Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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opération de Hartmann l.f.

Hartmann’s opération

Résection colorectale plus ou moins étendue, sans rétablissement de la continuité digestive, dans laquelle le côlon d'amont est abouché à la peau en colostomie terminale dans la fosse iliaque gauche, le moignon rectal plus ou moins long étant suturé et laissé tel quel au fond du petit bassin.
Cette intervention est proposée, en urgence, lorsque les conditions locales pourraient entraîner un risque important de fistule si le rétablissement était immédiatement effectué, en raison d’une peritonité stercorale, d’une diverticulite et plus rarement en cas de pathologie tumorale. Le rétablissement de la continuité digestive peut être réalisé ultérieurement si les conditions techniques locales et l'état général du patient le permettent, nécessitant alors une laparotomie itérative avec mise en évidence et dissection du moignon rectal dans le petit bassin, décrochement de la colostomie et du côlon gauche afin de pouvoir abaisser celui-ci et réaliser une anastomose colorectale.

H. Hartmann, chirurgien français, membre de l’Académie de médecine (1921)

[L2]

Édit. 2017

opérations de Cunéo l.f.p.

Cunéo procedures

1°Opération pratiquée dans l’exstrophie de la vessie. Elle consiste à fabriquer une vessie avec une anse d’intestin grêle exclue et à y implanter les uretères (iléocystoplastie).
Le nouveau réservoir est abouché au périnée entre le rectum et sa gaine.
2° Résection du rectum par voie combinée, abdominale et périnéale, avec conservation du sphincter.
Le temps périnéal, par une longue incision sur un des côtés de l’anus, permet l’ablation et l’anastomose colorectale. Opération pratiquée en cas de cancer du rectum.

B. Cunéo, chirurgien français, membre de l’Académie nationale de médecine (1873-1944)

[M2,L2]

Édit. 2017

péritonites (classification des) l.f.

classification of peritonitis

La classification des péritonites et des infections intra-abdominales est d'abord anatomique, on les classe en péritonites généralisées ou localisées et on les rapporte à un viscère donné.
La classification de Hambourg (1987)
distingue :
- les péritonites primaires spontanées, souvent à pneumocoques et à streptocoques, tuberculeuses ou survenant au cours des cirrhoses et, pour certains auteurs, consécutives à des dialyses péritonéales ambulatoires ;
- les péritonites secondaires : par perforation (gastro-intestinale, en particulier d'origine ulcéreuse ou colique appendiculaire, après endoscopie, etc.) et aussi les pelvipéritonites et péritonites par translocation bactérienne, postopératoires (désunion d'anastomose, lâchage de suture) et posttraumatiques (traumatisme viscéral, hématome souspéritonéal ou un traumatisme de la paroi) ;
- les péritonites tertiaires (Meakins et Rotstein) qui sont souvent en relation avec des collections sérohématiques limitées. Elles sont sans germe pathogène ou germes à faible pouvoir pathogène (essentiellement des entérobactéries et des anaérobies. Il y a des péritonites fungiques.
Le pronostic, toujours sérieux, est en relation avec le terrain (l'âge en particulier), la cause, la localisation et surtout l'existence d'autres complications septiques et viscérales (respiratoires, cardiovasculaires, nerveuses, hépatiques, rénales, etc.).

O. D. Rotstein, J. L. Meakins, chirurgiens canadiens (1990)

Petit-Leadbetter (technique de) l.f.

Petit-Leadbetter’s technique

Technique d'implantation urétéro-colique associant les avantages d'une suture "bord à bord" de l'anastomose et d'un tunnel sous-muqueux antireflux.

W. F. Leadbetter, chirurgien urologue américain (1951) ; M. Petit, chirurgien urologue français (1984)

urétérosigmoïdostomie

plexus veineux rectal l.m.

plexus venosus rectalis (TA)

rectal venous plexus

Riche plexus veineux sous muqueux, surtout développé dans la partie anale du rectum, particulièrement dans la région des colonnes anales.
Il se draine dans les trois systèmes veineux rectaux supérieur, moyen et inférieur. Il réalise ainsi une très importante anastomose porto-cave.

Syn. anc.  plexus veineux hémorroïdal

ponction biopsie hépatique par voie transjugulaire l.f.

transjugular hepatic biopsy

Méthode employée, de préférence à la ponction directe, lorsqu'il existe des troubles de la coagulation.
Elle utilise la même voie que l'anastomose portocave transjugulaire.

porto-entérostomie hépatique l.f.

hepatoportoenterostomy

Chez les enfants porteurs d'une atrésie des voies biliaires extrahépatiques, anastomose, au hile hépatique, entre le confluent biliaire supérieur en amont des canaux atrésiques et une anse jéjunale montée en  Y.

portographie n.f.

portography

Examen radiographique de la veine porte après injection de produit de contraste iodé.
Le plus souvent la portographie est obtenue de façon indirecte après mise en place d'une sonde introduite par voie fémorale dans l'artère mésentérique supérieure ou dans le tronc cœliaque. Lors de l'opacification on visualise dans un premier temps l'artère puis, dans un second temps, la veine mésentérique supérieure ou splénique (en fonction du cathétérisme) et la veine porte ainsi que ses branches de division intra-hépatiques.
Plus rarement on peut obtenir une portographie directe soit par splénoportographie soit en ponctionnant les branches intra-hépatiques de la veine porte. Cette opacification peut être suivie d'embolisation de varices ou d'embolisation de certaines branches portales intrahépatiques, de façon à obtenir une hypertrophie compensatrice controlatérale du foie avant chirurgie majeure hépatique.
La portographie peut également être obtenue par ponction percutanée transhépatique, ou à partir d'un cathétérisme transjugulaire (premier temps d'une anastomose portocave). Cet abord a également été utilisé pour l'occlusion par embolisation des varices œsophagiennes. Les techniques de portographie directe permettent de réaliser des prélèvements dans les veines tributaires du tronc porte (par ex. dans les veines pancréatiques).

anastomose portocave transjugulaire

Potts (opération de) l.f.

Intervention chirurgicale destinée au traitement palliatif de certaines cardiopathies congénitales cyanogènes à débit pulmonaire bas.
Elle réalise une anastomose latérolatérale entre la face antérieure de l’isthme aortique et la face postérieure de la branche gauche de l’artère pulmonaire. Elle a le double effet d’augmenter le débit artériel pulmonaire et d’améliorer l’oxygénation du sang artériel. Elle peut représenter une première étape sur le chemin d’une correction complète de la malformation, son inconvénient est alors la relative difficulté de sa suppression lors de la correction complète.

W. J. Potts, chirurgien thoracique américain (1946)

prostatectomie totale n.f.

radical prostatectomy

Exérèse chirurgicale en bloc de la totalité de la glande prostatique, des vésicules séminales et des ampoules déférentielles, pour la cure d'un adénocarcinome localisé.
Cette intervention est pratiquée par voie hypogastrique rétro-pubienne, plus rarement par voie périnéale, ou par cœlioscopie Elle coupe l'urèthre sous le bec prostatique, la vessie au niveau du col, qui est ou non conservé, et la continuité est rétablie par anastomose vésico-uréthrale. Elle enlève ainsi la totalité de l'urèthre prostatique, le sphincter lisse et une grande partie du sphincter strié. Elle est génératrice de ce fait de troubles de la continence, qui sont transitoires et susceptibles de rééducation. Les nerfs érecteurs sont habituellement chirurgicalement préservés, mais les troubles de l'érection sont fréquents. Sur le plan carcinologique elle a une visée curatrice. Elle est précédée d'un curage ganglionnaire ilio-obturateur bilatéral (soit chirurgical, dans le même temps, avec examen histologique extemporané, soit coelioscopique ou rétro-péritonéoscopique, en un temps préalable) pour s'assurer de l'absence d'une extension ganglionnaire qui contrindiquerait l'intervention.

Syn. prostatovésiculectomie totale

racine supérieure de l'anse cervicale l.f.

radix superior ansae cervicalis (TA)

superior root of ansa cervicalis, superior limb of ansa cervicalis

Branche du nerf hypoglosse qui descend devant l’artère carotide commune et la veine jugulaire interne.
Elle s’anastomose avec la branche inférieure de l’anse cervicale.

Syn. anc. branche descendante du nerf hypoglosse

anse cervicale, branche inférieure de l'anse cervicale

[A1, H5]

Édit. 2020

rameau anastomotique entre l'artère lacrymale et l'artère méningée moyenne l.m.

ramus anastomoticus cum arteria lacrymali arteria meningea media (TA)

anastomotic branch with lacrymal artery middle meningeal artery

Rameau de la branche antérieure de l’artère méningée moyenne qui s’anastomose avec l’artère lacrymale, branche de l’artère ophtalmique.

rameau communicant avec le rameau auriculaire du nerf vague l.m.

ramus communicans cum ramo auriculare nervi vagi (TA)

communicating branch with auricular branch of vagus nerve

Anastomose unissant le nerf glosso-pharyngien à sa sortie du foramen jugulaire avec le rameau auriculaire du nerf vague.

M. F. Bichat, anatomiste et physiologiste français (1771-1802)

Syn. anc. anastomose de Bichat

rameau communiquant avec le nerf laryngé récurrent l.m.

ramus communicans cum nervo laryngeo recurrente (TA)

communicating branch with recurrent laryngeal nerve

Rameau postérieur du rameau interne du nerf laryngé supérieur destiné à la muqueuse pharyngienne qui recouvre la face postérieure du larynx et s’anastomose avec un filet du nerf laryngé récurrent.

Galien (Galen, Galenos, Galenus), médecin grec de Pergane (130-200)

Syn. anc.  anse anastomotique de Galien

rameau communiquant avec le plexus tympanique l.m.

ramus communicans cum plexu tympanico  (TA)

communicating branch with tympanic plexus

Branche du nerf facial née du ganglion géniculé.
Il sort de la partie pétreuse de l’os temporal par l’hiatus du canal du nerf petit pétreux, glisse sur la face antérieure de cette partie pétreuse, s’unit au passage avec le nerf petit pétreuxe et reçoit une anastomose du plexus nerveux de l’artère méningée myonne, puis traverse la base du crâne soit par le foramen pétreux de la grande aile de l’os sphénoïde situé en dedans et en arrière du foramen ovale, soit par la suture sphéno-pétreuse ou le foramen déchiré. Il se jette dans le ganglion otique auquel il apporte des fibres sécrétoires.

Syn. anc. petit nerf pétreux superficiel

rameau communicant du rameau laryngé interne avec le nerf laryngé récurrent l.m.

ramus communicans rami laryngeo interni cum nervo laryngeo recurrente (TA)

communicating branch of laryngeal internal branch with recurrent laryngeal nerve

Rameau postérieur du rameau interne du nerf laryngé supérieur destiné à la muqueuse pharyngienne qui recouvre la face postérieure du larynx et s’anastomose avec un filet du nerf laryngé récurrent.

Galien (Galen, Galenos, Galenus), médecin grec de Pergane (130-200)

Syn. anc. anse anastomotique de Galien

rameau communicant fibulaire du nerf fibulaire commun l.m.

ramus communicans fibularis ; ramus communicans peroneus (TA)

sural communicating branch

Branche collatérale sensitive du nerf fibulaire commun née au bord supérieur du condyle latéral du tibia.
Elle traverse le fascia jambier vers la partie moyenne de la face postérieure de la jambe et s’unit un peu au-dessous au nerf sural. Lorsque cette anastomose n’a pas lieu, le rameau communicant fibulaire se distribue aux téguments des régions malléolaire latérale et calcanéennes latérale et postérieure. Ses fibres proviennent de S1.

Syn. anc.  nerf saphène péronier, nerf accessoire du saphène externe,

rameau communicant fibulaire du nerf fibulaire commun avec le nerf cutané sural médial l.m.

ramus communicans fibularis nervi fibularis cum nervo cutaneo surae mediali ; ramus communicans peroneus nervi peronei cum nervo cutaneo surae mediali (TA)

sural communicating branch of fibular nerve with medial sural cutaneus nerve

Branche collatérale sensitive du nerf fibulaire commun née au bord supérieur du condyle latéral du tibia.
Elle traverse le fascia jambier vers la partie moyenne de la face postérieure de la jambe et s’unit un peu au-dessous au nerf sural. Lorsque cette anastomose n’a pas lieu, le rameau communicant fibulaire se distribue aux téguments des régions malléolaire latérale et calcanéennes latérale et postérieure. Ses fibres proviennent de S1.

Syn. anc. nerf saphène péronier, nerf accessoire du saphène externe

rameau perforant de l'artère fibulaire l.m.

ramus perforans arteriae fibularis (TA)

perforating branch of fibular artery

Branche terminale antérieure de l’artère fibulaire qui traverse l’extrémité inférieure de la membrane interosseuse de la jambe.
Elle descend en avant du squelette et s’anastomose sur la face antérieure de l’articulation talo-crurale avec les rameaux malléolaires latéraux de l’artère fibulaire.

Syn. anc. artère péronière antérieure, artère péronière perforante

rameau stapédien de l'artère tympanique postérieure l.m.

ramus stapedius arteriae tympanicae posterioris (TA)

stapedial branch of posterior tympanic artery

Rameau de l’artère tympanique postérieure, branche de l’artère stylo-mastoïdienne, destinée au stapes.
Il représente une anastomose entre l’artère carotide externe et l’artère carotide interne.

raquette de Valentin l.f.

Valentin’s racket

Anastomose entre les branches temporofaciale et cervicofaciale du nerf facial.

G. G.  Valentin, physiologiste allemand, membre de l’Académie de médecine (1810-1893)

Valentin (raquette de), nerf facial

réimplantation urétérovésicale l.f.

Abouchement d'un uretère dans la vessie

L'anastomose peut être réalisée en place même de l'ancien méat ou en tout autre point de la vessie. Elle peut être directe ou comporter un dispositif antireflux. Cette intervention succède à une urétérectomie pelvienne ou terminale, ou est réalisée dans la cure d'un obstacle laissé en place, d'une fistule urétérale, d'un traumatisme du bas uretère, ou d'un reflux vésico-urétéral.

Syn. anastomose urétérovésicale, urétérocystonéostomie

opération antireflux, urétérocystonéostomie

ré-instillation digestive l.f.

digestive reinstillation

Traitement palliatif des fistules digestives externes (essentiellement fistules entéro-cutanées de l'intestin grêle) par prélèvement du liquide digestif dans le segment intestinal d’amont et ré-instillation dans le segment d’aval.
Généralement ces fistules intestinales ou biliaires sont une complication de la chirurgie digestive (lâchage d'anastomose, chirurgie des voies biliaires). La ré-instillation s'emploie surtout pour les fistules biliaires et celles de la partie haute du grêle si le segment intestinal sous-lésionnel est tolérant et fonctionnel. La ré-instillation peut être continue à l'aide d'un appareillage automatique spécial.

réseau artériel l.m.

rete arteriosum (TA)

arterial plexus

Anastomose en une région donnée des artères collatérales d’un même tronc artériel ou avec les troncs artériels voisins.
Un tel réseau joue un rôle important dans le maintien d’une bonne vascularisation au cours de mouvements amples des articulations des membres ou en cas d’obstruction d’un tronc artériel principal.

résection transvésicale de l'uretère terminal l.f.

Puigvert's operation, "pull through" operation

Technique opératoire permettant l'ablation de la terminaison d'un uretère et la réimplantation de celui-ci en passant à travers la vessie.
Elle comporte l'abord transvésical du trigone, la découpe de l'orifice urétéral, l'attraction progressive de l'uretère dans la vessie lors de sa dissection, la résection de celui-ci, et enfin l'anastomose urétérovésicale directe. Cette technique utilisée pour le traitement des lésions de l'uretère terminal constitue plus souvent le premier temps d'une opération antireflux.

A. Puigvert, chirurgien urologue espagnol (1956)

Syn. opération de Puigvert

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