Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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mutation partielle l.f.

leaky mutation

Mutation qui n'abolit pas complètement l'expression du gène muté.
La protéine défectueuse ainsi formée est dite protéine « leaky ».

Étym. lat. mutatio : déplacement, changement 

mutation complète

MYCN gene sigle anglais pour v-myc avian myelocytomatosis viral oncogene neuroblastoma derived homolog

Gène situé sur le locus chromosomique 2p24.3 codant pour une protéine qui joue un rôle dans la formation tissulaire durant la vie embryonnaire ; elle est nécessaire au développement du cœur, des reins, du système nerveux, du système digestif, des poumons.
Cette protéine régule l’activité des autres gènes en se liant à des régions spécifiques de l’ADN. Sur la base de cette action, elle est appelée facteur de transcription.
Ce gène appartient à la classe des oncogènes qui, après mutation, sont la cause de la cancérisation cellulaire.
Des mutations de ce gène sont responsables du syndrome de Feingold (syndrome oculo-digito-œsophago-duodénal), de neuroblastome.

Syn. bHLHe37, MYCN_HUMAN, MYCNOT, N-myc, N-myc proto-oncogene protein, neuroblastoma-derived v-myc avian myelocytomatosis viral related oncogene, neuroblastoma MYC oncogene, NMYC, oncogene NMYC, pp65/67, v-myc avian myelocytomatosis viral related oncogene, neu

Feingold (syndrome), oculo-digito-oesophago-duodénal (syndrome), neuroblastome

myristoylation n.f.

myristoylation

Fixation d'une molécule d'acide myristique.
Ce processus physiologique concerne certaines protéines qui acquièrent ainsi un domaine lipophile et se trouvent dans les membranes (protéine-ser-thr-kinases, protéine-tyr-kinases, phosphoprotéine-phosphatases, NO-synthase, réticuline, etc.).

NAD-ADP-ribosyl-transférase n.f.

NAD-ADP-ribosyltransferase

Enzyme qui catalyse le transfert d'un radical ADP-ribosyle du NAD sur un reste d'aminoacide d'une protéine, en particulier sur des histones, réalisant une ADP-ribosylation ou sur le C2 du ribose de l'ADP d'un reste ADP-ribosyle précédent, réalisant une poly-ADP-ribosylation, comportant 20 à 30 unités.
Par ex., une telle transférase fait partie de la toxine de certaines bactéries, qui exercent un effet inhibiteur sur une G-protéine (dans le cas de la toxine du choléra) ou sur le facteur d'élongation EF2 des ribosomes, bloquant la synthèse des protéines (dans le cas de la toxine diphtérique).

Syn. ADP-ribosyl-transférase. Poly ADP-ribose synthétase

diphtamide

neuréguline n.f.

neuregulin

Protéine ayant des propriétés mitogènes et différenciatrices, découverte initialement sous le nom de NDF ou "neu differentiation factor" pour son action sur des carcinomes mammaires du Rat, et dont on a trouvé de nombreux variants dans les tissus animaux et humains.
Les neurégulines constituent une famille de facteurs de croissance agissant sur des récepteurs membranaires de type erbB2 ou HER2, proto-oncogène encore appelé protéine neu, ou erbB3 ou erbB4. Chez l'Homme les neurégulines ont été appelées hérégulines ou HRG. Le terme de neuréguline désigne chacun des facteurs de croissance de cette famille de structure analogue aux HRG, comprenant Par ex. le facteur de croissance glial (GGF) ou le facteur agissant comme inducteur du récepteur de l'acétylcholine (ARIA). Les neurégulines sont des protéines qu'on trouve dans les membranes des cellules du système nerveux central et périphérique et de divers organes parenchymateux, et qui peuvent en être détachées par protéolyse. Elles peuvent être synthétisées et sécrétées par les neurones ou par les astrocytes. Elles exercent un effet mitogène sur les cellules de Schwann. Elles jouent un rôle dans la formation des synapses neuromusculaires.

Étym. neu : de la protéine neu ; réguline : facteur régulateur

neurexine n.f.

neurexin

Protéine membranaire des neurones qui joue un rôle dans les jonctions intercellulaires.
La neurexine est constituée d’une chaine peptidique qui traverse la membrane, dont la partie cytoplasmique comporte 55 acides aminés, et dont la partie extracellulaire présente trois domaines, le premier riche en glucides, le second homologue des laminines et des globulines fixant les hormones sexuelles (TEBG), le troisième peptide signal N-terminal.
Plusieurs protéines apparentées ont été identifiées. Les neurexines sont des protéines hautement conservées par l’évolution, présentant plus de 95% d’identité chez tous les mammifères. Leur fonction principale serait la reconnaissance des neurones et la formation de jonctions inter-neuronales. La neurexine Ia a été identifiée comme la protéine fixant l’ alpha-latrotoxine.

neurinome n.m.

neurilemoma, neurinoma, schwannoma

Tumeur développée à partir des cellules de Schwann, bien limitée, tendant à refouler le filet nerveux qui lui a donné naissance plutôt qu'à l'envahir représentant 8% des tumeurs intracrâniennes.
Son siège le plus fréquent est le nerf auditif, plus rarement le trijumeau ou les nerfs mixtes, les racines rachidiennes postérieures, les troncs nerveux périphériques, voire les terminaisons nerveuses, et aussi les chaînes sympathiques.
Macroscopiquement, la tumeur est ferme ou kystique, bien limitée, parfois appendue à une racine, de taille variable, unique ou multiple dans le cadre d'une maladie de von Recklinghausen. Microscopiquement, elle est constituée de cellules allongées à noyaux fusiformes, disposées en faisceaux ou en pseudo-palissades (type A d'Antoni), ou au contraire dans une trame plus lâche (type B d'Antoni). Les gros noyaux dystrophiques sont fréquents. Les vaisseaux ont des parois épaissies. L'étude des marqueurs (protéine S100) et la microscopie électronique confirment la nature schwannienne de ces tumeurs. Il en existe des variétés mélanotiques, cellulaires, plexiformes, ainsi que des formes malignes d'emblée, rares, difficiles à affirmer, qui incluent les mêmes différenciations que les habituelles formes bénignes.
Leur diagnostic avec les neurofibromes est parfois délicat. Leur traitement est chirurgical.
Les neurinomes bilatéraux du nerf auditif caractérisent la neurofibromatose de type II, dont le gène NF2 a été localisé sur le chromosome 22 (22q12.2) et la protéine exprimée baptisée schwannomine.

schwannome, neurinome de l'acoustique, queue de cheval (tumeur de la), NF2, neurofibromatose de type 2

nexine n.f.

nexin

1) Protéine présente dans les axonèmes ciliaires située en pont entre les microtubules, jouant un rôle dans l'élasticité des structures ciliaires.
2) Protéine inhibitrice de protéases à sérine, sécrétée par des fibroblastes.
On connait plusieurs antiprotéases de ce type, appelées PN-I, PN-II, etc. (Sigle f. pour protease nexin). La PN-I inhibe la thrombine, la trypsine, la plasmine, l'urokinase. La PN-II inhibe la protéase qui transforme le proEGF en EGF.

Étym. lat. nexus, joint

nogo acr.angl. m. pour Neurite OutGrowth inhibitor

Protéine présente surtout dans le système nerveux, dont on connait plusieurs formes, principalement nogo-A, -B et –C, et dont la propriété essentielle parait être l’inhibition de la croissance des prolongements axonaux. Normalement absente dans les muscles, sa présence chez les patients atteints de sclérose latérale amyotrophique a été proposée comme test diagnostique de cette affection.
Nogo-A qui est impliqué dans l’inhibition de la régénération des axones est une grosse protéine de 250 kDa ; elle est exprimée dans les oligodendrocytes de la myéline. nogo-B et nogo-C sont des formes beaucoup plus courtes d’environ 35 kDa possédant la même extrémité C-terminale.

NR5A1 gene sigle anglais pour nuclear receptor subfamily 5 group A member 1

Gène situé sur le locus chromosomique 9q33.3 codant pour un facteur de transcription appelé facteur stéroïdogénique 1 (steroidogenic factor 1) qui gère le contrôle de l’activité de plusieurs gènes intervenant dans le développement des gonades (ovaires et testicules) et des glandes surrénales.
Des mutations de ce gène interviennent dans le syndrome de Swyer

NRAS gene sigle angl. pour neuroblastoma RAS viral oncogene homolog Gène localisé en 1p13.2, codant pour la protéine N-Ras, GTPase impliquée dans la régulation de la croissance, de la division et de la différenciation cellulaires ainsi que de l’apoptose.
La protéine K-Ras appartient à la famille des oncogènes Ras, qui inclut deux autres gènes HRAS et KRAS. Ses mutations peuvent être à l’origine du cancer du poumon et du mélanome. Elles sont aussi à l’origine de la leucémie myéloïde aigüe, de nævus épidermique, du nævus mélanocytaire congénital géant et du syndrome de Noonan.Syn.GTPase NRas, N-ras protein part 4, neuroblastoma RAS viral (v-ras) oncogene homolog, NRAS1, NS6, RASN_HUMAN, transforming protein N-Ras, v-ras neuroblastoma RAS viral oncogene homolog→cancers du poumon, mélanome, leucémie myéloïde aigüe, nævus épidermique, nævus mélanocytaire congénital géant, syndrome de Noonan, apoptose, GTPase,

Syn. AD4BP, adrenal 4 binding protein, ELP, FTZ1, FTZF1, fushi tarazu factor homolog 1, hSF-1, nuclear receptor AdBP4, nuclear receptor subfamily 5, group A, member 1, SF-1, SF1, steroid hormone receptor Ad4BP, steroidogenic factor 1, STF1_HUMAN

Swyer (syndrome de)

obésité par déficit du récepteur de la mélanocortine 4

obesity associated with melanocortin 4 receptor deficiency

Le déficit en récepteur de la mélanocortine 4 (MC4R) est la forme la plus fréquente d'obésité monogénique identifiée à ce jour : obésité sévère avec augmentation de la masse corporelle maigre, de la densité osseuse.
Il existe une augmentation de la croissance linéaire dans la petite enfance, une hyperphagie débutant dans la première année de vie et une hyperinsulinémie sévère. La fonction reproductive est préservée.
La prévalence dans la population générale est probablement de 1 sur 2000. La prévalence des mutations de MC4R a été estimée de 0.5 à 1% chez les adultes obèses (indice de masse corporelle>30), avec une fréquence plus élevée dans les populations présentant une obésité à début infantile sévère, avec une variabilité entre les populations.
La protéine MC4R est un récepteur couplé à la protéine G impliqué dans la voie de signalisation hypothalamique leptine-mélanocortine. L'activation de MC4R joue un rôle clé dans le maintien de l'homéostasie énergétique. Elle est associée à la suppression de la prise alimentaire. La majorité des patients décrits à ce jour sont porteurs de mutations hétérozygotes du gène MC4R (18q21.32). Le déficit en MC4R est transmis de manière codominante, avec une expressivité et une pénétrance variables selon les populations. Des cas rares de personnes porteuses de la mutation à l'état homozygote ont été décrits et présentent un phénotype plus sévère. Cependant, certains patients homozygotes avec une absence complète de la fonction MC4R ont été décrits sans hyperinsulinémie.
Le diagnostic suspecté d'après les signes cliniques est confirmé par la détection d'une mutation du gène MC4R.
Comme pour les autres formes d'obésité, le pronostic dépend des complications présentes : diabète de type 2, maladie cardio-vasculaire, cancer.

Réf. Orphanet, S. Filetti, médecin interniste italien (2007)

récepteur de mélanocortine 4, mélanotropine, MC4R gene

Édit. 2017

obéstatine n.f.

obestatine

Protéine de 23 acides aminés dérivée de la même protéine que la ghréline et d’activité physiologique inverse, diminuant l’appétit.

ghréline

Édit. 2017

œstroprogestatifs (accidents pulmonaires des) l.m.p.

post oral contraception pulmonary embolisms

Embolies pulmonaires favorisées par les traitements œstroprogestatifs.
L'utilisation de contraceptifs oraux augmente de 4 à 10 fois le risque relatif de maladie thrombo-embolique. Biologiquement, il semble que les femmes sous contraceptifs oraux de troisième génération aient une résistance à la protéine C activée, augmentée et de même niveau que les personnes hétérozygotes pour la mutation Leiden du facteur V. Les femmes hétérozygotes pour le facteur V Leiden prenant ces contraceptifs auraient des niveaux de résistance à la protéine C comparables à ceux des femmes homozygotes. Le risque de maladie veineuse thrombo-embolique apparaît plus important lors des premiers mois du traitement, comme si la prise d'œstroprogestatifs venait démasquer certains états thrombophiliques préexistants. Lorsque les œstroprogestatifs sont utilisés pour le traitement hormonal substitutif de la ménopause, le risque de maladie thrombo-embolique est moindre, mais il est cependant multiplié par deux ou trois. Dans un cas, comme dans l'autre, le risque demeure très faible et n'est pas à lui seul de nature à remettre en cause l'intérêt de ces traitements. Ils sont toutefois formellement contrindiqués en cas d'antécédents thrombo-emboliques.

protéine C, facteur V Leiden

Édit. 2017

ombitasvir-paritaprévir-ritonavir l.m.

Association de trois molécules à action directe sur le virus de l’hépatite C l’ombitasvir inhibiteur de la protéine NS5A, le paritaprévir inhibiteur de la protéine NS3/4A et le ritonavir potentialisateur pharmacocinétique du paritaprévir.
Ces trois antiviraux à action directe (AAD) doivent être prescrits en association avec le dasabuvir inhibiteur non nucléosidique de la polymérase NS5B du virus de l’hépatite C.

hépatite C, virus de l'hépatite C

Édit. 2017

OPA1 gene sigle angl. pour OP, mitochondrial dynamin like GTPase

Gène localisé en 3q29 codant pour une protéine qui adapte la morphologie des mitochondries à leurs fonctions.
Cette protéine est située dans la membrane des mitochondries de différents types de cellules, en particulier du cerveau, de la rétine, des muscles squelettiques, du foie et du cœur.
Les mutations du gène OPA1 sont responsables de l’atrophie optique de type Kjer (atrophie optique juvénile), de l’ophtalmoplégie progressive externe, de l’atrophie optique compliquée de Behr.

Syn. FLJ12460, KIAA0567, MGM1, mitochondrial dynamin-like GTPase, NPG, NTG, OPA1 HUMAN, optic atrophy 1 (autosomal dominant)

atrophie optique de type Kjer, ophtalmoplégie progressive externe, Behr (atrophie optique compliquée)

[P2]

Édit. 2018

optogénétique n.f.

optogenetics

Science consistant à insérer un gène codant pour une protéine photosensible dans des cellules afin d’ inhiber ou activer des fonctions biologiques par exposition à la lumière.
Les cellules cibles sont le plus souvent des cellules du système nerveux. Le gène est inséré en utilisant un virus comme vecteur. Les cellules sont exposées directement ou la lumière acheminée via des fibres optiques lorsqu’on s’intéresse à des zones profondes. Cette technique en plein développement a été utilisée pour améliorer la vision chez des souris atteintes de rétinite pigmentaire. L’insertion d’un gène codant pour une protéine photosensible dans les cellules de la rétine restaure partiellement la vision.

rétinite pigmentaire

[Q1,C3,P2]

Édit. 2017

osmotique adj.

osmotic

Qui se rapporte à l'osmose.
Qualifie la pression exercée par des molécules non dialysables sur l'équilibre d'un solvant de part et d'autre d'une membrane semi-perméable. Elle est proportionnelle à leur concentration moléculaire, c'est-à-dire, pour une solution de protéine de concentration donnée, inversement proportionnelle à la masse moléculaire de la protéine.

p53 sigle angl. pour p53 protein

Protéine liée directement à l’ADN, localisée dans le noyau de l’ensemble des cellules du corps dont la fonction première est d’agir en tant que facteur de transcription.
Elle fonctionne en se fixant de manière spécifique sur les régions régulatrices de gènes dont elle contrôle l’expression. Ce facteur de transcription régule certaines fonctions cellulaires importantes comme la mitose ou la mort programmée.
La protéine p53 est une molécule indispensable au maintien de l’intégrité de la cellule et de ses composantes. C’est pour cette raison qu’elle est généralement nommée « gardienne du génome »

TP53 gene

palmitate-synthétase n.f.

palmitic-synthetase

Système multienzymatique catalysant la formation d'acide palmitique à partir d'une molécule d'acétyl-coenzyme A, de 7 molécules de malonyl-coenzyme A et de 14 molécules de NADPH.
Le multienzyme est présent dans le cytoplasme de toutes les cellules, particulièrement dans le foie, où il est constitué de 6 chaines protéiniques ayant chacune une fonction enzymatique particulière entourant une septième petite thiol-protéine, l'ACP, qui sert de coenzyme et qui se substitue au coenzyme A pour activer les substrats. Ces différentes protéines sont codées par de longs ARN messagers et selon les espèces, elles forment une seule ou plusieurs chaines polypeptidiques. Leurs activités enzymatiques comportent un enzyme de condensation, la bêta-cétoacyl-synthétase, qui transfère le radical acyle porté par l'enzyme sur le malonyl-ACP, un enzyme d'hydrogénation, la bêta-céto-acyl-ACP-réductase, un enzyme de déshydratation, la D-bêta-hydroxy-acyl-ACP-déshydratase, un enzyme d'hydrogénation, la déhydro-acyl-ACP-réductase, un enzyme de transfert d'acyle, l'acyl-ACP-acyltransférase qui porte le radical acyle sur un thiol de la protéine-enzyme de condensation et libère l'ACP, et un autre enzyme de transfert, la malonyl-CoA-ACP-malonyltransférase qui fournit le malonyl-ACP au premier enzyme du cycle ; chez l'Homme, ces 4 derniers enzymes sont codés par le gène FAS-1, les autres étant codés comme l'ACP par un gène FAS-2. Un dernier enzyme est associé au système permettant l'hydrolyse du palmityl-thiol, libérant le palmitate produit du cycle de cette biosynthèse, cycle appelé hélice de Wakil-Lynen.

Syn. acide gras-synthétase, aliphacyl-synthétase

Parkinson (maladie de) l.f.

Parkinson disease, paralysis agitans

Affection neurodégénérative liée à une perte neuronale affectant principalement les neurones dopaminergiques du mésencéphale, et essentiellement mais non exclusivement la pars compacta de la substantia nigra.
Bien que non pathognomoniques, des inclusions appelées corps de Lewy sont observées dans les neurones dopaminergiques restants et constituent un stigmate histopathologique de la maladie.
Plus fréquente chez l'homme que chez la femme, débutant en moyenne vers l'âge de 55 ans, son incidence initiale, de l'ordre de 1p.1000, atteint 1% après 60 ans. L'étiologie est inconnue. Les cas familiaux sont peu fréquents (environ 10%). Dans certaines populations, en particulier juifs et arabes – la mutation du gène LRRK2 (leucine rich repeat kinase 2), responsable d'une mutatation de la parko,est présente chez quasiment 40 % des maladies de Parkinson. Une seule mutation explique l'importance de la transmission. Il s'agit de la mutation G2019S localisée dans l’exon 41 du gène LRRK2, dont la taille est de 144 kb avec 51 exons codants. Cette mutation initialement associée à 6-7 % des formes familiales de la maladie de Parkinson d’origine européenne et à 2 % des cas apparemment isolés. Depuis, de nombreuses études montrent que la fréquence de la mutation G2019S varie considérablement selon l’origine géographique et ethnique des populations
Dans les formes complètes, établies au fil des années, elle comporte classiquement une triade majeure : akinésie avec amimie et perte du balancement automatique des bras ; hypertonie à type de rigidité plastique ; tremblement de repos sous forme d'émiettement. En résultent principalement, et de façon variable : des modifications posturales avec attitude générale en flexion ; une démarche caractéristique, à petits pas, les bras semblant collés au corps, parfois hâtive (dite festinante), le patient paraissant courir après son centre de gravité ; des kinésies paradoxales. Sont associés des troubles végétatifs (problèmes génito-vésico-sphinctériens, constipation, sécheresse buccale fréquente), des douleurs et paresthésies diverses dans un contexte de contrariété, d'hyperémotivité, de fatigue, par raideur musculaire, déformations vertébrales et/ou attitudes vicieuses, ainsi que des difficultés croissantes à communiquer (troubles de la voix, gêne pour l'écriture avec micrographie).
Le rythme du malade se ralentit avec les années. Ses difficultés de relation s'accroissent. Contrôle émotionnel instable, insomnie, fatigabilité et amaigrissement sont habituels. Des troubles psychiques, notamment dépressifs, se développeraient dans près de la moitié des cas.
La physiopathologie de la maladie est encore incomplètement connue. Néanmoins deux orientations sont étudiées.
La maladie de parkinson se caractérise par la dégénérescence des neurones dopaminergiques de la susbtance noire, provoquée par l'agrégation d'une protéine l'alpha-synucléine signe cardinal de la maladie. Cette protéine a des propriétés d'aggrégation mais aussi de propagation proche des maladies à prions.  On connait depuis longtemps la connexion bidirectionnelle entre l'intestin et le cerveau. Or, l'alpha-synucléine est présente dans le système nerveux entérique, avant son apparition dans le cerveau suggérant une propagation intestin cerveau et confortant l'hypothèse d'une maladie à prions. 
Un autre axe est la constatation d'une accumulation anormale de fer labile au niveau de la sustance noire, qui entraine une production importante de radicaux libres et, à terme, la mort des neurones dopaminergiques. La mort cellulaire non apoptotique , dépendante du fer appelé ferroptose, prédominante dans la maladie de Parkinson ouvre des perspectives thérapeutiques par les chélateurs du fer.
Le traitement de base, qui doit être retardé jusqu'à l'apparition d'une gène motrice significative est constitué par la L-Dopa,  précurseur de la dopamine qui passe la barrière hémato encéphalique.  L'apparition progressive de signes  secondaires tels que les dyskinésies indiquent des traitements adjuvants tels des agonistes dopaminergiques ou des inhibiteurs de COMT. 
La stimulation électrique cérébrale profonde, mise au point en France par L.A. Benabid  à Grenoble, est une alternative séduisante, dont la complexité fait qu'ele ne peut s'appliquer qu' à un très petit nombre de patient.
En une dizaine d'années environ, malgré l'amélioration apportée notamment par les substances dopaminergiques, à une période de "lune de miel" relative succèdent inexorablement la maladie installée avec sa gène et sa restriction d'activité, puis la période de déclin d'efficacité du traitement avec des mouvements anormaux induits par celui-ci, des troubles majeurs de la marche, des chutes, une existence grabataire et des complications de décubitus.

J. Parkinson, médecin britannique (1817)

dopamine, Lewy (corps de), akinésie, amimie, rigidité, alpha-synucléine, prions (maladies à), apoptose, ferroptose, parkine, LRRK2 gene, L dopa, dyskinésie,
agoniste dopaminergique, inhibiteurs de la COMT

[H1, Q2]

Édit. 2019

Pendred (syndrome de) l.m.

Affection héréditaire à transmission autosomique récessive qui associe surdité de perception bilatérale, goitre euthyroïdien ou hypothyroïdien et troubles de l’équilibre.
Le syndrome de Pendred est dû à des mutations de SLC26A4 situé sur le chromosome 7. Ce gène code pour la pendrine, protéine échangeuse d’anions, présente dans les cellules intercalaires B du tube collecteur du rein, les cellules épithéliales du follicule thyroïdien et les cellules ciliées de la cochlée. La perte de fonction de la protéine est à l’origine d’un défaut de synthèse des hormones thyroïdiennes et d’un déséquilibre dans la composition électrolytique de l’endolymphe qui rendent compte des symptômes cliniques observés. C’est un des syndromes génétiques associant une surdité à des affections endocrino-métaboliques (syndrome de Kallman-de Morsier, syndrome de Perrault, syndrome de Laurence-Moon-Bardet-Biedl, syndrome de Raphael-Hyde).

V. Pendred, médecin britannique (1896)

Kallman-de Morsier (syndrome de), Perrault (syndrome de), Laurence-Moon-Bardet-Biedl (syndrome de), Raphael-Hyde (syndrome de), pendrine

phosphodiestérase du GMP cyclique des photorécepteurs l.f.

rod photoreceptor cGMP phosphodiesterase

Enzyme intervenant dans la phototransduction, constituée d'une protéine hétérotétramérique avec une sous-unité alpha, une bêta et deux gamma.
L'enzyme phosphodiestérase du GMP cyclique est une protéine dont les sous-unités alpha (MIM 180071, PDE6A gene), bêta (MIM 180072, PDE6B) et gamma (MIM 180073, PDE6G), peuvent porter des mutations responsables de dystrophies rétiniennes.

Syn. PDE, phosphodiestérase des photorécepteurs

sous-unités α, bêta et γ de la phosphodiestérase GMP cyclique des photorécepteurs bâtonnets rétiniens, GMPc-d'ouverture du canal cationique des photorécepteurs, rétinite pigmentaire, PDE6A gene, PDE6B gene, PDE6G gene

PKD1 gene sigle angl. pour polycystic kidney disease, adult type I

Gène, situé sur le locus 16p13.3, codant la polycistine 1, une protéine membranaire impliquée dans des interactions cellule-cellule ou matrice-cellule.
La polycystine 1 interagit avec le réseau de filaments intermédiaires intracellulaires et est également considérée comme un composant des desmosomes des cellules épithéliales. La polycystine-1 interagit aussi avec la polycystine-2 (qui est un canal cationique) et toutes deux se localisent dans les cils primaires de l'épithélium rénal. Ces cils primaires détecteraient le mouvement du fluide à travers les tubules rénaux, et aideraient à maintenir leur taille et leur structure.
Des centaines des mutations dans le gène PKD1 ont été identifiées chez la plupart (85%) des personnes atteintes de polykystose rénale autosomique dominante (ADPKD), qui est le type le plus fréquent. Des délétions, insertions et mutations ponctuelles ont été décrites. La plupart des mutations aboutissent à une version tronquée et non fonctionnelle de la protéine. Cela nuirait à la fonction de signalisation de cette dernière, dans la cellule et dans les cils primaires, conduisant à une prolifération cellulaire anormale et à l’apparition des kystes.
Édit. 2017

Syn. TRPP1 (sigle. angl. pour transient receptor potential channel interacting, polycystic).

polykystose rénale autosomique dominante, polykystose rénale autosomique récessive

[M1,Q2]

podocyte n.m.

podocyte

Cellule épithéliale glomérulaire bordant la membrane basale glomérulaire du côté de l’urine, appelée ainsi parce qu’elle possède des prolongements ou pédicelles par lesquels elle s’appuie sur la membrane basale glomérulaire.
Les podocytes sont encore appelés cellules épithéliales viscérales glomérulaires pour les distinguer des cellules épithéliales pariétales de la capsule de Bowman. Les pieds par lesquels ils s’appuient sur la membrane basale sont reliés par les diaphragmes de fente (« slit diaphragms »). Avec la membrane basale glomérulaire, les podocytes représentent la principale barrière au passage des protéines dans l’urine. Ils expriment des protéines intervenant dans ce processus comme la néphrine et la podocine dont les mutations sont à l’origine de syndromes néphrotiques héréditaires. Ils expriment également des antigènes "néphritigènes" dont la liaison à leurs anticorps spécifiques est capable d’induire des glomérulonéphrites extramembraneuses (« membranous glomerulonephritis »).Le plus fréquemment observé de ces antigènes est le récepteur de la phospholipase A2 (PLA2R), ce qui amène à mesurer systématiquement le taux d’anticorps contre cette protéine dans les syndromes néphrotiques de l’adulte. Un autre antigène plus rarement en cause est la neutroendopeptidase chez les femmes enceintes porteuses d’une mutation invalidant le gène de cette enzyme. Chez le rat, existe un modèle expérimental classique de la maladie, le modèle de Heymann, dans lequel l’antigène cible est la mégaline, protéine absente du glomérule humain. Les podocytes interviennent également dans la synthèse des protéines de la membrane basale glomérulaire.

néphrine, podocine, glomérule, néphrotique (syndrome), glomérulonéphrite extra-membraneuse, Heymann (néphrite de), phospholipase A2

polysaccharide C l.m.

polysaccharide C

Polyoside de la capsule du Pneumocoque, spécifiquement reconnu par une protéine plasmatique caractéristique des syndromes inflammatoires, la protéine C-réactive.

Syn. polyoside capsulaire

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