cytoprotection n.f.
cytoprotection
Prévention des lésions macroscopiques, gastriques ou intestinales, lorsque la muqueuse est mise au contact d'agents nécrosants.
Pour ce qui concerne l'estomac, la cytoprotection ne fait pas intervenir la neutralisation de l'acide chlorhydrique ni l'inhibition de la sécrétion acidopeptique.
La cytoprotection est une propriété des prostaglandines naturelles et de synthèse.
Ces substances empêchent les lésions nécrosantes provoquées par l'acide chlorhydrique 0,1 N, l'alcool absolu, la soude 0,2 N, l'eau bouillante. Le rôle des capillaires est l'élément principal de cette propriété des prostaglandines. Des lésions histologiques sont cependant constatées, elles sont plus superficielles lorsque les prostaglandines sont administrées préventivement, permettant une réparation plus rapide de l'épithélium de surface à partir de la région du collet des glandes où se trouvent les cellules germinatives de la muqueuse gastrique.
[L1,G5]
décidue n.f.
decidua
Muqueuse de l'endomètre transformée après la nidation de l'œuf et les transformations histologiques qui l'accompagnent.
Elle comporte une couche compacte superficielle riche en glandes et en glycogène, et une couche spongieuse profonde. Elle se distingue en trois parties : pariétale, réfléchie et basale, qui s'évacue avec le placenta. L'interface entre le trophoblaste et la décidue est le siège de nombreux échanges où interviennent intégrines, métalloprotéinases, cytokines, immunoglobulines, etc., qui conditionnent le développement de l'embryon.
Étym. lat. deciduus, qui tombe
Syn. caduque, déciduale
déficit en 21-hydroxylase l.m.
21-hydroxylase deficiency
Hyperplasie congénitale des surrénales, à révélation néonatale ou tardive, en relation avec un bloc enzymatique de la 21-hydroxylase, à transmission autosomique récessive, liée à des mutations du gène CYP21A2 (locus en 6p21.1).
Le déficit ou bloc de la 21-hydroxylase constitue le type le plus fréquent (95% des cas) des hyperplasies congénitales des surrénales. Il altère la synthèse des glucocorticoïdes et détermine un excès de production des androgènes (syndrome de Wilkins) ; si le bloc altère aussi la synthèse des minéralocorticoïdes s’observe de plus un hypoaldostéronisme avec perte de sel (syndrome de Debré-Fibiger).
Dans la forme classique, la plus sévère et à révélation précoce, l’hyperandrogénie détermine un pseudohermaphrodisme féminin avec ambiguïté sexuelle : la virilisation des organes génitaux externes des filles atteintes est nettement visible dès la naissance, et dans les formes de virilisation complète, peut rendre difficile l’identification du sexe ; une macrogénitosomie est possible mais rarement reconnue chez le petit garçon. La forme virilisant pure expose à un risque de décompensation surrénale aiguë dans les situations de stess. La forme avec hypoaldostéronisme et syndrome de perte de sel présente un risque d’insuffisance surrénale aigüe dès les premières semaines, et l’état de déshydratation majeure peut conduire au décès en l’absence de prise en charge thérapeutique rapide et intensive. L’hypertrophie des glandes surrénales est décelable par l’imagerie médicale. La teneur en 17-hydroxyprogestérone, précurseur hormonal en amont de la 21-hydroxylase déficiente est élevée, et son dosage constitue le marqueur biologique de l’affection. En cours de croissance, l’apparition de la pilosité et le développement pubertaire sont précoces, la maturation osseuse est rapide avec une fermeture prématurée des cartilages de croissance ; la taille définitive est petite, la fertilité diminuée. La fréquence de la maladie (1/ 4 000 naissances) et sa sévérité ont justifié la mise en place de son dépistage néonatal par la mesure de la 17-hydroxyprogestérone.
Dans la forme non classique, à déficit hormonal moindre, le diagnostic est retardé, soupçonné devant l’hirsutisme et les troubles pubertaires. Il est confirmé par le dosage de la 17-hydroxypogestérone en base et lors du test de stimulation par la 1-24 corticotrophine qui démasque le bloc enzymatique.
Les patients doivent bénéficier du traitement par les dérivés des corticoïdes qui permettent de réduire les signes d’hyperandrogénie, et le risque de défaillance surrénale aiguë. La gestion des grossesses est à envisager préventivement dans le cadre de consultations hautement spécialisées.
→ hyperplasie congénitale des surrénales, Wilkins (syndrome de), Debré-Fibiger (syndrome de), CYP21A2
[O4]
déficit en hémojuvéline l.m.
Le déficit en hémojuvéline, protéine exprimée sur la membrane de l’hépatocyte, est à l’origine d’un défaut de contrôle de l’expression de l’hepcidine sécrétée par les hépatocytes et par conséquent d’une surcharge en fer secondaire à l’insuffisance du contrôle de l’absorption du fer par les entérocytes.
Il en résulte une surcharge en fer hémochromatosique sévère et juvénile (le plus souvent avant 30 ans) : hémochromatose de type 2A. l’atteinte touche particulièrement le cœur et les glandes endocrines, notamment l’axe hypothalamo-hypophysaire.L’atteinte touche également les hommes et les femmes, ce qui est inhabituel au cours des hémochromatoses génétiques. L’entité est cliniquement similaire à celle de l’hémochromatose 2B, autre hémochromatose juvénile, génétiquement distincte puisque cette dernière est liée à des mutations du gène de l’hepcidine ou gène Hamp. Leur mode de transmission est récessif. Dans l’hémochromatose de type 2 A, le déficit est dû à une mutation homozygote du gène HJV (HemoJuVelin), locus en 1q 21 codant pour l’hémojuvéline. Une mutation hétérozygote de ce gène peut être associée à une autre mutation d’un autre gène (digénisme) impliqué dans le développement de surcharges en fer.
→ hepcidine, hémochromatose juvénile, hémochromatose de type 2A ? hémochromatose génétique (mutations responsables de l')
dentelle utérine de Bouin et Ancel l.f.
Bouin and Ancel's uterine pattern, Bouin and Ancel's endometrial lace
Aspect spiralé et ramifié des glandes utérines au cours de la phase lutéale du cycle menstruel.
P. Bouin, histologiste et P. Ancel, biologiste français, membres de l’Académie de médecine (1909)
dermcidine n.f.
dermcidin
Peptide présent dans les cellules de la peau, et des glandes sudoripares, sécrété dans la sueur, doué d’une activité bactéricide et antifongique, jouant un rôle dans la défense immunitaire.
La dermcidine-1 (DCD-1) est un polypeptide de 47 acides aminés, très actif sur E. coli, sur S. aureus et aussi sur C. albicans.
dermite séborrhéique l.f.
seborrheic dermatitis
Affection cutanée fréquente, généralement peu prurigineuse, récidivante, caractérisée par des plaques érythémateuses et une desquamation jaunâtre un peu grasse (d'où le qualificatif erroné de "séborrhéique") siégeant dans des territoires cutanés riches en glandes sébacées : sourcils, plis nasogéniens, cuir chevelu, région médiothoracique.
Son étiologie est inconnue mais on pense que la prolifération de levures, telle que Pityrosporon ovale et diverses espèces de Malassezia (M. restricta, M. globosa, M. sympodialis, M. furfur) joue un rôle important. Le traitement, purement local, fait en général appel à des antifongiques.
Chez le nourrisson, elle survient généralement dans le premier mois de la vie et se localise surtout au cuir chevelu et aux fesses.
La dermite séborrhéique infantile, qui correspond à la maladie de Leiner-Moussous, est une dermatose érythématosquameuse du nourrisson, atteignant surtout le siège, les grands plis et le cuir chevelu qui peut être recouvert de squames épaisses, débordant sur le front, réalisant un véritable "casque séborrhéique". Cette dermite peut se généraliser et réaliser une érythrodermie.
C. Leiner, pédiatre autrichien (1908) ; A. Moussous, pédiatre français (1857-1926)
Syn. dermatite séborrhéique, eczéma séborrhéique de Unna, 1887 (obs.), séborrhéide (obs.)
dermoïde cornéen héréditaire (kyste) l.m.
dermoid of cornea
Cornées opaques à la naissance de façon bilatérale, sans autre anomalie.
Dans le stade II d'Ida Mann, les plans cornéens profonds endothélio-descemétiques sont souvent respectés, la chambre antérieure est présente mais parfois à peine ébauchée, la partie postérieure du globe est normale. Le kyste ne comporte pas d'annexes (poils et glandes sébacées et sudoripares) contrairement au dermoïde limbique. Dans le stade III, tout le segment antérieur est envahi (il n’y a plus de cornée, de chambre antérieure, d'iris et de cristallin).
Plusieurs familles ont été décrites. Le gène (CND) est localisé en Xp22.2-22.1. L'affection est récessive, liée au sexe (MIM 304730).
P. Henkind, ophtalmologiste américain (1973) : Ida Caroline Mann, ophtalmologiste britannique (1893-1983)
Syn. dermoïde de grade II et III selon Ida Mann, dermis-like choristoma, dermoïde de la cornée.
dermoïde limbique (kyste) l.m.
limbal dermoid
Tumeur bénigne congénitale située au limbe de couleur jaune rosé, charnue, arrondie, ferme et avec des poils sur sa surface.
La taille est variable de 1 mm à 1 cm. Histologiquement il s'agit de fragments de tissu cutané avec épithélium malpighien kératinisé, derme conjonctif, poils glandes sudorales et sébacées. En général quiescent mais peut se développer. Le dermoïde limbique est parfois héréditaire autosomique dominant, il est parfois associé au syndrome de Goldenhar.
M. Goldenhar, médecin américain (1952)
Syn. dermoïde épibulbaire, dermoïde de grade I selon Ida Mann, tumeur dermoïde du limbe
développement de l'embryon et du fœtus humain (par séquence de semaines) l.m.
human embryonic and fetal development ( weekly stages)
Le développement de l’embryon et du fœtus humain est décrit de façon détaillée sur 11 séquences de semaines, de la fécondation à la naissance dans l’ouvrage de L.B. Arey ; des correspondances chronologiques de développement peuvent être établies approximativement avec les horizons et périodes de gestation de Streeter, et avec les stades carnegie en fonction de la taille maximum atteinte à la fin de la période étudiée et des caractéristiques acquises.
Pour chaque séquence sont passés en revue les caractéristiques de développement de la morphologie corporelle, la cavité buccale, le pharynx et ses annexes, le tube digestif et ses glandes, le système respiratoire, la cavité cœlomique et les mésos, le système urogénital, le système vasculaire, le système squelettique, le système musculaire, les téguments et leurs annexes, le système nerveux et les organes des sens.
L. B. Arey, anatomiste américain (1966)
Étym. a. fr. (fin XIIe) voloper enlever ce qui enveloppe – fig. faire croître, donner de l’ampleur à – bas lat. faluppa balle de blé
Réf. L. B. Arey – Development Anatomy - WB. Saunders Philadelphia (1966)
→ stades carnegie, horizons de Streeter
[A4,O6]
développement de l'embryon et du fœtus humain (séquence de la fécondation à 2,5 semaines) l.m.
human embryonic and fetal development (0 to 2,5 weeks)
Cette période correspond approximativement aux horizons I à VIII de Streeter et aux stades carnegie 1 à 8 ; en fin de séquence la taille vertex-coccyx (VC) atteint 1,5mm.
Les caractéristiques du développement sont les suivantes :
- morphologie corporelle : disque embryonnaire plat ; formation de la ligne primitive et du nœud primitif (de Hensen) ; apparition de la plaque, des crêtes et gouttière neurales (fin de la période présomitique);
- tube digestif et ses glandes : intestin non individualisé de la vésicule vitelline ;
- cavité cœlomique et les mésos : présence du cœlome extra-embryonnaire ; cœlome embryonnaire sur le point d’apparaître ;
- système urogénital : présence de l’allantoïde ;
- système vasculaire : les ilots sanguins apparaissent dans le chorion et la vésicule vitelline ; plicature de l’aire cardiogénique ;
- système squelettique : invagination des cellules notochordales dans le nœud primitif en direction crâniale jusqu’à la plaque préchordale ;
- téguments et leurs annexes : ectoderme à une seule couche de cellules ;
- système nerveux : gouttière neurale marquée.
L. B. Arey – Development Anatomy - WB. Saunders Philadelphia (1966)
Étym. a. fr. (fin XIIe) voloper enlever ce qui enveloppe – fig. faire croître, donner de l’ampleur à – bas lat. faluppa balle de blé
→ stades carnegie, horizons de Streeter
[A4,O6]
développement de l'embryon et du fœtus humain (séquence de 2,5 à 3,5 semaines) l.m.
human embryonic and fetal development (2,5 to 3,5 weeks)
Cette période correspond approximativement aux horizons IX et X de Streeter et aux stades carnegie 9 et 10; en fin de séquence la taille vertex-coccyx (VC) atteint 2,5 mm.
Les caractéristiques du développement sont les suivantes :
- morphologie corporelle : creusement de la gouttière neurale et sa fermeture sauf à ses extrémités ; présence des somites 1 à 16 ; corps cylindrique se fermant autour du sac vitellin ; apparition des deux premiers arcs branchiaux ;
- cavité buccale : saillie de l’arc mandibulaire ; invagination bien marquée du stomodeum ; rupture de la membrane orale ;
- pharynx et ses annexes : pharynx large et étalé ; formation des poches pharyngées ; ébauche de la thyroïde ;
- tube digestif et ses glandes : l’intestin antérieur et postérieur est présent ; la vésicule vitelline est largement en continuité avec l’intestin moyen ; présence du bourgeonnement hépatique ; cloaque et membrane cloacale en place ;
- système respiratoire : première apparition du système respiratoire à partir d’un bourgeon du plancher du pharynx ;
- cavité cœlomique et les mésos : le cœlome embryonnaire, canal en forme de U, ébauche d’une grande cavité péricardiale ; ébauche du septum transversum ; formation des mésentères ; atrophie du mésocarde ;
- système urogénital : tous les tubules pronéphrotiques sont formés ; le conduit pronéphrotique croît en direction caudale sous forme d’un tube aveugle ; cloaque et membrane cloacale présents ;
- système vasculaire : présence des cellules et vaisseaux sanguins primitifs ; les vaisseaux sanguins embryonnaires forment un système pair symétrique ; fusion des deux tubes cardiaques qui se coudent en S ; début des battements cardiaques ;
- système squelettique : apparition des segments mésodermiques 1 à 16 ; dans les somites anciens apparition des sclérotomes ; formation de la notochorde par invagination d’une baguette cellulaire dans le nœud primitif en direction crâniale ;
- système musculaire : apparition des segments mésodermiques 1 à 16 ; dans les somites anciens apparition des myotomes ;
- système nerveux : saillie de la gouttière neurale rapidement fermée ; crête neurale en forme de ruban continu ;
- organes des sens : présence des placodes vésiculaires optiques et auditives ; apparition du ganglion acoustique
L. B. Arey – Development Anatomy - WB. Saunders Philadelphia (1966)
Étym. a. fr. (fin XIIe) voloper enlever ce qui enveloppe – fig. faire croître, donner de l’ampleur à – bas lat. faluppa balle de blé
→ stades carnegie, horizons de Streeter
[A4,O6]
développement de l'embryon et du fœtus humain (séquence de 3,5 à 4 semaines) l.m.
human embryonic and fetal development (3,5 to 4 weeks)
Cette période correspond approximativement aux horizons XI à XIII de Streeter et aux stades carnegie 11à 13; en fin de séquence la taille vertex-coccyx (VC) atteint 5 mm.
Les caractéristiques du développement sont les suivantes :
- morphologie corporelle : les arcs branchiaux sont au complet ; saillie du tube cardiaque contourné ; vésicule vitelline fusiforme ; les 40 somites sont présents ; apparition des bourgeons des membres ; œil et vésicule otique présents ; corps fléchi en forme de C ;
- cavité buccale : saillie des processus maxillaires et mandibulaires ; langue primitive présente ; ébauche de la poche de Rathke (saccule hypophysaire de l’embryon) ;
- pharynx et ses annexes : présence de 5 poches pharyngées ; les poches branchiales 1 à 4 sont fermées ; ébauche de la cavité tympanique primaire ; apparition de la tige sacculaire de la thyroïde ;
- tube digestif et ses glandes : l’œsophage court ; l’estomac fusiforme ; tube intestinal simple ; cordon, voies hépatiques et vésicule biliaire sont formés ; apparition des deux bourgeons pancréatiques ; cloaque en situation haute ;
- système respiratoire : la trachée et les bourgeons pulmonaires pairs commencent à faire saillie ; l’ouverture laryngée est une simple fente ;
- cavité cœlomique et les mésos : le cœlome est encore un système continu de cavités ; le mésentère dorsal réalise un rideau médian complet ; la bourse omentale est ébauchée ;
- système urogénital : le pronéphrose dégénère ; le conduit pronéphrotique (mésonéphrotique) gagne le cloaque ; les tubules mésonéphrotiques se différencient rapidement ; croissance des bourgeons métanéphrotiques en éléments sécrétoires primordiaux ;
- système vasculaire : hémopoïèse dans la vésicule vitelline ; fusion des aortes paires ; arche aortique et veine cardinale sont au complet ; dans le tube cardiaque dilaté le sinus, l’atrium, le ventricule et le bulbe s’individualisent ;
- système squelettique : tous les somites sont présents (40) ; les sclérotomes s’agglomèrent pour former les vertèbres primitives au contact de la notochorde ;
- système musculaire : tous les somites sont présents (40) ;
- système nerveux : le tube neural est fermé ; présence de trois vésicules primaires du cerveau ; formation des nerfs et des ganglions ; présence de la toile épendymaire et des couches méningées marginales ;
- organes des sens : cupules optiques et dépressions cristalliniennes sont formées ; la dépression auditive commence à se fermer, les otocystes s’en détachent ; les placodes olfactives apparaissent et les cellules nerveuses se différencient.
L. B. Arey – Development Anatomy - WB. Saunders Philadelphia (1966)
Étym. a. fr. (fin XIIe) voloper enlever ce qui enveloppe – fig. faire croître, donner de l’ampleur à – bas lat. faluppa balle de blé
→ stades carnegie, horizons de Streeter
[A4,O6]
développement de l'embryon et du fœtus humain (séquence de 4 à 5 semaines) l.m.
human embryonic and fetal development (4 to 5 weeks)
Cette période correspond approximativement aux horizons XIV à XVI de Streeter et aux stades carnegie 14 à 16; en fin de séquence la taille vertex-coccyx (VC) atteint 8 mm.
Les caractéristiques du développement sont les suivantes :
- morphologie corporelle : présence des fosses nasales ; saillie de la queue ; saillie du cœur, du foie et du mésonéphros ; organisation du cordon ombilical ;
- cavité buccale : les mâchoires prennent forme ; la poche de Rathke (saccule hypophysaire de l’embryon) est un sac pédonculé ;
- pharynx et ses annexes : les poches pharyngées forment des diverticules dorsaux et ventraux ; la thyroïde est bilobée ; le conduit thyréoglosse s’atrophie ;
- tube digestif et ses glandes : la vésicule vitelline se détache ; l’intestin s’allonge en une grande anse ; ébauche du relief caecal ;
- système respiratoire : les bourgeons bronchiques ébauchent les futurs lobes pulmonaires ; renflements aryténoïdes et épiglotte apparaissent ;
- cavité cœlomique et les mésos : les membranes pleuro-péricardiales et pleuro-péritonéales sont formées ; le mésogastre ventral forme un septum ;
- système urogénital : le mésonéphros atteint ses limites caudales ; apparition des crêtes génitales ;
- système vasculaire : les vaisseaux primitifs s’étendent dans la tête et les membres ; les veines vitellines et ombilicales se modifient ; le myocarde se condense ; la cloison cardiaque apparait ; ébauche de la rate ;
- système squelettique : les condensations du mésenchyme présagent des os futurs ;
- système musculaire : masses prémusculaire dans la tête, le tronc et les membres ;
- téguments et leurs annexes : l’épiderme acquiert une seconde couche, le périderme ;
- système nerveux : il y a 5 vésicules cérébrales ; les hémisphères cérébraux se forment ; les nerfs et ganglions sont mieux visibles ; le cortex supra-rénal apparait.
- organes des sens : la fissure choroïdienne est présente ; la vésicule cristallinienne s’individualise ; l’enveloppe du vitré se forme ; les dépressions olfactives s’accentuent.
L. B. Arey – Development Anatomy - WB. Saunders Philadelphia (1966)
Étym. a. fr. (fin XIIe) voloper enlever ce qui enveloppe – fig. faire croître, donner de l’ampleur à – bas lat. faluppa balle de blé
→ stades carnegie, horizons de Streeter
[A4,O6]
développement de l'embryon et du fœtus humain (séquence de 5 à 6 semaines) l.m.
human embryonic and fetal development (5 to 6 weeks)
Cette période correspond approximativement aux horizons XVII et XVIII de Streeter et aux stades carnegie 17 à 19; en fin de séquence la taille vertex-coccyx (VC) atteint 12 mm.
Les caractéristiques du développement sont les suivantes :
- morphologie corporelle : les composants de la mâchoire supérieure font saillie séparément ; les demi-mâchoires inférieures fusionnent ; dans la taille d’ensemble la tête commence à prendre une importance majeure ; la courbure cervicale est marquée ; l’oreille externe (auricule) apparaît ; les membres sont reconnaissables comme tels ;
- cavité buccale : les éléments initiaux de la langue fusionnent ; le foramen caecum est formé ; les lames labio-dentaires apparaissent ; les bourgeons parotidiens et submandibulaires se forment ;
- pharynx et ses annexes : les poches thymiques, les poches ultimo-branchiales sont visibles et sur le point de se détacher ; la thyroïde se transforme en 2 plaques de parenchyme plein ;
- tube digestif et ses glandes : l’estomac effectue sa rotation ; l’anse intestinale effectue sa rotation ; les lobes hépatiques sont identifiables ; le cloaque se divise ;
- système respiratoire : les lobes pulmonaires sont définitivement individualisés ; l’arbre bronchique se subdivise ; la cavité laryngée est temporairement obturée ;
- cavité cœlomique et les mésos : la communication pleuropéricardique se ferme ; le mésentère grandit avec la formation des anses intestinales ;
- système urogénital : le cloaque est divisé ; le pôle tubulaire du bourgeon urétéral pelvien croît ; la gonade asexuée et le tubercule génital font saillie ; le canal de Müller apparaît ;
- système vasculaire : l’hémopoïèse apparaît dans le foie, les arcs aortiques se transforment ; les veines ombilicales gauche et droite prennent de l’importance ; le bulbe cardiaque s’intègre dans le ventricule droit ; le cœur acquiert sa forme générale définitive ;
- système squelettique : apparition des premiers centres de chondrification ; formation du desmocrâne ;
- système musculaire : les myotomes fusionnent en une colonne continue étendue ventralement ;
- téguments et leurs annexes : la ligne mamelonnaire est présente ;
- système nerveux : les 3 courbures primaires du cerveau sont marquées ; le diencéphale est volumineux ; les plexus nerveux sont présents ; l’épiphyse est identifiable ; les ganglions sympathiques forment des masses segmentaires ; les méninges sont présentes ;
- organes des sens : la cupule optique comporte des couches nerveuses et pigmentaires ; la vésicule cristallinienne s’épaissit ; les yeux sont disposés à 160° ; le canal naso-lacrymal est formé ; la constitution des oreilles externe, moyenne et interne est en cours ; apparition de l’organe voméro-nasal ;
L. B. Arey – Development Anatomy - WB. Saunders Philadelphia (1966)
Étym. a. fr. (fin XIIe) voloper enlever ce qui enveloppe – fig. faire croître, donner de l’ampleur à – bas lat. faluppa balle de blé
→ stades carnegie, horizons de Streeter
[A4,O6]
développement de l'embryon et du fœtus humain (séquence de 6 à 7 semaines) l.m.
human embryonic and fetal development (6 to 7 weeks)
Cette période correspond approximativement aux horizons XIX et XX de Streeter et aux stades carnegie 20 et 21; en fin de séquence la taille vertex-coccyx (VC) atteint 17 mm.
Les caractéristiques du développement sont les suivantes :
- morphologie corporelle : les arcs branchiaux disparaissent ; le sinus cervical se ferme ; la face et le cou sont formés ; les doigts sont individualisés ; le dos se redresse ; le cœur et le foie forment un relief ventral sur le corps ; la queue régresse.
- cavité buccale : les ébauches linguales primordiales se sont rassemblées en un seul organe lingual ; les lames labiales et dentaires se séparent de façon distincte ; les mâchoires ont pris forme et commencent à s’ossifier ; les replis du palais sont présents et se séparent de la langue ;
- pharynx et ses annexes : les thymus se sont allongés et ont perdu leur cavité ; les trabécules parathyroïdiens apparaissent et s’associent à la thyroïde ; les corps ultimo-branchiaux fusionnent avec la thyroïde ; la thyroïde prend forme de croissant ;
- tube digestif et ses glandes : l’estomac atteint sa forme et sa position finale ; le duodénum est temporairement occlus ; les anses intestinales font hernie dans le cordon ; le rectum se sépare de la vessie et de l’urèthre ; la membrane anale se rompt ; les ébauches pancréatiques dorsale et ventrale fusionnent ;
- système respiratoire : le larynx et l’épiglotte sont bien dessinés ; l’orifice trachéal s’ouvre ; les cartilages laryngés et trachéaux s’ébauchent ; les cornets apparaissent ; les choanes primaires s’ouvrent ;
- cavité cœlomique et les mésos : l’extension du péricarde se fait par lamellisation à partir de la paroi du corps ; le mésentère grandit rapidement parallèlement aux anses intestinales ; les ligaments du foie se forment ;
- système urogénital : le mésonéphros est à l’acmé de sa différenciation ; les tubes collecteurs métanéphrotiques commencent à s’anastomoser ; les tubules métanéphrotiques sécrétoires les plus précoces se différencient ; la vessie et l’urèthre sont séparés du rectum ; la membrane uréthrale se rompt.
- système vasculaire : les veines cardinales se transforment ; la veine cave inférieure prend forme ; atrium, ventricule et bulbe sont divisés ; les valves cardiaques sont présentes ; le tronc de la veine pulmonaire est intégré dans l’atrium gauche ; apparition de la rate ;
- système squelettique : chondrification généralisée ; formation du chondrocrâne ;
- système musculaire : les muscles se différencient rapidement dans tout le corps et prennent leur forme et leur connexion finales ;
- téguments et leurs annexes : les aréoles mammaires s’épaississent ;
- système nerveux : les hémisphères cérébraux croissent ; le corps strié et le thalamus se forment ; l’infundibulum et la poche de Rathke (saccule hypophysaire de l’embryon) entrent en contact ; les plexus choroïdes apparaissent ; la médullaire suprarénale envahit le cortex ;
- organes des sens : la fissure choroïdienne se ferme, englobant l’artère centrale ; les fibres nerveuses envahissent le tronc optique ; le cristallin perd sa cavité par allongement des fibres lenticulaires ; les revêtements fibreux et vasculaires de l’œil apparaissent ; les vésicules olfactives s’ouvrent dans la cavité buccale.
L. B. Arey – Development Anatomy - WB. Saunders Philadelphia (1966)
Étym. a. fr. (fin XIIe) voloper enlever ce qui enveloppe – fig. faire croître, donner de l’ampleur à – bas lat. faluppa balle de blé
→ stades carnegie, horizons de Streeter
[A4,O6]
DILS (Syndrome) l.m. sigle angl. pour Diffuse Infiltrative Lymphocytic
Maladie systémique, secondaire à une prolifération oligoclonale des lymphocytes T CD8 en réponse à certains antigènes du VIH, caractérisée dans tous les cas par une infiltration lymphocytaire massive des glandes parotidiennes.
Les poumons, les muscles, le foie, les nerfs et le rein présentant les antigènes du VIH peuvent être affectés. L’atteinte rénale est rare. Elle se manifeste par une acidose tubulaire de type IV et/ou une néphrite interstitielle aiguë avec infiltration lymphocytaire sur la biopsie rénale. Le traitement repose sur une corticothérapie et la trithérapie antirétrovirale laquelle a fortement diminué la prévalence de cette affection.
Syn. lymphocytose infiltrative diffuse, Sjögren-like syndrome.
dosage hormonal l.m.
hormonal titration
Méthode d'appréciation des sécrétions hormonales d'une femme, soit par dosage dans les urines émises pendant 24 heures des catabolites des hormones, soit, actuellement, par dosage plasmatique radio-immunologique de l'hormone circulante elle-même.
Deux types de dosages plasmatiques hormonaux existent :
- les dosages plasmatiques statiques, qui explorent le taux circulant d'une hormone, par exemple les hormones stéroïdiennes, la testostérone, les œstrogènes, la progestérone ;
- les dosages dynamiques, qui étudient la fonction de secrétion hormonale d'une ou plusieurs glandes endocrines. P. ex. pour l'axe hypothalamo-hypophyso-gonadique : test de freinage à la bromocriptine, test au citrate de clomifène, épreuve de freinage par la dexaméthasone, test à la LH-RH, test à la progestérone, test à la thyrolibérine
ectoblaste n.m.
ectoblast
Couche cellulaire du disque embryonnaire tridermique qui, au cours de la troisième semaine du développement, va se constituer par le processus de gastrulation à partir des cellules épiblastiques du disque embryonnaire didermique qui ne migrent pas en profondeur au niveau de la ligne primitive et du nœud primitif de Hensen ; elles vont former le revêtement externe de l’embryon du côté de la cavité amniotique.
L’ectoblaste, sous l’influence de la notochorde et du mésoblaste prochordal sous-jacent, s’épaissit longitudinalement pour former la plaque neurale, processus initial de la neurulation. In fine, l’ectoblaste constitue le neurectoblaste qui donne naissance au système nerveux central, au système nerveux périphérique et à l’épithélium sensoriel des organes des sens, et à l’ectoderme, ses annexes cutanées et ses dérivés : glandes mammaires, hypophyse, émail dentaire.
Syn. ectoderme
→ disque embryonnaire tridermique, gastrulation, épiblaste, disque embryonnaire didermique, ligne primitive, nœud primitif de Hensen, cavité amniotique, notochorde, neurectoblaste, entoblaste, mésoblaste
[A4, ]
Édit. 2019
ectoderme n.m.
Feuillet superficiel de la plaque embryonnaire
Il donne naissance :
1) aux épithéliums de revêtement : épiderme cutané, phanères, muqueuses buccale, nasale, anale ;
2) aux épithéliums glandulaires : glandes de la peau, glande pituitaire ;
3) aux tissus nerveux et glandulaire endocrine.
Étym. gr. ektos: au dehors ; derma : peau
Syn. épiblaste
[A4]
Édit. 2019
dysplasie ectodermique anhidrotique l.f.
anhidrotic ectodermal dysplasia
Syndrome associant une absence ou une diminution de la sudation (anhidrose) avec intolérance à la chaleur, des cheveux secs et clairsemés, une finesse de la peau, une absence partielle ou totale des dents et une dysmorphie faciale caractéristique.
Une atteinte O.R.L (surdité.), ophtalmique (kératite ponctuée, hyposécrétion lacrymale, opacités cornéennes et cristalliniennes, parfois glaucome ou cataracte), digestive ou pulmonaire sont fréquentes. Il peut s’y ajouter microcéphalie, arachnodactylie, hypotrichose, retard mental.
Le syndrome est dû à une absence totale ou partielle des glandes sudoripares
Le diagnostic repose sur la clinique, l'examen radiologique, l'image histopathologique et les tests de mesure de la sudation. Le traitement vise à supprimer les exercices physiques, à éviter la chaleur, à conseiller le port précoce de prothèses dentaires.
Le gène est localisé sur le chromosome Xq12.2-13.1. L’affection est dominante, liée au sexe (MIM 305100) ou, exceptionnellement, autosomique récessive (MIM 224900) ou autosomique dominante (MIM 129490). Les femmes vectrices ont des anomalies et peuvent être dépistées par un simple examen des dents.
J. Christ, odontologue allemand (1913) ; H.W. Siemens, dermatologue allemand (1937) ;A. Touraine, dermatologue français, membre de l’Académie nationale de Médecine (1936)
Étym. gr. ektos: au dehors ; derma : peau
Syn. Christ-Siemens-Touraine (syndrome de)
→ Christ-Siemens-Touraine (syndrome de), anhidrosen kératite ponctuée superficielle, microcéphalie, arachnodactylie, hypotrichose
[H3, I2, J1, P1, P2, P3, Q2]
Édit. 2019
épiblaste n.m.
epiblast
Partie de l'ectoblaste du disque embryonnaire tridermique qui reste en surface et constitue l'épiderme et ses dérivés, glandes, phanères et placodes, tandis que le neurectoblaste s'enfonce dans la gouttière neurale.
On tend actuellement à utiliser ce terme pour désigner le feuillet superficiel du disque embryonnaire.
Étym. gr. epi : sur ; blastos : germe
Syn. stomodæum, proctodæum
→ ectoblaste, disque embryonnaire tridermique, neurectoblaste, gouttière neurale
[A4]
Édit. 2020
forme épimastigote l.f.
epimastigote
Stade évolutif flagellé des trypanosomes apparaissant dans le tube digestif de l’insecte vecteur, au niveau du proventricule et des glandes salivaires de la glossine pour Trypanosoma brucei gambiense et Trypanosoma brucei rhodesiense, au niveau de l’intestin moyen et postérieur du triatome pour Trypanosoma cruzi.
→ Trypanosoma brucei gambiense, Trypanosoma brucei rhodesiense, Trypanosoma cruzi.
[D1]
Édit. 2020
érythrose héliodermique du cou l.f.
red neck
Manifestation assez fréquente de l'héliodermie caractérisée cliniquement par l'existence, sur les faces latérales du cou, les zones rétro-auriculaires et le décolleté, de micropapules folliculaires jaunâtres sur fond érythémateux finement télangiectasique.
Dans le derme, l'examen histologique montre une élastose solaire, une ectasie capillaire et une hyperplasie des glandes sébacées.
M. Leder, dermatologue suisse (1944)
Étym. gr. eruthros : rouge ; helios : soleil ; derma : peau
Syn. erythrosis interfollicularis colli de Leder (1944)
[J1]
Édit. 2018
estomac m.n.
gaster (TA)
stomac
Segment dilaté du tube digestif communiquant en haut avec l’œsophage par le cardia et en bas avec le duodénum par le pylore.
Il est situé dans la loge sous-phrénique gauche (région hypochondriaque gauche et région épigastrique). En forme de J, il comprend deux parties : une portion verticale formée du fundus gastrique et du corps gastrique dont la partie la plus déclive est la petite tubérosité ; une portion horizontale, la portion pylorique comprenant l’antre pylorique auquel fait suite une portion rétrécie, le canal pylorique qui s’ouvre sur le pylore. Les parois antérieure et postérieure de l’estomac sont réunies au niveau de la grande courbure à gauche et de la petite courbure à droite.
La paroi gastrique est constituée de cinq tuniques superposées de la superficie à la profondeur : la tunique séreuse, la couche sous séreuse, la tunique musculaire, la couche sous muqueuse et la tunique muqueuse.
L’estomac est innervé par les nerfs vagues et des rameaux d’origine sympathique.
En dehors de son rôle mécanique de brassage des aliments, l’estomac prend une part importante à la digestion par sa sécrétion exocrine de suc gastrique. La muqueuse antropylorique est riche en glandes à mucus. La muqueuse fundique comporte quatre types de cellules sécrétrices : cellules à mucus épais, cellules à mucus clair, cellules principales élaborant le pepsinogène, converti en pepsine par l’acide chlorhydrique et des cellules bordantes situées à la périphérie des tubes glandulaires et sécrétant l’acide chlorhydrique. La muqueuse fundique sécrète en outre le facteur intrinsèque de Castle. Chez le nourrisson, la muqueuse gastrique sécrète la présure ou labferment.
Étym. gr. stomachos : estomac
[A1,L1]
Édit. 2018