neurinome de l'acoustique l.m.
acoustic neuroma
Tumeur bénigne encapsulée, constituée aux dépens des cellules de la gaine de Schwann du contingent vestibulaire du nerf auditif, d’évolution très lente, dont la gravité tient à son développement dans l’angle pontocérébelleux où elle contracte des adhérences avec le tronc cérébral.
Ce schwannome représente environ 5% des tumeurs cérébrales, 25% de celles de la fosse postérieure et 80 à 95% de celles de l'angle. Dans 5% des cas, un neurofibrome s'inscrit dans le cadre de la maladie de von Recklinghausen (neurofibromatose de type II).
Survenant plus souvent chez la femme après 30 ans, son diagnostic doit être systématiquement évoqué devant la symptomatologie souvent discrète, en général unilatérale, de la phase otologique : surdité unilatérale de perception progressive, acouphènes, troubles modérés de l’équilibre. Des accidents de compression des nerfs voisins et du tronc cérébral sont possibles. Des anomalies des potentiels évoqués auditifs précoces sont pratiquement constantes. L'imagerie cérébrale, surtout l'IRM, peut permettre de découvrir de petits neurinomes endo-canaliculaires. L'intervention, avec ses nouvelles techniques comme la fragmentation tumorale par ultrasons, est alors relativement bénigne, pratiquée avant une extension extra-canaliculaire.
Plus tard, se développeront surtout des atteintes du nerf facial et du trijumeau, suivies de signes davantage péjoratifs (syndrome cérébelleux homolatéral, signes de souffrance du tronc cérébral, etc.).
De bons arguments différentiels sont constitués par l’absence ou la discrétion des signes cochléovestibulaires, un aspect normal du conduit auditif et une localisation légèrement éloignée de celui-ci en imagerie, des condensations anormales (méningiome), d’autres localisations encéphaliques éventuelles (cholestéatome dit aussi kyste épidermoïde de l’adulte jeune).
œdème localisé l.m.
localized œdema
Devant un œdème d'apparition brutale, les localisations au visage ou à un membre correspondent à des causes différentes et l’orientation diagnostique est différente selon que le patient est fébrile ou non, et l'œdème douloureux ou non.
- Parmi les œdèmes localisés au visage,
- les uns apyrétiques et indolores :
œdème de Quincke (qui peut s'accompagner d'un œdème de la glotte), trichinose, virus d'Epstein-Barr ;
- les autres fébriles :
thrombophlébite du sinus caverneux ou éthmoïdite aigüe (œdème palpébral, œdème hémorragique aigu du nourrisson, streptococcie maligne de la face (souvent dû à furoncle négligé).
- Parmi les œdèmes des membres apyrétiques douloureux :
- indépendamment d'un effort musculaire :
piqûre d'hyménoptère, morsure de serpent, maladie de Lyme, anisakiase, périartérite noueuse, œdème après pontage vasculaire, tumeur osseuse, maladie de Paget, sarcome musculaire, arthrite septique ou inflammatoire, myosite localisée, thrombose veineuse, revascularisation tardive (ex. levée de garrot), rupture d'un kyste poplité, rupture d'un anévrisme poplité ;
- survenant après un effort musculaire :
rupture tendineuse, claquage musculaire, syndrome des loges par inextensibilité
- Parmi les œdèmes des membres fébriles avec érythème et douleur :
lymphangite, érysipèle streptococcique, fasciite nécrosante.
Étym. gr. oïdêma : gonflement (de oïdein : grossir)
→ œdème
Édit. 2017
ostéosarcome télangiectasique l.m.
telangiectatic osteosarcoma
Forme particulière d’ostéosarcome caractérisée par un développement important de la vascularisation, l’aspect ostéolytique sur les radiographies, la fréquence des fractures de la corticale et la gravité du pronostic.
La tumeur, située dans la métaphyse des os longs et formée de lacs vasculaires hémorragiques avec des travées osseuses contenant des cellules tumorales, est expansive. Les corticales sont irrégulières et amincies, souvent fracturées. La présence d’ossifications en périphérie et à l’intérieur de la lésion, la constatation à l’examen histologique de tissu ostéoïde, d’os et d’anomalies cellulaires affirment le diagnostic et permettent de différencier ce type d’ostéosarcome d’un kyste anévrismal de l’os. Cette tumeur est chimiosensible, mais sa rapidité d’évolution est un facteur pronostique péjoratif.
Étym. gr. têlê : loin ; aggeion : vaisseau ; ektasis : dilatation
Édit. 2017
ouraque (kyste de l') l.m.
urachal cyst
Cavité de contenu liquide clair, hématique ou mucoïde, constituée sur le trajet de l'ouraque du fait d'une oblitération incomplète de l'allantoïde.
Il se manifeste par une tumeur sous-ombilicale et sus-pubienne, dont l'exérèse chirurgicale s'impose. Un adénocarcinome peut se développer dans un kyste ouraquien.
Édit. 2017
ovariectomie n.f.
ovariectomy
Exérèse chirurgicale de l’ovaire.
Elle se pratique par laparotomie ou cœliochirurgie. Elle est indiquée dans les cancers de l’ovaire et de l’utérus, en cas de kyste séreux, muqueux, dermoïde ou endométriosique, détruisant l’ovaire, en cas d’abcès ovarien. Elle est recommandée chez les femmes porteuses des mutations BRCA1 et BRCA2 prédisposant aux cancers du sein et de l’ovaire. Elle est parfois pratiquée sur des ovaires sains au cours des hystérectomies après la ménopause.
Syn. oophorectomie
→ BRCA gene, laparotomie, cœliochirurgie, hystérectomie
[F2, O3, O5]
Édit. 2019
ovarien adj.
ovarian
Qui se rapporte à l’ovaire, p. ex. un kyste ovarien.
Syn. Ovarique
Édit. 2017
ovariotomie n.f.
ovariotomy
Section chirurgicale de l’ovaire, p. ex. en cas de kyste dermoïde, pour chercher une lésion infraclinique sur l’autre ovaire.
Édit. 2017
pilomatricome invasif l.m.
Tumeur du cuir chevelu qui peut être assimilée au kyste trichilemmal proliférant.
R. J. Reed, anatomopathologiste et L. M. Lamar, dermatologiste américains (1966)
Syn. pilomatrixome
pneumoarthrographie n.f.
pneumoarthrography
Arthrographie où le produit de contraste injecté est associé à un gaz stérilisé pour obtenir une image en double contraste.
Les indications sont nombreuses. Au genou, cette technique est utilisée pour diagnostiquer les anomalies mécaniques comme les déchirures méniscales, la rupture d'un kyste poplité. À l'épaule, elle est prescrite pour le diagnostic des lésions de la coiffe des rotateurs et de la capsulite rétractile. Pour la hanche et le genou, elle peut metre en évidence un descellement d'une prothèse totale. Enfin, elle permet dans la synovite villonodulaire pigmentaire ou l'ostéochon
poche branchiale l.f.
branchial pouch
Chacune des dépressions de l’appareil branchial qui séparent les arcs branchiaux sur les faces ectoblastique et entoblastique des régions latérales céphalocervicales de l’embryon.
On peut individualiser quatre poches ectoblastiques et cinq poches entoblastiques.
Les premières poches ectoblastique et entoblastique se développent en convergeant l’une vers l’autre entre le 1er et le 2ème arc branchial. La 1ère poche ectoblastique donne naissance au conduit auditif externe et au feuillet ectodermique du tympan. La 1ère poche entoblastique forme la couche endothéliale de la membrane tympanique. La partie distale profonde de la 1ère poche s’élargit pour former la cavité tympanique primitive (future oreille moyenne) qui s’ouvre par sa partie proximale restée étroite dans la cavité pharyngienne, constituant le canal pharyngotympanique.
Les 2ème, 3ème et 4ème poches ectoblastiques sont fermées et progressivement enfouies par prolifération du 2ème arc branchial qui les recouvre et normalement fusionne avec la crête épicardique à la limite caudale du cou. Elles forment en profondeur une cavité ectoblastique, le sinus cervical, qui normalement disparaît complètement. Les anomalies de développement à ce niveau sont responsables de malformations : fistule branchiale, kyste latéral du cou.
Les 2ème, 3ème, 4ème et même 5ème poches entobranchiales endopharyngées sont à l’origine d’organes bien individualisés. La 2ème poche devient la loge tonsillaire dans laquelle prolifère la tonsille palatine. La 3ème poche donne, par son récessus dorsal, la glande parotide inférieure et, par son récessus ventral, le thymus qui, en migrant en direction caudale et médiale, entraîne la parotide inférieure qu’il abandonne à la face dorsale du pôle inférieur du lobe latéral de la glande thyroïde. La 4ème poche donne la glande parathyroïde supérieure qui migre à la face dorsale du lobe latéral de la glande thyroïde. La 5ème poche, diverticule caudal de la 4ème, donne le corps ultimobranchial qui s’incorpore dans le lobe latéral de la glande thyroïde.
→ appareil branchial, arc branchial, fistule branchiale, sinus cervical, kyste cervical latéral, corps ultimobranchial.
polyarthrite rhumatoïde (signes d'imagerie en fonction des localisations dans la) l.f.
rheumatoid arthritis (radiographic signs in relationship with the localisation…)
Les signes d’imagerie de la polyarthrite rhumatoïde varient en fonction des localisations articulaires.
Au début, la polyarthrite rhumatoïde (PR) affecte surtout les mains et les pieds, de manière à peu près symétrique.
- Au niveau des mains et des poignets
Elle peut se manifester d’abord par une synovite radio-ulnaire distale, radio-carpienne, médio-carpienne, métacarpo-phalangienne, parfois interphalangienne proximale (échographie) ; une ténosynovite des fléchisseurs et/ou des extenseurs ; des érosions du processus styloïde ulnaire, des têtes métacarpiennes, notamment sur leur bord radial, plus tardivement par une « carpite » rhumatoïde et, dans les arthrites évoluées, des déformations des doigts.
- Au niveau des pieds et des chevilles
Elle peut se manifester d’abord par une synovite des articulations métatarso-phalangiennes avec érosions des têtes métatarsiennes (surtout des bords médial du 1er métatarsien et latéral du 5ème métatarsien), une arthrite subtalaire postérieure, une synovite de la bourse pré-achilléenne , une ténosynovite tibiale postérieure, puis des déformations de l’avant-pied (avant-pied triangulaire), une subluxation latérale des articulations métatarso-phalangiennes, une arthrite talo-crurale.
- Au niveau des épaules
Elle peut se manifester d’abord par une synovite articulaire gléno-humérale, acromio-claviculaire et/ou de la bourse sous-acromio-deltoïdienne, des érosions para-trochitériennes, un amincissement sans rupture des tendons de la coiffe des rotateurs, puis une sévère arthropathie de l’épaule aboutissant à sa destruction.
- Au niveau des genoux
Elle peut se manifester d’abord par une synovite tricompartimentale qui se prolonge dans un kyste poplité, des érosions périphériques, puis un pincement des interlignes articulaires et une destruction progressive du genou.
- Au niveau de la colonne vertébrale
Dans la région cranio-vertébrale elle peut se manifester d’abord par une arthrite atloïdoaxoïdienne (C1-C2) avec pannus, puis par une destruction et une déstabilisation progressive de la région cranio-vertébrale (luxation antérieure de la première vertèbre cervicale sur la seconde luxation supérieure du processus odontoïde dans le foramen occipital) avec le risque d’une compression bulbaire.
Dans la région de la colonne cervicale inférieure elle peut se manifester par des arthrites zygapophysaires avec discites inflammatoires, source de sténose et d’instabilité, elles-mêmes à l’origine de compression médullaire.
Les lésions anatomiques évoluées de la polyarthrite rhumatoïde devraient progressivement disparaitre avec les traitements actuels.
Étym. gr. polus : nombreux ; arthron: articulation : rheuma : fluxion ; eidos : apparence
→ polyarthrite rhumatoïde (clinique de la), polyarthrite rhumatoïde (critères diagnostiques), polyarthrite rhumatoïde (manifestations extra-articulaires), polyarthrite rhumatoïde (imagerie de la…), sérologie rhumatoïde, ténosynovite, spondylodiscite, synovite, carpite, articulations zygapophysaires
[B2,I1]
ptérygion poplité dominant (syndrome du) l.m.
popliteal pterygium syndrome
Fente palatine avec membres inférieurs palmés, ptérygium poplité, bec de lièvre ou kyste paramédian muqueux de la lèvre inférieure, et parfois ankyloblépharon congénital filiforme.
Le ptérygion va de la tubérosité ischiale au talon, il s'y associe parfois un ptérygion intercrural et des anomalies génitales. Au niveau du bec de lièvre et de la fente palatine il y a parfois une absence d'incisive ou de canine supérieure. Les cheveux ont un aspect laineux. Pour les mains et les pieds, il peut y avoir des anomalies de la peau autour des ongles, une hypoplasie des ongles, et une syndactylie du troisième et quatrième doigt (surtout au niveau des orteils). L’affection est autosomique dominante (MIM 119500).
D. Klein, ophtalmologiste et généticien suisse (1962)
Syn. faciogénitopoplité (syndrome)
ptérygium poplité dominant (syndrome du) l.m.
popliteal pterygium syndrome (dominant)
Malformations congénitales associant : ptérygium poplité, fente palatine, bec de lièvre ou kyste paramédian muqueux de la lèvre inférieure.
Le ptérygium va de la tubérosité ischiatique au talon ; il s'y associe parfois un ptérygium intercrural et des anomalies génitales. Anomalies des phanères : cheveux et ongles, des mains et des pieds : hypoplasie, syndactylie du troisième et quatrième doigt. L'affection est autosomique dominante.
D. Klein, ophtalmologiste et généticien suisse (1962)
Syn. faciogénitopoplité (syndrome)
réaction périostée l.f.
periosteal reaction
Réaction ossifiante du périoste sus-jacent à un processus pathologique intra-osseux (surtout au niveau d’un os long) visible en radiographie, dont la morphologie reflète l’activité du processus pathologique.
- Une réaction périostée unilamellaire continue accompagne un processus actif, mais en général bénin (infection, infarctus, fissure de contrainte, fracture…).
- Une réaction corticale plurilamellaire continue parallèle à la surface osseuse (« image en bulbe d’oignon »), perpendiculaire à elle (« image en feu d’herbe ») ou divergente (« image en rayons de soleil ») est en faveur d’un processus agressif, souvent malin : le plus souvent un ostéosarcome, mais aussi une infection…
- Une destruction de la corticale, remplacée par une coque périostée continue (« soufflure ») traduit un processus d’agressivité intermédiaire. Si la coque est discontinue, l’agressivité est plus importante.
- Une destruction corticale accompagnée d’une réaction périostée discontinue (« éperon de Codman ou triangle de Codman ») est en faveur d’une lésion agressive : sarcome osseux, kyste anévrysmal…
E. A. Codman, chirurgien américain (1869-1940)
Syn. apposition périostée, image en bulbe d'oignon, image en feu d’herbe, image en rayons de soleil, éperon de Codman
reliquat embryonnaire l.m.
embryonal remnant
Persistance, au sein d'un organe ou d'un tissu, de structures anatomiques et (ou) histologiques correspondant à un stade normal mais transitoire de l'embryogénèse.
Ainsi, on peut trouver des canaux mésonéphrotiques au niveau des ovaires, des trompes, ou du col utérin, un canal thyréoglosse dans la région cervicale médiane à proximité de l'os hyoïde, un kyste branchial dans la région latérocervicale ; un diverticule de Meckel (reste du canal omphalomésentérique), des vestiges paradentaires de l'organe adamantin, etc. Après une phase plus ou moins longue de quiescence, certaines de ces malformations, ou dysgénèses, peuvent se révêler cliniquement soit par des phénomènes rétentionnels (des kystes), soit par de véritables tumeurs dont les plus graves sont les tumeurs de blastème ou carcinomes embryonnaires.
Syn. reste embryonnaire, structure ou formation vestigiale
→ carcinome embryonnaire, tumeur de blastème
renforcement postérieur l.m.
posterior enhancement
Artéfact échographique, lié à la bonne transmission des ultrasons dans les solutions aqueuses, qui se traduit, en arrière de celles-ci, par des échos plus intenses que l'image habituellement obtenue à cette profondeur (lorsque le faisceau a subi une atténuation normale par les tissus traversés).
P. ex. en arrière d'un kyste à forte composante liquidienne, il existe une image hyperéchogène de renforcement postérieur.
Retortamonas intestinalis
Retortamonas intestinalis
Petit flagellé intestinal, mobile, sans rôle pathogène connu, possédant une forme kystique.
Le trophozoïte mesure 5 à 7µm sur 3 à 4µm, ne présente pas de sillon de torsion et possède deux flagelles antérieurs libres. Le kyste est piriforme et réfringent, il mesure moins de 6µm et peut être confondu avec celui de Chilomastix.
Syn. Embadomonas intestinalis
scolex n.m.
scolex
Extrémité antérieure des ténias (« tête » des vers du genre Taenia) adultes, à partir de laquelle apparaissent par bourgeonnement les anneaux constituant la chaîne.
Le scolex est pourvu de différents organes de fixation : ventouses, bothridies, rostre avec des crochets. Chez Echinococcus granulosus, les protoscolex (scolex invaginés) contenus dans les hydatides ont deux évolutions possibles. S’ils sont libérés dans une séreuse (péritoine, plèvre) après rupture du kyste initial, ils amorcent un phénomène de polyembryonnie et donnent naissance, avec les vésicules filles, à autant de nouveaux kystes (échinococcose secondaire). Au contraire, s’ils sont ingérés par l’hôte définitif (chien), ils se dévaginent et chacun d’entre eux produit, par bourgeonnement, un nouveau ténia échinocoque.
sillon unguéal pathologique l.m.
pathological nail groove
Modification de la surface de la tablette unguéale caractérisée par des dépressions linéaires longitudinales ou transversales (lignes de Beau).
Les sillons longitudinaux s'observent dans plusieurs types d'affections chroniques et sont uniques ou multiples. Uniques, ils résultent de tumeurs du repli susunguéal comprimant la matrice unguéale (p. ex. : kyste mucoïde, verrues vulgaires), d'une dystrophie unguéale de Heller, ou de microtraumatismes répétés. Multiples, ils correspondent, soit à une simple accentuation du relief des lignes longitudinales de l'ongle (qui sont physiologiques au cours de la sénescence, mais peuvent se voir dans le lichen plan, la polyarthrite rhumatoïde, etc.), soit à de fins sillons longitudinaux parallèles, comme tracés au poinçon, dans l'onychorrhexie.
J. Beau, dermatologue français, membre de l'Académie de médecine (1806-1875)
→ Beau (lignes de), Heller (dystrophie unguéale de), onychorrhexie
sinus cervical l.m.
cervical sinus
Cavité ectoblastique latérale de la région cervicale de l’embryon formée, à partir de la 5ème semaine de développement, par les 2ème, 3ème et 4ème poches ectobranchiales progressivement enfouies par la prolifération du 2ème arc branchial qui, en fusionnant avec la crête épicardique, leur fait perdre leur connection avec l’extérieur.
Normalement, cette cavité disparaît complètement. Sa persistance peut être à l’origine d’un kyste cervical latéral, voire d’une fistule branchiale.
Lors du redressement de la tête, cette zone se trouve reportée dans la partie moyenne de la région latérale du cou. Normalement ce sinus s’oblitère rapidement par coalescence de ses parois. Dans certains cas il peut être à l’origine de kystes cervicaux ou de fistules latérales du cou dont l’orifice est généralement situé à la partie moyenne du muscle sterno-cléïdo-mastoïdien et dont le trajet vient s’ouvrir dans la plupart des cas vers la tonsille palatine.
→ appareil branchial, arc branchial, poche branchiale, fistule branchiale
sinus pilonidal l.m.
pilonidal sinus
Lésion acquise due à la pénétration transcutanée dans le sillon interfessier de poils cassés, durs, qui se comportent comme des corps étrangers, entraînant suppuration et fistulisation, et dont les facteurs favorisants sont une pilosité importante et des traumatismes répétés tels qu'en subissent, p. ex., les conducteurs d'engins ou de voitures tous terrains.
Elle est à différencier du kyste pilonidal qui est une lésion dysembryoplasique et du trichogranulome des coiffeurs. Son traitement est chirurgical.
Étym. lat. sinus : courbure, creux ; pilus : poil : nidus : nid
soufflure de la corticale l.f.
cortical swelling
En radiologie, élargissement d'un os, soit circonférentiel plus ou moins régulier, soit localisé et excentré, accompagné d'un amincissement de la corticale, variété de réaction périostée traduisant un processus lentement évolutif.
Cet aspect correspond à une lésion qui a progressivement détruit la corticale par sa face endostée, le périoste reformant une néocorticale plus extérieure que le corticale primitive. Une lésion centrale (dysplasie fibreuse) entraîne une "soufflure" circonférentielle ; une lésion périphérique corticale donne une saillie recouverte par une écorce corticopériostée plus ou moins épaisse (fibrome non ossifiant, kyste anévrismal).
sulcus glottidis l.m.
sulcus vocalis (TA)
Incisure de profondeur variable siégeant sur la corde vocale et parallèle à son bord libre.
Elle est formée de deux berges qui adhèrent souvent fortement, en dehors au muscle vocal et, en dedans au ligament vocal. Elle correspond vraisemblablement à un kyste de corde vocale ouvert. Elle entraîne une dysphonie importante.
syndrome de compression du nerf ulnaire l.f.
nervus ulnaris compression
Syndrome sensitif et moteur dans les territoires innervés par le nerf ulnaire : dysesthésies, hypo ou anesthésie, parésies ou paralysies, provoqué par une compression le plus souvent d’origine extrinsèque.
Le nerf ulnaire au cours de son trajet de l’aisselle à la main peut être comprimé par une lésion d’origine traumatique, dystrophique, inflammatoire ou tumorale ; il est particulièrement exposé dans trois régions où il peut être bridé par des formations fibreuses ou ostéofibreuses :
- A la partie moyenne du bras, le nerf passe de la loge antérieure vers la loge postérieure à travers la cloison intermusculaire médiale qui peut être renforcé par une bande fibreuse, l’arcade de Struthers sous laquelle passe le nerf. Cette arcade peut dans de rares cas être une cause de compression. Une rare anomalie osseuse de l’humérus, l’épine sus-épicondylienne médiale (ou sus-épitrochléenne) peut fixer ou dédoubler le nerf et être une gêne à sa mobilité lors des mouvements.
- Au coude le nerf est comprimé dans le canal ulnaire le plus souvent à son entrée par un renforcement fibreux ou fibromusculaire de l’arcade qui unit les deux faisceaux d’origine du muscle flexor carpi ulnaris (m. cubital antérieur), l’arcade d’Osborne, étendue de l’épicondyle médial à l’olécrane. Dans le canal inextensible et étroit le nerf peut être comprimé par des causes extrinsèques : fracture, kyste, lésions d’arthrose et du rhumatisme inflammatoire ou par des lésions intrinsèques : épaississement du nerf, microtraumatismes, tumeur.
- Au poignet le nerf peut être comprimé dans le canal (ou loge) de Guyon.
C’est à la main que les signes objectifs de compression sont recherchés : griffe des deux derniers doigts, hypoesthésie de l’auriculaire et de la partie médiale de l’annulaire, parésie ou paralysie des muscles interosseux, du muscle adducteur du pouce, du faisceau profond du court fléchisseur. Le signe de Tinel peut donner une approximation du siège de la compression et les troubles de conduction décelés par l’EMG donnent des indications sur sa localisation et son importance.
Cette affection est reconnue comme professionnelle (tableau 57 des maladies professionnelles
J. Struthers, Sir, anatomiste britannique (1854) ; F. Guyon, chirurgien français, membre de l'Académie de médecine (1861) ; G. V. Osborne, chirurgien américain (1957) ; J. Tinel, neurologue français (1915) (1861)
→ canal ulnaire (syndrome du), canal de Guyon, canal de Guyon (syndrome du), arcade de Struthers, arcade d'Osborne, Tinel (signe de)
[H1]
syndrome du canal ulnaire l.m.
ulnar tunnel syndrome at the wrist
Troubles sensitifs et moteurs dû à la compression du nerf ulnaire dans le canal ulnaire.
Des paresthésies puis une hypo-esthésie des deux derniers doigts de la main sont les premiers symptômes. Dans les formes sévères on observe un déficit moteur et une amyotrophie des muscles de l'éminence hypothénar, des interosseux et de l'adducteur du pouce. Un électromyogramme (E.M.G.) permet de distinguer les formes motrices, sensitivomotrices ou sensitives et de préciser l’importance de la compression. Sont en cause : des lésions traumatiques locales (fractures de l’hamulus, de l’os pisiforme et leurs séquelles), un kyste synovial, un lipome, une arthrose pisi-triquétrale, des microtraumatismes professionnels ou sportifs (bicyclette). Cette affection est reconnue comme professionnelle (tableau 57 des maladies professionnelles).
L’ouverture chirurgicale du canal peut être nécessaire.
F. Guyon, chirurgien français, membre de l’Académie de médecine (1861) ; J. Froment, neurologue français (1915) ; R. Wartenberg, neurologue allemand (1944)
[H1,I1]