Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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gélatinase n.f.

gelatinase

Enzyme protéolytique qui catalyse l'hydrolyse du collagène I dénaturé, ou gélatine.
Il existe plusieurs types de gélatinases bactériennes ou animales, qui sont des métalloprotéinases ou des thiolenzymes.
Chez l'Homme, la gélatinase la plus connue est celle des vésicules de sécrétion des polynucléaires neutrophiles, qui joue un rôle dans la dégradation du réseau de collagène des membranes basales et dans le cheminement des neutrophiles stimulés par des peptides chimiotactiques.

gélatine n.f.

gelatin

Mélange hétérogène de protéines de masse relative élevée, riches en glycine, non préformées, mais résultant de l'hydrolyse partielle du collagène obtenu dans l'industrie à partir de la peau, des tendons, des cartilages d'animaux de boucherie.
Cet additif épaississant, obtenu en faisant bouillir du collagène dans l’eau, s’utilise, entre autres, dans les industries alimentaires et pour solidifier des milieux de culture.
La gélatine est présente dans l'alimentation et est digérée par les sucs digestifs. Présentée desséchée en feuilles ou en poudre, elle se réhydrate rapidement et donne avec l'eau naissance à un gel. On l'utilise en microbiologie pour préparer des milieux de culture spéciaux différentiels (certaines bactéries liquéfient la gélatine) et, en pharmacotechnie, comme agent liant, stabilisant, épaississant, gélifiant.
La gélatine est le constituant principal des enveloppes des gélules et des capsules molles ; elle entre dans la composition de certaines formes d'ovules et de suppositoires. On l'utilise en microbiologie pour préparer des milieux de culture différentiels (certaines bactéries liquéfient la gélatine). Modifiée, elle peut servir à la préparation de solutions injectables, destinées à la restauration de la volémie (en cas d'états de choc).

gélatineuse (maladie) l.f.

gelatinous disease of the peritoneum

Dissémination dans la cavité péritonéale du contenu d'un kyste muqueux ou dermoïde récidivant malgré des laparotomies itératives et évoluant parfois vers un cystadénocarcinome muqueux.

gelée de Wharton l.f

Wharton’s jelly

Tissu conjonctif embryonnaire de consistance fluide entourant et protégeant les vaisseaux du cordon ombilical qui se resserre au moment de la naissance et assure un clampage physiologique provisoire.
La gelée de Wharton contient des cellules souches mésenchymateuses capables de se différencier en cellules adultes de différents organes après isolement et culture dans des milieux appropriés.

T. Wharton, médecin et anatomiste britannique (1614-1673)

cellules souches

gélifiable adj.

Susceptible de se transformer en gel.

Gélineau (maladie de, syndrome de) l.f.

Accès répétés de sommeil irrésistible, survenant plusieurs fois dans la journée, parfois liés à une affection cérébrale.

J. Gélineau, médecin français (1880)

narcolepsie-cataplexie

Gell et Coombs (classification modifiée de) l.f.

Gell and Coombs’ classification

La classification des réactions allergiques de Gell et Coombs (1963 - 1975) répartit les réactions d’hypersensibilité en quatre types (I, II, III et IV), selon la forme d’action et le temps de réponse ; ceux-ci sont rarement individualisés et ne se développent pas séparément l’un de l’autre ; les trois premiers sont médiés par des anticorps, le quatrième par les cellules T et les macrophages ; à l’heure actuelle, la classification de ces deux immunologistes anglais sert toujours de référence, bien que la réalité soit plus complexe qu’elle ne le paraissait à leur époque.
Les quatre types sont les suivants.
- l’hypersensibilité de type I :
c’est le type le plus fréquent et le plus important du point de vue clinique ; il correspond à l’hypersensibilité immédiate (ex. : urticaire, rhinite, asthme ou choc anaphylactique) avec anticorps circulants qui sont des immunoglobulines de type I g E capables de se fixer sur les mastocytes tissulaires et sur les basophiles du sang circulant. Ces anticorps Ig E se trouvent à l’état libre dans le sang circulant, mais c’est la partie fixée sur les cellules qui est la plus importante, et qui est directement responsable des symptômes allergiques. Ceux-ci apparaissent quand les Ig E fixées à la surface des mastocytes et des basophiles réagissent avec l’allergène correspondant ; il en résulte la dégranulation de ces cellules qui libèrent dans la circulation des amines vasoactives qui sont les médiateurs chimiques de l’allergie (histamine, sérotonine, protéases, tryptase, prostaglandines, leucotriènes…). La caractéristique des réactions de l’allergie de type I est que les symptômes apparaissent très rapidement après l’exposition à un allergène, en règle générale entre 10 et 20 minutes, mais quelquefois moins d’où le nom d’hypersensibilité immédiate. Ce terme ne devrait pas être conservé, car on sait maintenant que les manifestations de l’allergie de type I se prolongent parfois bien au-delà du délai pendant lequel peuvent agir les médiateurs libérés.
Le mécanisme de la réaction allergique médiée par IgE se déroule en 2 étapes :
1-la sensibilisation : le système immunitaire de l’organisme va produire des IgE spécifiques lors du premier contact avec l’allergène. Cette première étape est muette cliniquement, on ne présentera donc aucun symptôme.
2-la réaction allergique proprement dite : lors d’un second contact avec l’allergène (ou d’un allergène de structure proche dans le cas des allergies croisées), le système immunitaire va reconnaître l’allergène et réagir contre lui (activation des mastocytes et basophiles et libération de médiateurs chimiques, notamment l’histamine, et des cytokines pro-inflammatoires). Le sujet va déclencher, lors de cette étape, une manifestation clinique allergique dont la gravité dépend de chaque individu.
-l’hypersensibilité de type II :
celle-ci est dite cytotoxique ou cytolytique. Dans ces réactions immunes, les anticorps sont libres dans le sérum alors que l’antigène est fixé à la surface de certaines cellules ou est un composant de la membrane cellulaire elle-même. Quand les anticorps réagissent avec l’antigène, il se produit une activation du complément qui aboutit à la détérioration de la cellule et même à sa lyse. Les maladies relevant de ce mécanisme sont essentiellement les accidents de transfusion incompatible, la maladie hémolytique du nouveau-né, les cytopénies médicamenteuses et les maladies auto-immunes, comme par exemple l’anémie pernicieuse ou encore la maladie d’Addison.
-l’hypersensibilité de type III :
ces réactions sont dues à des anticorps circulants, les précipitines qui appartiennent à la classe des Ig G. Le système complémentaire est activé quand ces anticorps réagissent avec des antigènes pour produire un complexe antigène-anticorps. Cette activation du complément entraîne une accumulation de polynucléaires et une libération d’histamine, et aboutit à des lésions tissulaires analogues à celles du phénomène d’Arthus.
Ces réactions sont semi-retardées (> 6 heures). Le type clinique en est l’alvéolite immuno-allergique, se traduisant par une pneumopathie fébrile, avec expectoration et images floconneuses sur la radiographie pulmonaire

-l’hypersensibilité de type IV :
celle-ci se différencie des 3 autres en ce sens qu’elles ne sont pas produites par des anticorps mais par des cellules immunocompétentes, les lymphocytes. Ces réactions se caractérisent aussi par le délai de 24 à 72 heures nécessaire à l’apparition des manifestations après la réintroduction de l’antigène: d’où le nom d’hypersensibilité retardée à médiation cellulaire. De ce fait, cette hypersensibilité n’est pas transmissible par injection de sérum mais uniquement par injection de cellules vivantes, essentiellement des lymphocytes T. Les réactions de type IV entraînent des lésions tissulaires inflammatoires avec infiltration de cellules mononucléées (lymphocytes et macrophages). La réaction inflammatoire peut conduire à des lésions tissulaires irréversibles.
N’importe quel sujet peut développer une hypersensibilité retardée. La plupart des eczémas de contact allergiques sont de ce type.

G. P. Gell et R. R. Coombs, immunologistes britanniques (1963)

Réf. d’après CIRIHA - Centre d'Information et de Recherche sur les Intolérances et l'Hygiène Alimentaires (Département de diététique et de nutrition appliquée de l'Institut Arthur Haulot - Bruxelles)

[F3]

Édit. 2017

Gellé (épreuve de) l.f.

Gellé’s test

Manœuvre consistant à comprimer l’air dans le conduit auditif externe pour diminuer l’audition d’un diapason placé sur la mastoïde en bloquant le tympan et la chaîne ossiculaire (Gellé positif).

M-E.Gell é, otologiste français (1834-1923)

Gellé (torticolis de) n.f.

Gellé’s torticollis

Torticolis secondaire à une irritation du sternocléidomastoïdien par une lésion de l’oreille interne telle qu’une otite suppurée.

M-E. Gellé, otorhinolaryngologiste français (1899)

Étym. lat. tortum collum : cou tordu

Geller et Scholler (test de) l.f.

Geller and Scholler’s test

Epreuve dynamique d'exploration des aménorrhées et des spanioménorrhées basée sur le dosage urinaire des 17 cétostéroïdes, des 17 hydroxystéroïdes, des phénolstéroïdes et de la LH avant l'épreuve, et au huitième jour d'un traitement associant citrate de clomifène et dexaméthasone.

R. Geller et R. Scholler, médecins endocrinologues français (1973)

gélose n.f.

gelose

Ensemble de polyosides hétérogènes extraits d'algues sous le nom d'agar-agar, ayant la propriété de former un gel en solution concentrée à basse température.
La gélose est utilisée pour faire des milieux de culture en mélange avec du bouillon ou du plasma sanguin pour de nombreux micro-organismes.

Syn. agar-agar

gélose au sang l.f.

blood agar

Milieu gélosé fondu, refroidi à 50° et additionné stérilement de 5 à 10% de sang défibriné puis coulé en boîte de Petri et utilisé pour la culture de bactéries pathogènes exigeantes et pour la mise en évidence d'une hémolysine.

gelsoline n.f.

gelsolin

Protéine présente dans le sérum et le cytosquelette.
Elle forme des dépôts amyloïdes. Elle est à l’origine d’une variété très rare d’amyloïdose familiale primitive. Celle-ci a été observée en Finlande. Elle associe une neuropathie des nerfs crâniens et une dystrophie cornéenne grillagée.
J. Meretoja, 1969
capsule
Préparation galénique pour administration orale, de consistance solide, constituée d'une enveloppe de forme cylindrique, ovoïde, et de capacité variable, contenant une unité de prise d'un ou de plusieurs principes actifs de consistance solide, en général une poudre.
L’enveloppe, selon sa composition, est capable de se dissoudre dans les sucs digestifs plus ou moins rapidement selon l’étage du tractus digestif souhaité pour l’absorption du produit actif.
Gélule dont l’enveloppe ne peut être dissoute par les sucs gastriques ce qui permet une absorption du produit actif en aval de l’estomac, dans le duodénum, le jéjunum ou l’iléon.

J. Meretoja, ophtalmologiste finfandais (1969)

Étym. doit son nom à l’équilibre gel-sol de l’actine qu’elle règle

Syn. capsule à enveloppe dure

[G3,G5]

Édit. 2017

gélule n.f.

Préparation galénique pour administration orale, de consistance solide, constituée d'une enveloppe de forme cylindrique, ovoïde, et de capacité variable, contenant une unité de prise d'un ou de plusieurs principes actifs de consistance solide, en général une poudre.
L’enveloppe, selon sa composition, est capable de se dissoudre dans les sucs digestifs plus ou moins rapidement selon l’étage du tractus digestif souhaité pour l’absorption du produit actif.

Syn. capsule à enveloppe dure

capsule (5)

[G3,G5]

Édit. 2017

gélule gastro-résistante l.f.

Gélule dont l’enveloppe ne peut être dissoute par les sucs gastriques ce qui permet une absorption du produit actif en aval de l’estomac, dans le duodénum, le jéjunum ou l’iléon.

gélule

[G3,G5]

Édit. 2017

gelure n.f.

frostbite

Lésion liée au froid atteignant le plus souvent les régions exposées (mains, pieds, nez, oreilles) responsable d'une congélation des tissus cutané et souscutané.
Les gelures sont classées comme les brûlures selon la profondeur des lésions des tissus atteints et donc selon leur gravité :
- premier degré appelé aussi engelure : la lésion est superficielle avec douleur, érythème, œdème,
- deuxième degré : avec phlyctène et atteinte du derme,
- troisième degré : gelure profonde correspondant à une nécrose par thrombose artérielle et pouvant entraîner une gangrène plus ou moins étendue.
Les gelures peuvent être responsables de séquelles à type de troubles trophiques, de paresthésies et d'hyperhidrose.

Étym. lat. gelare : geler

Gemella

Gemella

Genre bactérien constitué de cocci à Gram positif, aéroanaérobies, faisant partie de la flore endogène de la cavité buccale et du tube digestif.
Il comporte deux espèces, Gemella haemolysans et Gemella morbillorum.
Ces bactéries ont été incriminées dans quelques observations d’endocardites et d’abcès dentaires et cérébraux.

gémellaire adj.

gemellary, twin

Relatif aux jumeaux.

accouchement gémellaire, dystocie gémellaire, grossesse gémellaire

gémellité l.f.

gemellity

grossesse gémellaire

GEMEN (score) l. m. sigle pour Graisse Exophtalmie Muscle Ethmoïde Nerf optique

Score obtenu à l’aide d’une grille biométrique de lecture des orbitopathies dysthyroïdiennes examinées par imagerie par résonance magnétique.
Cette grille cote chaque élément de l’orbitopathie dysthyroïdienne.

indice oculo-orbitaire

gemini conducti l.m.

monstre double

géminine n.f.

geminin

Protéine des organismes animaux pluricellulaires qui concourt à ce qu’une seule réplication de l’ADN ait lieu au cours du cycle cellulaire.
La géminine intervient dans le contrôle de la prolifération, de la croissance et du développement des cellules, en particulier des cellules neuronales et cancéreuses.

gencive n.f.

gingiva (TA)

gingiva

Partie du périodonte qui entoure extérieurement le collet de la dent et l’alvéole et qui adhère intimement au périoste du maxillaire et de la mandibule.

Gendrin (signe de) l.m.

Gendrin’s sign

Sensation de matelas placentaire au toucher vaginal en cas de placenta prævia.

A. N. Gendrin, médecin français (1838)

gène n.m.

Unité héréditaire d’acide nucléique (ADN ou ARN) situé sur un chromosome.

Représentation simplifiée d'un gène d'eucaryote (les exons sont des séquences codantes, alors que les introns sont des séquences non codantes).
Dans la majorité des organismes et de certains virus, le gène est un domaine fonctionnel d'un chromosome dont dépend la transcription ou synthèse d'un acide ribonucléique (ARN) qui, s’il est traduit, conduit à la production d'une protéine. Un gène ou un ensemble de gènes déterminent les caractères héréditaires.
La transcription de l'ADN en un seul type d’ARN peut aboutir, par épissage alternatif, à la production de plusieurs ARN messagers et donc de plusieurs protéines différentes.
Les mutations résultent d'altérations d'un gène.
Dans les organismes diploïdes, chaque gène présente deux allèles qui peuvent être identiques ou différents. Le gène est situé à un emplacement défini du chromosome, le locus. En cytogénétique, la localisation d'un gène se fait dans un cadre physique apporté par le caryotype. Le caryotype est obtenu par la coloration des chromosomes métaphasiques qui aboutit à un profil de bandes claires et sombres. Le libellé de la position du gène contient d’abord le numéro du chromosome pour les chromosomes non sexuels (1 à 22 chez l’Homme) et par une lettre (X ou Y) pour les chromosomes sexuels. Une lettre suit la désignation du chromosome, p (désignant le petit bras du chromosome) ou q (désignant le grand bras du chromosome). La localisation précise est apportée par les deux nombres suivants qui représentent la région et la bande spécifique ou réside le gène/locus. Plus le nombre indiquant la région est grand plus elle est éloignée du centromère. Enfin il existe parfois un point suivi d'un ou deux chiffres représentant une sous-bande (ex. le gène FGFR2 localisé en 10q25.3, dans le cas du syndrome d'Apert). A l’heure actuelle, où les séquences des milliers des génomes sont connues, la position d’un gène est donnée par ses coordonnées, en paires de bases, à partir du télomère du bras court.
Pour désigner les gènes mitochondriaux on précède tous les termes caractéristiques par les lettres MT- en italique.

Étym. gr. genos : origine, descendance

ADN, acide désoxyribonucléique, ARN, ARN de transfert, acide ribonucléique, ARN messager, ARMm, ARN ribosomique, mRNA, exon, intron, allèle, génotype, hérédité, hétérozygotisme, homozygotisme, plasmide, transposon, ribosome, télomère

[Q1]

Édit. 2017

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