Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

467 résultats 

lobectomie pulmonaire élargie l.f.

widened lungwort lobectomy

exérèse pulmonaire élargie, lobectomie avec résection anastomose bronchique

lobectomie pulmonaire en manchette l.f.

lobectomie avec résection-anastomose bronchique

lobe pulmonaire l.m.

lobus pulmonis
pulmonary lobe
Territoire d'un poumon isolé par une scissure et ventilé par une bronche collatérale, plus ou moins volumineuse, de la bronche principale du poumon, recevant une ou plusieurs branches de l'artère pulmonaire et drainé par une veine pulmonaire.

lobule pulmonaire l.m.

lobulus pulmonis (TA)

lobule of lung

Petite masse polyédrique de parenchyme pulmonaire appendue à une bronche lobulaire.
Le lobule pulmonaire est entouré par le tissu conjonctif d’une cloison inter-lobulaire. Chaque lobule contient 50 à 100 bronchioles terminales qui aboutissent aux canaux alvéolaires et aux alvéoles pulmonaires. Les lobules pulmonaires représentent les unités anatomiques, histologiques et physiologiques du poumon.

lunules des valvules semi-lunaires de la valve du tronc pulmonaire l.f.p.

lunulae valvularum semilunarium valvae trunci pulmonalis(TA)

lunules of semilunar cusps of valve of pulmonary trunk

Segments extrêmement minces et translucides du bord libre des valvules semi-lunaires de la valve du  tronc pulmonaire.
Ces lunules sont situées de part et d’autre du nodule de la valvule semi-lunaire.

lymphangio-léiomyomatose pulmonaire l.f.

pulmonary lymphangiomyomatosis

Hamartomatose multifocale avec prolifération de fibres musculaires lisses immatures histologiquement bénignes dans les parois alvéolaires, autour des bronchioles, des vaisseaux et des nœuds lymphatiques.
Maladie rare qui s'observe chez la femme entre 15 et 45 ans. La dyspnée est le maitre signe. Le chylothorax est souvent abondant et bilatéral. Le pneumothorax fréquent peut s'y associer. Radiologiquement, des opacités diffuses réticulées et kystiques accompagnent ou non selon les cas un épanchement pleural. La TDM en coupe mince montre bien les kystes à parois fines, nombreux souvent coalescents. L'évolution se fait en 2 à 10 ans. Les formes graves font discuter la transplantation pulmonaire.
Des atteintes extra-pulmonaires peuvent être observées : ascite chyleuse, lymphœdème des membres inférieurs, angiomyolipomes rénaux, chylurie.

lymphangite carcinomateuse pulmonaire l.f.

pulmonary lymphangitic carcinomatosis

Métastases interstitielles pulmonaires endo-lymphatiques et péri-lymphatiques, provenant le plus souvent d'un carcinome du sein, d'un carcinome bronchique primitif, ou d'une tumeur maligne de l'estomac ou du pancréas.
La lymphangite carcinomateuse entraîne un épaississement diffus de l'espace interstitiel pulmonaire qui est dû à l'intrication de plusieurs causes. La présence d'amas carcinomateux dans la lumière lymphatique crée un engorgement et une distension des canaux lymphatiques. L'extension tumorale péri-lymphatique infiltre l'espace interstitiel. Un œdème interstitiel et une réaction inflammatoire dans le tissu interstitiel se développent secondairement. L'importance de l'atteinte interstitielle explique que la plupart des malades ayant une lymphangite carcinomateuse pulmonaire ont une altération marquée des fonctions respiratoires.
Les images radiologiques : opacités réticulées et réticulonodulaires, lignes de Kerley, sont caractéristiques d'une lésion interstitielle. Elles sont souvent diffuses et bilatérales, parfois localisées à un seul poumon ou à un lobe, ce qui s'observe fréquemment au cours des carcinomes bronchiques primitifs ; mais les anomalies radiographiques sont inconstantes et une image pulmonaire normale ne permet pas d'écarter le diagnostic de lymphangite carcinomateuse. Des adénopathies pédiculaires et/ou médiastinales s'observent dans 25 % des cas. Les épanchements pleuraux, uni- ou bilatéraux, sont fréquents.
La fibroscopie bronchique est l'examen-clé avec biopsies systématiques des éperons, biopsies transbronchiques et lavage broncho-alvéolaire.

lymphome bronchopulmonaire primitif l.m.

primary pulmonary lymphoma

Lymphome se développant à partir de l'appareil broncho-pulmonaire de manière isolée, sans atteinte médiastinale.
Assez rare (1% des lymphomes malins et seulement de 0,5 à 1% des cancers pulmonaires), observé entre 50 et 60 ans, de bas grade (de 70 à 90 ´% des cas), il est fait de petits lymphocytes avec la grande diversité cellulaire des lymphomes de type MALT.
Asymptomatique une fois sur 2, l'aspect radiologique évocateur est celui d'une masse alvéolaire ± limitée avec un bronchogramme aérien. L'exploration fonctionnelle est normale. L'électrophorèse, complétée par l'immunoélectrophorèse, révèle 1 fois sur 3 une gammopathie monoclonale (surtout IgM).
Son traitement n'est pas codifié, d'autant que le pronostic dans ces formes de bas grade est bon. L'exérèse chirurgicale dans les formes localisées est volontiers proposée.
Les lymphomes de haut grade, rares, symptomatiques, imposent un traitement chimiothérapique agressif du type de celui d'un lymphome ganglionnaire de même gravité.

J. Cadranel, pneumologue français (2002 et 2004)

lymphome bronchopulmonaire secondaire l.m.

secundary broncho-pulmonary lymphoma

Lymphome observé plus fréquemment dans la maladie de Hodgkin, surtout en cas d'atteinte médiastinale, que dans les lymphomes non hodgkiniens.
Au cours des lymphomes non hodgkiniens, on les voit en particulier dans les lymphomes ganglionnaires en rechute ou dans les lymphomes cutanés type mycosis fongoïde.
Dans la maladie de Hodgkin, il faut séparer les envahissements pulmonaires de contigüité à partir de l'atteinte médiastinale et les formes périphériques classées comme une forme avec atteinte viscérale (stade 4). Dans ce cas une atteinte pulmonaire diffuse est d'un caractère très défavorable.

maladie infiltrative diffuse pulmonaire l.f.

diffuse infiltrative pulmonary disease

Pneumopathie interstitielle qui prend en compte non seulement l'atteinte stricto sensu de l'interstitium alvéolaire mais aussi celle de toutes les structures du poumon profond.
C'est un groupe hétérogène de maladies touchant les poumons de façon bilatérale et diffuse.
Ces maladies correspondent à un processus réactionnel inflammatoire à des agressions exogènes ou endogènes. La physiopathologie fait intervenir une suite d'événements débutant par une alvéolite et des formes diverses de pneumopathies interstitielles régressives ou non, spontanément ou sous l'influence des traitements. À un stade plus avancé, on décrit des altérations mésenchymateuses avec lésion du collagène interstitiel évoluant vers la fibrose. Le stade ultime est celui du poumon en rayons de miel avec fibrose mutilante délimitant des cavités kystiques où la perte des unités alvéolocapillaires est totale. Appartiennent à ce cadre les granulomatoses pulmonaires, les pneumoconioses, les maladies générales avec atteinte pulmonaire et l'ensemble des maladies pouvant évoluer vers une fibrose pulmonaire interstitielle diffuse, dont la fibrose pulmonaire idiopathique.

granulomatose pulmonaire, pneumoconioses, fibrose pulmonaire interstitielle diffuse, fibrose pulmonaire idiopathique.

maladie veino-occlusive pulmonaire l.f.

pulmonary veno-occlusive disease

Affection vasculaire pulmonaire, d’étiologie indéterminée, caractérisée par une obstruction diffuse des veinules et des petites veines pulmonaires par une prolifération et une fibrose intimale.
C’est une forme très rare d’hypertension artérielle pulmonaire postcapillaire, qui a la particularité d’être parfois associée à des épisodes d’œdème pulmonaire.
Elle survient dans des contextes très particuliers : toxique alimentaire (en Afrique), ou iatrogénique induite par certaines chimiothérapies ou radiothérapies, en particulier après greffe de moelle osseuse. La localisation la plus fréquente de la maladie veino-occlusive est le foie.

malformations pulmonaires parenchymateuses congénitales l.f.p.

abnormalities of pulmonary parenchyma

Malformations qui vont de l'agénésie pulmonaire au kyste bronchogénique solitaire.
Agénésie et aplasie pulmonaires qui,  si elles sont bilatérales, ne sont pas compatibles avec la vie.
Agénésie et aplasie unilatérale vont de la détresse respiratoire à la naissance jusqu'à des formes asymptomatiques en passant par la gêne respiratoire.
Viennent ensuite l'hypoplasie congénitale malformative primaire et l'hypoplasie congénitale acquise, l'emphysème lobaire géant, la malformation adénomatoïde kystique, la séquestration pulmonaire, enfin les malformations kystiques du type du kyste bronchogénique solitaire.

agénésie et aplasie pulmonaires, kyste bronchogénique, emphysème lobaire géant, malformation adénomatoïde du poumon, séquestration pulmonaire

métastase pulmonaire l.f.

pulmonary metastasis

Localisation dans le parenchyme pulmonaire de cellules néoplasiques provenant d'un cancer primitif distinct.
L'atteinte du poumon se fait par voie sanguine et/ou lymphatique. Les aspects habituels sont ceux de masses multiples réalisant au mieux une image en "lâcher de ballons", parfois d'une masse unique simulant un carcinome bronchopulmonaire primitif ou d'un syndrome interstitiel réalisant une miliaire carcinomateuse.
Les métastases endobronchiques sont assez rares.
La néoplasie d'origine est de siège variable mais les localisations initiales le plus souvent en cause sont les carcinomes des bronches, du sein, du tube digestif, de la sphère ORL, du rein ou encore les sarcomes osseux. Le traitement peut parfois être chirurgical, mais il n'est trop souvent que médical : chimiothérapie, hormonothérapie ou corticothérapie.

Étym. gr. metastasis : changement de place d’après : méthistèmi : changer de place

microlithiase alvéolaire pulmonaire l.f.

pulmonary alveolar microlithiasis

Maladie caractérisée anatomiquement par la présence dans les alvéoles des deux poumons de petits calculs de 100 à 200 μm, formés d'une mucoprotéine surchargée de calcium (calcosphérites).
Affection rare, familiale dans 35% des cas, de cause inconnue.
L'image radiologique est pathognomonique, faite d'une miliaire pulmonaire diffuse, très fine, de densité minérale, prédominant dans les régions hilaires et aux bases, soulignant la bordure pleurale et les scissures.
Longtemps cliniquement latente, la maladie s'aggrave progressivement,  entraînant une insuffisance ventilatoire restrictive qui aboutit à l'insuffisance respiratoire, au cœur pulmonaire chronique et à la mort.

Étym. gr. mikros : petit ; lithos : pierre

miliaire carcinomateuse pulmonaire l.f.

pulmonary carcinomatous miliary

Aspect anatomoradiologique réalisé par une atteinte lymphangitique diffuse de l'interstitium pulmonaire au cours des localisations secondaires métastatiques pulmonaires.
Il s'agit d'un syndrome interstitiel d'aspect réticulomicronodulaire plus que miliaire vrai avec épaississement variable des septums interlobulaires et persistance d'acini normalement aérés pour des lésions prédominant dans les régions basales.

Étym. lat. milium : grain de millet ; gr. carcinos : crabe, cancer

métastase pulmonaire, lymphangite carcinomateuse

miliaire pulmonaire l.f.

pulmonary miliary

Image radiologique caractérisée par la présence, dans les deux champs pulmonaires, d'un très grand nombre d'opacités micronodulaires, de 1 à 3 mm, de la taille d'un "grain de mil".
L'analyse radiologique se fait beaucoup mieux sur des clichés de tomodensitométrie.
Il y a des miliaires tuberculeuses, des miliaires carcinomateuses, mais bien d'autres affections peuvent  entraîner un tel aspect radiologique. On l'observe dans certaines infections pulmonaires virales ou bactériennes, la sarcoïdose, les pneumoconioses et parfois au cours de certaines maladies systémiques ou du rétrécissement mitral. La microlithiase alvéolaire donne une miliaire très fine, de densité minérale.

Étym. lat. milium : grain de millet 

miliaire tuberculeuse, miliaire carcinoma teuse, microlithiase alvéolaire

nécrose pulmonaire l.f.

pulmonary necrosis

Modifications morphologiques qui suivent la mort cellulaire du tissu pulmonaire.
Il peut s'agir de nécrose de coagulation telle qu'on peut en voir dans les infarctus pulmonaires, de nécrose de liquéfaction présente au sein des abcès pulmonaires ou de la nécrose caséeuse dans les tuberculoses pulmonaires.
La nécrose caséeuse résulte de l'action combinée d'une nécrose de coagulation et d'une nécrose de liquéfaction en particulier dans l'inflammation tuberculeuse aboutissant au caséum.
La nécrose gangréneuse associe une nécrose ischémique et une nécrose de liquéfaction par une infection bactérienne le plus souvent à anaérobies.

nodule pulmonaire l.m.

pulmonary nodule

Masse arrondie ou ovalaire, de taille variable entre 1 à 30 mm de diamètre, située dans le parenchyme pulmonaire, mise en évidence par les examens radiologiques.
Sa densité est, en radiologie conventionnelle, équivalente à celle de l’eau ou des parties molles et, en scanographie, de 30 à 70 unités Hounsfield. La détection de ces opacités dépend de leurs caractères (taille, densité, contour, contraste) mais surtout de la technique utilisée. La scanographie met en évidence des nodules de 1mm que la radiologie conventionnelle ne détecte pas. Les nodules interstitiels ont des limites nettes alors que les nodules alvéolaires ont des limites plus floues.
Les micronodules de 1à 3 mm (miliaires) sont souvent associés à des images en mailles réalisant des aspects réticulo-nodulaires. Au-delà de 3 cm de diamètre, on parle d’opacité ou de masse rondes. Certains nodules peuvent être hétérogènes en raison d’une nécrose ou de calcifications.
Les nodules alvéolaires s’observent au cours des carcinomes bronchio-alvéolaires, des lymphomes, de la tuberculose et des mycobactérioses atypiques, de la bronchopneumonie à pyogènes, etc. Isolé, un nodule pulmonaire peut-être un hémangiome, un hamarthome, un carcinome débutant
Les nodules interstitiels multiples et bilatéraux se voient dans la sarcoïdose, les pneumoconioses, le sarcome de Kaposi.

nodules des valves semi-lunaires du tronc pulmonaire l.m.p.

noduli valvularum semilunarium valvæ trunci pulmonalis (TA)

nodules of semilunar cusps of valves of pulmonary trunk

Petit renflement formé par un nodule fibreux situé à la partie moyenne du bord libre des valves semi-lunaires pulmonaires.

G. Morgagni, anatomiste et anatomopathologiste italien (1682-1771)

Syn. anc. nodules de Morgagni

nœuds lymphatiques intrapulmonaires l.m.p.

nodi lymphoidei intrapulmonales (TA)

intrapulmonary lymph nodes

Nœuds lymphatiques situés au niveau des ramifications broncho-vasculaires intrapulmonaires, à proximité du hile.
Ils sont soit interlobaires, soit lobaires, et représentent le premier relais ganglionnaire des vaisseaux lymphatiques efférents du poumon. Ils reçoivent les lymphatiques des segments pulmonaires correspondants. Ils se drainent vers les nœuds lymphatiques bronchopulmonaires. Leur atteinte dans les carcinomes bronchopulmonaires est de type N1.

J. F. W. Krause, anatomiste et histologiste allemand (1833-1910) ; J. P. Baréty, chirurgien français (1887-1912) ; P. Poirier, anatomiste et chirurgien français, membre de l'Académie de médecine (1853-1907) ; B. Cunéo, chirurgien français, membre de l'Académie de médecine (1873-1944)

Syn. anc. ganglions lymphatiques intrapulmonaires proprement dits, ganglions lymphatiques intrapulmonaires, ganglions lymphatiques pulmonaires de Bartels, ganglions bronchiques de Krause et de Engel, ganglions interbronchiques de Baréty, de Poupardin, de P

nœuds lymphatiques pulmonaires l.m.p.

nœuds lymphatiques intrapulmonaires

œdème aigu pulmonaire lésionnel l.m.

détresse respiratoire aigüe de l'adulte (syndrome de) (SDRA)

Édit. 2017

œdème pulmonaire l.m.

pulmonary oedema

Accumulation anormale de liquide séreux ou séro-sanglant d’origine vasculaire dans les espaces interstitiels ou dans les alvéoles pulmonaires (œdème alvéolaire), les bronchioles et les bronches.

Étym. gr. oïdêma : gonflement (de oïdein : grossir)

œdème aigu du poumon

Édit. 2017

œdème pulmonaire lésionnel l.m.

syndrome de détresse respiratoire aigüe (SDRA)

Édit. 2017

œstroprogestatifs (accidents pulmonaires des) l.m.p.

post oral contraception pulmonary embolisms

Embolies pulmonaires favorisées par les traitements œstroprogestatifs.
L'utilisation de contraceptifs oraux augmente de 4 à 10 fois le risque relatif de maladie thrombo-embolique. Biologiquement, il semble que les femmes sous contraceptifs oraux de troisième génération aient une résistance à la protéine C activée, augmentée et de même niveau que les personnes hétérozygotes pour la mutation Leiden du facteur V. Les femmes hétérozygotes pour le facteur V Leiden prenant ces contraceptifs auraient des niveaux de résistance à la protéine C comparables à ceux des femmes homozygotes. Le risque de maladie veineuse thrombo-embolique apparaît plus important lors des premiers mois du traitement, comme si la prise d'œstroprogestatifs venait démasquer certains états thrombophiliques préexistants. Lorsque les œstroprogestatifs sont utilisés pour le traitement hormonal substitutif de la ménopause, le risque de maladie thrombo-embolique est moindre, mais il est cependant multiplié par deux ou trois. Dans un cas, comme dans l'autre, le risque demeure très faible et n'est pas à lui seul de nature à remettre en cause l'intérêt de ces traitements. Ils sont toutefois formellement contrindiqués en cas d'antécédents thrombo-emboliques.

protéine C, facteur V Leiden

Édit. 2017

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