Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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gliome de l'utérus l.m.

uterine glioma

Tumeur exceptionnelle constituée de tissu nerveux, développée dans l'utérus aux dépens de divers éléments cellulaires de la névroglie.

gliome des voies optiques l.m.

optic pathways glioma, pilocytic astrocytoma

Tumeur hamartomateuse à faible potentiel de croissance.
Elle survient dans l'enfance, souvent associée à une maladie de von Recklinghausen. Histologiquement, elle est formée d'astrocytomes pilocytiques dont les prolongements sont riches en gliofilaments, d'astrocytes protoplasmiques et fibrillaires, et de fibres de Rosenthal, épais trousseaux également riches en gliofilaments.
Le gliome du nerf optique du très jeune enfant est unique. Il se traduit par une augmentation de volume du nerf, dont les cloisons conjonctives persistent, ce qui donne un aspect lobulé à la prolifération tumorale lâche. Le pronostic est favorable après radiothérapie ou chirurgie.
Le gliome du chiasma survient vers l'âge de cinq à six ans. La nature de la tumeur est de même type, mais dépourvue de cloisons et souvent plus cellulaire. Son pronostic n'est pas toujours favorable.

→ glome du nerf optique

gliome du chiasma l.m.

optic chiasma glioma

→ gliome des voies optiques

gliome du nerf optique l.m.

optic glioma

Tumeur bénigne (hamartome) qui survient chez l'enfant avant l'âge de dix ans, avec prépondérance féminine, développée aux dépens des cellules de soutien du nerf optique, réalisant un astrocytome ou un spongioblastome.
Le diagnostic se fait sur des signes d'appel : strabisme, exophtalmie, cécité et sur les données de l'imagerie. L'extension est fréquente au chiasma, au IIIe ventricule, à l'hypothalamus. On note souvent l'association à la maladie de von Recklinghausen  de type I (27% des cas). Affection autosomique dominante, à pénétrance incomplète, d’expressivité variable, le gène est localisé sur le bras long du chromosome 17q-11-2. Dans 30 à 40% des cas il s’agit d’une affection sporadique.
Le traitement est conservateur, la résection du nerf optique n’est faite qu’en cas de complications cornéennes, conséquence d'une exophtalmie importante entraînant une lagophtalmie ; la radiothérapie n'est plus pratiquée en raison du risque d'encéphalopathie radique.

W. H. Craig, neurochirurgien américain (1955)

→ gliome des voies optiques, gliome malin du nerf optique et du chiasma

gliome malin du nerf optique et du chiasma l.m.

malignant glioma of the optic nerve and chiasma

Tumeur affectant le chiasma ou le nerf optique, faite d'une prolifération maligne d'astrocytes envahissant les tissus voisins.

gliome nasal l.m.

nasal glioma

Tuméfaction développée aux dépens du tissu cérébral hétérotopique glial, réalisant une saillie congénitale de l'angle nasoorbitaire, d'aspect angiomateux, lisse, ferme.
L'examen radiologique est le plus souvent normal; parfois, il révèle une déhiscence osseuse, nasale, frontale, ou même une encéphalocèle vraie. Cette lésion exceptionnelle, qui n'est donc pas un véritable gliome, est à différencier d'un angiome immature et d'un kyste du canal lacrymal.

Étym. gr. glia : glu ; ôme : tumeur

gliome papillaire l.m.

papillary glioma, optic disc pilocytic astrocytoma

Tumeur bénigne de la papille faite d'une prolifération d'astrocytes fibrillaires chez des sujets jeunes porteurs d'une sclérose tubéreuse de Bourneville ou d'une neurofibromatose de type 2, plus souvent que de type 1.

gliome périphérique l.m.

peripheral glioma

→ schwannome, neurilemmome

gliomes multifocaux l.m.p.

multifocal gliomas

Tumeurs composées de cellules dérivées des précurseurs gliaux, parmi lesquelles on peut distinguer des formes bien différenciées (astrocytomes) et des formes indifférenciées (glioblastomes), dont la particularité est de développer plusieurs foyers dans le système nerveux, simultanément ou en plusieurs temps.
Schématiquement, on définit la multifocalité ou multiplicité comme une donnée iconographique qui est l'expression de la dissémination d'un foyer initial ou de sa croissance le long de voies établies. La multicentricité caractérise anatomiquement des foyers tumoraux indépendants et sa reconnaissance ne peut être que neuropathologique. Leur fréquence est diversement appréciée (3 à 10%) et a sans doute été sous-estimée avant l'imagerie, l'éventualité d'une métastase étant alors envisagée.
Le diagnostic est porté par l'étude de la biopsie d'un des foyers, prélevé en règle par méthode stéréotaxique, plus rarement par celle d'une pièce opératoire ou par un examen post-mortem. Les résultats histologiques sont les mêmes que dans les tumeurs gliales, mais les glioblastomes semblent plus fréquents ; ils en partagent également traitement et pronostic.
Aucun facteur de risque spécifique n'a été retenu, bien que soit évoqué actuellement un risque génétique. Toutefois, ces tumeurs apparaissent en nette augmentation. 

glioneurome du corps ciliaire l.m.

glioneuroma of the ciliary body

Malformation tumorale embryonnaire du corps ciliaire constituée de tissu cérébral (astrocytes et cellules neuronales avec axones).
Il correspond à un choristome du corps ciliaire et se développe sur le bord d'un colobome du corps ciliaire.

gliose n.f.

gliosis

Processus de prolifération pathologique de la névroglie, qui peut être considéré comme schématiquement équivalent à la fibrose.

gliose rétinienne massive l.f.

massive gliosis of the retina

Condition rencontrée dans diverses affections (malformation, traumatisme, etc.) faite d'une prolifération gliale peuplée de cellules fusiformes en territoires étendus.

glischroïdie n.f.

Chez les épileptiques, affectivité "collante et visqueuse" (F. Minkowska), avec prégnance et adhésivité à l'entourage, ainsi qu'un attachement excessif aux objets.
Ce type de comportement, qui associe parfois une explosivité avec agressivité et activité clastique, peut attirer des réactions agressives de l'entourage. Il n'est plus considéré comme particulier à l'épilepsie.

F. Minkowska, psychiatre française (1882-1950)

Étym. gr. glischros : gluant, visqueux

→ personnalité épileptique, prégnance, viscosité psychique

glissement (syndrome de ) l.m.

slipping syndrome

Détérioration subite et rapide de l'état physique et psychique dans la phase de convalescence d'un incident ou accident pathologique, comme une infection, et même bénin, chez un sujet âgé souvent fragile mais bien adapté jusqu'alors.
À un comportement abandonnique avec laisser-aller, anorexie, adipsie, amaigrissement et troubles hydro-électrolytiques, pourra s'adjoindre un état confusodépressif et anxieux.
Un traitement d'urgence, à la fois somatique et psychique, s'attachera à prévenir une dégradation rapide, parfois mortelle, sinon un état grabataire d'aspect pseudodémentiel.

glissement (théorie de) l.f.

tearing theory

Théorie expliquant la survenue des hémorragies du placenta prævia.
Pendant la dilatation, le segment inférieur glisse de bas en haut sur le pôle inférieur de l'œuf. Si le placenta est inséré sur le segment inférieur, le glissement se produit au niveau de la caduque interutéroplacentaire et décolle et déchire ainsi le placenta.

J-M. Jacquemier, obstétricien français, membre de l'Académie de médecine (1806-1879)

→ placenta praevia, Jacquemier (théorie de)

glissement rétinien l.m.

retinal slip

Mouvement lent de l'image sur la rétine lors des déplacements de l'œil ou de l'image.
Ce glissement constitue le stimulus de la poursuite lisse.

→ poursuite lisse

glissière à leucine l.f.

leucine-zipper, leu-zipper

Domaine hydrophobe d'une protéine formé par l'accolement de deux séquences peptidiques constituées de leucines, dont les alignements sont comparables aux deux bords d'une fermeture à glissière, dite aussi fermeture éclair, et qui stabilisent un repliement de la protéine.
Ces  domaines fonctionnels en trois dimensions sont observés dans les protéines ayant une forme d’hélice, contenant des répétitions régulières de résidus leucine, facilitant la dimérisation.
Les protéines pourvues de glissière à leucine sont fréquemment observées dans les facteurs de transcription. Dans des protéines dimériques contenant deux hélices alpha, ces motifs permettent la formation d'un pont entre les leucines évoquant une sorte de fermeture éclair.
Cette structure se trouve dans des protéines qui se lient aux ADN des noyaux cellulaires, comme p. ex. les proto-oncogènes c-jun ou c-fos.

Syn. fermeture éclair à leucine

→ dimérisation, leucine, transcription, proto-oncogène

[C3]

Édit. 2018

Glisson (capsule de réfléchie) l.f.

F. Glisson, médecin et anatomiste britannique (1597-1677)

→ capsule de Glisson réfléchie

[A1,L1]

Édit. 2015

Glisson (capsule hépatique de) l.f.

Glisson’s liver capsule

F. Glisson, médecin et anatomiste britannique (1597-1677)

→ capsule de Glisson

glitazones  n.f.p.

glitazone

Classe d’antidiabétiques insulino-sensibilisants, qui augmentent la sensibilité des tissus périphériques à l’action de l’insuline, surtout par activation des récepteurs intracellulaires activés par les proliférateurs de peroxysomes (PPARgamma).
Ils interviennent particulièrement au niveau des adipocytes, favorisant l’apoptose des gros adipocytes et la prolifération de petits adipocytes, réduisant la libération d’adipo-nectine, de cytokines et d’acides gras libres. Ils agissent aussi au niveau des cellules musculaires et plus accessoirement du foie. Leur effet inhibiteur de la production hépatique du glucose est moins prononcé que celui de la metformine, ce qui explique la potentialisation de l’effet antidiabétique des 2 molécules.
Le pouvoir de réduction du niveau glycémique des glitazones se double d’un risque de prise de poids et de rétention hydrosodée, lié à leur effet insulinosensibilisant. Surtout ont été observés des effets indésirables hépatiques pour la troglitazone, un risque probablement majoré d’infarctus myocardiques avec la rosiglitazone, de tumeurs vésicales avec la pioglitazone, qui ont conduit bien de pays dont la France, à interrompre pour le moment l’utilisation de cette classe thérapeutique innovante.

Syn. thiazolidinedione

→ diabète de type 2, récepteur activé par les proliférateurs de peroxysomes

[R1,G5]

Édit. 2017

globe corné l.m.

horn pearl, squamous pearl

Image de dermatopathologie correspondant à une formation arrondie faite de couches de cellules malpighiennes concentriques s'enroulant autour d'une petite masse de kératine ortho- ou, plus souvent, parakératosique qui représente un foyer de maturation kératinisante plus ou moins poussée.
Les globes cornés se voient dans les carcinomes spinocellulaires bien ou assez bien différenciés, où les kératinocytes tumoraux sont plus ou moins atypiques, mais manquent dans les formes peu et surtout non différenciées ou anaplasiques.

globe de sécurité l.m.

post-partum uterine retraction

En obstétrique, utérus normalement rétracté après la délivrance.
A la palpation, sa perception comparable à celle d'un globe uniformément dur élimine tout risque d'hémorragie de la délivrance, d'où son nom.

A. Pinard, obstétricien français, membre de l’Académie de médecine (1844-1934)

→ ligature vivante de Pinard

globe oculaire l.m.

→ bulbe de l'œil

globe vésical l.m.

clinical distended bladder

Masse hypogastrique de consistance liquidienne, palpable, percutable et parfois visible, qui représente la vessie en rétention complète ou incomplète, aigüe ou chronique.

→ rétention d'urine

globi n.m.p.

globi

Amas arrondis formés de 500 à 2.000 bacilles de Hansen, intra- ou extracellulaires, observés dans les formes lépromateuses multibacillaires de lèpre après coloration de Ziehl-Neelsen soit de coupes histologiques de lésions cutanées, soit de frottis de mucus nasal ou de suc dermique du lobule de l'oreille ou de lésions.

Étym. lat. globus : amas

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