Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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médiateur chimique l.m.

chemical mediator

Substance chimique d’origine diverse : plasma, cellules, tissus, qui, libérée à la suite d’une excitation physiologique ou d’une agression, transmet par sa liaison à un récepteur, un message ou une information à une cellule cible influencée électivement.
Cet accueil entraîne une réaction biologique propre à ce récepteur. P. par exemple les médiateurs libérés par les terminaisons nerveuses au niveau des synapses transmettent l’excitation d’un neurone à l’autre dans le cerveau, des nerfs aux muscles et aux différents organes.

Étym. Étym ; lat. mediator : déverbal de mediare : s’interposer

→ neuromédiateur

médullaire du poil l.f.

hair medulla

Zone centrale du poil ou du cheveu constituée de grandes cellules anucléées plus ou moins disjointes et souvent remplacées par de petites bulles d'air.
La médullaire du poil est inconstante chez l'Homme et est absente dans les duvets et le lanugo.

Étym. lat. medullaris de medulla : moelle

médulloépithéliome n.m.

meduloepithelioma

Tumeur observée surtout au niveau du corps ciliaire, attribuée à la prolifération anormale de cellules dérivant du cerveau antérieur et de la vésicule optique.
L'atteinte de la portion orbitaire du nerf optique est rare mais possible ; un cas de médulloépithéliome malin a été rapporté.

Étym. lat. medulla : moelle ; gr. epi  thêlê : sur le mamelon (membrane recouvrant) ; -ome : désigne la tumeur

mégacôlon n.m.

megacolon

Dilatation plus ou moins marquée du gros intestin sur un segment variable de son étendue, qui se traduit cliniquement par une constipation opiniâtre, une distension de l'abdomen et une stase stercorale.
Chez l'adulte, le mégacôlon est souvent secondaire à une sténose sous-jacente, une intoxication, une affection nerveuse, et correspond au point de vue anatomopathologique à un épaississement de la couche musculeuse et à une absence au niveau de la jonction rectosigmoïdienne des cellules nerveuses dans les plexus de Meissner et d'Auerbach.

Étym. gr. megas : grand, gros ; côlon :  gros intestin

Meier-Gorlin (syndrome de) l.m.

Meier-Gorlin syndrome, ear-patella-short stature syndrome, MGS

Malformation congénitale autosomique récessive rare comportant une triade : malformation de l’oreille, absence ou hypoplasie rotulienne et petite taille.
La triade est complète dans 85 pour cent des cas ; elle peut être associée à d’autres anomalies : craniocéphaliques, génitales, mammaire (hypoplasie ou aplasie), et aux membres (camptodactylie, os grêles et incurvés, pied bot). L’état mental est normal. Sex-ratio 1/1.
Dans les familles atteintes la consanguinité est fréquente. Six gènes sont en cause ; ils codent pour six sous unités protéique agissant sur le début de la replication et sur la transcription de l’ADN nécessaires pour le développement des cellules, des organes et pour la croissance. Selon le ou les gènes en cause et leur localisation six types du syndrome MGS sont décrits. Les plus graves sont le syndrome MGS1 lié à la mutation du gène ORC1 (Origine Recognition Complex 1) localisé en 1p32 et le syndrome MGS2 dont le gène ORC4 est en 2q22-q23.

Z. Meier, pédiatre suisse (1959), R. J. Gorlin, stomatologue et généticien américain (1975)

Sigle : MGS pour Meier-Gorlin syndrome

Meissner (plexus de) l.m.

Plexus nerveux formé de petits amas de cellules ganglionnaires parasympathiques, situé dans la sous-muqueuse du tractus intestinal.
Il en émane des fibres postganglionnaires innervant les glandes muqueuses et les fibres musculaires lisses de la musculaire muqueuse.

G. Meissner, anatomiste allemand (1857)

mélanine n.f.

melanin

Pigment brun ou noir présent dans la peau, les phanères, les membranes de l'œil, la choroïde et certaines régions du cerveau telles que le locus niger ou le locus caeruleus et dans les mélanocytes par l’intermédiaire des mélanosomes ; sa biosynthèse est sous la dépendance de facteurs génétiques et endocriniens et augmentée par les rayons ultraviolets.
Ce pigment est transféré aux cellules des différents organes notamment dans l’épiderme où il joue un grand rôle dans la protection contre les rayons solaires. On le met en évidence sur les préparations histologiques grâce aux imprégnations argentiques, telle la technique de Masson.
Pathologiquement il peut se trouver dans les nævus, les mélanomes et les phéochromocytomes, ainsi que dans l'urine.
Il existe plusieurs types de mélanine. On distingue les eumélanines, formées directement à partir de la DOPAquinone par l'intermédiaire du DOPAchrome et les phéomélanines, formées à partir de la 5-cystéinyl DOPA, plus riches en soufre et abondantes chez les sujets roux.
Les mélanines sont des polymères de masse plus ou moins élevée, résultant de la condensation de dérivés diphénoliques et quinoniques qui se forment par oxydation de la tyrosine sous l'effet d'une tyrosinase, enzyme présent dans les mélanoblastes et les mélanocytes.

Étym. gr. melas : noir

mélanocytome de la papille l.m.

optic disc melanoma, magnocellular nævus

Mélanocytome souvent petit et très pigmenté.
Lorsque ces mélanocytomes sont bénins, ils restent peu saillants, mais peuvent atteindre la lame criblée. Ils ont souvent une disposition excentrique et peuvent s'étendre à la rétine adjacente, se développant lentement et  entraînant une perte visuelle ; ils sont constitués par des cellules ovoïdes très pigmentées.

Étym. gr. melas : noir ;  cytos : cellule ; -ome : suffixe indiquant une tumeur

Syn. nævus magnocellulaire

mélanome achromique l.m.

amelanotic melanoma

Mélanome siégeant électivement aux pieds, aux malléoles, aux mains ou aux organes génitaux, consistant en un bourgeon érodé saignotant, de diagnostic difficile car non pigmenté et pouvant simuler une verrue irritée, un granulome pyogénique ou encore un porome eccrine.
À l'examen histologique, la nature nævique des cellules tumorales est parfois difficile à déterminer par suite de l'absence de mélanine, même sur des coupes colorées par la technique de Masson : une aide au diagnostic pourra être apportée par les techniques de marquage cellulaire. La nature de la lésion n'étant souvent reconnue que tardivement, il s'agit dans la plupart des cas de lésions infiltrantes à pronostic grave.

Étym. gr. melas : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur ; a privatif ; chrôma : couleur

mélanome desmoplastique l.m.

desmoplastic melanoma

Mélanome pouvant survenir comme lésion primitive, mais surtout observé dans les récidives, envahissant profondément le derme et composé de cellules fusiformes à noyau irrégulier et hyperchromatique, souvent disposées en faisceaux, simulant un sarcome fibroblastique.
Par suite de l'infiltration profonde de la tumeur, le pronostic est sévère dans la plupart des cas.

Étym. gr. melas : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur ; desmos : lien ; plassein : modeler, faconner

mélanome sur mélanose de Dubreuilh l.m.

lentigo maligna melanoma (LMM)

Mélanome malin survenant sur une mélanose circonscrite précancéreuse de Dubreuilh et se manifestant cliniquement par l'apparition, sur la plaque lentement extensive de la mélanose, d'un ou de plusieurs nodules durs intradermiques de teinte bleutée qui correspondent histologiquement à un envahissement du derme par des cellules tumorales.
Dans l'ensemble, l'évolution est plus lente et de pronostic moins sombre que dans les autres types de mélanome. Ici aussi, le pronostic dépend du niveau d'infiltration dans le derme et de l'épaisseur de la tumeur.

W. Dubreuilh, dermatologue français, membre de l’Académie de médecine (1894)

Étym. gr. melas : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur

→ mélanose circonscrite précancéreuse de Dubreuilh

membrane anhiste l.f.

anhistic membrane

Membrane constituant la paroi externe de l’hydatide (ou kyste hydatique).
Blanc nacré ou ivoire, ayant l’aspect de blanc d’œuf cuit, quelquefois assez épaisse (1 ou 2 mm), elle est constituée de couches concentriques d’une substance proche de la chitine et ne contient pas de cellules. Douée d’une certaine élasticité, elle assure l’intégrité du kyste.

Étym. gr. an- ,  privatif ; histos : tissus

membrane cellulaire l.f.

cell membrane

Membrane limitante séparant soit le contenu cellulaire, cytoplasme et noyau, du milieu extérieur (c’est une interface dynamique), soit à l'intérieur de la cellule le noyau du cytoplasme, (membrane nucléaire), soit dans le cytoplasme lui-même les divers organites au sein de la matrice cytoplasmique (mitochondries etc.).
En microscopie électronique les membranes cellulaires ont une structure phospholipidique en trois couches identiques pour toutes les cellules, deux couches denses séparées par une couche claire.
La double couche lipidique est formée de petites molécules dont les pôles hydrophiles sont orientés vers l’extérieur de la membrane et les pôles hydrophobes vers l’intérieur.
Ainsi la double couche lipidique est imperméable à toutes les molécules ou ions hydrosolubles et seules les molécules liposolubles – anesthésiques et médicaments peuvent les traverser.
Le passage de l'eau et des molécules hydrosolubles se fait grâce aux molécules protéiques qui sont situées dans la membrane, formant en certains points des pompes ioniques capables de s'ouvrir quand une molécule spécifique du milieu extracellulaire se fixe sur le site actif (p. par exemple un neurotransmetteur).

Étym. lat. membrana ; cellula (diminutif de cella) : cellule, petite maison

Syn. membrane cytoplasmique

→ pompe ionique, transports aqueux transmembranaires

membrane hyaline l.f.

hyaline membrane

Membrane fibrinoïde tapissant les alvéoles pulmonaires du nouveau-né en cas de déficit ou d’absence de surfactant.
Ce dépôt fibrineux recouvre, sous forme d'un film éosinophile, la surface de la cavité alvéolaire pulmonaire et contient des résidus lipidiques provenant de la nécrose des cellules épithéliales alvéolaires.
Elle est responsable de la maladie des membranes hyalines du prémauré.
Elle s’observe aussi chez l’adulte au décours du syndrome de détresse respiratoire aiguë après la régression de l’alvéolite œdémateuse avant l’évolution vers la fibrose.

Étym. lat. membrana  : membrane : hyalinus (gr. hyalinos) : transparent

→ maladie des membranes hyalines

membrane otolithique l.f.

membrana statoconiorum (TA)

otolithic membrane

Couche muqueuse molle et épaisse qui recouvre les taches auditives de l’utricule et du saccule.
Cette membrane, qui est remplie de concrétions calcaires (otolithes, otoconies ou statoconies), serait secrétée par les cellules sensorielles des macules.

membrane quadrangulaire l.f.

membrana reticularis organi spiralis (TA)

quadrangular membrane

Lame fibreuse mince située dans l’épaisseur des plis ary-épiglottiques et tendue entre le bord latéral du cartilage épiglottique et la  face antéro-latérale du cartilage aryténoïde.
Véritable ligament, elle converge avec son symétrique et le ligament thyro-épiglottique médian dans la commissure antérieure des plis vestibulaires.
 membrane réticulaire de l’organe spirale l.f.
reticular membrane of spiral organ
Ensemble des membranes obturantes encadrant l’extrémité superficielle des cellules de l’organe spiral.

A.marquis de Corti, anatomiste et histologiste italien (1822-1888) ; R. von Kölliker, anatomiste, histologiste et zoologiste suisse (1817-1905)

Syn. anc. membrane réticulée de l’organe de Corti ; membrane de Kölliker

→ aditus laryngé, pli ary-épiglottique

[A1,P1]

Édit. 2017

mémoire épigénétique l.f.

epigenetic memory

Délai généralement long pour que s'établisse un nouvel état biochimique dans le cytoplasme après une perturbation majeure, p. par exemple fusion de gamètes, de cellules somatiques, greffe de noyau, etc.

Étym. gr. epi : sur, en plus ; genetikos : en rapport avec la génération (de genesis : naissance)

→ environnement épigénétique, épigénétique

MEN1 gene sigle anglais pour menin 1

Gène situé sur le locus chromosomique 11q13 codant pour la protéine menin qui agit comme suppresseur de tumeur empêchant les cellules de croître et se diviser trop rapidement ou dans une voie non contrôlée.
La mutation de ce gène entraîne la néoplasie endocrinienne multiple, l’hyperparathyroïdie familiale, l’hyperplasie congénitale des surrénales

Syn. MEAI, MEN1_HUMAN, menin, multiple endocrine neoplasia I

→ néoplasie endocrinienne multiple, hyperparathyroïdie familiale, hyperplasie congénitale des surrénales

méningiome cutané l.m.

cutaneous meningioma

Tumeur cutanée rare, dont le point de départ se situe au niveau des méninges du cerveau ou de la moelle épinière et dont on distingue une forme primaire et une forme secondaire.
Les méningiomes cutanés primaires sont bénins, généralement présents dès la naissance, siègent le plus souvent dans le cuir chevelu, sur le front ou dans la région paravertébrale, et sont parfois en rapport avec le système nerveux central, occasionnant alors une fuite de liquide céphalorachidien; les méningiomes cutanés secondaires résultent de l'extension d'une tumeur intracrânienne et atteignent la peau par érosion osseuse.
Leur structure histologique consiste en petits amas ou en travées de cellules ovalaires à cytoplasme pâle, situés dans un stroma fibreux lâche ou hyalinisé; la présence de corpuscules hyalins à lamelles concentriques présentant des degrés variés de calcification est caractéristique.

Étym. gr. meningx : membrane très fine, méninge ; -ome : suffixe indiquant une tumeur

méningiome du nerf optique l.m.

optic nerve meningioma

Ensemble de tumeurs soit primitives lorsqu'elles émergent de la gaine du nerf optique, soit secondaires lorsqu'elles naissent dans le crâne et s'étendent ensuite à l'orbite, enfin ectopiques quand elles naissent primitivement dans la cavité orbitaire sans provenir des gaines méningées du nerf optique.
Elles sont faites d'une prolifération de cellules méningothéliales qui forme une masse tumorale pouvant à terme comprimer le nerf optique et  entraîner une baisse d'acuité visuelle. Elles sont explorées par la scanographie et surtout l'imagerie par résonance magnétique nucléaire qui permet une exploration axiale du trajet du nerf (coupes sagittales obliques). Le traitement fait appel à la chirurgie et à la radiothérapie.

Étym. gr. mêningx : membrane ; -ome : suffixe indiquant la tumeur

mérocrine adj.

merocrine
1) Se dit d'une glande dont la sécrétion se fait par expulsion hors de la cellule : le protoplasme cellulaire est préservé, la cellule demeure apte à poursuivre l’élaboration d’un nouveau matériel sécrétoire.
2) Se dit de cette sécrétion elle-même.
Ce type de sécrétion exocrine concerne les cellules mucipares gastriques, les acini séreux et muqueux.

L. Ranvier, histologiste français, membre de l'Académie de médecine (1869)

Étym. gr. méros : partie, krinein : sécréter

→ cellules mucipares gastriques, acini séreux et muqueux.

mésangium glomérulaire l.m.

glomerular mesangium

Un des constituants du glomérule dont l'existence, longtemps contestée, a été définitivement établie par le microscope électronique.
Il comporte une matrice extracellulaire constituée essentiellement de fibronectine et de cellules. Il occupe l'espace centrolobulaire, séparé de l'espace urinaire par la membrane basale et de la lumière capillaire par la cellule endothéliale qui s'appuie directement sur le mésangium. Les principales lésions du mésangium sont la prolifération cellulaire, les dépôts au sein de la matrice, l'hypertrophie globale ou nodulaire de la matrice, la mésangiolyse.

Étym. gr. mesos : milieu : angeion : vaisseau

mésoderme n.m.

1) le mésothélium des cavités péricardique, pleurale, péritonéale, les épithéliums des gonades, l'épithélium du canal de Muller fournissant les trompes, l’utérus et le vagin ;

2) le mésenchyme qui forme tout le tissu conjonctif, les endothéliums vasculaires et les cellules musculaires striées, cardiaque et squelettique.

Étym. gr. mesos : au milieu ; derma : peau

Syn. mésoblaste

→ mésoblaste

[A4,O6]

mésothéliome vaginal l.m.

mesothelioma of tunica vaginalis

Tumeur rare, de malignité variable, développée aux dépens des cellules de revêtement de la séreuse vaginale testiculaire.
C'est une cause possible d'hématocèle spontanée récidivante.

Étym. gr : mesos : au  milieu ; thêlê : construit d’après épithêlium : qui recouvre (le mamelon) : -ome indique la tumeur

métabolite primaire l.m.

primary metabolite

Molécule présente dans toutes les cellules d'une espèce vététale ou fongique, qui est indispensable à la croissance, au développement et à la reproduction de l'espèce.
Les métabolites primaires sont directement impliqués dans les processus indispensables au développement normal et à la reproduction de la cellule. Ils sont synthétisé pendant la phase exponentielle de croissance du micro-organisme.Ce sont par exemple des acides aminés, des acides carboxyliques, des alcools, des antioxydants, des nucléotides, des polyols ou encore des vitamines.

Étym. gr. metabolê : changement, de metaballein : transformer

→ métabolite, métabolite secondaire

[C1, C2, C3]

Édit. 2019

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