Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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névrite vestibulaire l.f.

Inflammation du nerf vestibulaire responsable d’un syndrome vestibulaire périphérique aigu

dû à la perte unilatérale, partielle ou totale, de la fonction vestibulaire.
La névrite vestibulaire se traduit par la survenue brutale, en quelques minutes, d’un violent vertige rotatoire avec nausées et vomissements, mais sans surdité ou acouphènes ni signes neurologiques. La crise est si forte qu’elle cloue le malade au lit durant au moins un à deux jours. L’examen clinique, forcément limité chez le patient très incommodé par son vertige, retrouve un nystagmus très intense au début et dont la secousse rapide bat vers le côté sain.
Le diagnostic ne peut en être affirmé que par la constatation à l’examen vestibulaire d’une hypo- ou d’une aréflexie unilatérale à l’épreuve calorique. L’audiogramme montre une audition normale. Il est intéressant d’étudier les potentiels évoqués otolithiques qui reflètent la fonction du nerf vestibulaire inférieur. Parfois, en effet, l’attente ne concerne que le nerf vestibulaire supérieur réalisant une névrite dissociée. Ceci est important car, en ce cas, il n’est pas rare d’observer, quelques semaines plus tard, la survenue d’un vertige paroxystique positionnel rendu possible par la conservation de la fonction du canal semi-circulaire postérieur.
Dans les cas typiques, il n’est pas indispensable d’effectuer une IRM. Spontanément, l’évolution se fait vers la guérison : le vertige s’amende en quelques jours et le malade recouvre son équilibre sans séquelles fonctionnelles vraies.
La cause est le plus souvent inconnue, présumée vasculaire ou virale (selon un mécanisme sans doute analogue à celui des paralysies faciales). Ainsi, un virus – sans doute le virus Herpès– présent dans le ganglion du nerf vestibulaire serait-il capable de se « réveiller » sous l’influence de facteurs variés et de déclencher une « neuropathie œdémateuse».
Le traitement consiste dans le repos allongé, l’administration d’un corticoïde à fortes doses et plus accessoirement d’un antivertigineux et d’un anti-émétique. Il semble essentiel de mobiliser au plus vite le malade afin de faciliter la compensation centrale, c’est-à-dire la capacité qu’a le cerveau de pallier la perte d’un des vestibules. Le pronostic est en général favorable avec récupération de la fonction ou compensation centrale.
Le terme de névrite est actuellement préféré à celui de neuronite.

Étym. lat. vestes : vêtement (le vestibule était la pièce où le visiteur laissait ses vêtements d’extérieur)

vertige, nystagmus, vestibulaire (exploration instrumentale), potentiels évoqués otolithiques, audiogramme, équilibre – nystagmographie, nerf vestibulaire

Nicolas-Favre (maladie de) l.f.

lymphogranuloma inguinale, lymphogranuloma inguinale venereum, lymphopathia venerea

Maladie infectieuse due aux sérotypes L de Chlamydia trachomatis, transmise sexuellement, responsable, après une incubation de 10 à 30 jours, d'un chancre d'inoculation minime autrefois appelé ulcère vénérien adénogène, puis d'adénopathies inguinales unilatérales évoluant vers la fistulisation en « pomme d'arrosoir ».
Le diagnostic repose sur la mise en évidence de Chlamydia trachomatis dans le ganglion et sur la sérologie. L'intradermoréaction de Frei n'est plus utilisée. Le traitement repose sur les tétracyclines pendant trois semaines.

N. J. Durand, J. Nicolas, membre de l’Académie de médecine et M. Favre, membre de l’Académie de médecine, dermatologues français (1913)

Syn. lymphogranulomatose inguinale subaigüe (obsolète), lymphogranulome vénérien (obsolète), poradénolymphite suppurée (obsolète)

nœud lymphatique cystique l.m.

nodus lymphoideus cysticus (TA)

cystic lymph node

Elément constant de la chaîne des nœuds lymphatiques hépatiques situé dans l’angle ouvert en avant formé par le corps et le col de la vésicule biliaire.
Il reçoit une partie des lymphatiques superficiels et profond du foie, de la vésicule biliaire et ceux du canal cystique. Ses efférents se rendent au ganglion du foramen épiploïque et en partie aussi au nœud lymphatique rétro-duodéno-pancréatique supérieur.

P. Broca, anthropologiste, anatomiste et chirurgien français, membre de l’Académie de médecine (1824-1880)

Syn. anc. ganglion lymphatique cystique, ganglion lymphatique du col, ganglion de Broca

nœuds lymphatiques thyroïdiens l.m.p.

nodi lymphoidei thyroidei (TA)

thyroid lymph nodes

Le premier échelon de drainage des lymphatiques du corps thyroïde se fait normalement dans les nœuds lymphatiques cervicaux latéraux profonds, les nœuds lymphatiques prétrachéaux et dans les nœuds lymphatiques trachéobronchiques supérieurs.
Dans un cinquième des cas le drainage se fait vers les nœuds lymphatiques rétropharyngiens. Un collecteur inconstant descend vers le thymus et se termine dans un élément des nœuds lymphatiques bronchio-céphaliques. Rouvière a décrit sous le nom de ganglion thyroïdien un élément nodal situé en avant de la partie moyenne du cartilage thyroïde, entre les deux muscles thyro-hyoïdiens.

Syn. anc.  ganglions lymphatiques thyroïdiens

œuf n.m.

egg

1) Produit de la fécondation d’un ovocyte par un spermatozoïde.
Ensemble du produit de conception pendant la grossesse.
2) Aliment important en nutrition pour ses apports en acides aminés.
L’œuf de référence est celui de la poule. Il peut être à l’origine de phénomènes allergiques.
3) La forme et la taille d’un œuf de poule constituent souvent un élément d’appréciation de taille ou de forme pour décrire un élément anatomique ovoïde.
Par ex. un nœud (ganglion) de la taille d’un œuf.

zygote

Édit. 2017

partie caverneuse de l'artère carotide interne l.f.

pars cavernosa arteriae carotis internae  (TA)

cavernous part of internal carotid artery

Dans ce trajet intracaverneux l’artère carotide interne fournit un rameau basal de la tente du cervelet, un rameau marginal de la tente du cervelet, un rameau méningé, un rameau pour le sinus caverneux, l’artère hypophysaire inférieure, des rameaux pour le ganglion trigéminal et des branches pour les nerfs voisins.

artère carotide interne

partie cervicale de l'artère vertébrale l.f.

pars transversaria arteriae vertebralis, pars cervicalis arteriae vertebralis (TA)

cervical part of vertebral artery

Segment de l’artère vertébrale qui, après avoir traversé le ganglion cervico-thoracique, pénètre dans les foramens transversaires depuis la sixième vertèbre cervicale jusqu’au foramen transversaire de l’atlas.
Elle fournit dans ce trajet des rameaux radiculaires, l’artère médullaire segmentaire et des rameaux musculaires.

artère vertébrale

partie inférieure du ganglion vestibulaire l.f.

pars  inferior ganglionis vestibularis (TA)

inferior part of vestibular ganglion

Partie inférieure du ganglion vestibulaire qui donne naissance au nerf ampullaire postérieur et au nerf sacculaire.

partie orbitaire du nerf optique l.f.

pars orbitalis nervi optici (TA)

orbital part of optic nerve

Segment du nerf optique compris entre le pôle postérieur du bulbe de l’œil et l’orifice antérieur orbitaire du canal optique.
Il occupe l’axe du cône musculo-fascial formé par les muscles droits de l’œil et les formations conjonctives qui les accompagnent. Dans ce trajet, à travers la graisse de l’orbite,  il est légèrement sinueux, ce qui prévient les tiraillements du nerf optique dans les mouvements du bulbe de l’œil. Il est en rapport avec l’artère ophtalmique et ses veines, le nerf naso-ciliaire, le nerf oculo-moteur, le nerf abducens, le ganglion ciliaire, les vaisseaux ciliaires et les nerfs ciliaires. Au sommet de l’orbite il est entouré par les origines des muscles droits de l’œil avant de pénétrer dans le canal optique.

nerf optique

périadénite n.f.

periadenitis

Diffusion dans le tissu conjonctif de l’inflammation qui siège dans un ganglion lymphatique.

phlegmon pelvipariétal de Trillat l.m.

Trillat's pelvic abcess

Atteinte inflammatoire ganglionnaire pouvant atteindre le ganglion de Leveuf et Godard, les ganglions iliaques externes ou hypogastriques.
Il associe : fièvre modérée, douleurs lombaires ou crurales et une tuméfaction dure, plaquée contre la paroi latérale du pelvis.

P. Trillat, gynécologue obstétricien français, membre de l'Académie de médecine  (1879-1970)

Syn. abcès de Trillat

plasmocytome solitaire l.m.

solitary plasmocytoma

Tumeur nodulaire plasmocytaire correspondant à une atteinte localisée et non à une infiltration de la moelle osseuse par des plasmocytes anormaux, cette dernière observée dans le myélome plasmocytaire.
On relève une atteinte de la sphère ORL, du poumon, de la peau, du tube digestif, avec un comportement de tumeur à malignité atténuée. D'autres plasmocytomes apparaissent dans un ganglion lymphatique. Ils peuvent rester solitaires ou constituer la métastase d'un myélome multiple, d'un lymphome ganglionnaire ou d'une leucémie. Plus particulier, le plasmocytome osseux solitaire atteint le crâne, le rachis ou les os longs sous une forme ostéolytique ou condensante.
Constitué de nodules dans lesquels l'analyse histologique va montrer la présence de plasmocytes anormaux monotypiques, contenant des immunoglobulines, il peut réagir favorablement au traitement, mais des récidives et disséminations se produisent dans 80% des cas après des délais variables, ce qui impose une surveillance répétée de la moelle osseuse.
À noter l'association très particulière de la lésion condensante à une polyneuropathie, une organomégalie, une endocrinopathie et des signes cutanés, dite syndrome POEMS.
Le plasmocytome solitaire relève de la radiothérapie.

POEMS

plexus cardiaque antérieur [nerveux] l.m.

anterior cardiac plexus

Portion du plexus cardiaque située sur la face antéroexterne de l’arc aortique.
Ce plexus antérieur est constitué par les rameaux cardiaques supérieurs des nerfs vagues et par le nerf cardiaque supérieur du sympathique gauche en partie ou en totalité. Des rameaux l'unissent au plexus cardiaque postérieur, sous l’arc aortique ; au sein de ces rameaux se trouvent le ganglion de Wrisberg.

Syn. plexus cardiaque superficiel

[Terme non retenu dans la Terminologia Anatomica]

plexus cardiaque artériel [nerveux] l.m.

arterial cardiac plexus

Portion du plexus cardiaque formée par les rameaux cardiaques supérieurs des 2 nerfs vagues et les nerfs cardiaques issus des 2 ganglions sympathiques cervicaux supérieurs.
Ces éléments nerveux descendent sur les faces antérieure et postérieure du pédicule artériel du cœur fournissant de forts contingents au plexus coronaire. Ce plexus présente le ganglion de Wrisberg et les anastomoses sousaortiques des plexus superficiels et profonds de la description classique. Cette description du plexus cardiaque artériel est celle de J. Delmas et de Hovelacque.

[Terme non retenu dans la Terminologia Anatomica]

plexus cardiaque postérieur [nerveux] l.m.

deep cardiac plexus

Plexus constitué par les rameaux cardiaques moyens et inférieurs issus des nerfs vagues et par tous les nerfs cardiaques sympathiques, à l'exception du nerf cardiaque supérieur gauche.
Il est placé sur la face antérieure de la trachée, à la face postérieure de la crosse aortique. Il est uni au plexus cardiaque antérieur par des anastomoses sousaortiques où se trouve le ganglion de Wrisberg.

Syn. plexus cardiaque profond

[Terme non retenu dans la Terminologia Anatomica]

plexus nerveux cardiaque artériel l.m.

Partie du plexus nerveux cardiaque  dont les éléments constituants (rameaux cardiaques supérieurs des deux nerfs vagues et les nerfs cardiaques cervicaux supérieur et moyen, branches des ganglions cervicaux supérieur et moyen) descendent sur les faces antérieure et postérieure du pédicule artériel du cœur.
Il fournit de forts contingents aux plexus coronaires. Le ganglion cardiaque appartient à ce plexus. Embryologiquement les éléments du plexus cardiaque artériel sont et restent satellites du pédicule artériel du cœur.

plexus nerveux cardiaque postérieur l.m.

Partie du plexus cardiaque située en avant de la trachée, sur la face postérieure de l’arc aortique.
Ce plexus est constitué par les rameaux cardiaques moyens et inférieurs des nerfs vagues  et par tous les nerfs cardiaques du sympathique cervical à l’exception du nerf cardiaque supérieur gauche. Il est uni au plexus nerveux cardiaque antérieur par des rameaux situés sous l’arc aortique et au sein desquels se trouve le ganglion cardiaque.

Syn.  plexus cardiaque profond

plexus nerveux rénal l.m.

plexus nervosus renalis  (TA)

renal plexus

Plexus nerveux autonome disposé autour de l’artère rénale avec laquelle il se distribue.
Les éléments de ce plexus proviennent des ganglions coeliaques, des ganglions aortico-rénaux, des ganglions mésentériques supérieurs, du nerf grand splanchnique et du nerf splanchnique imus. Il peut comporter quelques éléments ganglionnaires dont le plus constant est le ganglion rénal.

plexus nerveux suprarénal l.m.

plexus nervosus suprarenalis  (TA)

suprarenal plexus

Eléments supérieurs du plexus nerveux rénal naissant essentiellement des ganglions aortico-rénaux et également du ganglion coeliaque.

plexus nerveux rénal

ponction ganglionnaire l.f.

lymph node puncture

Technique de prélèvement transcutané du suc d'un ganglion lymphatique, à l'aide d'une aiguille.
On procède à l'examen cytologique après étalement et coloration (adénogramme), à l'examen microbiologique du suc ainsi recueilli, à l'évacuation de pus ou de nécrose, à l'injection locale de médications. Pour le diagnostic de maladie de Hodgkin ou de lymphome non hodgkinien, elle doit être remplacée par la biopsie ganglionnaire.

adénogramme

prélèvement pour analyses biologiques l.m.

Toute portion de tissu ou d’organe obtenu par une opération effractive (ex. ponction de sang capillaire, artériel et le plus souvent veineux, incision d’un abcès, ponction de moelle osseuse ou de ganglion, ponction de liquide céphalorachidien, d’épanchement pleural, etc.), ainsi que toute fraction de produit excrété (urine, crachat, sperme…) devant servir d’échantillon d’analyse en vue de contribuer particulièrement à l’établissement du diagnostic, à l’évaluation de l’état de santé du malade et de l’effet de la thérapeutique instituée.
La conservation des échantillons prélevés doit éventuellement satisfaire à des exigences de température convenable, particulièrement dans les régions tropicales.
De façon plus générale, une grande attention doit être portée aux conditions de transport de l’échantillon recueilli de façon à ne pas nuire à la qualité de l’analyse ensuite effectuée.
Dans le cas d’une enquête judiciaire, chaque prélèvement doit être effectué en double de façon à constituer un échantillon de réserve, utile en particulier à des analyses de contrôle et doit être étiqueté, répertorié et placé sous scellé.

pupille tonique l.f.

tonic pupil, Adie’s syndrome

Anomalie bénigne de la pupille dont les réflexes sont toniques et lents, associée à des réflexes ostéotendineux diminués ou absents.
D’abord unilatérale, puis bilatérale dans 50% des cas, la pupille souvent en mydriase a un contour variable, sa contraction et sa décontraction sont lentes, et particulièrement lors de l'accommodation-convergence. Une goutte de collyre à la pilocarpine diluée à 0,125% donne une mydriase (hypersensibilité). Certains cas sont héréditaires mais l'anomalie est le plus souvent isolée et sporadique. Une origine virale et, dans quelques cas, bactérienne ou traumatique, a été invoquée. On évoque une dégénérescence parasympathique dans le ganglion ciliaire. Les cas héréditaires sont autosomiques dominants (MIM103100).

W. J. Adie, neurologue britannique (1932) ; G. Holmes, neurologue irlandais (1931)

Syn. pupille tonique d'Adie, Holmes-Adie (syndrome d'), pupillotonie

Raeder (syndrome paratrigéminal de) l.m.

Raeder's paratrigeminal syndrome

Association de douleurs fronto-orbitaires ou plus profondes sous forme de cuisson, dans le territoire du nerf ophtalmique ou d'une de ses branches, à une atteinte sympathique avec myosis et parfois syndrome de Claude Bernard-Horner.
Une atteinte de la 6e paire crânienne (nerf abducens) a été également décrite.
Les lésions en cause atteignent à la fois le ganglion trigéminal et la carotide interne à son émergence de la partie pétreuse de l’os temporal. Elles sont variées. Mais de nombreux cas correspondent à des algies vasculaires de la face.

J. G. Raeder, ophtalmologiste norvégien (1924)

rameau communicant cochléaire l.m.

ramus communicans cochlearis (TA)

cochlear communicating branch

Rameau anastomotique né du ganglion vestibulaire.

rameau communicant du nerf facial avec le nerf glosso-pharyngien l.m.

ramus communicans nervi facialis cum nervo glossopharyngeo (TAà
communicating branch of facial nerve with glossopharyngeal nerve
Branche collatérale extra pétreuse du nerf facial qui se détache au-dessous du foramen stylo-mastoïdien, croise la face antérieure de la veine jugulaire interne et se termine dans le ganglion inférieur du nerf glosso-pharyngien.

A. von Haller, physiologiste, anatomiste, chirurgien et botaniste suisse (1708-1777)

Syn. anc. anse de Haller

nerf facial

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