thymocyte n.m.
thymocyte
Cellule lymphoïde du thymus.
Les thymocytes double-négatifs n'expriment pas les molécules CD4 et CD8. Les thymocytes doubles positifs expriment ces deux molécules. Les thymocytes simples positifs en fin de différenciation intrathymique expriment un seul des deux corécepteurs CD4 ou CD8. Les thymocytes les plus immatures n’ont ni récepteur des cellules T ni les corécepteurs CD4 et CD8. Ils sont appelés thymocytes double-négatifs (CD4- et CD8-) et représentent 5% des thymocytes. La maturation se fait par l’acquisition des antigènes CD4 et CD8 aboutissant aux thymocytes double-positifs (CD4+ et CD8+) qui constituent 80% des thymocytes.
CD 8 sigle pour Cluster of Differentiation
Molécule transmembranaire de la superfamille des immunoglobulines qui interagit avec le domaine α 3 des molécules de classe I du CMH et assure ainsi la fonction de corécepteur d’antigènes.
La forme moléculaire la plus fréquente est constituée d’un hétérodimère αß (chaque chaine ayant une masse de 32 à 34 kDa avec un seul domaine distal). Environ 50% des lymphocytes CD8+ de l’intestin expriment une chaîne homodimérique αα. Ces lymphocytes T se différencient hors du thymus.
CD 8 est exprimé sur les thymocytes double-positifs et sur environ 1/3 des lymphocytes T périphériques. La molécule est produite sous forme soluble lors de l’activation des lymphocytes CD8+.
[C3,F3]
cellule suppressive l.f.
suppressor cells
Cellule exerçant une fonction de régulation négative sur l'induction ou l'expression de certaines formes de réponses immunitaires.
Les cellules suppressives sont particulièrement hétérogènes. Elles sont mises en évidence au cours d’expériences de transfert adoptif de lymphocytes T chez l’animal.
Dans certains modèles de tolérance induite par administration orale de l’antigène, des lymphocytes T CD8+ qui produisent du TGFbêta peuvent inhiber des réactions inflammatoires ou cytotoxiques qui mettent en jeu des lymphocytes T effecteurs.
Dans d’autres modèles, des cellules T de type Th2 ont un effet antagoniste vis-à-vis des cellules de type Th1 productrices d’interféron
Des cellules T suppressives de type 2 (Th2) peuvent s’opposer au développement de lymphocytes T effecteurs de type 1 (Th1). Certaines cellules suppressives peuvent être des lymphocytes T cytotoxiques CD8+ qui reconnaissent des peptides de la région CDR3 du TCR des lymphocytes T effecteurs (régulation idiotypique).
[A2,F3]
GALT
1) acr. angl. pour Gut Associated Lymphoid Tissue
Tissu lymphoïde associé à l'intestin.
Ce tissu lymphoïde est constitué de cellules dispersées dans la lamina propria ou tissu conjonctif sous-épithélial (plasmocytes, lymphocytes T CD4+, macrophages, mastocytes, éosinophiles) et de lymphocytes intra-épithéliaux parmi lesquels des lymphocytes T CD8+ exprimant un homodimère aa de la molécule CD8. Ces lymphocytes se différencient hors du thymus. Outre ces cellules dispersées, le GALT est formé par les plaques de Peyer, structures lymphoïdes organisées en centres germinatifs séparés par des zones riches en cellules T et recouvertes par un épithélium monostratifié appelé dôme de la plaque de Peyer. Des formations analogues se trouvent dans le gros intestin et l’appendice. Ces formations permettent le développement d’une réponse immunitaire vis-à-vis d’antigènes pénétrant par les cellules M du dôme avec production d’anticorps anti IgA.
2) acr. pour GALactose-l-phosphatase-uridyl-transferase deficiency
immunoscore . l.m.
immunoscore
Score qui permet de prédire la capacité du système immunitaire d'un individu donné à combattre les cellules tumorales.
Outre son intérêt pronostique à la fois indépendant et supérieur à celui de la classification TNM, il peut contribuer à prévoir les chances de réponse aux immunothérapies et à guider les décisions thérapeutiques dans lesquelles l’immunologie a acquis une place importante en cancérologie
L’immunoscore est basé sur la détermination de la densité intratumorale de deux populations lymphocytaires : (CD3+ /CD45RO+) ou (CD3+ /CD8+) ou (CD8+ /CD45RO+) dans la tumeur et son front d’invasion, c’est-à-dire à la fois à l’intérieur et à sa périphérie. Ceci est réalisé par une technique d’immunohistochimie sur coupe tissulaire couplée à un système d’analyse d’image. Le score va de 0, caractérisé par une faible densité des deux types de cellules dans les deux régions, à 4 pour des lésions présentant une forte densité des deux populations dans les deux régions tumorales. Dans les cancers colo-rectaux de stade précoce (TNM stades I-II), l’immunoscore subdivise les patients en sous-groupes présentant des différences importantes de survie sans récidive et de survie globale. De la même manière, l’immunoscore a permis de subdiviser les patients présentant un cancer de stade avancé en des groupes de pronostic distinct et avec des différences majeures de survie.
lymphocyte T n.m.
T lymphocyte
Cellule dérivée de précurseurs de la moelle osseuse et dont la maturation se fait dans le thymus où elle migre et prolifère, acquérant différents marqueurs de surface, pour devenir un lymphocyte T mature ou thymodépendant.
Elle constitue 60 à 70% des lymphocytes périphériques et est également présente dans les zones paracorticales des nœuds lymphatiques ainsi que dans les manchons péri-artériolaires de la rate. Lorsqu’il rencontre un antigène, le lymphocyte T le détruit, soit directement par cytotoxicité, soit indirectement par activation des lymphocytes B ou des macrophages : c’est l’immunité à médiation cellulaire. L’identification des différents marqueurs de surface permet de distinguer trois populations fonctionnelles de lymphocytes T:
- le lymphocyte T auxiliaire porte le marqueur de surface CD4. Grâce à la sécrétion des interleukines, il aide les autres lymphocytes dans leurs fonctions effectrices, telles que l’activation des lymphocytes B producteurs d’anticorps, la régulation de la fonction des lymphocytes T cytotoxiques et l’activation des macrophages dans la réponse inflammatoire chronique.
- le lymphocyte T cytotoxique porte presque toujours le marqueur de surface CD8. Il tue les cellules infectées par les virus et les cellules cancéreuses grâce à son interaction avec le lymphocyte T auxiliaire qui provoque son activation et sa prolifération. Il faut noter que certains grands lymphocytes circulants, non T et non B, sont naturellement cytotoxiques (cellule “ natural ” killer ou NK) à l’égard notamment de cellules tumorales et de cellules infectées par des virus : leur cytoplasme contient de nombreuses granulations azurophiles renfermant des hydrolases acides, d’où l’appellation parfois donnée de grand lymphocyte granuleux ; leur fonction dans l’immunité “ naturelle ” s’accomplit par l’intermédiaire de la sécrétion de cytokines, notamment l’interféron γ.
- le lymphocyte T suppresseur : il arrêterait la réponse immunitaire lorsque le stimulus déclenchant disparaît et supprimerait la réponse immunitaire à l’égard des autoantigènes. Il est souvent assimilé au lymphocyte T cytotoxique et porte comme lui le marqueur de surface CD8.
Étym. la lettre T est l'initiale de thymus, organe où prolifèrent les lymphocytes T
Syn. cellule T
→ T facilitant, T suppresseur, auxiliaire
PD-L1, PD-L2 sigles angl. pour Programmed Death protein-Ligand 1, Programmed Death protein-Ligand 2 l.m
Protéines exprimées à la surface des cellules, en particulier cancéreuses, en réponse à des stimuli inflammatoires, qui se lient spécifiquement à PD-1, protéine membranaire des cellules T porteuses des antigènes CD4 et CD8.
PD-L1, encore appelée B7-H1, et PD-L2, appelée aussi B7-DC, sont des protéines transmembranaires, ligands du récepteur PD-1 (« Programmed Death protein 1 ») exprimé à la surface des cellules T. PD-L1 est le composé majoritaire de ce système. Dans la situation normale, la liaison de PD-L1 sur PD-1 provoque l'apoptose des cellules T CD4+ et CD8+, ce qui induit une tolérance immunitaire. Ce système intervient par exemple dans la tolérance des femmes enceintes vis-à-vis de l’embryon et de celle des sujets transplantés vis-à-vis du greffon. Cependant, il joue aussi un rôle essentiel dans la capacité des tumeurs à résister au système immunitaire de l’hôte. En effet, PD-L1 et PD-L2 sont surexprimés par les cellules de certains cancers agressifs, notamment les mélanomes, et la liaison de PD-L1 ou PD-L2 portés par les cellules tumorales à leur récepteur PD-1 porté par les lymphocytes T induit une tolérance du système immunitaire vis à vis de la tumeur. De très nombreux essais thérapeutiques contre divers cancers ont été conduits avec des anticorps monoclonaux dirigés spécifiquement contre PD-1 ou PD-L1 et certains d'entre eux ont déjà bénéficié d'une autorisation de mise sur le marché aux Etats-Unis ou en Europe (par exemple le Nivolumab pour le traitement des mélanomes non resécables ou métastatiques et de certains cancers bronchiques non à petites cellules).
Syn. B7-H1 pour PD-L1, B7-DC pour PD-L2
→ cellules T, CD4, CD8, PD-1,tolérance immunologique, apoptose, anticorps monoclonal
[C1, C3, F2, F3]
Édit. 2019
récepteurs des lymphocytes T l. m. p.
T lymphocytes receptors
Ce sont des structures de membrane permettant aux lymphocytes T de reconnaître spécifiquement les antigènes.
Leur combinaison avec l’antigène transmet un signal d’activation à la cellule par l’intermédiaire de complexes moléculaires CD3 auxquels ils sont associés. Ils sont tous identiques pour un même lymphocyte. Ils sont constitués de deux chaînes polypeptidiques dont il existe quatre sortes : α, β, γ, δ construites sur le même modèle :
-une partie constante prolongée par une séquence hydrophobe (assurant son ancrage dans la membrane) et par un segment intracytoplasmique ;
-une partie variable (tournée vers l’extérieur de la cellule) qui, comme pour les immunoglobulines, est du fait de la variabilité le support de leur spécificité pour l’antigène.
Il existe deux sortes de récepteurs :
-les récepteurs α β, formés d’une chaîne α unie par un pont disulfure à une chaîne β, sont présents sur les lymphocytes T CD3+, CD4+ et sur les T CD3+ CD8+. Ils reconnaissent l’antigène présenté par les CPA en association avec des molécules HLA de classe II (T auxiliaires) ou de classe I (T cytotoxiques) ;
-les récepteurs γ δ formés d’une chaîne γ associée à une chaîne δ sont présents sur les lymphocytes T CD3+ CD4- CD8- représentant 1 à 10 % des lymphocytes circulants mais ils sont plus nombreux dans certains tissus. Ils peuvent se lier à des épitopes non associés à des molécules HLA.
→ CPA, TCR, lymphocyte T
syndrome lymphoprolifératif auto-immun l.m.
Syndrome caractérisé par une apoptose lymphocytaire, une lymphoprolifération et une autoimmunité.
Une lymphadénopathie sévère accompagnée d'une splénomégalie sont généralement observées. Les anticorps le plus souvent sont dirigés contre les hématies, les neutrophiles et les plaquettes. Une anémie hémolytique, une neutropénie auto-immune et un purpura thrombopénique auto-immun sont fréquemment retrouvés. Les patients ont de plus une lymphocytose avec une prolifération importante des lymphocytes T qui expriment le récepteur alpha/beta mais pas les marqueurs de surfaces des CD4 ou des CD8 (cellules de type : TCR alpha/beta+ ; CD4-; CD8-). La lymphoprolifération est habituellement bénigne mais elle entraîne un risque accru de développer des lymphomes de type hodgkinien et non-hodgkinien. Actuellement, plus de 100 cas ont été décrits dans la littérature.
Ce syndrome est de transmission autosomique dominante avec une pénétrance variable avec l’implication de deux gènes : FAS (locus en 10q23.31) et NRAS (1p13.2).
Réf . Orphanet, Françoise Le Deist , immunologiste française (2005)
Françoise Le Deist, immunologiste française ( 2005)
Syn. Déficit en FAS, SLAI, Syndrome de Canale-Smith
Sigle ALPS
→ lymphome malin, FAS gene, NRAS gene
tumeurs à cellules B matures, T matures, NK, histiocytaires, et maladie de Hodgkin (classification OMS juin 2016) l.m.et f. p.
2016 WHO classification of mature lymphoid, histiocytic, and dendritic neoplasms
Tumeurs regroupées dans la même catégorie, en se basant sur les propriétés fonctionnelles de leur contrepartie normale (phagocytose et/ou modification et présentation de l’antigène), plutôt que leur origine cellulaire.
La plupart proviennent d’un précurseur myéloïde commun, quelques cas sont d’origine mésenchymateuse (ex : sarcome à cellules folliculaires dendritiques et tumeur à cellules réticulaires fibroblastiques).
Indépendamment de leur origine myéloïde ou mésenchymateuse une partie de ces tumeurs est précédée ou associée à un lymphome folliculaire, une leucémie lymphoïde chronique B, un lymphome lymphoblastique B ou T, ou un lymphome T périphérique. Ces cas présentent les mêmes réarrangements IgVH, TCR, ou anomalies chromosomiques que les tumeurs lymphoïdes associées (et une partie présente également une mutation de BRAF) suggérant un processus de trans- différenciation.
*Une astérisque à la suite de la catégorie signifie qu'elle a été soit modifiée soit ajoutée par rapport à la classification OMS 2008.
**Deux astérisques signifient qu’il s’agit d’une entité provisoire.
Hémopathies lymphoïdes à cellules B matures
S. H. Swerdlow, hématopathologiste américain (2016)
lymphocyte T n.m.
T lymphocyte
Cellule dérivée de précurseurs de la moelle osseuse et dont la maturation se fait dans le thymus où elle migre et prolifère, acquérant différents marqueurs de surface, pour devenir un lymphocyte T mature ou thymodépendant.
Elle constitue 60 à 70% des lymphocytes périphériques et est également présente dans les zones paracorticales des nœuds lymphatiques ainsi que dans les manchons péri-artériolaires de la rate. Lorsqu’il rencontre un antigène, le lymphocyte T le détruit, soit directement par cytotoxicité, soit indirectement par activation des lymphocytes B ou des macrophages : c’est l’immunité à médiation cellulaire. L’identification des différents marqueurs de surface permet de distinguer trois populations fonctionnelles de lymphocytes T:
- le lymphocyte T auxiliaire porte le marqueur de surface CD4. Grâce à la sécrétion des interleukines, il aide les autres lymphocytes dans leurs fonctions effectrices, telles que l’activation des lymphocytes B producteurs d’anticorps, la régulation de la fonction des lymphocytes T cytotoxiques et l’activation des macrophages dans la réponse inflammatoire chronique;
- le lymphocyte T cytotoxique porte presque toujours le marqueur de surface CD8. Il tue les cellules infectées par les virus et les cellules cancéreuses grâce à son interaction avec le lymphocyte T auxiliaire qui provoque son activation et sa prolifération. Il faut noter que certains grands lymphocytes circulants, non T et non B, sont naturellement cytotoxiques (cellule “ natural ” killer ou NK) à l’égard notamment de cellules tumorales et de cellules infectées par des virus : leur cytoplasme contient de nombreuses granulations azurophiles renfermant des hydrolases acides, d’où l’appellation parfois donnée de grand lymphocyte granuleux ; leur fonction dans l’immunité “ naturelle ” s’accomplit par l’intermédiaire de la sécrétion de cytokines, notamment l’interféron γ.
- le lymphocyte T suppresseur : il arrêterait la réponse immunitaire lorsque le stimulus déclenchant disparaît et supprimerait la réponse immunitaire à l’égard des autoantigènes. Il est souvent assimilé au lymphocyte T cytotoxique et porte comme lui le marqueur de surface CD8.
Étym. La lettre T est l'initiale de thymus, organe où prolifèrent les lymphocytes T
Syn. cellule T
→ T facilitant, T suppresseur, T auxiliaire
lymphocyte T n.m.
T lymphocyte
Cellule dérivée de précurseurs de la moelle osseuse et dont la maturation se fait dans le thymus où elle migre et prolifère, acquérant différents marqueurs de surface, pour devenir un lymphocyte T mature ou thymodépendant.
Elle constitue 60 à 70% des lymphocytes périphériques et est également présente dans les zones paracorticales des nœuds lymphatiques ainsi que dans les manchons péri-artériolaires de la rate. Lorsqu’il rencontre un antigène, le lymphocyte T le détruit, soit directement par cytotoxicité, soit indirectement par activation des lymphocytes B ou des macrophages : c’est l’immunité à médiation cellulaire. L’identification des différents marqueurs de surface permet de distinguer trois populations fonctionnelles de lymphocytes T:
- le lymphocyte T auxiliaire porte le marqueur de surface CD4. Grâce à la sécrétion des interleukines, il aide les autres lymphocytes dans leurs fonctions effectrices, telles que l’activation des lymphocytes B producteurs d’anticorps, la régulation de la fonction des lymphocytes T cytotoxiques et l’activation des macrophages dans la réponse inflammatoire chronique;
- le lymphocyte T cytotoxique porte presque toujours le marqueur de surface CD8. Il tue les cellules infectées par les virus et les cellules cancéreuses grâce à son interaction avec le lymphocyte T auxiliaire qui provoque son activation et sa prolifération.
Il faut noter que certains grands lymphocytes circulants, non T et non B, sont naturellement cytotoxiques (cellule “ natural ” killer ou NK) à l’égard notamment de cellules tumorales et de cellules infectées par des virus : leur cytoplasme contient de nombreuses granulations azurophiles renfermant des hydrolases acides, d’où l’appellation parfois donnée de grand lymphocyte granuleux ; leur fonction dans l’immunité “ naturelle ” s’accomplit par l’intermédiaire de la sécrétion de cytokines, notamment l’interféron γ;
- le lymphocyte T suppresseur : il arrêterait la réponse immunitaire lorsque le stimulus déclenchant disparaît et supprimerait la réponse immunitaire à l’égard des autoantigènes. Il est souvent assimilé au lymphocyte T cytotoxique et porte comme lui le marqueur de surface CD8.
Étym. la lettre T est l'initiale de thymus, organe où prolifèrent les lymphocytes T
Syn. cellule T
→ T facilitant, T suppresseur, auxiliaire
PD-L1, PD-L2 sigles angl. pour Programmed Death protein-Ligand 1, Programmed Death protein-Ligand 2
Protéines exprimées à la surface des cellules, en particulier cancéreuses, en réponse à des stimuli inflammatoires, qui se lient spécifiquement à PD-1, protéine membranaire des cellules T porteuses des antigènes CD4 et CD8.
PD-L1, encore appelée B7-H1, et PD-L2, appelée aussi B7-DC, sont des protéines transmembranaires, ligands du récepteur PD-1 (« Programmed Death protein 1 ») exprimé à la surface des cellules T. PD-L1 est le composé majoritaire de ce système. Dans la situation normale, la liaison de PD-L1 sur PD-1 provoque l'apoptose des cellules T CD4+ et CD8+, ce qui induit une tolérance immunitaire. Ce système intervient par exemple dans la tolérance des femmes enceintes vis-à-vis de l’embryon et de celle des sujets transplantés vis-à-vis du greffon. Cependant, il joue aussi un rôle essentiel dans la capacité des tumeurs à résister au système immunitaire de l’hôte. En effet, PD-L1 et PD-L2 sont surexprimés par les cellules de certains cancers agressifs, notamment les mélanomes, et la liaison de PD-L1 ou PD-L2 portés par les cellules tumorales à leur récepteur PD-1 porté par les lymphocytes T induit une tolérance du système immunitaire vis à vis de la tumeur. De très nombreux essais thérapeutiques contre divers cancers ont été conduits avec des anticorps monoclonaux dirigés spécifiquement contre PD-1 ou PD-L1 et certains d'entre eux ont déjà bénéficié d'une autorisation de mise sur le marché aux Etats-Unis ou en Europe (par exemple le Nivolumab pour le traitement des mélanomes non resécables ou métastatiques et de certains cancers bronchiques non à petites cellules).
Syn. B7-H1 pour PD-L1, B7-DC pour PD-L2
→ cellules T, CD4, CD8, PD-1,tolérance immunologique, apoptose, anticorps monoclonal
[C1, C3, F2, F3, O3]
Édit. 2020
syndrome d'activation des macrophages
l.m. (SAM)
macrophage activation syndrome
Affection peu fréquente, souvent mortelle, due à une stimulation inappropriée des cellules macrophagiques dans la moelle osseuse et le système lymphoïde, entraînant une phagocytose anormale des éléments figurés du sang et la libération de cytokines pro-inflammatoires, donc une inflammation systémique grave et diffuse.
Le SAM se manifeste par de la fièvre, une hépatosplénomégalie fréquente, une altération de l’état général, une bi ou pancytopénie, une élévation de la ferritine, une hypertriglycéridémie, une hypofibrinogénémie. D’autres anomalies biologiques non spécifiques peuvent être présentes : élévation des transaminases, des LDH, des d-Dimères. Le diagnostic peut être confirmé par une hémophagocytose sur le myélogramme. D’autres atteintes viscérales sont également possibles en rapport avec l’inactivation incontrôlée du système immunitaire responsable de l’orage cytokinique. L’atteinte pulmonaire, qui survient dans la moitié des cas se traduit par une détresse respiratoire avec oxygénodépendance, conséquence d’un infiltrat diffus pouvant évoluer vers un syndrome de sétresse sespiratoire aigüe de mauvais pronostic. Des manifestations neurologiques, une atteinte rénale peuvent aussi s’observer.Il existe deux catégories de causes : le SAM acquis le plus fréquent. Il s’observe chez l’adulte et comporte trois causes principales par fréquence décroissante : les infections virales surtout (Epstein Barr virus, cytomégalovirus, herpès simplex virus, Covid 19 etc..), bactériennes et parasitaires, les causes tumorales, lymphomes et les maladies auto-immunes. La forme familiale, génétique, à transmission récessive est très rare, se manifeste dès les premiers mois de la vie. La transmission est autosomique récessive. La physiopathologie complexe fait intervenir le rôle majeur des lymphocytes T CD8 et de certaines cytokines. Plusieurs mutations de gènes ont été individualisées : gène PRF1 : gène de la perforine (protéine cytolytique sécrétée par les lymphocytes T CD8+) localisée sur le chromosome 10q21- gène UNC13D : gène qui code la protéine Munc13-4 localisé sur le chromosome 17q25 normalement responsable de l’arrimage des granules cytolytiques en préparation pour la fusion avec la membrane plasmique. gène STX11 : gène localisé sur le chromosome 6q24 codant la syntaxine 11 qui participe à la fusion des membranes vésiculaire et cellulaire.Il est possible que des facteurs génétiques puissent intervenir dans les formes acquises de SAM.
Syn. lymphocytose hémophagocytaire
→ pancytopénie, hémophagocytose, syntaxine 11, syndrome de sétresse sespiratoire aigüe
[F1, F3, K1, O1, Q2]
Édit. 2020
présentation croisée
l.f.
cross presentation
Fonction spécialisée des cellules dendritiques leur permettant d’apprêter et de présenter, aux lymphocytes T CD8+, sur leurs molécules d’histocompatibilité de classe 1, des antigènes tumoraux des cellules voisines conduisant à des réponses immunes vis-à-vis de la tumeur.
Un nombre important de médicaments immunothérapeutiques vise à lever les freins moléculaires «checkpoints » PD-1, PD-L1 ou CTLA-4 exercés par les tumeurs sur les lymphocytes T CD8+, et à restaurer ainsi la capacité cytotoxique de ces cellules effectrices de l’immunité. La présentation croisée dépasse le cadre de la réponse antitumorale, les antigènes internalisés pouvant provenir aussi de cellules infectées.
[C1, F3]
Édit. 2020
anergie n.f.
anergy
1) In vitro état d'une cellule rendue incapable de répondre à un signal activateur spécifique.
2) Incapacité de l’organisme à se défendre contre les infections.
3) Perte de la capacité de l’organisme humain de réagir à un antigène vis-à-vis duquel il était antérieurement sensibilisé.
2) Caractéristique d'un animal incapable de développer des réactions d'hypersensibilité retardée vis-à-vis d'un ou plusieurs antigènes.
L’anergie est l’un des mécanismes de la tolérance périphérique des cellules T. Elle peut être induite par des peptides modifiés par substitution d’un ou de plusieurs acides aminés, ce qui diminue l’affinité de l’interaction entre le peptide et le récepteur d’antigènes des lymphocytes T. L’anergie peut être aussi provoquée par inhibition du signal de co-activation des lymphocytes T (anticorps dirigés contre les corécepteurs CD4 ou CD8, blocage du signal d’amplification de la voie CD28 par administration de la molécule CTLA-4 soluble).
[C1,C3,D1,F3]
Édit. 2017
antigène n.m.
antigen
Agent qui, introduit dans un organisme par des voies autres que digestive, provoque la formation d'anticorps réagissant spécifiquement avec lui.
Selon les conditions d’administration et l’organisme dans lequel on introduit l’antigène, celui-ci peut être tolérogène ou immunogène. La zone de la molécule d’antigène qui interagit avec le site de liaison de l’anticorps est un épitope. Les protéines sont habituellement constituées d’une mosaïque d’épitopes différents les uns des autres, chaque épitope occupant une zone de 2 à 3 nm2 de la surface de la molécule. Certains antigènes sont formés d’un petit nombre d’épitopes répétitifs, par ex. les protéines bactériennes comme la flagelline, les polyosides bactériens. L’épitope peut être conformationnel ou séquentiel. Au sein de l’épitope, un ou deux acides aminés jouent un rôle essentiel pour déterminer l’affinité de l’anticorps pour l’antigène. Les antigènes protéiques sont dégradés en peptides associés aux molécules de classe I ou de classe II du CMH de façon à interagir avec les lymphocytes T CD8+ ou CD4+.
CCT/TRIC sigle obsolète
CD sigle pour Cluster of Differentiation
Les lettres CD suivies d’un numéro en chiffres arabes (par exemple CD 44) servent à identifier des protéines de membrane, exprimées à la surface des cellules, présentant des sites antigéniques spécifiques.
Ces protéines ont initialement été utilisées comme marqueurs pour identifier les cellules du système immunitaire et leur état de différenciation . A l’heure actuelle, plus de 300 protéines membranaires sont identifiées par un numéro de CD.
Chacun des marqueurs identifiés porte un numéro : p. ex. le CD4 est présent sur les lymphocytes T4 et constitue le site récepteur du virus VIH ; le CD8 est spécifique des lymphocytes cytotoxiques T8 ; ces protéines sont associées à des TPK (tyrosine-protéine-kinases), comme la TPK p56lck dont elles permettent l'autophosphorylation ; la glycoprotéine CD45 est une protéine-phosphatase capable de déphosphoryler une TPK ; la glycoprotéine CD34 est un antigène caractéristique des cellules endothéliales et hématopoïétiques, etc.
→ TRIC/CCT
[C3]
Édit. 2015
cellule T l.f.
T cell
Support de l'immunité cellulaire du tissu lymphoïde.
Ses molécules de surface permettent de distinguer le lymphocyte activateur CD4+ et le lymphocyte suppresseur CD8+. Certains lymphocytes sont appelés nuls parce qu'ils ne possèdent aucun de ces deux marqueurs de surface.
Étym. la lettre T est l'initiale de thymus, organe où ces cellules sont abondantes
Syn. lymphocyte T
→ cellule T suppressive cellule T auxiliaire
[A2,F3]
cellule T auxiliaire l.f.
helper T cell
Cellule Th dérivée du thymus coopérant avec les cellules B et d'autres cellules T au cours du développement d'une réponse immunitaire.
La coopération cellulaire s’effectue par interaction membranaire directe ou par l’intermédiaire de cytokines. La plupart des lymphocytes auxiliaires expriment le corécepteur CD4, certaines le corécepteur CD8. Selon le profil de cytokines produites après stimulation antigénique, on distingue les lymphocytes Th1, producteurs d’interféron γ qui interviennent dans la défense contre les virus et les parasites intracellulaires, et les lymphocytes Th2, producteurs d’IL-4, qui interviennent dans certaines réactions de défense contre les parasites et dans les réactions allergiques à anticorps de classe IgE. Cette polarisation de la production de cytokines n’apparaît que dans certains types de réponses immunitaires ou de réactions inflammatoires chroniques.
Sigle Th
ciclosporine n.f.
ciclosporine
Polypeptide cyclique formé de onze acides aminés extrait à l'origine d'un champignon du sol Tolypocladium inflatum appartenant aux Fungi imperfecti, actuellement obtenu par synthèse.
La cyclosporine est un immunodépresseur puisant qui agit sur les lymphocytes T auxiliaires (CD4+) à un stade précoce de leur activation par un antigène. Elle inhibe les réponses immunitaires à médiation cellulaire, en particulier les réactions de rejet de greffe en prévenant la différenciation des lymphocytes T cytotoxiques (CD8+) et les réponses des anticorps nécessitant une interaction entre lymphocytes T auxiliaires et lymphocytes B.
Son mécanisme d'action réside en l'inhibition de la transcription des gènes de l'interleukine 2 et d'autres cytokines produites par les lymphocytes T auxiliaires du fait de sa fixation sur la cyclophiline.
La ciclosporine doit être maniée avec précaution en raison de sa néphrotoxicité et de nombreuses interactions médicamenteuses, (entraînant la diminution ou l’élévation de ses taux circulants et nécessitant de suivre ses concentrations sanguines). Elle est utilisée essentiellement pour prévenir le rejet des greffes d'organes, de moelle osseuse et de cellules souches hématopoïétiques allogéniques.
[G3,C1,F3]
DILS (Syndrome) l.m. sigle angl. pour Diffuse Infiltrative Lymphocytic
Maladie systémique, secondaire à une prolifération oligoclonale des lymphocytes T CD8 en réponse à certains antigènes du VIH, caractérisée dans tous les cas par une infiltration lymphocytaire massive des glandes parotidiennes.
Les poumons, les muscles, le foie, les nerfs et le rein présentant les antigènes du VIH peuvent être affectés. L’atteinte rénale est rare. Elle se manifeste par une acidose tubulaire de type IV et/ou une néphrite interstitielle aiguë avec infiltration lymphocytaire sur la biopsie rénale. Le traitement repose sur une corticothérapie et la trithérapie antirétrovirale laquelle a fortement diminué la prévalence de cette affection.
Syn. lymphocytose infiltrative diffuse, Sjögren-like syndrome.
dinitrochlorobenzène (DNCB) n.m.
dinitrochlorobenzene
Molécule fortement allergisante capable d’induire un eczéma de contact chez tous les sujets immunocompétents qui sont exposés.
Le DNCB et le dinitrofluorobenzène sont des haptènes couramment utilisés en immunologie. Leur application percutanée induit une réaction d’hypersensibilité retardée qui met en jeu principalement des lymphocytes T CD8+ effecteurs. Il s’agit d’un modèle expérimental des eczémas de contact.
Le DNCB a été proposé en immunothérapie locale dans le traitement des verrues vulgaires et, depuis 1977, dans celui des pelades sévères. Son potentiel mutagène a conduit à le remplacer par la diphencyprone (DPCP) ou le dibutylester d’acide squarique (SADBE).
Le DNCB est susceptible de s’associer de façon covalente aux lysines pour former des conjugués dinitrophényl-lysine.
granzyme n.m.
granzyme
Enzyme libéré à partir de lymphocytes CD8 et NK tueurs, cytotoxiques, qui pénètre dans la cellule cible et provoque l'activation des enzymes ICE déclenchant l'apoptose.
Le granzyme B pénètre dans le noyau cellulaire grâce à une perforine et exerce une activité protéasique clivant la protéine ICE après un reste d'acide aspartique.
Syn. fragmentine
hypersensibilité à médiation cellulaire l.f.
cell-mediated hypersensitivity
Immunité assurée par les lymphocytes T et les macrophages, transmissible par les lymphocytes T.
La réaction est souvent initiée par un petit nombre de lymphocytes T spécifiques de l’antigène qui, lors de leur activation, sécrètent des chimiokines à l’origine de la migration d’un ensemble de leucocytes vers le site de la réaction, constituant l’infiltrat cellulaire.
Chez l’animal, l’implication des cellules T dans un mécanisme d’hypersensibilité est démontrée par le transfert adoptif de ce type de réaction à l’aide des lymphocytes T du donneur, possible seulement si donneur et receveur possèdent les mêmes molécules du CMH de classe I (transfert de lymphocytes T CD8+) ou de classe II (transfert de lymphocytes T CD4+).
Cette hypersensibilité est dite retardée car ses manifestations n’apparaissent qu’environ 24 à 48 heures après le contact avec l’antigène. Elle correspond au type IV de la classification de Gell et Coombs.
G. P. Gell et R. R. Coombs, immunologistes britanniques (1963)
→ hypersensibilité retardée, Gell et Coombs (classification de), CMH, chimiokine, lymphocyte T, macrophage