épreuve d'effort cardiaque l.f.
exercise tolerance test
Enregistrement d’un électrocardiogramme chez un patient soumis à un effort musculaire mesuré, progressif, sur tapis roulant ou sur bicyclette ergométrique, ayant pour but de rechercher des signes objectifs de maladie coronarienne ou d’apprécier les possibilités d’adaptation à l’effort.
L’épreuve d’effort est indiquée par la survenue de douleurs précordiales atypiques, pour la détection d’une insuffisance coronarienne infraclinique (ischémie silencieuse) en présence de facteurs de risque en particulier d’un diabète (de type 1 ou 2) et chez une personne âgée de 50 ans ou plus désirant poursuivre ou reprendre la pratique d’une activité physique. En augmentant transitoirement les besoins en oxygène du myocarde, l’épreuve déborde la capacité aérobique maximale réduite du coronarien et fait apparaître les signes cliniques et électriques de l’ischémie.
L’effort est augmenté par paliers successifs de trois minutes. L’électrocardiogramme est enregistré dans les 12 dérivations et la pression artérielle est mesurée toutes les trois minutes. L’épreuve est positive si surviennent des douleurs coronariennes ou un sous-décalage du segment ST de plus d’un millimètre. Les résultats peuvent être dissociés, commandant alors une scintigraphie myocardique. La constatation d’extra-systoles ventriculaires nombreuses ou de troubles de la conduction ou encore d’une élévation tensionnelle supérieure à 26 cm Hg entraînent l’arrêt de l’effort.
L’épreuve est dite maximale si l’effort est poursuivi jusqu’à une fréquence cardiaque maximale théorique (220 - l’âge selon la formule d’ Åstrand). Elle est dite sub-maximale si on se borne à atteindre 85 % de cette fréquence en raison d’une fatigue musculaire importante. L’administration de médicaments susceptibles de modifier la repolarisation (digoxine, quinidine) et de bétabloquants doit être suspendue avant l’examen. Celui-ci doit être pratiqué par un praticien qualifié possédant un défibrillateur et du matériel de réanimation.
L'épreuve peut être complétée ou remplacée par une échocardiographie avec injection de dobutamine.
P. O. Åstrand, physiologiste suédois (1954)
→ électrocardiogramme d'effort, dobutamine
[ B3, K2]
Édit. 2020
surdité n.f.
deafness
Diminution ou disparition de la perception auditive, symptôme majeur témoignant d’un dysfonctionnement du système auditif périphérique ou central.
Il est classique de distinguer les surdités de transmission, dues a des lésions de l'oreille externe ou moyenne, des surdités de perception, dont l'origine se situe au niveau de l'oreille interne ou des voies auditives. On en distingue donc quatre types :
- surdité de perception, où la lésion siège dans l'oreille interne ou sur le nerf auditif : les perceptions de la voix haute et de la voix chuchotée sont diminuées ; les sons aigus sont les plus mal perçus ; la parole est déformée ; conductions aérienne et osseuse sont diminuées et l'épreuve de Rinne est positive ; l'épreuve de Weber est latéralisée du côté sain ; il y a parfois un recrutement ;
- surdité de transmission, où la lésion siège dans l'oreille moyenne ou dans le conduit auditif externe : la perception de la voix chuchotée est plus touchée que celle de la voix haute ; les sons graves sont moins perçus ; la conduction aérienne est seule atteinte, la conduction osseuse augmentée ; l'épreuve de Rinne est négative et l'épreuve de Weber latéralisée du côté malade ; il n'y a pas de recrutement ;
- surdité centrale, par lésion des voies auditives dans le tronc cérébral ;
- surdité corticale, liée à des lésions bilatérales des aires de Heschl.
Une surdité à la fois de transmission et de perception est dite mixte.
Le diagnostic du type de surdité repose sur : l'acoumétrie (épreuves de Rinne, Weber, Bing, Lewis, Bonnier), l'audiométrie tonale et vocale, la tympanométrie et l'étude du réflexe stapédien.
Les principales causes des surdités de transmission sont les otites aigües et chroniques et leurs séquelles, l’otospongiose. Les principales causes des surdités de perception endocochléaires sont la presbyacousie, les surdités ototoxiques, vasculaires, virales, bactériennes (labyrinthites séreuses ou suppurées, circonscrites ou diffuses), les traumatismes sonores, la maladie de Menière.
H. A. Rinne, otologiste allemand (1855) ; E. H. Weber, physiologiste et anatomiste allemand, membre de l'Académie de médecine (1795-1878) ; A. Bing, otologiste allemand (1844-1922), P. Bonnier, otorhinolaryngologiste français (1861-1918) ; P. Menière, otorhinolaryngologiste français (1799-1862)
Étym. lat. surditats : surdité
→ recrutement, acoumétrie, presbyacousie, Rinne (épreuve de), Weber (épreuve de), Bing (épreuve de), Lewis (épreuve de), Bonnier (signe de), Menière (maladie de)
apnée (temps d') l.m.
breath holding test
Temps maximal pendant lequel un sujet peut suspendre sa ventilation.
Chez le sujet conscient en ventilation spontanée, l'épreuve d'apnée doit se faire en inspiration forcée (le temps d'apnée volontaire est d'autant plus long que l’inspiration préalable a été plus grande). Mais la volonté ne peut résister très longtemps aux pulsions des centres respiratoires excités par une PaCO2 trop élevée. Chez le sujet normal le temps d'apnée volontaire est d'au moins une minute, il est plus long chez les plongeurs entrainés et très court chez les dyspnéiques. La dépression des centres respiratoires (alcalose, certains médicaments - barbituriques, morphiniques, etc. - ou toxiques), l'hyperpnée ou l'oxygénation préalable la diminution du métabolisme allongent le temps d'apnée volontaire. Il est raccourci par l'excitation des centres (acidose, hypoxie, médicaments «analeptiques respiratoires», etc.), par l'augmentation du métabolisme ou par la réduction du volume d'air contenu dans les poumons (position expiratoire, syndromes restrictifs). L'épreuve d'apnée volontaire, difficile à conduire et peu fidèle, explore mal la fonction respiratoire.
Sous ventilation mécanique : à l’arrêt du respirateur (recherche du seuil d’apnée ou épreuve de débranchement), le temps mis par le patient (conscient ou non) à faire un premier mouvement respiratoire mesure le temps d'apnée tolérable par les centres respiratoires. Si ce temps dépasse une dizaine de secondes, le patient est hyperventilé, si les mouvements ventilatoires ne reprennent pas au bout de plusieurs minutes alors qu’une hypercapnie notable s’est installée, c’est que les centres sont anesthésiés ou lésés.
Étym. gr. apnoia : absence de vent (à distinguer d'apneustia : arrêt volontaire de la respiration).
Syn. épreuve d’hypercapnie
ataxie labyrinthique l.f.
Incoordination des mouvements volontaires ou réflexes, en rapport avec une atteinte vestibulaire, sans atteinte de la force musculaire segmentaire ; elle se manifeste par un déséquilibre latéralisé avec tendance à la chute constatée en position debout ou
Elle est mise en évidence cliniquement : à la station debout, par l’épreuve de Romberg, à la marche, par l’épreuve du piétinement d’Unterberger, ou par l’épreuve de la marche en étoile de Babinski (marche alternativement en avant et en arrière).
L’ataxie labyrinthique s’associe aux autres signes de l’atteinte vestibulaire : vertige rotatoire, nystagmus vestibulaire à ressort, déviation des index à la manœuvre des bras tendus, résultats des épreuves vestibulaires, caloriques et rotatoires.
L’ataxie labyrinthique s’observe au cours des atteintes du récepteur, du nerf ou des voies vestibulaires. Dans les atteintes périphériques, le syndrome vestibulaire est harmonieux : la chute et la déviation des index se font dans le même sens que celui de la secousse lente du nystagmus. Dans les atteintes centrales, le syndrome vestibulaire est au contraire volontiers fragmentaire, incomplet et dysharmonieux.
Étym. gr. a : priv. ; taxis : ordre ; labyrinthos : labyrinthe
→ Romberg (signe de), Babinski-Weil (épreuve de), syndrome vestibulaire central, syndrome vestibulaire périphérique
débranchement (épreuve de) l.f.
disconnecting test
Épreuve d'hypercapnie utilisée au cours du sevrage d'une ventilation mécanique de longue durée pour voir si le patient reprend des mouvements ventilatoires spontané après arrêt de l'appareil.
Si la reprise est trop longue à venir, il faut réduire le réglage de la ventilation pour éviter l'alcalose.
En dehors de toute action médicamenteuse ou toxique, si la reprise ne se fait pas en 15 min, c'est un signe de destruction des centres respiratoires et de mort cérébrale.
L'épreuve doit se faire sous oxygène pur, elle est significative si les mouvements respiratoires ne reprennent pas au bout de 15 min ou lorsqu'on atteint une PaCO2 = 60 mm de Hg. Pour conforter la valeur médicolégale de cette épreuve certains enregistrent le spirogramme du patient.
→ apnée (oxygénation sous), mort cérébrale
diapason n.m.
diapason, tuning-fork
Instrument à deux branches, en forme de fourche surmontant une tige, qui donne un son de fréquence pure quand on le fait vibrer.
L’examen clinique de l’audition utilise une série de diapasons de différentes fréquences allant, par octave, de 128 à 4096 Hertz. Cette approche clinique des surdités permet une étude précise de l’audition mais requiert une grande expérience. Après avoir percuté les branches du diapason, trois épreuves essentielles peuvent être pratiquées : l’épreuve de Weber, l’épreuve de Rinne et l’épreuve de Lewis.
E. H. Weber, anatomiste et psychologue allemand (1795-1878) ; F. H. Rinne, otologiste allemand (1855)
→ Rinne (épreuve de), Weber (épreuve), Lewis (épreuve), acoumétrie
test n.m.
test
Épreuve faite avec une technique précise pour déterminer la qualité d'un objet ou d'une personne dans un domaine donné.
Il faut distinguer le test qui définit la mise en œuvre de l'épreuve, du résultat de l'épreuve. Le test peut être, soit uniquement qualitatif ou coté, soit exprimé sous forme d'un indice. Ex. en allergologie le test pour déterminer la substance responsable ou celle risquant de provoquer un accident allergique consiste en une série de scarifications, sur chacune d'entre elles on dépose un allergène choisi dans une liste type. Ensuite vient la lecture du test, son expression peut être donnée selon la forme d'une liste de valeurs mesurées ou de réponses qualitative (réponse + ou -), ou encore d'un graphique. Le résultat peut être condensé sous forme d'un score global.
Étym. vieux fr. test (lat. testum), pot de terre employé par les alchimistes pour faire l'essai de l'or, d'où procédure d'essai ; le sens moderne vient de l'anglais.
→ score
tests de provocations bronchiques l.m.p.
bronchoconstrictive tests
Épreuve réalisée lors d'une exploration fonctionnelle respiratoire et destinée à mettre en évidence une hyperréactivité bronchique.
Le principe de l'examen consiste à faire inhaler au sujet des doses croissantes d'un dérivé de l'acétylcholine le plus souvent, parfois de l'histamine, et à mesurer entre chaque dose le volume expiratoire maximal seconde (VEMS). En cas de chute du VEMS de 20% ou plus, l'épreuve est positive. On détermine ainsi la "dose seuil" qui est la concentration du produit pour laquelle le test est positif. Plus la dose est faible, plus il existe une hyperréactivité bronchique non spécifique.
Il est possible de réaliser également des tests avec des allergènes respiratoires (poussières de maison, farines, pollens, etc.) et de mettre en évidence une hyperréactivité bronchique spécifique.
Les tests de provocation bronchique doivent toujours être réalisés en présence d'un médecin et nécessitent une fonction ventilatoire normale avant de commencer l'épreuve.
ventilation maximale l.f.
maximum breathing capacity
Valeur maximale de la ventilation à une fréquence donnée obtenue par une excitation intense, volontaire ou toxique, des centres respiratoires.
Chez le sujet sain, la mécanique ventilatoire fonctionne comme un oscillateur à l'amortissement critique. Dans ces conditions, l'énergie musculaire maximale ayant la même limite constante pour chaque mouvement ventilatoire, le volume courant suit une loi exponentielle (à une approximation du deuxième ordre près), ce qui se vérifie bien expérimentalement : le volume courant maximal, Vmax, à la fréquence f est Vmax = Cv e- f/fo,
avec Cv la capacité vitale et fo la fréquence propre de la mécanique ventilatoire (environ 1,5 Hz = 90/min chez le sujet adulte normal). Elle a sa plus forte valeur pour la fréquence propre. Il en va autrement chez les malades atteints d'un syndrome obstructif (emphysème, etc.) parce que la résistance de la mécanique ventilatoire est plus grande à l'expiration. Cette augmentation des résistances expiratoires se voit par le signe du créneau, lors de l'exécution de l'épreuve de la ventilation maximale : le patient n'arrive plus à expirer normalement.
L'épreuve de ventilation maximale, très utilisée en Allemagne (Knipping) depuis plus de 60 ans, est pénible et difficile à faire exécuter correctement par les patients, mais elle correspond à une valeur essentielle pour l'évaluation de l'insuffisance ventilatoire. C'est pourquoi elle est remplacée par l'épreuve d'expiration forcée d'où l'on tire une valeur approchée dite «ventilation maximale indirecte».
L. Brauer, médecin allemand (1865-1951)
Étym. traduction de l'allemand Atemgrenzwert, «limite de la ventilation» (Brauer, 1932)
→ emphysème, insuffisance ventilatoire, VEMS, ventilation maximale indirecte, signe du créneau
épreuve de débranchement
→ l.f.
disconnecting test
Épreuve d'hypercapnie utilisée au cours du sevrage d'une ventilation mécanique de longue durée pour voir si le patient reprend des mouvements ventilatoires spontané après arrêt de l'appareil.
Si la reprise est trop longue à venir, il faut réduire le réglage de la ventilation pour éviter l'alcalose.
En dehors de toute action médicamenteuse ou toxique, si la reprise ne se fait pas en 15 min, c'est un signe de destruction des centres respiratoires et de mort cérébrale.
L'épreuve doit se faire sous oxygène pur, elle est significative si les mouvements respiratoires ne reprennent pas au bout de 15 min ou lorsqu'on atteint une PaCO2= 60 mm de Hg. Pour conforter la valeur médicolégale de cette épreuve certains enregistrent le spirogramme du patient.
→ apnée (oxygénation sous), mort cérébrale
[G1]
Édit. 2020
antéversion du col fémoral l.f.
femoral neck anteversion
Orientation vers l’avant de la tête fémorale.
Cette orientation est normale, elle est mesurée par rapport à l’axe bicondylien du même fémur. Elle est de 15° environ à l’âge adulte. Elle est plus élevée à la naissance (de 30° à 40°) et diminue régulièrement au cours de la croissance. Une antéversion élevée peut se maintenir chez l’enfant, liée à une malformation congénitale, subluxation ou luxation de la hanche ou à une attitude positionnelle habituelle de l’enfant, assis entre les talons les membres inférieurs en rotation interne (position en W) ; elle se traduit par une démarche en rotation interne : les rotules et les pieds sont orientés en avant et en dedans. Si l’antéversion excessive persiste en cours de croissance une compensation peut se produire dans le squelette jambier qui subit une torsion inverse en dehors.
Etym :lat. ante : avant ; versio : retournement
Ant. rétroversion
[A1]
Édit. 2017
plagiocéphalie n.f.
plagiocephaly
1) Craniosténose par soudure prématurée d’une hémi-coronale donnant une asymétrie du crâne et du visage avec hypertrophie du côté opposé, plus rarement par atteinte lambdoïde unilatérale avec aplatissement postérieur du côté atteint.
Dans l’atteinte d’une hémi-coronale la racine du nez est déviée du côté aplati, l’arcade sourcilière et l’orbite sont surélevés, l’orbite est plus développé du côté non atteint ; il n’y a pas d’atteinte du nerf optique. La tomodensitométrie montre l’asymétrie de la base du crâne, l’antéposition de la petite aile du sphénoïde et de la pyramide pétreuse. Il existe parfois des malformations des doigts. Une cranioplastie peut être envisagée dans certains cas.
2) Asymétrie du crâne constatée chez le nouveau-né ou chez le nourrisson placé en décubitus latéral prolongée du même côté (plagiocéphalie positionnelle, plagiocéphalie athrepsique de Parrot).
Elle est réversible spontanément en quelques semaines chez le nouveau-né et en quelques mois chez le nourrisson par suppression précoce de la position défectueuse.
Étym. gr. plagios : oblique ; kephalè : tête
→ craniosténose, craniosynostose
syndrome du défilé des scalènes l.m.
scalenus outlet syndrome, scalenus anticus syndrome
Affection caractérisée par la compression positionnelle en abduction d'un ou de plusieurs éléments du paquet vasculonerveux dans le défilé anatomique thoracobrachial.
Syn. syndrome du défilé thoracobrachial, syndrome du défilé cervico-axillaire
→ défilé costo-claviculaire (syndrome du), scalène
apnée (seuil d ’) l.m.
apneic threshold.
Pression partielle du gaz carbonique dans le sang artériel à partir de laquelle le patient reprend ses mouvements respiratoires.
Les médicaments dépresseurs du système nerveux central élèvent le seuil d'apnée.
Ce seuil se détermine de façon simplifiée en ventilation artificielle par une épreuve d’hyperventilation en recherchant seulement la valeur de la ventilation correspondant à la reprise de mouvements ventilatoires. Cela permet un meilleur réglage de la ventilation artificielle. L’épreuve se fait en augmentant progressivement par paliers la ventilation délivrée, ce qui abaisse de plus en plus la PaCO2. A partir d'une certaine valeur, dit seuil d'apnée, le patient ne reprend pas immédiatement de mouvement respiratoire spontané lors de l'arrêt du respirateur.
En mode de ventilation assistée, pour éviter une trop forte hypoxie en cas de pose respiratoire du patient, les respirateurs mécaniques perfectionnés sont dotés d'un déclencheur qui le remet en route dès l'ébauche du premier mouvement ventilatoire spontané ou dès qu'un temps préréglé est atteint (par ex. 30 secondes).
Étym. gr. apnoia : absence de vent (à distinguer d'apneustia : arrêt volontaire de la respiration).
→ apnée (temps d'), ventilation assistée
Bing-Aubry (épreuve de) l.f.
Bing’s entotic test
Epreuve tombée en désuétude qui consistait à comparer la perception d’un son par conduction osseuse absolue (le conduit auditif externe bouché) et relative (le conduit auditif externe ouvert).
Cette épreuve était utilisée pour mettre en évidence, lors d’un examen audiométrique, une discrète surdité de transmission.
A. Bing, otologiste allemand (1891) ; M. Aubry, O.R.L. français, membre de l’Académie de médecine (1899-1980)
Édit. 2017
dysautonomie végétative l.f.
dysautonomia, autonomic disorder
Syndrome observé dans de très nombreuses maladies aigües ou chroniques secondaire à une fonctionnement anormal du système neurovégétatif par atteinte du sympathique ou du parasympathique, d'apparition et d'intensité variables dans le temps.
On distingue les dysautonomies :
- primitive familiale ou congénitale, dont la plus fréquente est le syndrome de Riley-Day, qui se voit surtout chez les Juifs ashkénases (d'origine de l’Europe de l’Est) ;
- primitive acquise secondaire à une maladie dégénérative, qui peut être limitée au système nerveux autonome (dysautonomie pure), ex. hypotension orthostatique idiopathique, mais qui est le plus souvent associée à une atteinte du système nerveux central, ex. l'atrophie olivo-ponto-cérébelleuse (syndrome de Dejerine-Thomas) ;
- secondaire à une maladie aigüe ou chronique, qui sont beaucoup plus fréquentes, par ex. le syndrome d'atrophies multi-systématisées (dont fait partie le syndrome de Shy-Drager), elle complique de 17 à 40% des diabètes, insulinodépendants ou non.
Ces syndromes s'observent au cours d'affections nerveuses centrales ou périphériques, aigües ou chroniques, de l'enfant ou de l'adulte, ils accroissent le risque périopératoire et peuvent être cause de mort subite. Ils sont caractérisés par :
- des signes spontanés : tachycardie, ou bradycardie, variations tensionnelles, hyper- ou hypothermie, iléus intestinal, sueurs, crises de vasodilatation du visage, hyponatrémie par hypersécrétion d'hormone antidiurétique ;
- des signes provoqués : bradycardie lors de la compression des globes oculaires, hypotension orthostatique à pouls stable, anomalies de l'électrocardiogramme à l'épreuve de Valsalva. L'évaluation de la gravité de la dysautonomie se fait par des tests qui explorent essentiellement la régulation de la fonction cardiovasculaire (la fréquence cardiaque est instable) et la sudation. Les tests les plus utilisés portent sur l'arythmie respiratoire, la réponse de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle à l'orthostatisme et à l'épreuve de Valsalva (exprimée par le quotient de Valsalva).
Un score de gravité basé sur 5 tests, cotés de 0 à 2 est utilisable (maximum 10).

J. J. Dejerine et A. Thomas, neurologues français, membres de l'Académie de médecine (1900) ; C. M. Riley et R. L. Day, pédiatres américains (1949) ; G. M. Shy et G. A. Drager, neurologues américains (1960)
Étym. gr. dys : préfixe marquant la difficulté ; autonomos : qui se gouverne avec ses propres lois
épreuve à l'ocytocine l.f.
oxytocin challenge test
Epreuve de tolérance fœtale à la contraction utérine induite par l'ocytocine.
Lorsqu'existe une souffrance fœtale chronique en fin de grossesse, on tente d'en évaluer la sévérité et d'apprécier la tolérance du fœtus à une éventuelle épreuve du travail, en induisant par l'ocytocine des contractions utérines, au moins trois à dix minutes, à titre d'essai. Les ralentissements du rythme cardiaque fœtal provoqués par les contractions signifient en principe que la vitalité fœtale est menacée. En réalité, ce test est abandonné par manque de sensiblité.
[O3]
Édit. 2020
épreuve comportementale l.f.
sobriety test
Cette épreuve permet de dépister un état de confusion mentale produit par une drogue, un toxique ou un état nerveux morbide.
L'épreuve consiste à constater que l'intéressé:
1) ne doit pas tituber ;
2) son élocution doit être intelligible ;
3) doit tenir debout sans vaciller ;
4) doit pouvoir marcher les yeux fermés en posant un pied l'un après l'autre sur une ligne droite de 5 mètres sans dévier ni vaciller ;
5) doit pouvoir exécuter correctement, les yeux fermés, le geste de porter un doigt sur le nez alternativement avec la main droite puis la gauche, six fois de suite sans tâtonner.
Épreuve simplifiée du Standard Field Sobriety utilisé notamment par la police américaine (décision de l'Académie Nationale de Médecine du 17 juin 2003.)
[H1, G4]
Édit. 2020
épreuve de compatibilité sanguine l.f.
blood compatibility testing, cross match
Test de laboratoire pratiqué pour détecter les anticorps irréguliers (en dehors des systèmes ABO et Rhésus), mettant en présence le sérum du patient et les hématies homologues qui doivent être transfusées.
Ce test personnalisé utilise sensiblement les techniques de la recherche des agglutinines irrégulières. L'épreuve de compatibilité est spécifique pour un patient donné. On réserve cette épreuve aux patients ayant un ou plusieurs allo-anticorps anti-érythrocytaires. Dans certains pays elle est faite avant chaque transfusion.
[F1, F3]
Édit. 2020
épreuve de freinage par la dexaméthasone l.f.
dexamethasone suppression test
Epreuve biologique destinée à contrôler la dépendance de la corticosurrénale à l'hypophyse.
Cette épreuve est utilisée pour le diagnostic positif du syndrome de Cushing.
Elle consiste à freiner la sécrétion hypophysaire de corticostimuline, l’ACTH. Il existe deux types de tests.
Le premier est un test dit de freinage « rapide », effectué en première intention, qui consiste à administrer 1 mg de dexaméthasone à minuit et à doser le cortisol plasmatique à 8 h . Chez le sujet normal, la concentration de cortisol doit être inférieure à 50 nmol/L. Elle reste élevée en cas de syndrome de Cushing.
Le test dit « standard » consiste à administrer la dexaméthasone à raison de 0,5 mg toutes les 6 h pendant deux jours. Le dosage de la cortisolémie est effectué 6 h après la dernière prise. L’interprétation des résultats est identique au test standard.
H. W. Cushing, neurochirurgien américain, membre de l'Académie de médecine (1932)
→ Cushing (syndrome de), ACTH, dexaméthasone
[B3, O4]
Édit. 2020
épreuve d'inclinaison l.f.
tilt test
Épreuve d’orthostatisme permettant de faire la part de l’origine vasovagale au cours de l’exploration d’une syncope inexpliquée.
Elle utilise une table basculante. Le sujet, dont on surveille conscience, pouls, tension artérielle, électrocardiogramme, est mis en position quasi verticale pendant un temps plus ou moins long. L'épreuve est considérée comme positive si elle entraîne une syncope ou une lipothymie sévère avec chute de la tension artérielle systémique.
[B3,K2]
Édit. 2020
épreuve utérine l.f.
testing of uterine scar
Epreuve du travail sur utérus cicatriciel, dite encore épreuve dynamique.
[O3]
Édit. 2020
épreuve vestibulaire calorique l.f.
vestibular caloric test
Exploration vestibulaire permettant l'étude des effets de la stimulation labyrinthique par l'irrigation froide ou chaude du conduit auditif externe.
L'eau froide (30°) entraîne un courant endolymphatique ampullifuge, l'eau chaude (44°) un courant ampullipète. Sont ainsi respectivement provoqués un nystagmus nystagmus dont la secousse rapide est dirigée vers l’oreille non irriguée lors de l’épreuve à l’eau froide et vers l’oreille irriguée lors de l’épreuve à l’eau chaude. Au nystagmus s’associe une déviation des index dans le sens de la secousse lente du nystagmus. L’intensité du nystagmus et de la déviation des index est fonction du gradient thermique et de l’état de réflectivité de l’oreille interrogée.
R. Bárány, otologiste hongrois, prix Nobel de médecine en 1914 (1906)
Syn. Bárány (épreuve de), épreuve thermique
[B3, H1, P1]
Édit. 2020
galvanique (épreuve) l.f.
galvanic test
Epreuve de stimulation labyrinthique par application d’un courant continu de deux à sept milliampères, au moyen de deux électrodes placées de chaque côté de la tête, sur les régions périauriculaires.
Le passage du courant provoque une inclinaison de la tête vers le pôle positif et un nystagmus oculaire dirigé vers le pôle négatif. Cette épreuve n’est plus que rarement pratiquée.
L. Galvani, médecin, physicien italien (1737-1798)
Syn. voltaïque (épreuve)
Geller et Scholler (test de) l.f.
Geller and Scholler’s test
Epreuve dynamique d'exploration des aménorrhées et des spanioménorrhées basée sur le dosage urinaire des 17 cétostéroïdes, des 17 hydroxystéroïdes, des phénolstéroïdes et de la LH avant l'épreuve, et au huitième jour d'un traitement associant citrate de clomifène et dexaméthasone.
R. Geller et R. Scholler, médecins endocrinologues français (1973)