Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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hallucination hypnagogique l.f. .

hypnagogic hallucination

Ensemble de phénomènes perceptifs de nature variée, qui surviennent lors du passage de la veille au sommeil.
Ils sont surtout visuels, colorés et toujours à distance dans l'espace (lignes, étoiles, lueurs entoptiques, dessins changeants, scènes kaléidoscopiques), mais aussi auditifs (bruits, paroles, mélodies), somesthésiques (tactiles), voire synesthésiques. En fait, il est exceptionnel que soit retrouvé pleinement le caractère d'hallucination proprement dite.
Parfois intenses et terrifiantes, ces expériences perceptives font partie, avec les paralysies et les perturbations du sommeil, des signes accessoires de la narcolepsie-catalepsie. Mais le plus souvent, et alors dans la passivité, elles ne relèvent pas de la pathologie.

A. Maury, érudit français, membre de l’Académie des inscriptions et belles lettres (1861)

Étym. lat. hallucinare : se tromper, gr. hupnos : sommeil, et agôgos : qui conduit, accompagne

somesthésie, synesthésie, hallucination,narcolepsie-catalepsie

[H3]

Édit. 2018

sommeil n.m.

sleep

État naturel se reproduisant périodiquement, en général chaque soir, caractérisé essentiellement par une suspension réversible des fonctions de la vie de relation.
C'est un processus actif mettant en jeu diverses régions du cerveau. Le sommeil s'oppose à l'éveil, caractérisé par le maintien de la vigilance. L'éveil est sous la dépendance de structures médianes du tronc cérébral, les formations réticulées activatrices ascendantes. Il ne s'agit pas d'une structure anatomique bien définie, mais d'un ensemble de systèmes modulateurs ascendants. Parmi eux, le noyau gigantocellulaire est le mieux individualisé.
Chez l'Homme, les phases d'éveil et de sommeil sont réparties de façon relativement régulière au cours du nycthémère. L'alternance veille-sommeil est préservée même en l'absence des repères extérieurs que constituent le jour et la nuit. Le rythme naturel de l'organisme humain est de l'ordre de 25 h. ou un peu plus. Ce rythme, un peu supérieur à 24 h, persiste de façon indéfinie, semble-t-il. Il est indépendant des stimulus extérieurs et est régi par un mécanisme endogène qui a sa propre fréquence. On ne connaît pas la localisation de ce mécanisme ; les noyaux hypothalamiques jouent un rôle important, comme ceux supra-chiasmatiques et ventromédians.
L'électroencéphalogramme a permis de décrire deux types différents de sommeil,  lent et paradoxal, qui alternent de façon périodique à une cadence de 90 min environ. Le sommeil lent (rythme lent sur l'électroencéphalogramme) correspond aux 3/4 environ de la durée du sommeil et comporte quatre phases distinctes correspondant à quatre phases distinctes de la profondeur du sommeil.
Le sommeil rapide (rythme rapide sur l'électroencéphalogramme) ou paradoxal est appelé en anglais REM sleep (Rapid Eye Movement sleep). En effet, ce sommeil s'accompagne d'autres modifications physiologiques : mouvements oculaires rapides, atonie musculaire, érection, fréquences cardiaques et respiratoires rapides et rythmes irréguliers. Il représente le 1/4 de la durée du sommeil et correspond à une période de rêves. Le sommeil paradoxal survient toutes les 90 min environ par périodes de 10 à 30 min, 3 à 5 fois par nuit. Les caractéristiques du sommeil peuvent être enregistrées sur un hypnogramme permettant de caractériser les différents stades et leur durée.
De nombreuses sécrétions hormonales sont modulées par les différentes phases du sommeil : les sécrétions de prolactine et de TSH augmentent au cours de la nuit. Il y a plusieurs théories du sommeil.
Les troubles les plus fréquents du sommeil sont : somnambulisme, insomnie, narcolepsie, syndrome d'apnées du sommeil.

sommeil (syndromes d'apnée du), apnée du sommeil, sommeil (théorie du)