicide peut aggraver l'état psychique, surtout à partir de l'âge moyen.

R. R. Grinker, Sr, neuropsychiatre américain (1925)

intoxication oxycarbonée (séquelles neurologiques)

Édit. 2017

sulfure de carbone l.m.

carbon sulfide

Liquide incolore à la température ordinaire, utilisé comme solvant et ayant quelques applications pharmaceutiques.

Symb. CS

[C1,G3]

test au dioxyde de carbone (CO2) marqué l.m.

tests digestifs

disulfure de carbone en médecine du travail l.m.

Le disulfure de carbone, solvant très dangereux qui n’est utilisé dans l’industrie de fabrication de textiles artificiels et de pellicules cellulosiques (viscose et fibres rayonne) et dans l’industrie du caoutchouc qu’en circuit fermé, est responsable de cas historiques de troubles psychiques aigus avec confusion mentale, céphalées intenses, délire onirique, états dépressifs et impulsions morbides. En cas d’exposition répétée, ce qui est inconcevable de nos jours, il est à l’origine de cas historiques de polynévrites et névrites optiques.
Cette intoxication est prise en charge comme maladie professionnelle (tableau 22 du RG et 8 du RA)  avec un délai de 1 an entre la fin de l’exposition et la première constatation des symptômes et pour les manifestations aiguës le délai de prise en charge est de 30 jours seulement.

[E2]

Édit. 2018